LIVRE m , CHAP. XII
qu'avec son mary ou par son mary, et pource que c'est chose rare et dillîcile que la femme silentieuse , elle est dicte un don de Dieu précieux. 6. Vacquer et estudier à la mesnagerie , c'est la plus utile et honorable science et occupation de la femme , c'est sa maistresse qualité , et qu'on doibt en mariage chercher principalement en moyenne fortune ; c'est le seul douaire qui sert à ruiner, ou à sauver les maisons , mais elle est rare : il y en a d'avaricieuses , mais des mesnageres peu. Or il y a bien à dire des deux. De la mesnagerie tost après à part.
En l'accoinctance et usage de mariage , il faut de la moderation -, c'est une religieuse et dévote liaison : voylà pourquoy le plaisir qu'on en tire doibt estre meslé à quelque sévérité ; une volupté prudente et conscientieuse. « Il faut toucher sa femme sévèrement et pour l'honnesteté , comme dict est , et de peur, comme dict Aristote , qu'en la chatouillant trop lascivement , le plaisir ne la fasse sortir hors des gonds de raison \ et pour la santé , car le plaisir trop chaud et assidu altère la semence , et empesche la génération. Afiîn d'autre part qu'elle ne soit trop languissante , morfondue et stérile , il s'y faut présenter rarement '. •> Solon l'a taillé à trois fois le mois "^ : mais il ne s'y peust donner loy, ny reigle certaine.
La doctrine de la mesnagerie suit volontiers , et est annexée au mariage.