PRONOSTIC
Le pronostic de la scrofule est généralement grave, puisqu'il s'agit d'une maladie chronique, rebelle, qui se termine ordinairement par la mort après un temps plus ou moins long. Cependant ce pronostic varie suivant un grand nombre de circonstances.
Pronostic suivant les formes de la maladie. — Il n'y a , en effet, aucune espèce de rapport entre le pronostic de la forme bénigne qui se termine par la guérison , et le pronostic de la forme grave dont la mort , et généralement une mort assez prompte, est la fin ordinaire.
Pour la forme commune, le pronostic varie suivant la nature des affections, leur nombre, leur ordre d'apparition , l'importance des organes lésés, la marche plus ou moins rapide de la maladie , les causes qui en ont amené le développement.
Pronostic suivant les conditions de développement. — Toutes choses égales d'ailleurs, la scrofule héréditaire est plus grave que la scrofule acquise. Il vaut mieux que la scrofule se soit développée dans de mauvaises que dans de bonnes conditions hygiéniques On aura plus de chance, dans ce dernier cas, de la modifier par un bon régime de vie et un traitement convenable.
On pourrait croire que la scrofule tardive, celle qui ne se développe que dans la jeunesse et dans l'âge adulte , est d'un meilleur pronostic , parce qu'elle semble indiquer une prédisposition morbide moins prononcée. Mais cette variété de scrofule est souvent caractérisée par des affections peu nombreuses, mais très-graves en elles-mêmes.
Enfin, on a noté que la scrofule marchait plus rapidement, se développait plus facilement chez les individus qui présentent les attributs de ce qu'on est convenu d'appeler le tempérament lymphatique, ce qui ne veut pas dire , comme nous le verrons ailleurs , que ces individus y soient plus prédisposés que les autres, erreur trop accréditée depuis un certain temps. (Voy. au chapitre de Y Etiologie.)
La scrofule qui se développe à la suite d'une fièvre éruptive affecte souvent une marche plus rapide, et a plus de gravité que quand elle survient dans d'autres circonstances.
Pronostic situant la marche. — Plus la marche de la scrofule est rapide , plus le pronostic en est grave. C'est un meilleur signe quand la maladie parcourt ses périodes avec lenteur, surtout quand les périodes sont régulières, c'est-à-dire quand les affections plus graves, qui n'appartiennent qu'à la scrofule confirmée , n'apparaissent pas d'emblée dès le début. C'est encore un bon signe quand les périodes sont séparées par dès intervalles de iemps où la maladie ne se révèle par aucune affection , et où la
santé parait complètement rétablie; cependant il faut toujours s'attendre, surtout à toutes les époques critiques de la vie , et lorsque la constitution est soumise à quelque modification importante, il faut s'attendre au développement d'une nouvelle série de symptômes ou à la réapparition d'anciennes affections qui paraissaient définitivement guéries.
Valeur pronostique des affections scrojuleuses. — Les affections de la peau, particulièrement celles de la face et du cuir chevelu chez les enfants, les phlegmasies des muqueuses, telles que le coryza, les angines, certains catarrhes, la leucorrhée , l'otorrhée , n'ont pas de gravité par elles-mêmes , et n'ont pas une valeur pronostique bien significative par rapport à la maladie dont elles sont l'expression. Comme toutes les affections scrofuleuses , elles ont un caractère de chronicité remarquable, et quelle que soit leur légèreté, leur bénignité, on doit être toujours bien prévenu de la ténacité qu'elles présentent.
Dans certains cas, ces affections légères ont beaucoup plus d'importance pour le pronostic. C'est, par exemple, un bon signe, quand elles constituent à elles seules toute la maladie, que cela persiste pendant très-longtemps, et que, dans un âge déjà avancé, il ne survient pas d'altérations plus graves. C'est encore un meilleur signe quand leur apparition ou leur réapparition coïncide avec la diminution ou la cessation complète de symptômes
plus inquiétants. Mais il faut, pour qu'on puisse tenir compte de ces changements, qu'ils soient durables. Chez certains scrofuleux, en effet, ils n'ont pas de valeur et tiennent à une grande mobilité dans les symptômes (1).
La répercussion subite d'une affection cutanée ou catarrhale , suivie d'une affection de poitrine, par exemple, est d'un pronostic très-fâcheux. Mais il faut bien distinguer ces métastases, qui ont un caractère et une valeur, de la succession régulière et peu significative d'affections plus graves à des symptômes plus légers, ce qui s'observe toujours lorsque la scrofule passe de sa première période à une période plus avancée.
