‹ De la science en FranceChapitre 4 sur 39 · CS Z · texte numérisé non relu

CS Z

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J8 Sables portlandiens, oolithe vacuolaire.

J7 Calcaires du Barrois.

J° Marnes à gryphées virgules.,

J- Calcaire à astarles.

J‘ Calcaire corallien.

J3 Marnes oxfordicnnes.

J2b Grande oolithe.

J2* Terre à foulon.

J‘ Calcaire à entroques et oolithe ferrugineuse J, Marnes à possidonies.

J2 Marnes avec calcaire noduleux.

J3 Marnes brunes et calcaire sableux.

J, Calcaire à gryphées arquées.

J5 Grès inférieur du lias.

T3c Marnes irisées supérieures et dolomies.

T3b Marnes irisées moyennes, gypse et sel gemme.

T3a Marnes irisées inférieures.

T2b Muschelkalk supérieur.

T4a Muschelkalk inférieur.

T1 Grès bigarré.

Y Grès des Vosges.

R Grès rouge.

H2 Terrain houiller.

H1 Poudingues et schistes alunifères. (Millstonegrit.)

H, a Calcaire carbonifère supérieur.

II, b Calcaire carbonifère inférieur.

D3b Psammites du Condros.

D3a Schistes de la Famenne.

D2b Calcaire de Givet.

D2a Schistes à calcéoles.

D1 Poudingues et schistes de Burnot.

D, Grauwackes de Yireux et de l’Ahr.

D2 Quartzites et grauwackes de Montigny et de Coblentz. D3 Poudingue de Fepin.

S, Schistes de Revin.

S2 Schistes de Deville, r * Gneiss amphiboliques.

r’ Gneiss, r Granité.

T, Granité porpbyroïde.

2 Syénite.

A Diorite.

n Porphyre quartzifére.

17, Porphyre feldspathique.

M Porphyre pyroxénique et mclaphyre.

E Euphotide.

O Serpentine.

B Basalte.

Disposés ainsi dans une seule colonne par échelons, qui ont l’air d’être superposés les uns aux autres, et qui dans la plupart des cas le sont en réalité, on est porté à penser que les auteurs ont regardé comme successifs ces dépôts dont plusieurs sont contemporains ; ainsi pour les terrains récents on pourrait croire que les tourbes ne sont pas contemporaines des tufs calcaires eL des dunes, et dans les roches cristallines les basaltes paraissent être plus anciennes que les granités et les gneiss. Un index ne montre pas seulement la superposition, c’est-à-dire l’âge relatif des roches, mais aussi leur contemporanéité, et les roches cristallines et éruptives doivent être non-seulement séparées des roches stratifiées, mais encore elles exigent entre elles des groupements et des classifications spéciales.

lia terminologie de la classification des terrains stratifiés est plus française que dans les essais précédents ; c’est là un progrès véritable.

Le nombre des subdivisions des terrains tertiaires est un peu trop grand pour l’ échelle et la clarté de la carte, et aussi en comparaison des autres terrains, comme par exemple le terrain carbonifère qui n’a lui que quatre divisions, tandis que le tertiaire en a dix-sept. Les marnes à gryphées virgules dans le terrain jurassique forment une subdivision dont les limites sont très-difficiles à suivre, et dont les affleurements sont si minces et si obscurs que dans la plupart des cas, surtout en Bourgogne et en Franche-Comté, il est matériellement impossible de pouvoir les dessiner et les indiquer sur la carte d’État-Major. On peut en dire autant de la subdivision de la terre à foulon. Pour beaucoup d’observateurs, et surtout pour l’auteur du trias, M. d’Alberti, le grès des Vosges est une subdivision locale du grès bigarré, et doit rentrer dans le trias au lieu d’être placé dans le dyas. Les deux subdivisions du muschelkalk sont aussi peu visibles, et les trois subdivisions des marnes irisées sont tout à fait impossibles à indiquer dans la plupart des cas, du moins pour le coloriage d’une carte à l’échelle de un quatre-vingt-millième.

Le choix et le mariage des couleurs laissent à désirer, et montre aussi bien que tout le reste la précipitation avec laquelle on s’est hâté de couvrir de couleurs géologiques le plus de feuilles que l’on a pu. Pour ne citer que deux cas, j’appellerai d’abord l’attention sur la couleur représentant le muschelkalk, qui ressemble tellement à celle adoptée pour le loess, qu’au premier coup d’œil on ne peut les distinguer, et que l’on croirait que c’est le même terrain qui se trouve à droite et à gauche de la chaîne des Vosges, tandis qu’en réalité il n’y a rien de commun entre le loess de la vallée du Rhin et les plateaux triasiques de la Lorraine. Les couleurs

employées pour représenter les terrains tertiaires sont beaucoup trop fortes et trop foncées, surtout pour le miocène, ce qui pourrait laisser penser que les environs de Paris sont placés dans un relief du sol des mieux accusés, tandis que c’est le contraire qui a lieu et que l’on a là en réalité un fond de bassin. Si Ton regarde les deux rives de la rivière de la Marne, les couleurs y sont si mal combinées que l’on dirait que la rive droite où se termine le terrain tertiaire est beaucoup plus élevée que la rive gauche qui est formée par de la craie. Or il est connu de tous que les coteaux des deux rives ont les mêmes cotes de hauteur, de sorte que dans ces deux cas le coloriage géologique, au lieu d’aider à l’intelligence de la carte, en a faussé la topographie et l’orographie.

