OBSERVATION XXII
Sarcome multiple de la peau, traité par des injections hypodermiques de liqueur de Fowler ; guérison : par le D' F.-C, Shattuck. (Suffolk district medical Society, 11 mars 1885. Journal of the American medical Association, 4 juillet 1885).
Le 26 juillet 1883, K. B. âgée de. 31 ans, fut reçue à l'hôpital général de Massachusetts. Sa santé avait été bonne d'ordinaire et elle avait travaillé comme couturière jusqu’au moment de son. admission à l'hôpital. Sept mois avant cette époque elle commença à souffrir d’une douleur le long de la mâchoire inférieure et bientôt après elle remarqua une tuméfaction derrière les angles de cet os. Environ deux mois plus tard des nodules apparurent dans la peau sur son épaule droite, puis sur son bras droit, puis sur son bras gauche, enfin sur la paroi abdominale. Elle pense que l’apparition des nodules était précédée d’une sensibilité locale, et suivie d’une décoloration. Il y a environ trois semaines, elle remarqua que son visage était plus plein qu'il ne l’est d'ordinaire, et elle commença à souffrir de douleurs dans la région précordiale.
Quand elle faisait quelque effort elle avait la respiration un peu courte, et elle disait qu'elle avait réellement perdu des forces bien qu’elle n’eût pas maigri. Les fonctions intestinales etautres s’accomplissaient régulièrement. Pouls 120, régulier, un peu faible.
A l’examen on nota que la malade était pâle avec un peu d'œdème des paupières et du visage prédominant du côté droit. On voyait une centaine de nodules pour la plupart de la grosseur d'un pois disséminés sur les téguments des extrémités supérieures et du tronc jusqu’à l’ombilic. Sur la face interne
des bras les nodules étaient discrets, non surélevés sur le reste des téguments, un peu sensible à la pression ; la peau pouvait être ridée au-dessus d'eux, et n'était pas décolorée. D'autre part, sur les épaules, sur la face externe des bras, sur la poitrine, la partie supérieure de l’abdomen et le dos (bien qu'à un moindre degré dans cette dernière région) les nodules étaient si épais qu'ils formaient de grosses masses ou placards, très durs mais fort peu sensibles ; la peau qui les recouvrait ne pouvait être pineée ou ridée, et était lécèrement érythémateuse, avec une légère desquamation pityriasique de l’épiderme. Aux jambes on ne pouvait sentir que fort peu de nodules et il n’y avait pas d’érythème. Les ganglions à l'angle de la mâchoire étaient augmentés de volume ; mais ceux des aisselles et des aines paraissaient normaux. Un examen complet ne putrévéler aucüne modification matérielle des principaux viscères. Je fis le diagnostic de sarcome multiple de la peau et bientôt après les Dr White, Wigglesworth et Tilden furent assez bons pour venir voir la malade et pour confirmer mon diagnostic.
Tout d’abord on prescrivit un traitement général tonique, mais le brillant succès obtenu par Kübner dans un cas semblable avec des injections sous-cutanées de liqueur de Fowler conduisit l’auteur à alopter cette méthode vers la fin d'août Une injection de quatre gouttes diluées dans une égale quantité d'eau, fut faite chaque jour profondément dans la cuisse; bientôt après la dose fut portée à six gouttes. La santé générale de la malade s’améliora, quelques nodules nouveaux se montrèrent, mais les nodules anciens disparurent en bien plus grand nombre, et le 3 novembre elle quitta l'hôpital afin de pouvoir travailler. Elle vint cependant chaque jour à Phôpital pour son injection jusqu’à ce qu’elle eut appris à la faire, et le traitement fut ainsi rigoureusement continué jusqu au milieu de mars, époque à laquelle fut ouvert un abcès de la cuisse, le seul qui se fût formé pendant tout ce temps.
Quelques nodules persistaient encore, mais les masses qui remplissaient la peau sur la poitrine, l’ahdomen et les côtés
extérieurs des bras avaient entièrement disparu. Pendant l’année qui vient de s’écouler, elle avait été en observation de temps en temps sans aucune sorte de traitement, elle avait pu se livrer à ses occupations. Elle a été vue il y a peu de jours et elle reste bien en apparence.
Observations de sarcomes primitifs généralisés à forme pseudo-mycosique.
Observations I, II, IV du mémoire de Vidal et Brocq, Observations que ces auteurs publient comme des cas de mycosis à tumeurs d'emblée.