Ce que nous avons dit des affections de la peau et des muqueuses s'applique à l'ophthalmie. Elle appartient, comme dit M. Baudelocque, à une modification peu profonde de la maladie, et on l'observe souvent, soit que la scrofule n'ait pas encore atteint son summum d'intensité, soit qu'elle tende vers la guérison (2). En elle-même, elle est grave quand elle est intense et qu'elle prend le caractère
(1) «Aliquando cessant scrof'ulae humiditale pone aures «orla vel ichoris effluxu ex aure succedenle item hœmor- «rhagia narium, catarrhe» atitalvi profluvio.» (Vogel, Prœlect., g 715.)
«Semper bona est scabies capitis scrofulis accedens.» (Stoll.)
(2) Cullen donne «à entendre la même chose.
aigu; mais le plus souvent sa gravité, clans ces circonstances, tient au peu d'énergie du traitement.
Les écrouelles indiquent un degré plus avancé de la maladie : c'est le signe de la scrofule confirmée , mais elles n'ont pas une grande valeur pronostique. Il en est qui n'ont aucune gravité : ce sont celles qui n'ont pas de tendance à l'inflammation et à l'ulcération, qui restent stationnaires, mobiles, isolées, superficielles, sans douleurs, peu nombreuses (1). Celles qui présentent des caractères opposés sont d'un plus fâcheux augure. On voit , dans certains cas, des engorgements indolents persister longtemps après la cessation de tous les autres symptômes de la scrofule. Ce n'est plus alors qu'un phénomène consécutif et local, la maladie est guérie.
Les abcès scrofuleux n'ont pas non plus une grande importance sous le rapport du pronostic. Les abcès froids , et surtout ces abcès qui contiennent du sang, de la fibrine, des produits morbides mélangés, mal élaborés, sont plus graves que cette variété d'abcès plus inflammatoires , plus analogues aux abcès phlegmonneux , que nous avons vus se développer assez souvent dans le cours de la maladie , et surtout que ces petites collections purulentes
(1) «Primus gradus, glandulee nimirum colli in infan- «tibus leviter tumefactœ, levissimus est et absque noxa « cernitur (Yequenlissime... Hinc etiam fruslaneum fere esl, «earum curationem suscipere, cura setate procedeutesponte «dispareant absque noxa. » (Korlum, loc. cit., t. 1, p. 346.)
du derme dont la nature se rapproche de celle des affections cutanées.
Plusieurs auteurs ont cru voir quelquefois un signe favorable dans la production d'un certain nombre d'abcès, se développant assez rapidement et presque simultanément chez le même individu. Ils y ont attaché à tort une idée de dépuration ; mais ne peut-on pas y voir une sorte de crise dans les cas où la guérison a paru être la conséquence de ce phénomène remarquable?
Dans d'autres circonstances, le contraire a lieu. Si la maladie est arrivée à sa dernière période, à l'état cachectique, l'apparition de plusieurs collections purulentes est d'un très-mauvais augure. C'est souvent le signe d'une mort prochaine, surtout s'il se fait des épanchements de sang dans les abcès, ou bien si des suffusions sanguines ou des ecchymoses se forment en différents points. Les hémorrhagies , dans cette période, sont aussi un très-mauvais signe.
On accorde, dans presque tous les ouvrages qui ont trait à la scrofule, une certaine importance aux tumeurs dites enkystées, lesquelles son t des col lections tuberculeuses. « Ubi praeter glandulas conglobatas « tumores quoque cystici adsunt , ibi jam adolevit « malum (Kortum). Majus adhuc mali incrementum «dénotant glandulae conglomérat», imprimis sali- « val es, affecta1... »
Les affections des os , les caries , les tumeurs blanches, sont d'un pronostic très-fàcheux, non-seulement par elles-mêmes, mais comme indiquant soit
une scrofule commune fort avancée , soit une scrofule grave. Cependant , il faut faire quelque distinction ; les caries du pied et de la main , le faux spina ventosa des phalanges, le véritable spina ventosa , sont relativement des affections bénignes, surtout chez les enfants et les jeunes sujets, et ne concluent nullement à la non-guérison de la maladie. La carie des vertèbres et la carie du rocher, surtout lorsqu'elles se compliquent de l'inflammation des méninges céphalique ou rachidienne , et de la substance cérébrale ou médullaire, sont très-promptement suivies de mort. Disons , à propos de la carie du rocher, combien il y a de différence sous le rapport du pronostic entre l'écoulement séro-purulent qui en est le signe, et l'écoulement muqueux à peu près insignifiant qui constitue la simple otorrhée. Dans l'un et l'autre cas, la suppression de l'écoulement est dangereuse.
