‹ De La Sarcomatose CutanéeChapitre 54 sur 68 · OBSERVATION XX VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX VI

Cas de tumeur de la peau à évolution clinique analogue à celle du cancer (cancer clinique) et à détermination histologique ambiguë, participant des caractères du lymphadénome et du granulome, par M. Ernest Besnier, médecin de l'hôpital St-Louis.

Annales de dermat. et de syphil. II° série.

Résumé. — Homme de 49 ans, sans antécédents morbides personnels ou héréditaires, remarque au commencement de l’année 1877 qu’il porte dans la région dorsale de petites grosseurs de couleur violacée, indolentes et sans prurit, antérieurement il n'avait dans cette région aucune difformité, aucune lésion.

En peu de temps, les boutons d’abord isolés, sont devenus cohérents, puis se sont fusionnés en groupes tout en conservant chacun une certaine individualité persistante, et enfin se sont ulcérés partiellement malgré l'emploi de l’iodure de potassium.

Etat le 17 juin 1878. — Caractères objectifs de la lésion :

Dans la région dorsale existent deux tumeurs considérables absolument indolentes, l’une située au voisinage de la ligne médiane à gauche, entre le bord interne de l’omoplate de ce côté, et la ligne des apophyses épineuses; l’autre, placée un peu plus bas et un peu plus en dehors ; elles sont séparées l’une de

l’autre par un intervalle de 0.01,5 et près de la ligne de séparation, à droite, on trouve une troisième tumeur, mais rudimentaire..

La première est ovalaire, mesure {4 centimètres sur5, la seconde circulaire, fongoïde a 7 centimètres sur 8. Elles font un relief de 2? à 4 centimètres au-dessus du niveau de la peau, mais très inégalement suivant les points. Coloration violacée, vineuse, livide, la surface est parsemée d’anfractuosités généralement arrondies dont le fond est rempli plus ou moins pau un détritus jaunâtre sanieux, manifestement gangréneux au niveau de plusieurs des cratères de la tumeur inférieure.

Toutes ces tumeurs non seulement indolores, mais encore indolentes, présentent à la palpation une consistance comparable à celle de l’œdème dur.

À la partie externe des tumeurs, la peau avoisinante est saine. À leur côté interne on trouve : 1° des petites masses perlées, lenticulaires ; 2° une zone plate, dure ; 3° des indurations nodulaires. Mais en aucun point la peau n’avait cet aspect granité et ponctué (peau d'orange) si remarquable dans la zone envahissante du cancer dermique plat.

Partout, partiellement ou en masse, le néoplasme était très

sur les parties sous-jacentes, 1l était essentiellement dermique.

Intégrité du système ganglionnaire.— Etat général excellent.

Un an après, le malade qui avait quitté l'hôpital et s’est soumis aux pratiques des empiriques de sa contrée, était dans le marasme le plus complet. Tous les ganglions de l’aisselle gauche étaient intéressés. Une tumeur presque aussi considérable que celle du dos, mais sans ulcération, s'était élevée sous le paquet ganglionnaire de l’aisselle, sur le côté gauche du thorax.

Les tumeurs du dos s'étaient réunies en une seule, consti-

‘tuant une vaste plaie à fond rose. Une large tumeur lisse, dure, ayant son siège sur le sommet de la tête, intéressait sans doute le périoste. Toux, crachats nummulaires, craquements sous la clavicule gauche. Mort dans le marasme.

Pard’autopsie, mais examen microscopique, par M. Chambard, de fragments pris par M. E. Besnier en divers points de la tumeur.

Epiderme et corps papillaire semblent normaux. On voit une coupe du derme parsemée de taches, finement granuleuses, colorées en rouge, qui répondent à des amas de cellules lymphatiques qui se montrent sous forme de traïînées, qui accompagnent les vaisseaux et entourent leurs parois comme d’une gaine.

Ces taches granuleuses se rencontrent encore dans les régions profondes du derme autour des glomérules des glandes sudori pares, d’autres sont disséminées çà et là dans le derme et limitées par les faisceaux conjonctifs qu’elles semblent dissocier.

Discutant cet examen, M. Chambard conclut que ce n’est pas un sarcome même parvicellulaire (les parois vasculaires n'étant pas revenues à l’état embryonnaire), ce n’est pas un granulome, mais peut-être un Iymphadénome fruste.

Observation de sarcomatose cutanée secondaire.

A. Observations de sarcomes localisés primitifs de la peau. — Pos« sibilité d’une sarcomatose cutanée secondaire à ce néoplasme initial.

OBservATION XXVII

Sarcome fuso-cellulaire pigmenté de l’index gauche, développé par métaplasie d’un nœvus hypertrophique. Tumeur sarcomateuse des ganglions de Vaisselle droite et gauche, du tissu cellulaire souscutané des régions sus-claviculaires, sus-épineuses, sternale et lombaire. Sarcomes probables du foie et de la région pylorique de l'estomac. Ictère. M. Kôbner (archiv. für dermat. und syphil. 1869.)

