CHLOROFORME EN PARTICULIER
Le pharmacien est souvent appelé à savoir si tel médicament ou tel liquide pathologique renferme du chloroforme.
Quand il y en a beaucoup, l’odeur seule suffit à déceler ce corps ; mais s’il n’y en a que des traces, ou si le liquide a une odeur propre, dans ce cas il faut recourir au procédé Duroy.
J’ai imaginé un procédé très'-sensible et beaucoup moins long, basé sur la coloration bleue que prend une flamme dans laquelle on introduit à la fois une toile métallique de cuivre et du chlore.
Dans un appareil de Marsh en fonction, on allume l’hydrogène, on a une flamme incolore, si on y introduit un liquide quelconque : urine, sang, etc. renfermant des traces de chloroforme, immédiatement la flamme restant incolore
devient fuligineuse, c’est alors qu’on y place une toile métallique de cuivre, et l’on voit apparaître une coloration bleue. Malheureusement cette reaction s’applique à tous les composés chlorés volatils.
Par ce procédé j’ai vu que le chloroforme, chez les personnes endormies par cet anesthésique ne s’éliminait pas en nature dans leurs urines, bien que plusieurs livres de médecine donnent cette élimination comme certaine.
J’ai aussi vérifié que, dans des empoisonnements de rats, le chloroforme se localisait dans le cerveau et la masse musculaire.
Pour la recherche du chloroforme dans ces organes, je modifie mon procédé de la manière suivante : je traite le cerveau, foie, muscles par de l’alcool fort ; je filtre et j’introduis dans une lampe à alcool, j’allume, puis je place la toile métallique de cuivre. ' ’ ' ' ' >'•/
En terminant ces essais je dois mentionner des expériences suivantes : J’ai fait arriver sur du cuivre chauffé à une température voisine du rouge tour à tour du formène monochloré, trichloré, de l’éther chlorydrique. J’ai constaté que le chloroforme seul donnait dans ces conditions de l’acétylène facilement caractérisable par le précipité rouge formé dans une solution de protochlorure de cuivre ammoniacal. D’un autre côté l’acétylène s’obtient si facilement dans les décompositions pyrogénées d’une foule de corps organiques qu’en me plaçant dans les mômes conditions, seulement à des températures un peu différentes, j’aurais également de l’acétylène avec les divers dérivés chlorés organiques.
Je • crois donc qu’en précisant d’avantage les conditions de l’expérience j’arriverais a résoudre un des problèmes les plus intéressants de la toxicologie. En effet, déterminer exactement la température à laquelle le chloroforme donne de l’acétylène ; analyser les différents gaz autres que l’acétylène que fournissent à la môme température et dans les mômes conditions les dérivés chlorés volatils, me donnerait un caractère d’une haute importance dans la recherche toxicologique du chloroforme.
Voilà les expériences que le temps et les appareils m’ont empêché de terminer, mais que je dois reprendre incessament.
Toutes ces expériences ont été faites dans le Laboratoire d’analyses de la pharmacie Mialhe et dirigé par M. A Petit.
Je dois le remercier ici et pour sa bienveillance et pour ses bons conseils qni ont beaucoup fecilité mon travail. Je remercie également les Professeurs Bouis et Beauregard, ainsi que M. Coudereau, M. Jarzebowski et M. Joulie, mon maître dans les hôpitaux qui ont bien voulu me guider de leur savoir et de leur longue expérience, dans le cours de mes études.
Vu :
Ad. CHATIN
Bon à imprimer, GRÉARD