Les affections tuberculeuses des viscères , en particulier le carreau, la phthisie des scrofuleux, la péritonite tuberculeuse sont d'un pronostic trèsgrave , quoique la mort puisse se faire très-longtemps attendre. Quant à la méningite tuberculeuse, elle est presque toujours rapidement mortelle. On voit que cet aphorisme de Stoll : a Licet pertinacis- « simum malum sint scrophula? pauci tamen indè «moriuntur» ne s'applique pas à la scrofule en général , ni à un grand nombre de ses affections , mais seulement aux tumeurs écrouelleuses, désignées par la plupart des auteurs sous le nom de scrophulœ.
Cependant, quelque grave que soit une affection scrofuleuse, il ne faut pas se hâter de prédire une terminaison funeste ; une lésion moins dangereuse peut survenir et faire une heureuse diversion.
Chez un sujet affecté de phthisie scrofuleuse ou d'une affection du même genre, l'apparition de tumeurs écrouelleuses est un phénomène très-favorable, c; In phthisi pulmonali scrophulae interdum « criticœ. » (Sydenham, Opusc. unwersa, p. 793.)
Les tumeurs mixtes tuberculo-cancéreuses, les cancers observés en même temps que d'autres engorgements scrofuleux, sont d'un fâcheux augure.
On conçoit, du reste, que le pronostic varie relativement aux différences de siège que présentent des lésions de même nature. Les tumeurs tuberculeuses développées sous la peau , les tubercules du testicule, sont moins graves que des tumeurs analogues siégeant dans des organes plus importants; c'est ce qui a fait dire : «Strnma? externa? diù sunt uinDOxise, interna? brevi periculosae » (1 ). 11 n'en est pas toujours ainsi. On sait, en effet, qu'on trouve quelquefois après la mort , dans le cerveau , le poumon et d'autres organes, des tubercules qui n'ont donné lieu à aucun trouble pendant la vie.
Certaines tumeurs scrofuleuses sont moins graves en elles-mêmes, et relativement au pronostic général de la maladie, qu'à cause de la gène mécanique
(I) Tulpius.
qu'elles apportent à l'accomplissement des fonctions les plus nécessaires à l'existence; telles sont celles qui compriment la trachée, les bronches, l'œsophage, les vaisseaux du cou (1), le pneumogastrique, les nerfs diaphragmatiques, etc.
Nous avons vu que certaines inflammations, telles que les angines , l'ophthalmie , n'étaient pas d'un pronostic fâcheux. Les bronchites fréquentes sont d'un plus mauvais augure. Mais un phénomène trèsgrave et qui annonce souvent la mort, ce sont des inflammations du poumon et surtout de la plèvre survenant à une période avancée de la maladie.
Valeur séméiotique de certains symptômes. — L'amaigrissement est un symptôme assez rare chez les scrofuleux, du moins un amaigrissement qui va jusqu'au marasme. Quand il survient c'est un mauvais signe.
L'amaigrissement est presque toujours masqué par une bouffissure, quelquefois générale, le plus souvent bornée à la face et aux extrémités. Ce gonflement œdémateux est d'un mauvais augure.
11 en est de même des épanchements qui se font
(1) «Si Lumores struraosi occupant locajuguli circa vasa, «facile homo per apoplexiam mori potest, vel nascitur hy- «drocephalus intérims.» (Klein, Intcrp. clin., p. 262.) Van Swieten (t. 3, p. 273) dit que les tumeurs du cou peuvent occasionner des vertiges , et La Motte, Traité de chirurgie, cite des cas d'apoplexie.
dans les cavités séreuses. Ce symptôme dénote un degré très-avancé de la maladie.
La diarrhée, une diarrhée séreuse abondante et fétide, est encore un très-mauvais signe.
Ces différents symptômes ont d'autant plus de gravité, qu'ils sont réunis et qu'ils caractérisent la cachexie spéciale des scrofuleux.
