‹ De La Saponaire et De La SaponineChapitre 7 sur 11 · AE OUT RES · texte numérisé non relu

AE OUT RES

pas pour celle de l'extrait de saponaire. Au contraire, il serait avantageux d'employer l’eau bouillante. De plus, M. Cousseran, pharmacien, à montré en 4842 qu'on devait recueillir la racine un peu avant la floraison.

Ce praticien a donnéégalement le modus faciendi d'un extrait alcoolique inusité jusqu’à ce jour.

On prépare aussi une tisane de saponaire soit avec la racine, soit avec les feuilles ; le Codex dit :

Feuilles sèches de saponaire. ...... HAE 10 gr. PAUPDOUIHATIEM SR ee sets 5 SN TP . 1.000

On laisse infuser pendant une demi-heure et on passe.

Enfin les médecins prescrivent très souvent :

DIPOIAe M ADONAITE. mr ee se 200 er.

Biscarbonate de soute en ue 10

On a conseillé de mélanger dans un mortier le bicarbonate de soude avec le sirop; outre que ce sel se dissout difficilement, il est préférable, pour des motifs que je passerai sous silence, d'opérer de la façon suivante : Faites dissoudre le sel dans quelques gouttes d’eau distillée froide et ajoutez au sirop qu'on aura au préalable suffisamment concentré.

Avant de terminer la première partie de cette thèse, je dois dire quelques mots de ce qu’on désigne sous le nom de « saponaire d'Orient. »

Cette racine — on ne connaît que cette partie de la plante — se trouve dans le commerce, en morceaux longs de 15 à 50 centimètres, larges de 0,25 à 0,30. L'épi-

TRS Le derme est jaunâtre, la saveur est d’abord fade et mucilagineuse et devient ensuite très acre; la poudre est d’un blanc sale. Elle n’est connue en Europe que depuis 1830 et n’est employée que dans l’industrie où elle sert, comme en Orient, au nettoyage des étoffes, C'est de cette racine que Bussy a retiré la saponine on 1832; mais on ne l’a pas encore utilisée en médecine quoiqu'elle doive avoir vraisemblablement les mêmes vertus que la saponaire officinale. Actuellement, du reste, celle-ci est, à mon avis,fun peu trop délaissée par la thérapeutique; car la saponine que ces deux plantes contiennent a des propriétés physiolog'ques remarquables, ainsi qu'on va le voir dans la deuxième partie de ce travail.

DE LA SAPONINE

De tous les principes qui se rencontrent dans la saponaire, le plus étudié est, sans contredit, la saponine; mais malgré les remarquables travaux denotre regretté Bussy et des chimistes qui l’ont suivi dans cette voie, ce glucoside n’est encore qu'incomplètement connu.

Cest Bucholtz qui la retira d’abord de la racine à Pétat d'extrait impur et lui donna le nom qu’elle porte. Braconnot la trouva plus tard dans les tiges de la même plante et dans l’écorce des « Gymnocladus » et « Canadensis ». O0. Henri fils et Boutron-Charlard la montrèrent ensuite, dans le bois de Panama (écorce de quillaya smegmadermos D-C). Et c’est Bussy qui, le premier, la retira à peu près pure de la saponaire d’Orient ; il la présenta le 10 octobre 1832, à l’Académie des sciences, sous «la forme d’une substance friable, pulvérulente, non cristallisée et de couleur légèrement ambrée. C’est ainsi qu'on la trouve encore dans le commerce.

Elle n’a pas d’odeur, mais lorsqu'elle est en poudre fine, elle provoque l’éternuement et la toux ; on ressent en mème temps une constriction particulière à l’arrière- . gorge et même jusque derrière le sternum, tandis que

TS OU) 2 la muqueuse nasale vivement irritée, secrète abondam ment. Mise sur la langue, elle est d’abord douceâtre, aussitôt après, on perçoit une acreté qui disparaît assez vite, laissant des picotements persistants; la partie affectée reste engourdie assez longtemps et la sécrétion salivaire augmente d’une façon notable.

