‹ De la sagesse; trois livresChapitre 166 sur 456 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

Magistrats.

Il y a grande distinction et divers degrés de magistrats tant en honneur qu'en puissance, qui sont les deux choses considérables pour les distinguer, et qui n'ont rien de commun ensemble : et souvent ceux qui sont les plus honorés ont moins de puissance , comme conseillers du privé conseil, secrétaires d'estat. Aucuns n'ont que l'un des deux : autres tous les deux^ et de tous divers degrés 5 mais sont proprement dicts magistrats qui ont tous les deux.

Le 1" août 1689, par le jacobin Jacques Clément.

Tant il est vrai qu'il y a une puissance secrète qui semble se jouf-r des choses humaines , et qui fouie aux pieds les superbes faisceaux cl les, haches cruelles des licteurs! (Lucret., I. v, v. J232.)

Les magistrats qui sont mitoyens entre le souverain et les particuliers , en la présence de leur souverain n'ont point puissance de commander '. Comme les fleuves perdent leur nom et puissance à l'emboucheure de la mer, et les astres en la présence du soleil , ainsi toute la puissance des magistrats est tenue en souffrance en la présence du souverain : comme aussi la puissance des magistrats inférieurs et subalternes en la présence des supérieurs. Entre égaux il n'y a point de puissance ou de supériorité , mais les uns peuvent empescher les autres par opposition et prévention.

Tous magistrats jugent, condamnent et commandent ou selon la loy , et lors leur sentence n'est qu'exécution de la loy, ou selon l'équité , et tel jugement s'appelle le debvoir du magistrat.

Les magistrats ne peuvent changer ny corriger leurs jugemens , si le souverain ne le permet , sur peine de fauls ^ ils peuvent bien révoquer leurs mandemens ou les soutenir, mais ils ne peuvent révoquer ce qu'ils ont jugé et prononcé avec cognoissance de cause.

Du debvoir des magistrats , voyez liv. m.

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