Rosine J...., âgée de 45 ans, femme d’un fabricant de limes, constitution robuste, embonpoint considérable, portait depuis e, 32

l'enfance, un petit nœvus jaunâtre sur la face radiale de la dernière phalange de l'index gauche. Elle avait un autre nœvus sur la face cutanée de la lèvre supérieure. Mariée à 21 ans et occupée aux soins de son ménage, le nœvus de l'index fut souvent excorié, saignant et douloureux, mais la cicatrisation avait toujours lieu.

Il y à trois ou quatre ans, il commença à s’hypertrophier, à devenir douloureux après l'application d’emplâtres irritants. Il fut cautérisé trois fois par un charlatan, le troisième emplâtre avait été appliqué en mai 1866 époque à laquelle les ganglions de l’aisselle gauche devinrent volumineux.

En août et septembre 1866, la malade eut le choléra. Après la guérison, ces ganglions augmentèrent rapidement de volume et à d’autres petites tumeurs sous-cutanées se développèrent.

En janvier 1867 Kübner consulté trouve une tumeur du volume d’une pomme dans le tissu cellulaire sous-cutané de la fosse sus-claviculaire gauche, plusieurs, du volume d’une noix au niveau de l’omoplate droite, dans l’aisselle de ce côté. Ces tumeurs étaient dures, mobiles sur les parties profondes, mais adhérentes à la peau dans leur plus grande étendue, douloureuses seulement à la pression, mais non spontanément. À la fin de janvier, une tumeur ronde du volume d’une cerise se montra dans le tissu cellulaire sous-cutané de la région lombaire et en février, une autre semblable apparut au niveau du sternum. Versla fin de mars, les tumeurs avaient encore augmenté de volume etil y avait de la constipation, puis apparurent des vomissements, de l’ictère et de la fièvre.

Pendant ce temps le volume des tumeurs ne cessait pas de s’accroître, de nouvelles apparaissaient surtout dans le panicule adipeux de la peau de l'abdomen.

De plus, on constatait une induration très sensible à la pression au niveau de la région pylorique et du lobe gauche du foie. Par le toucher vaginal on sentait la paroi postérieure du vagin refoulée par des tumeurs partant de la paroi antérieure du rectum.

La peau s’ulcérait au niveau des tumeurs ganglionnaires. Les symptômes continuèrent à aller en s’aggravant ‘Mes, vomissements étaient incoërcibles, il y avait de l’insomnie, de la dyspnée, de la rétention d'urine, de la constipation et la mort arriva dans le collapsus, le 25 mai 1867.

Pas d’autopsie, mais ablation des tumeurs de l'index gauche, des aisselles et des deux situées au devant du sternum et sur la ligne blanche.

La tumeur de l'index était dure, large comme un haricot, plane, de coloration blanche. Sur une coupe, elle a la forme de segments séparés par une cloison de trois millimètres ; le segment le plus grand à une coloration brunâtre, le plus petit blanchâtre, tous deux occupaient toute l’épaisseur de la peau et de l’hypoderme.

Au-dessous de l’épiderme épaissi et du réseau de Malpighi non altéré, on voit une hyperplasie portant à la fois sur les fibres et les cellules conjonctives, semblable à celle qui existe dans les fibromes simples; les couches les plus profondes du derme de même que l’'hypoderme présentent une prolifération énorme de cellules fusiformes réunies en amas et en faisceaux; les cellules ont un à deux noyaux, les vaisseaux sont dilatés, la prolifération cellulaire ne suit pas leur direction mais celle des faisceaux du derme:

/ À l’aisselle, foyers de dégénérescence graisseuse.

Tumeur sternale : cellules ovales ou arrondies, grandes, riches en cellules adipeuses et à plusieurs noyaux,

Diagnostic : sarcome fuso-cellulaire, transformation d’un fibrome en un fibro-sarcome.

OBSsERVATION XX VIII

Sarcome de la peau à cellules fusiformes, par Samuel W. Gross. | - (Philadelphie-médic. Times). Janvier 1881.

Femme mariée, âgée de 23 ans, est amenée à la clinique de

l'hôpital Jefferson, le 29 septembre 1880, pour une tumeur indolente siégeant dans la peau de la fesse, du volume d’une petite orange, de consistance ferme et élastique, rugueuse et sans changement de coloration à sa surface. La malade s’en était aperçue pour la première fois il y a trois ans, alors que la tumeur avait la forme d’un tubercule gros comme une balle de fusil, et elle raconte qu’elle avaitreçu un coup sur la tumeur, quelques semaines auparavant. Cet accident s’accompagna d’un écoulement sanguin et fut suivi d’une augmentation de volume rapide. :

Sur une coupe, après ablation de la tumeur, les surfaces de section présentaient une teinte brillante, jaune, rosée etavaient un aspect fibreux.

Au microscope, la tumeur était caractérisée par de petites cellules fusiformes contenues dans une substance intercellu= laire homogène.

Pas de récidive jusqu’au moment où cette communication est faite.

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