11 est d'autres symptômes moins graves qui ne laissent pas que d'avoir une certaine valeur pronostique.
Plus les signes de la prédisposition scrofuleuse sont marqués et plus en général la maladie est grave. Cependant chez les adultes et dans la forme fixe primitive qui n'est caractérisée que par une seule affection, ces caractères sont souvent moins marqués et il ne faudrait rien conclure de leur absence ou de leur peu de saillie.
La conservation de l'appétit, des forces et d'un certain embonpoint, malgré des lésions très-profondes, siégeant dans des organes très-importants, est relativement un bon signe, mais ne doit faire porter un présage favorable sur l'issue ultérieure de la maladie. L'embonpoint des scrofuleux se conserve souvent très-longtemps. Mais souvent aussi ils sont sujets sous ce rapport à des alternatives singulières, maigrissent tout à coup en très-peu de temps sous l'influence d'une affection légère, puis engraissent de nouveau très-rapidement.
La fièvre ne survient communément qu'à une période très-avancée de la scrofule, c'est alors un très-
mauvais signe. Mais dans d'autres circonstances elle est d'un pronostic très-favorable, c'est quand elle survient particulièrement vers l'époque de la puberté et qu'elle accompagne une crise salutaire. Elle précède alors et annonce une guérison prochaine.
Les enfants présentent aussi quelquefois avant la puberté , un mouvement fébrile , désigné un peu vaguement sous le nom de fièvre de croissance.
Mais si la fièvre, dans ces cas, ne s'accompagne pas, après un certain temps, d'une amélioration notable, elle donne une impulsion fâcheuse à la maladie.
— 2ï)2 - ÉT10L0G1E.
Parmi le grand nombre de causes qui ont été indiquées à propos de l'étiologie de la scrofule, il n'en est aucune qui soit véritablement déterminante, spécifique , qui soit la raison suffisante de la maladie ; tout au plus sont-elles occasionnelles ou prédisposantes (1). Considérées de la sorte, ces conditions de développement, qui n'en ont pas moins une trèshaute importance, méritent une étude particulière, d'autant plus qu'au sujet de plusieurs d'entre elles se sont élevées des controverses dont il importe de faire la critique.
Quant à la question de la cause prochaine, elle sera traitée à propos de la nature de la maladie.
Age. — C'est surtout dans l'enfance que la scrofule commence à se manifester (2). Il est rare de
(1) Ceci, du reste, n'est pas particulier à la scrofule; c'est une considération d'éliolo^ie générale.
(2) La scrofule peut- elle se développer dès la vie fœtale? «M. Lanjjslaff conserve dans son cabinet deux poumons tuberculeux trouvés sur un fœtus. M. Husson a vu dans les poumons d'un fœtus mort- né au septième mois de la grossesse des tubercules ramollis et déjà en suppuration; il a observé pareille maladie dans le foie d'un autre enfant né à terme et (|ui ne vécut que buit jours. OEbler a trouvé les ganglions mésentériques tuméfiés, durs, scrofuleux en un
l'observer dans la première ou la seconde année (1), « Raro infantes ubera sugentes scrofulosi fiunt » (2). Cullen a vu cependant un enfant de trois mois affecté de scrofule; quoique d'autres auteurs (3) aient observé cette maladie chez des enfants aussi jeunes, c'est par extraordinaire qu'elle apparaît avant la fin de la première année. Le plus communément elle se développe de trois à sept ans (4) , quelquefois plus tard jusqu'à 1 âge de la puberté, mais il est très-rare de la voir survenir après ce temps, dit Cullen (&},
Ge qui précède, comme la plupart des opinions émises à ce sujet dans les auteurs , s'applique aux engorgements écrouelleux, beaucoup plutôt qu'à la scrofule elle-même, dont le début, ainsi que nous
mot, non-seulement chez des fœtus nés de mères écrouelleuses, mais encore chez quelques-ans dont les mères n'offraient aucune trace de cette maladie. Ch,aussier assurait dans ses leçons avoir vu des écrouelles en.suppuralion chez des foetus et des enfants nouveau-nés. «(Baudelocque, p. 1 .)
De ces faits, quelques-uns peuvent également s'appliquer à la phlhisie ou diathèse tuberculeuse et ne permettent pas une conclusion certaine ; les autres paraissent prouver la possibilité du développement de la scrofule chez le fœtus.
