‹ De la scille et de son principe amer la scillineChapitre 3 sur 4 · Structure microscopique · texte numérisé non relu

Structure microscopique

Chaque écaille étant constituée par une feuille modifiée en possède la structure histologique. Un épiderme E à chaque face, avec une rangée de cellules dont la paroi externe est épaisse et à revêtement cireux. Entre ces deux épidermes pourvus-de stomates, se trouve un parenchyme P à cellules régulières, polyédriques, traversé par de nombreuses cellules à raphides R, par de nombreux faisceaux.fibrovasculaires- et par .quelques faisceaux de vaisseaux laticifères utriculeux FV. Sous un fort grossissement on remarque que les cellules parenchymateuses P renferment les unes : une matière colorante rouge, et qu’elles sont seules colorables en noir par le perchlorure de fer ; les autres une matière granuleuse condensée sur les parois de la cellule ; tandis que les plus nombreuses renferment des sphéro-cristaux en forme de petits oursins. Ces cristaux

insoluble dans HO, solubles dans l’alcool, se dissolvent dans G 4 H 4 O 4 sans effervescence ; dans AzH 4 0 la solution s’opère plus lentement et du centre à la périphérie; TInuline ne présente pas ces propriétés. Nous verrons plus loin que la scilline a beaucoup d’analogie avec ces cristaux au point de vue chimique.

Les cellules à raphides se présentent sous deux aspects : les unes de même volume que les cellules parenchymateuses n’en diflèrent que par la présence

d’un faisceau de cristaux d’oxalate de chaux; les autres quatre ou cinq fois plus grandes que les premières, renferment des faisceaux de cristaux aciculaires visibles à l’œil nu. Tous ces raphides sont parallèles à l’axe de l’écaille. Ce qui distinguent surtout ces grandes cellules a raphides c’est - un épaississement considérable de leur paroi. Celle-ci en effet, sur une coupe transversale parait avec une épaisseur variable suivant la hauteur à laquelle la cellule a été coupée, car la paroi augmente du milieu de la cellule jusqu’à ces extrémités (voir les dessins). Je me suis étendu un peu sur ces éléments parce que dans tous les ouvrages de micrographie on lit que les raphides sont toujours entourés par une membrane fort mince.

Composition chimique ,

La Scille contient : mucilage, sucres, tannin, matières colorantes rouge et jaune, matière adipo-cireuse, cellulose, matières albuminoïdes, sels.

Chatin y a signalé la présence de traces d’iode.

Elle ne contient pas de corps comparable aux alcaloïdes et pouvant être obtenu par les méthodes connues jusqu’à ce jour.

Jë l’ai traitée en effet par la méthode de Stas, d’Eirdmann et Uslar ; par le procédé de Dragendorff, par le mélange scillo-calcaire et je n’ai jamais eu de corps à réaction alcaline pouvant saturer les bases, et pouvant précipiter par les réactifs généraux des alcaloïdes.

Mais elle renferme 4 gr. 5 pour cent d’un produit particulier très-amer, inodore, que je propose de nommer Scilline, pour éviter toute confusion. En effet, le nom de Scillitine a été donné tour à tour à un extrait « Vogel, Tilloy, s> à un alcaloïde « Marais, Landerer; » pour Schrof, la Scillitine parai t-être un glucoside.

Pour préparer la Scilline, on épuise 4 p. de scille sèche et concassée par 5 p. d’alcool à 60°. On ajoute à 2 p. de cette teinture 4 p. de chloroforme ou mieux 2 p. d’éther, on agite à plusieurs reprises pendant 3 ou 4 jours. Par le repos deux couches se forment ; on décante la couche chloroformique ou éthérée on la distille à sec. Le résidu est repris par QS d’alcool à 80°. Cette solution est décolorée par l’acétate de plomb, on chasse l’excès de plomb par HS, on traite par le charbon animal, on redistille. Ce résidu lavé à l’eau et au chloroforme constitue la Scilline.

La Scilline, cristallise en masse confuse, formée d'aiguilles groupées en étoiles, lorsqu’on l’évapore de sa solution alcoolique. Dans ce cas elle n’est pas facilement maniable pour obvier à cet inconvénient, on étend cette solution en couche mince sur des plaques de verre qu’on fait sécher on obtient alors des écailles transparentes, légèrement jaunâtres non hygrométriques et en partie seulement cristallisées.

Elle est peu soluble dans l’eau, à laquelle elle communiqne néanmoins une saveur fort amère, soluble dans l’alcool fort ou faible, la glycérine. 1 gr. se dissout dans 11 gr. d’alcool à 60 u , 6 gr. d’alcool à 95 en dissolvent 1 gr. 50. L’alcool absolu la dissout en laissant déposer des cristaux de fines aiguilles. L’eau la précipite de sa solution alcoolique.

Insoluble dans la benzine et l’alcool amylique. Elle se dissout à peine dans l’éther et le chloroforme purs, tandis qu’elle est très-soluble dans le chloroforme et l’éther additionnés d’alcool.

Chauffée, elle fond vers 80° si on élève la température elle se charbonne, s’enflamme puis disparait complètement.

C*H*0* la dissout ; cette solution évaporée dans le vide ne m’a pas donné de produit cristallisé, de plus cette solution additionnée d’eau laisse déposer un corps ayant la même apparence que la Scilline et possédant le même point de fusion.'

S 2 0* H*0 J concentré, la dissout et donne une coloration rouge vermeille qui se fonce de plus en plus, HO donne un précipité.

AzO* HO la dissout sans coloration, mais préciqite par addition d’eau.

Hd commence par la dissoudre, puis donne une coloration verte et un précipité.

Azll* O et les alcalis la dissolvent en donnant une coloration jaune foncée, cette solution n’est pas précipité par l’eau, mais par les acides organiques en léger excès.

Elle réduit la liqueur de Fehling à l’ébullition. Elle dévie la lumière polarisée à gauche mais si on la fait bouillir avec 1/100 d’acide sulfurique ou 1/20 d’acide chlorhydrique la déviation passe à droite, il y a donc formation de glycose.

L’émulsine ne la dédouble pas.

La Scilline a une réaction légèrement acide sur le papier de Tournesol. Elle n’est pas précipité par les sels de plomb, par le tannin, le perchlorure de fer. En solution alcoolique au 1/100® à 15° et pour le rayon jaune elle a donné comme déviation a —0,65, ce qui donne comme pouvoir rotatoire moléculaire :

aj a

aV

IP

Elle renferme de l’azote. L’analyse élémentaire a donné comme moyenne de 4 opérations.

C =57,04 H = 7,06 O =35,03 Az = 0,87

Sa formule peut-être représentée par C 7 *H 4<1 Az O 92

En résumé la Scilline est un glucoside azoté, cristallisable, caractérisé par un point de fusion fixe, un pouvoir rotatoire moléculaire constant. Il me reste à voir à quel type de glucoside elle appartient et en combien de produits elle se dédouble par l’action des acides étendus et des ferments.

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