‹ De la sagesse; trois livresChapitre 80 sur 456 · LIVRE 1, CHAP. XXV · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP. XXV

nos pensées , les tient pendues entre les nues , nous faict songer en veillant. Tant que nos espérances durent , nous ne voulons point quitter nos désirs : c'est un jouet avec lequel nature nous amuse. x\u contraire , quand le desespoir s'est logé chez nous, il tourmente tellement nostre ame de l'opinion de ne pouvoir obtenir ce que nous desirons , qu'il faut que tout luy cède , et que pour l'amour de ce que nous pensons ne pouvoir obtenir , nous perdions mesme le reste de ce que nous possédons : ceste passion est semblable aux petits enfans qui , par despit de ce qu'on leur oste un de leurs jouets , jettent les autres dedans le feu : elle se fasche contre soy-mesme , et exige de soy la peine de son malheur. Après les passions qui regardent le bien apparent, venons à celles qui regardent le mal.

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