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phase régressive, ne disparaissant pas spontanément.
Ces divers caractères mis en relief dans la description magistrale que notre maître en a donnée, permettront de les reconnaître, mais pour plus de sûreté il sera prudent de pratiquer la biopsie et l’on verra ainsi qu'elles sont presque entièrement constituées par des fibres musculaires lisses.
Balzer et Ménétrier viennent de {décrire tout récemment une variété de tumeur de la peau encore inconnue à laquelle ils ont donné le nom d’adénomes sébacés de la face et du cuir chevelu. Il s'agissait dans leur cas, de petites nodosités saillantes arrondies, d’un jaune rose, indolentes, résistantes au toucher, groupées sur la face et le cuir chevelu, à développement fort lent. L'examen histologique a montré qu'on devait les ranger dans le groupe des adenomes. Ce fait unique constitue une véritable rareté pathologique et ne peut nous arrêter plus longtemps.
Le carcinome de la peau dont on connait plusieurs exemples des plus remarquables est caractérisé par des nodules plus ou moins volumineux, variant comme dimensions de celle d’une grosse tête d’épingle à celle d’une noisette, fermes au toucher, d’un rouge rosé ou d’un rouge brun, d’abord isolés, puis devenant peu à peu confluents de facon à former des masses irrégulières, mamelonnées qui peuvent s’ulcérer, bourgeonner, devenir fongueuses. Cet aspect est assez caractéristique, mais il est surtout un grand fait clinique qui domine toute l’histoire pathologique du cancer de la peau, c’est que cette affection est le plus souvent, pour ne pas dire
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toujours, consécutive à un cancer viscéral, ou à un cancer du sein, souvent à une récidive de ce cancer après ablation. On voit alors la lésion cutanée partir de la cicatrice s'étendre peu à peu, gagnant de proche en proche, faisant tache d'huile pour ainsi dire. Cette marche est donc bien différente de celle que nous avons étudié dans le sarcome généralisé primitif idiopathique de la peau.
Nous aurions maintenant à différencier le sarcome vrai dont nous venons d'exposer l’histoire clinique du mycosis fongoïde. Mais dans un des chapitres qui suivent, nous insisterons sur les difficultés d'interprétation qu'il présente; au point de vue de sa nature, pour que nous jugions inutile d'aborder ici ce difficile sujet.
Si nous voulions résumer ce chapitre en quelques lignes, nous dirions : que parmi les tumeurs de la peau que l’on peut confondre avec les sarcomes, plusieurs sont aujourd'hui de diagnostic facile, d’autres de diagnostic difficile; dans ces cas-là, la biopsie est absolument nécessaire; quelques-unes enfin restent à déterminer même après la biopsie et la nécropsie, nous voulons parler des rapports du sarcome et du mycosis.
‘TRAÎITEMENT
Tous les auteurs s'accordent à dire que le pronostic de la sarcomatose généralisée primitive est fatal et évolution plus ou moins rapide. Le cas de Kübner (1) était
. (1) Kübner. Berlin. Klin. Wochenchr., 1882, n° 2.
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le seul connu qui eût été suivide guérison, quand Shattück (2) à publié le sien. Dans ces deux observations, la médication a été la même, elle a consisté en injections hypodermiques de liqueur de Fowler: la guérison estelle due à l’arsenic ?
Mais avant d'étudier ce traitement, nous devons faire remarquer que dans le cas de Shattück, le diagnostic ne fut pas confirmé par l’examen histologique d’une
tumeur enlevée ainsi que l’a fait Kôübner, sans doute les D" Wigglesworth, White et Tilden ont vu son malade et tous ont été unanimes à porter le diagnostic de sarcome, mais une bonne description anatomo-pathologique aurait été précieuse, n'eût-ce été que pour faire connaître la texture de ce sarcome. -
Quoiqu'il en soit jusqu à présent, le meilleur traitement paraît être les injections hypodermiques de liqueur de Fowler. Quant à savoir si la guérison doit réellement être attribuée à l’arsenic et dans ce cas si le médicament aurait aussi bien agi sion l’avaitadministré par l’estomac, ce sont là des questions qu’une plus grande pratique peut seule résoudre.
Toujours est-il qu'il faut tenir compte d'une part, que chez les malades atteints de sarcomatose cutanée généralisée, les fonctions digestives sont précieuses à conserver intactes, que l'appétit est Souvent faible et se dérange facilement ; d'autre part, que l’arsenic donné en injections hypodermiques, ne parait pas déterminer de diarrhée, comme quand il est pris par la voie stomacaie. Enfin, par la méthode sous-cutanée, l'arsenic est bien absorbé, les
(2) Shattück.Journalofthe american medical association, 4 juill. 1885.
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doses peuvent être élevées et supportées pendant très longtemps. Voici comment se pratique ce traitement.
