‹ De la scapulalgie, et de la résection scapulo-humérale, envisagée au point de vue du traitement de la scapulalgie (volume 2)Chapitre 21 sur 28 · ANATOMIE CHIRURGICALE DE LA RÉGION · texte numérisé non relu

ANATOMIE CHIRURGICALE DE LA RÉGION

Parties molles. On décrit autour de l’articulation deux couches musculaires, l’une superficielle, l’autre profonde.

La couche superficielle est constituée par le deltoïde, dont les trois faisceaux, épais et charnus, attachés en haut à la clavicule et à l’omoplate, convergent en bas vers l’empreinte deltoïdienne. C’est au deltoïde que sont dus les mouvements d’abduction les plus étendus. On conçoit dès lors quels soins l’opérateur devra mettre à respecter l’intégrité de cet organe.

La couche profonde est constituée : 1" par les muscles trochantériens (sous-scapulaire, sus-épineux, sous-épineux, petit rond), ceux-ci s’insérant très-près du point d’appui et fixant à la cavité glénoïde la tête humérale trop volumineuse pour y être contenue; 2° par les muscles courte portion du biceps, coraco-huméral, grand pectoral, grand dorsal, grand rond, long tendon du triceps, ces derniers, comme le deltoïde, s’insérant sur l’humérus assez loin du centre articulaire et imprimant efficacement au bras les autres grands mouvements.

On comprend, à ce simple aperçu , d’une part que, même l’humérus restant intact, la perte des fonctions du deltoïde implique l’abolition des mouvements d’abduction. On comprend, d’autre

par(, que si l’huinérus mutilé n’a plus son point d’.'.ppui glénoïdien, les autres muscles qui tout à l’heure pouvaient encore mouvoir le bras en avant et en arrière l’entraînent à présent et le fixent au thorax.

Un mot seulement sur le long tendon du biceps. Ce tendon, plus profondément placé que les couches dont nous venons de parler, s’enroule autour de la tête humérale, et concourt à l’appliquer sur la capsule articulaire. C’est là, à noj^'e point de vue, le seul rôle physiologique qu’il nous importe de lui attribuer.

Les vaisseaux et les nerfs principaux (vaisseaux axillaires, plexus brachial) passent au côté interne de l’article. Grâce à leur situation qui est telle que pour d’autres jointures les vaisseaux sont plus près qu’iei du couteau de l’opérateur; grâce à leur volume considérable, il sera facile, pourvu qu’on ait du sang-froid, de la prudence, et quelque sûreté dans la main, d’éviter leur blessure, cela malgré l’engorgement et la déformation des parties circonvoisines.

Les vaisseaux et nerfs circonflexes, qui sont plus spécialetnent destinés au muscle deltoïde , ont des rapports plus immédiats avec la tête et surtout avec le col de l’humérus qu’ils enlacent dans leur circiut. Leur distribution indique assez leur importance poui’ qu’il faille d’avance répudier tout procédé qui ne permettrait pas de les sauvegarder.

La capsule est lâche et capace : sans le concours des agents musculaires, elle serait impuissante à maintenir en rapport les surfaces articulaires. Cette disposition rend les rapports des surfaces moins serrées et permet à l’instrument tranchant de traverser librement la cavité articulaire.

Le périoste entoure une portion assez étendue des extrémités o.sseuses, et, vu son importance physiologique, mérite d’être respecté.

Parties dures. Boyer disait que la résection n’était guère praticable qu’à l’épaule (I). De cette opinion, quelque peu aventurée, la

(1) Boyer et Bous, De la Résecl. des portions d’os malades, etc., p. 36; Boye?', Traité des malad. chirurg., t. III, p. 484.

raison était, d’une part, la position superficielle des os à réséquer, d’autre part , la simplicité de l’opération propre à les découvrir. Sauf la conséquence tirée, cette observation est juste, surtout quand il ne s’agit que de la tête humérale. Quant à la cavité glénoïde, elle est comparativement très-étroite, moins volumineuse, plus profonde, trop protégée par la voûte acromienne, pour que sa résection soit aussi facile. Nous verrons par quels procédés et au moyen de quels instruments spéciaux on réussit à l’atteindre.

Il ne faut pas d’ailleurs que le chirurgien s’attende à trouver les os toujours dans leur situation anatomique et avec leur forme normale : les suppurations prolongées ont trop souvent pour effet de gonfler, de corroder les extrémités articulaires, de les couvrir de fongosités, de les hérisser de saillies anormales, et l’instrument court risque d’être plus d’une fois arrêté dans sa marche.

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