‹ De La Sarcomatose CutanéeChapitre 8 sur 68 · DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

DIVISION DU SUJET

Il ne faudrait pas croire que les diverses observations que nous venons d’énumérer soient comparables entre elles. En les parcourant avec soin, on s'aperçoit bientôt que leur mode de début, leur évolution, leur aspect extérieur, leur anatomie pathologique peuvent présenter d'importantes différences.

(1) Ozenne. Soc. anat., 1880.

(2) Legendre et Dauchez. France médicale, 1883.

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Et d'abord une première division s'impose: les sarcomes sont/nélaniques ou nonmélaniques.Mélaniques, ils constituent un groupe parfaitement distinct, aussi les étudierons-nous en détail dans un chapitre à part. Non mélaniques, ils sont primitifs, idiopathiques, ou secondaires métastatiques.

Les sarcomes cutanés primitifs doivent de plus être subdivisés en généralisés où localisés. Les généralisés primitifs sont de beaucoup les plus intéressants à étudier.

La première question, et certes, l’une des plus importantes, que nous devons nous poser, est de savoir si dans les sarcomes cutanés idiopathiques, on doit distinguer des variétés cliniques bien définies, répondant à des types histologiques nets. Or, nous avons vu en décrivant le sarcome en général qu'on doit admettre plusieurs types histologiques de sarcome. Il suffit de jeter un coup d’œilsurlesexamens microscopiques, quelques incomplets qu'ils soient, qui sont annexés aux diverses observations que nous avons, pour voir, que dans l'immense majorité des cas les sarcomes de la peau sont des sarcomes à type globo-cellulaire. On peut cependant les diviser en deux grandes catégories : l’une dans laquelle, tout en étant globo-cellulaires, ils renferment une grande quantité de pigment d’origine hématique et débutent par le derme; lPautre, dans laquelle, étant également globo-cellulaires, ils ne renferment pas de pigment et débutent pas l’hypoderme. Mais entre. ces deux variétés, il y a autant de types différents que d'observations.

. Si on cherche au point de vue clinique, s'il y a entre ces divers cas des différences suffisantes pour en faire des classes distinctes, on est frappé au premier abord de voir que dans un grand nombre d'observations, les productions morbides débutent par les extrémités et sont intra-dermiques d'emblée, que dans d’autres cas les sarcomes semblent an contraire débuter par un point quelconque du corps et par l’hypoderme. Ce sont là d’importantes différences, et il semble donc que l’on doive établir une première grande division des sarcomes cutanés généralisés primitifs en: 1° Cas typiques de Kaposi, Vidal, Tanturri, de Amicis, etc., débutant par les extrémités, caractérisés par des tumeurs intra-dermiques d'emblée, étant au point de vue histologique des sarcomes globo-cellulaires avec une plus ou moins grande quantité de pigment hématique; ?° Cas de Gairdner, Dauchez-Legendre, cas personnel, ete., ayant un début variable en un point quelconque du corps, caractérisés par des productions morbides sous-dermiques et étant au point de vue histologique des sarcomes globo-cellulaires simples, cest-à-dire non pigmentaires.

Malheureusement, quand on parcourt avec soin certaines observations de sarcomatose cutanée généralisée, on s’apercoit bientôt qu'elles ne peuvent rentrer dans aucune des deux catégories précédentes, mais qu'elles présentent à la fois certains caractères distinctifs de l'une et de l’autre. Mais ce n’est pas tout, si nous serrons les observations encore de plus près, nous y voyons d’autres différences vraiment importantes portant sur

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la rapidité de l’évolution, sur l'aspect extérieur des tumeurs au point de vue de leur volume, de leur siège, de leur coloration, etc. Doit-on en tenir compte dans une classification ? émietter de plus en plus les groupes ? plus tard peut-être ce sera possible, mais vraiment à l'heure actuelle, nous ne pouvons que diviser nos observations de la manière suivante au point de vue clinique.

1° Type Kaposi. Début toujours simultanément par les mains et les pieds, extension plus tard aux membres, à la face, par de petits noyaux infiltrés dans le derme, de coloration bleue ou brun rougeûtre, etc.

Pour décrire ce type, nous nous appuierons sur de nombreuses observations. Kaposi en 1870 en a publié 9 cas dans les annales de dermat. allem., puis 5 autres cas dans l’atlas de Hebra, enfin cette année à propos d’une nouvelle observation (1), il rappelle que jusqu’à présent, il en a observé 25 de semblables. M. le D' E. Vidal nous a communiqué deux cas personnels dont les moulages sont au musée de l'hôpital St-Louis ; Tanturri en a publié 7 cas, enfin de Amicis en 1882 en a relaté 12 exemples. Mais parmi les observations de de Amicis, sa VIT doit être mise à part, car le début s’est fait par une tumeur sur le nez et ce n'est que trois mois après que les nodosités ont apparu sur les mains, les pieds et tout le corps. L'observation IV de Tanturri est passible de la même remarque, le début a eu lieu par la région supérieure de la jambe droite au voisinage du genou et dans la moitié

(1) Wiener mediz. Woch., 1885.

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