La saponine paraît exister dans beaucoup de végétaux ; on l’a rencontrée dans la plupart des plantes appartenant à la famille des « Caryophyllées » : dans les Lychnis flos cuculi, Chalcedonica, dioica et Githago (Agrostemma Gith, L.) ; dans le si/ene nutans; dans les Dianthus caryophillus, Cœsius, Carthusianorum et prolifer: dans les Gypsophylla Fastigiatta, acutifolia et altissima ; dans les Annagallis-arvensis et cærulea ; dans le Polypodium vvlgare et dans l’Arnica montana. Wahlemberg l’a trouvée en abondance dans le fruit du Sapindus saponaria (arbre à savonnettes) employé aux Antilles en guise de savon. On croit la voir également dans certains principes extraits de la racine du Convolvulas jalapa et de celle du Polygala senega Enfin, M. Fremy l’a signalée en quantité considérable dans les cotylédons des marrons d'Inde.

Je dois m'empresser de dire cependant que l'identité chimique des produits retirés de ces différents végétaux est loin d'être démontrée.

Et pour ne parler que de la saponine de M. Frémy, un savant étranger a fait voir qu’elle diffère de celle : de Bussy, par sa solubilité dans l'alcool absolu et par son dédoublement sous l'influence des alcalis en acide butyrique eten un autre corps (acide escinique), qui

traité à chaud par HCI donne, comme le composé primitif, du glucose et un nouveau produit nommé télescine :

C104 H84 046 2 H* O* = C96 H30 046 + CS HS O4. Aphrod. : Ac.escin.: Ac. but.:

Cette saponine que l’auteur nomme aphrodescine, serait de plus, traitée à froid par HCI, précipitée de sa solution aqueuse, en volumineux flocons.

Quoiqu'il en soit, celle de M. Bussy s’obtient en traitant la racine de saponaire par l'alcool à 90 bouillant ; le refroidissement laisse déposer un précipité floconneux entraînant une résine et une matière colorante qu’on enlève au moyen del’éther et de l'alcool. Pour la purifier, on la dissout à plusieurs reprises dans l’alcool chaud et on filtre, dit Rochleder, immédiatement après le dépôt : on lave ensuite le précipité avec un mêlange d’alcool et d’éther et enfin avec de l’éther pur; mais souvent après ce traitement elle reste encore mélangée à des substances variables selon la provenance de la racine et l’époque à laquelle elle a été récoltée (1). Le même auteur recommande alors de la dissoudre dans la moindre quantité d’eau possible et de la précipiter par une solution saturée de baryte; les impuretés restent dans la liqueur, on lave le précipité à l’eau de baryte et on le décompose par CO*.

Des expériences personnelles me permettent de douter que cet éminent chimiste ait pu l'obtenir ainsi à

(1) On verra plus loin les véritables impuretés qui restent après ce traitement.

PE FN l’état de pureté absolue; car, quoiqu'on fasse, elle retient toujours une petite quantité de baryte que décèle la combustion et le louche persistant de la solution aqueuse. Pour la même raison, il faut rejeter le procédé d'extraction indiqué par Berzelius et celui de purification signalé par l’auteur du mémoire de 1832 qui préconisent, l’un et l’autre, l’acétate de plomb.

D'ailleurs, en 1867, Rochleder revenant sur cette question, a annoncé que traitée au soleil par l’amalgame de sodium, en présence d’une petite quantité d’alcool, la saponine ne tarde pas à se dissoudre, laissant bientôt un précipité brun floconneux, tandis que la liqueur se colore en jaune. L'alcool absolu fait naître dans celle-ci un précipité gélatineux qui se dépose sur les parois du vase et que ce savant regarde comme la saponine dont les impuretés auraient seules été attaquées. Dans ce cas, elle se dédoublerait sous l'influence de HCI, en sapogénine et en sucre incristallisable que l’action ultérieure des acides transformerait En glucose. C'est sur ce dédoublement que l’auteur de l’expérience s’est appuyé pour donner la composition de ce glucoside complexe; 1l la déduit de celle de la sapogénine et de la quantité de sucre formé.