(t) Cullen, Méd. pratique, t. 2, p. 6(M.
(2) Bertrandi.
(3) Baudelocque, p. 190,
(4) Cullen , Korlum, etc.
l'avons vu n'est souvent caractérisé que par des affections cutanées de la face , du cuir chevelu ou par d'autres symptômes, qui apparaissent bien avant les écrouelles et quelquefois pendant l'allaitement.
Mais bien que la scrofule débute presque toujours dans l'enfance, il est une variété de cette maladie qu'on peut appeler tardive et qui n'apparaît que dans la jeunesse ou dans un âge plus avancé; mais souvent alors la première période , celle qui appartient plutôt à l'enfance , ne s'observe pas , et on voit apparaître d'emblée des affections qui, dans la scrofule commune, ne se manifestent généralement que d'une manière secondaire et dans une période plus avancée.
Hippocrate prolonge jusqu'au delà de quarante ans l'époque à laquelle les écrouelles peuvent apparaître (1). Il est constant , ditKortum, que l'on voit souvent survenir des affections scrofuleuses à quarante ans et au delà (2)... « Mais, ajoute-t-il plus loin avec grande raison , les adultes qui, commençant à vieillir, sont attaqués de tumeurs glanduleuses et d'autres affections qu'on peut rapporter à la scrofule, ont dans leur jeunesse éprouvé à un degré quelconque quelque atteinte de cette maladie.» Enfin , Mercurialis (3) et Russell (4;, sont encore des aulo-
(1) Coac. prœnot., p. 512.
(2) Loc. cit., t. t, p. 1.67.
(3) De Morb. pucrorum, liv. 1, tliap. 5.
(4) OEcon. nal. in morb. gl ami ., p. 128.
rites qui attestent la reproduction d'affections scrofuleuses à l'âge de quarante ans et au delà chez les sujets qui en ont été affectés dans leur jeunesse. On trouve dans les auteurs des observations assez nombreuses de faits semblables (1).
L'âge n'a pas seulement une certaine influence sur le développement de la scrofule, mais sur l'apparition de telles ou telles affections scrofuleuses (voyez ce qui a été dit plus haut , à propos des formes et de la marche).
Constitution. — Presque tous les auteurs ont répété les uns après les autres que le tempérament lymphatique était une cause prédisposant à la scrofule.
On pourrait tout d'abord nier la vérité de cette assertion en se fondant sur l'incertitude et le vague (iu système des tempéraments, ce reste des doctrines humorales. Qu'est-ce, en effet , que le tempérament lymphatique? Les caractères en sont-ils bien nettement définis? Quand bien même on admettrait, ce qui existe, en effet, de certaines aptitudes fonctionnelles, la prédominance physiologique de certains organes donnant à la constitution un cachet particulier, serait-ce une raison pour y voir une cause de la maladie qui nous occupe?
(1) Janin, d'après Korlum, cite des cas d'oplitlialrnies scrofuleuses et d'ulcères de la coruée à quaraule ans et au delà, etc. (Korlum, t. i, p. 168.)
« La nature des deux étals est si dissemblable qu'il n'y a aucun rapport entre le tempérament Jymphatique le plus outré et l'affection scrofuleuse la plus légère» (1). Le contraire devrait exister s'il était vrai, comme on l'a avancé, que la scrofule n'est que l'exagération du tempérament lymphatique (2).
La plupart des auteurs répètent que celte maladie attaque souvent les enfants qui sont d'une constitution molle et délicate, qui ont la peau fine, transparente, un certain embonpoint, le teint coloré , les yeux grands et bleus , de longs cils , la pupille dilatée, des cheveux blonds, l'intelligence précoce.
Mais il faut remarquer que, de l'aveu même des médecins qui admettent le tempérament lymphatique comme ayant quelque influence sur le développement de la scrofule, cette influence est loin d'être constante. « 11 n'y a pas de doute , dit M. Guersant (3), que certains tempéraments sont plus souvent disposés que d'autres à l'affection scrofuleuse, et que, toutes choses égales d'ailleurs, les individus jouissant d'un tempérament lymphatique y sont peut-être un peu plus sujets. Cependant il faut se garder d'adopter comme certaine cette assertion
(1) Baudelocque, 1. c, p. 20.
(2) Hiclierand, Nosogr. chirurgie.