On fait tous les jours une injection de quatre gouttes de liqueur de Fowler étendues dans une égale quantité d’eau, bientôt la dose est portée à six gouttes, puis à neuf gouttes par injection. Ce traitement est continué pendant des mois, dans le cas de Shattück il à été fait d'août en mars sans le moindre accident, à cette époque, c’est-à-dire au bout de sept mois, il survint un abcès à la cuisse, mais la malade faisait elle-même à ce moment ses injections.
Kôbner à fait pendant trois mois 51 injections qui représentent huit grammes de liqueur de Fowler, mais il fut obligé souvent de les suspendre pendant une journée à cause de douleurs que la malade ressentaient dans la partie, antérieure de la tête. Ces douleurs étaient dues probablement à un coryza chronique, elles apparaïissaient toujours le matin au réveil et ne se dissipaient que par la promenade.
Après cette première période de traitement pendant laquelle les injections étaient de quatre gouttes, la dose fut progressivementaugmentée; elle furent faites de six, puis de sept et demie, enfin de neuf gouttes, toujours additionnées d'uneégale quantité d’eau distillée. Kôbner arriva ainsi à avoir injecté depuis le début du traitement quatorze grammes soixante-quinze centigrammes de liqueur de Fowler. Sous l'influence de cette médication, il était survenu une diminution notable de tous les noyaux cutanés qui pour la pluparts’étaient déprimés dans leur céntre, les ganglions lymphatiques qui au début étaient hypertrophiés avaient également diminué de volume.
Arrivé à ce résultat, les injections furent suspendues pendant quelques semaines, puis furent reprises le31 janvier 1882 et continuées jusqu'au mois de mars, mais avec de fréquentes interruptions. Pendant ces deux mois, on injecta six grammes de solution d’arsenite de potasse, de sorte qu'en totalité on n'employa pas plus de 20 gr. 75 de cette solution, c’est-à-dire vingt-huit centigrammes d'acide arsénieux pur. Sous cette influence, les dernières traces de dureté disparurent autour des cicatrices qui prirent une coloration brunâtre.
En quels points doit-on faire ces injections hypodermiques? Au début Kübner les pratiquait entre la colonne vertébrale et l’omoplate ou dans le voisinage; mais étant souvent suivies de douleurs, elles furent alors faites profondément dans la région des fesses où elles furent bien supportées. De plus Kübner fit des injections parenchymateuses dans la substance même de quelques boutons soit proéminents, soit au contraire profonds.
Dans nos deux observations, cette médication n’a pu être suivie. Dans l'observation XXI, elle fut ordonnée par M.E.Besnier, mais le traitement fut absolument repoussé par le malade. Quant au deuxième, on ne put lui administrer que » ou six injections hypodermiques de liqueur de Fowler (quatre gouttes chacune), le malade ayant voulu sortir de l'hôpital. Quand il revint, son état était très grave et les injections ne furent pas reprises. Mais nous avons essayé avec notre maître M. Merklen, du mode de traitement préconisé par Kübner chez une Jeune femme atteinte de lympho-sarcome des ganglions sus et sous-claviculaires et axillaires: les injections étaient
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faites {ous les jours dans la masse néoplasique et amenèrent une notable diminution de la tumeur au bout d’un mois. Puis la malade quitta l'hôpital et quand elle revint, les ganglions étaient hypertrophiés au cou, dans les deux aisselles, et des phénomènes d’adénopathie trachéo-bronchique montraient l'extension de la maladie.
Parmi les autres auteurs qui ont employé les injections sous-cutanées d’arsenic nous devons mentionner O’chiari (1), Hardaway qui pour le malade de l'observation a fait vingt-cinq injections de liqueur de Fowler.
…. Comme autres traitememts de la sarcomatose cutanée primitive généralisée, nous voyons que Gairdner (obs. XIX) a essayé l’iodure d’arsenic à la dose d’un douzième de grain en pilule; E. Vidal et Demange ont donné à leur malade, qui avait eu la syphilis, de l’iodure de potassium. Mais ce médicament ne produisant aucun effet fut remplacé par la solution arsenicale.
De Amicis a donné à ses malades du bromure de potassium, de la solution arsenicale et de l’ergotine.
Enfin, Kaposi (2) à propos de la dernière observation de sarcome pigmentaire multiple idiopathique qu'il publie en 1885, dit « qu'il a sur le traitement de cette affection des idées spéciales sur la valeur desquelles il nous renseignera plus tard. »
S'il nous fallait tirer une conclusion de cette étude sur le traitement, nous dirions qu'on ne peut affirmer que l’arsenic a une action spécifique sur la sarcomatose cutanée généralisée primitive, mais il semble agir sur-
(1) O’chiari (Wien med. Blatt, 1879).
(2) Loc, cit, P, 12
tout comme reconstituant, tonique et met l'individu dans les meilleures conditions possibles pour résister à la maladie générale dont il est atteint.
Quant au traitement local, il nous semble impossible de l'appliquer avec ‘confiance en iprésence de ce fait qui domine toute la pathologie de l'espèce de sarcome que nous étudions : à savoir que les tumeurs sont d'emblée et primitivement généralisées. On se bornera à panser par les moyens antiseptiques toute tumeur qui s'ulcèrera.