La sapogénine se distingue du corps qui lui a donné . naissance par sa solubilité dans l’éther, son insolubilité dans l’alcool froid qui la laisse précipiter en aiguilles blanches soyeuses, et en ce qu’elle forme avec la potasse caustique une combinaison insoluble dans un excès d’alcali. Desséchée dans un courant d'acide carbonique, Rochleder lui assigne la formule C?$ H* O* et

à la sapouine C6* A5 O%. Le dédoublement de cette dernière s exprimerait de la façon suivante :| CH 0% + 2 H* 0! — CH 01 3 (CHU O0"), Dès 1832, Bussy avait profité de ce que la saponine

A o e e d parait former deux combinaisons d’oxyde de plomb pour en faire l’analyse et il la trouva composée de :

Garbone sua: 26e."2 Tarif ,+. 51.00 Hiydrogénes ra... VO 7.4 OXNSENC En Rec ae Quls0

Mais la difficulté d'établir d’une façon certaine sa véritable capacité de saturation et de plus, comme il le dit lui-même, l'incertitude où l’on est toujours sur une matière qui n’est ni volatile, ni cristallisable et qui ne forme pointde composés cristallisés ne permettent guère de considérer ce résultat que comme approximatif.

Ces réserves doivent-elles s’appliquer également aux résultats donnés par Rochleder? Je laisse à de plus compétents le soin de répondre à cette question.

Action des acides. — A l’aide de la chaleur Az 0° donne d’une part, jes acides mucique etoxalique et un produit complexe incristallisable ; d'autre part, un corps d'aspect résineux paraissant être, d'après MM. Berthelot et Jungfleisch, un composé analogue à la quinovineou amer quinique C* H? (H°? O?}* C# H%$ Of, en d’autres termes C6 H80'6. Il s’en distingue néanmoins, d’après Bussy, par son insolubilité dans l’eau et en 6e qu'il ne rougit pas par les sels de fer an maximum.

Rien n'est certain sur l'action des autres acides. On Loque Marius. 5

peut assurer cependant que HCI dilué (1/10) exalte à froid la solubilité de la saponine dans les différents liquides et qu’il dissout lui-même tous les composés que lui enlèvent l’éther et l'alcool.

Action de la chaleur. — On a vu que la saponine n'est pas volatile et qu’elle fournit en vase clos une huile empyreumatique acide.

Sur une lame de platine elle brûle en se boursouflant avec production d’une flamme blanche éclairante accompagnée de fumée lorsqu'elle n’est pas suffisamment pure ; elle répand, en même temps, une odeur aromatique faible et agréable rappelant un peu celle du sucre brûlé, elle laisse un charbon très abondant qui traité par HCI reste à l’état amorphe, tandis que dans la liqueur concentrée, les réactfis montrent la présence de sels calcaires. |

Solutions de saponine. — L'alcool absolu ne dissout pas la saponine à froid, mais à 95° et bouillant il en dissout environ 1/50 qui ne se précipite pas en totalité par le refroidissement. Elle est soluble en toutes proportions dans l’eau qu’elle rend visqueuse et louche. La viscosité de cette solution n’est pas comparable à celle des mucilages de guimauve, de graine de lin, etc. A poids égal, la saponine n’épaissit pas l’eau comme la gomme. Une solution de cette dernière dans les proportions de 1/4 ne donne pas de précipité avec la baryte, et, dans une pareille solution de somme ou de saponine le sous-acétate de plomb (ac. tribasique) forme un abondant précipité cailleboté soluble dans un excès

Page 1