L’inteption de Son Excellence le ministre des travaux publics, paraît être de publier le Fragment de carte géologique , tel qu’il se trouvait à l’Exposition universelle , et comme échantillon de ce que sera le travail lorsqu’on le livrera au public, on a placé à côté de cette carte, deux des feuilles coloriées à l’impression par un système chromotypographique. Ces deux feuilles sont celles de Chàteaudun, n° 79 de la carte d’État-Major, et celle de Beaugency. Le coloriage parun procédé quelconque autre qu’à la main, ne devrait pas être employé pour une œuvre de grande haleine et magistrale, comme la carte géologique détaillée d’un grand pays. Dans tous les moyens lithographiques ou typographiques d’impressions, on ne peut jamais éviter l’écrasement delà lettre ■et de la topographie par les couleurs d’imprimerie, qui par leur nature même de corps plus ou moins gras, n’ont pas la transparence du coloris à l’eau. En outre de cette objection très-grave, les feuilles de Chàteaudun et de Beaugency sont littéralement recouvertes d’une espèce de marqueterie qui

leur donne un aspect de cartons découpés s'engrénant les uns dans les autres comme des cartes disséquées. Ce défaut provient de ce que les limites des divisions des diverses roches sont indiquées en bleu par des lignes beaucoup trop fortes et trop accentuées, et qu'au lieu de dissimuler autant que possible la crédité des limites et même leurs indécisions, donnent à la carte géologique un caractère de précision et de certitude qui n’existe que très-rarement dans la nature, surtout dans les pays de plaines très-cul tivées comme le sont les environs de Beaugency, d’Orléans et de Châteaudun, où il est matériellement impossible, même en faisant creuser des puits très-rapprochés les uns des autres, de trouver les limites si tranchées des subdivisions adoptées pour ces feuilles.

Enfin une dernière observation, c'est que les feuilles de la carte d'État-Major sont trop grandes pour être maniées facilement en atlas et surtout sur le terrain; et que l'on devrait faire un ^tirage spécial pour le relevé géologique de la France, en coupant les feuilles en deux parties. De plus, les pays de montagnes comme les Vosges, le Jura, les Alpes, etc., devraient être relevés géologiquement sur les feuilles minutes de l'État-Major, à l’éclielle de un quarantemillième.

En résumé, il faut espérer que le Fragment de carie géologique détaillée de la France , n'est qu’un essai analogue à celui que le ministre des travaux publics avait déjà fait exposer, en 1856, au palais de l'Exposition internationale des Champs-Elysées, et qui recouvrait le nord de la France, depuis le Havre-de-Gràce, sur une surface comprise dans vingt feuilles de la carte d’État-Major. Ces deux essais, auxquels on peut adresser les reproches d'être faits sur une échelle un peu trop grandiose et d’être aussi trop dispen-

LA CARTE GÉOLOGIQUE DE FRANCE dieux, portent tous deux des traces nombreuses de travaux exécutés trop à la hâte et incomplets; et il u’est guère possible de les regarder comme la grande carte géologique détaillée finale de notre pays. Il est certainement très-heureux que le gouvernement français ait senti le besoin d’entrer en lice avec les nations voisines, et qu’à chaque Exposition universelle tenue à Paris, il ait cherché à ne pas paraître trop au-dessous de ce qui se fait dans le même genre en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Suède, en Norwége, en Portugal, dans l’Inde, dans l’Amérique du Nord et en Australie. Seulement il n’est guère possible d’arriver à exécuter un travail aussi grand et aussi difficile, en suivant le système des cartes géologiques départementales avec raccordements faits à la hâte, dix-huit mois ou deux ans avant chaque Exposition, puis interrompues pendant des périodes de dix années. En un mot, si la France veut ne pas rester en arrière des autres pays, et avoir une grande carte géologique qui puisse se laisse comparer sans trop de désavantage avec celle des îles Britanniques, de la Prusse, etc., il est évident qu’il faut abandonner les voies dans lesquelles on s'est engagé depuis trente années et plus, et se rapprocher de celles suivies par les corps d’ingénieurs géologues officiels des nations qui sont à la tête de ce genre d’études.

On trouvera peut-être que j’ai été un peu sévère pour un travail qui, après tout, a de certains mérites, quand cela ne serait que d’avoir essayé de coordonner et de réunir dans un même faisceau des éléments bien hétérogènes et difficiles à manier. Mais c’est à nous, géologues français, dans une œuvre nationale comme celle-là, qu’il appartient de signaler les lacunes, les erreurs et les imperfections. Si nous

voulons arriver à rivaliser avec les autres peuples, il nous faut employer toutes nos ressources, sortir des routines administratives, des privilèges de corps fermés, et faire un appel à tous les talents éprouvés et à toutes les capacités; et alors, au lieu d’avoir à montrer à la prochaine Exposition universelle un nouveau Fragment de carte géologique , représentant les vues d’un seul homme, ou même de toute une école , on pourra offrir une carte digne de rivaliser avec celle de l’Angleterre, digne de la carte d’État-Major, digne de notre patrie en un mot , nous aurons alors vraiment la Carte géologique détaillée de la France.

La lecture de cette notice excita vivement l’attention du corps des Mines, qui en prit occasion pour faire de nouvelles et pressantes démarches pour arriver à constituer un Relevé géologique permanent de l’Empire français. Dix mois après, ces démarches aboutissaient au rapport suivant, qui a paru au Moniteur universel du 6 octobre 1868.

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