‹ De la scapulalgie, et de la résection scapulo-humérale, envisagée au point de vue du traitement de la scapulalgie (volume 2)Chapitre 17 sur 28 · TRAVAIL DE RÉPARATION · texte numérisé non relu

TRAVAIL DE RÉPARATION

Étant bien démontré que la Résection est une opération beaucoup moins grave qu’on a voulu le dire, et que, considérée comme ressource extrême, elle garde au patient nombre de chances d’existence, il importe que nous nous occupions maintenant de l’important bénélice qu’elle réserve au malade guéri ; nous voulons parler de la conservation du membre. El ici, une question d’un haut intérêt, à la fois théorique et pratique, se présente d’elle-même à l’esprit. Quel est le travail par lequel la nature reproduit l’articulation détruite? Le chirurgien peut-il compter sur la régénération des parties molles et de l’os excisé? Si cette admirable réparation est constante, que faut-il faire pour en tirer parti?

(1) Guthrie, Statistique des hôpitaux de la Péninsule (yo\r Gazette hcbdomad. du 18 décembre 1857).

lt'60. — Péan.

Pendant la vie, les modifications qui s’opèrent dans les parties divisées ne peuvent qu’être soupçonnées. On voit peu à peu se former une nouvelle jointure analogue à la première; on constate que la tête tuméfiée remonte vers la cavité glénoïde, sous l’influence des tissus cicatriciels et des muscles conservés; que l’écartement disparaît peu à peu entre les surfaces ; plus tard enfin on trouve que la nouvelle articulation est assez solide pour résister aux causes de déplacement. Mais vouloir aller plus loin, et affirmer a priori^ comme l’ont fait White (1), Vigarous (2), Caspari (3), et tant d’autres , que les cartilages, les ligaments, la capsule fibreuse, la synoviale, elle liquide qu’elle sécrète, seront reconstitués comme dans les pseudarthrôses, c’est vouloir gratuitement s’exposer a être démenti par l’examen direct des phénomènes anatomiques. Aux nécropsies chez l’homme, aux expériences sur les animaux, doit être demandé le secret de ce travail réparateur. Chaussier (4) l’avait bien compris , quand il se décida, pendant quinze années, à sacrifier des animaux; etquand Textor (5) recueillait avec soin trois autopsies chez l’homme, quand Steilin (6) poursuivait ses recherches sur les lapins, quand Wagner immolait quarante-cinq chiens (7), n’était-ce pas dans l’espoir de suivre pas à pas toutes les phases de ces mystérieux phénomènes ?

(1) Ouvr. cité.

(2) Ouvr. cité.

(.î) Physiologische und pathologtsche Abkandlung über die Entsichung der Knochen Krankheiien (Journal von Graefe und von Walther, Bd. V, Heft 1, p. 61).

(4) Loc. cit.

(5) Ueber die TViderezeugang neuer Knochenmasse j etc., von D'' Heine V. Graefe und V.Wallliers journal, Bd. XXIV, HeSl A-, Revue méd.franç.etélrang., 1838; Gaz. méd., 1843, p. 185; Textor, Neuer Chiron^ Theil 1, Stuck, 1,3; Sur la reproduct. des os après la résect., p. 1 1 ; Würtzburg, 1843.

(6) Ueber der Hcilungs prozess nach Reseclionen der Knochen^ diss,; Zurich, 1849.

(7) "Voir la traduction, parM. P. Broca , dans les Archives gén. de méd., vol. I, t. V, p. 551 (5® série).

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