OBSERVATION I
(Clinique de M. le Professeur Pollosson)
Publiée par MM. Jamin et Violet.
Br. J..., 18 ans. Entrée le 21 Février 1904, sortie le 9 juin 1904.
Diagnoslie : Collection purulente dans le Douglas, d'origine appendiculaire probable. :
Intervention le 24 février 1904: Ponclion de l'abcès au trocart. Débridement large. Eponge.
Deuxième intervention le 30 avril 1904: Ablalion de la lrompe droile par voie vaginale.
Antécédents héréditaires el personnels nuls au point de vue de la tuberculose. Réglée à 11 ans, régulièrement depuis, jusqu'à 13 ans. A 15 ans, période de G6 mois avec règles irrégulières. Depuis, règles régulières non douloureuses. Pas de pertes blanches.
L'affeclion actuelle a débuté il y a trois mois à l’occasion des règles.
Après des règles régulières ayant duré quatre jours, apparait une douleur du côté droit, douleur vive et brusque; elle dure trois jours el reste localisée à droite. À ce moment là, pas de vomissements, mais conslipalion opiniàälre. La malade n’a gardé le lit que le premier jour.
Après ces lrois jours, le malade reprend son travail el ne souffre plus pendant quinze jonrs. :
Puis, nouvelle apparition des douleurs à droite, ayant duré huil jours. Pas de vomissements.
La malade garde le lit pendant huit jours chez elle, puis va à ’hospice de Bourgoin.
Rentrée le 2 janvier, elle n'en sort que pour venir à la Charité le »1 février. Il ÿ à quinze jours, expulsion abondante de pus, avec fièvre et vomissements ayant précédé cette expulsion.
La fistule rectale s'étant refermée et l'état général restant toujours mauvais, la malade nous est amenée par son médecin, le D' Parmilieu,
de. Bourgoin.
Examen : La malade est très amaigrie. Sa température présente des oscillations avec exacerbalions vespérales à 39°. Les douleurs abdominales sont toujours aussi vives, la malade est obligée de garder le lit.
L'abdomen est souple partout, sauf à droile au niveau de la fosse iliaque où l’on perçoit un empätement profond, dépassant l’arcade de Fallope de trois travers de doigt.
Le toucher vaginal est douloureux et difficile. La malade est vierge el a un hÿmen permettant avec beaucoup de peine l'introduction d'un seul doigt qui révèle l’empâtement des culs-de-sac latéral droit et postérieur. Par le toucher rectal, on sent une collection bombant sur la paroi antérieure comme le pôle d'une mandarine. Par le toucher ct palper combinés, on délimite très nettement à droite de l’utérus, lequel est situé en avant, une masse dure, douloureuse du volume du poing.
Le diagnostic est le suivant: Collection d'origine appendiculaire probable.
On élimine le diagnostic de salpingite, vu qu'il s'agit d’une vierge, et vu la suppuration franche des lésions, on ne songe point à la tuberculose.
Intervention le 24 février 1904 (M. A. Pollosson).
Ponction par le cul-de-sac postérieur suivant la méthode de Laroyenne. Débridement aussi large que le comporte l’étroitesse du vagin. 11 s'écoule un bol de pus bien lié. Éponge.
Au quatrième jour, ablation de l'éponge. Pansement avec des mèches. Toutefois l'amélioration de la fièvre ne suit pas aussi rapidement que dans les collections ordinaires. Pendant un certain temps, on essaie uniquement des lavages vaginaux, puis en vue de la rélenlion purulente possible, des lavages de la poche avee la sonde de Reverdin.Pendant tout le mois, latempérature présente des oscillations.
L’exploration de la poche ne révèle aucune fusée, aucun prolongement ; par le toucher et le palper combinés, on ne trouve aucune autre collection d’un volume suffisant à expliquer cette fièvre; toutefois, on sent très nettement avec le doigt introduit dans la poche une masse dure, arrondie, faisant saillie sur la paroi interne de cette poche. S'agit-il de l’appendice, s'agit-il de la trompe DIleSt difficile de le dire, Toutefois une intervention vaginale, dans le but
d’extirper ce noyau, est décidée.
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Le 30 Avril 1904 (M. A. Pollosson).
Sous anesthésie, l'orifice fistuleux est agrandi au métrotome.Le doigt pénètre alors dans une cavité où se trouvent des masses fongueuses contenues dans une poche que le palper, le loucher combinés démontrent être la trompe. Cette trompe friable est extirpée par lambeaux au moyen d'une pince en cœur. Après extirpation de cette trompe, le déblayage de la poche parait complet. Éponge.
Au quatrième jour, ablation de l'éponge.
Dès lors, la guérison se fait rapidement, l'état général s'améliore et la malade part le 5 juin complètement guérie et ayant repris de l'embonpoint.
Examen analomique-pathologique : Macroscopiquement les morceaux de la trompe ne présentent rien de spécial dans leur calibre el dans leur forme. Le contenu toutefois parait caséeux. Les villosités assez friables sont en partie détruites.
Les parois sont épaissies, Nulle part on ne voit de tubercules à l'œil nu.
Microscopiquement, il existe des hémorragies et de l’infiltration du côté de la séreuse. Dans la muqueuse, les villosités sont en partie détruites, seule la base est intacte avec des espaces intervilleux pleins.
Partout il existe des signes d’une inflammalion intense. En un point, on trouve une formation arrondie avec des cellules embryonnaires prenant fortement l’hématéine entourant un amas de cellules épithélioïdes à protoplasma vitreux, prenant peu les colorants, teinte plutôt par l’éosine avec toutefois un noyau très apparent au milieu de ces grosses cellules à contour mal délimité. Il s'agit, à n'en pas douter, d’un foilicule tuberculeux. En deux autres points de la même préparation, on peut trouver une formation épithéloïde disposée ainsi en nodules.