(3) Dict.de mcJ., t. 19, p. 190.
qu'on répète dans tous les ouvrages. Je vois tous les ans un grand nombre de scrofuleux, et certes la majorité de ces enfants n'offre point les caractères qu'on accorde ordinairement au tempérament lymphatique. Beaucoup d'entre eux sont châtains ou bruns, ont la peau sèche et peu d'embonpoint. »
«Plus de la moitié des enfants, dit M. Baudelocque, qui en sont atteints (des écrouelles) ne présentent aucun des caractères assignés au tempérament lymphatique; il en est un grand nombre qui ont les cheveux châtains foncés ou noirs, la peau brune et sèche, les yeux noirs, peu d'embonpoint et une grande activité. » Thompson affirme que les cas les plus graves de scrofules qu'il a observés se sont rencontrés chez des sujets dont le teint et les cheveux étaient très-foncés (1).
Cependant si le tempérament lymphatique n'est pas une cause de scrofule, s'il ne prédispose pas à cette maladie, il est vrai de reconnaître que la scrofule une fois développée chez les individus qui présentent les caractères assignés à ce tempérament, marche plus rapidement, présente chez eux plus d'intensité, plus de résistance.
C'est ce que reconnaît l'un dés honorables auteurs que nous venons de citer ( M. Baudelocque ). « L'observation ne répugne pas à laisser croire que les
(t) ld., ibid., p. t8.
écrouelles se développent plus rapidement chez les enfants lymphatiques que chez d'autres. »
Si le tempérament lymphatique ne prédispose pas à la scrofule, il n'en est pas moins certain qu'une constitution naturellement faible ou affaiblie par des excès, des privations, le manque d'air, de lumière, d'exercice, est une condition favorable au développement de cette maladie.
Sexe. — Les femmes, suivant Hoffmann (1) et plusieurs autres médecins, sont plus sujettes que les hommes à la scrofule. Cependant il faut mettre une grande réserve à admettre cette assertion. On s'est trop hâté de conclure de l'analogie qui existe entre la constitution des femmes et celle des enfants et des adolescents à l'analogie des prédispositions morbides (2), d'où l'opinion que les femmes sont plus sujettes que les hommes à la scrofule, et que cela est dû à la faiblesse, à la mollesse de leur constitution.
Hérédité. — Il est généralement admis que la scrofule est héréditaire; c'est une opinion traditionnelle.
«Les écrouelles, dit Cullen (3), sont communé-
(1) Hoffmann, Op. omn., suppl. 2, p. 427.
(2) Ceci s'applique à plusieurs maladies qu'on dil être plus particulièrement communes aux enfants et aux femmes. Voilà l'occasion d'en appeler aux faits.
(3) Méd. pral., t. 2, p. 603.
ment et très-généralement une maladie héréditaire. Elle peut se manifester quelquefois chez d'autres enfants que ceux dont les parents ont été affectés d'écrouelles dans quelque période de leur vie; mais cela est rare. Je ne puis assurer si elle peut ne pas se déclarer chez les enfants de ceux qui sont écrouelleux et paraître ensuite chez les descendants de la seconde génération ; je pense cependant que cela est fréquemment arrivé ((). Il me paraît qu'elle tire plus communément son origine du père que de la mère. » Ce serait le contraire , suivant le même auteur, pour le rachitisme.
Pour celte maladie, comme pour toutes celles qui sont héréditaires, parmi les enfants d'un père ou d'une mère atteints de scrofule, ceux-là en sont le plus souvent affectés qui ont le plus de ressemblance avec leurs parents (2).
Du reste, quoique la scrofule soit une maladie héréditaire, il ne faudrait pas croire que les enfants
(1) «Silente sœpe morbo ia genitura', dum ex cevo deri- «vatur ia uepotem. »( Boerhaave.)
«Forte ia prima generalione nondum se exserere polest «impressus character morbosus, et in secunJa tanlum se «manifestât progenie. » (Vau Swieten.)
(2) Cullen a connu une famille dont le père était écrouelleux. Tous les enfants qui lui ressemblaient étaient affectés de cette maladie, et ceux qui ressemblaient à leur mère eu étaient exempts. (Méd. prat., traduction franc., notes de Bosquillon.)
des scrofuleux le devinssent tous et toujours ; ce qui a été dit précédemment le prouve. 11 ne faudrait pas croire non plus que toute scrofule fût héréditaire et qu'il n'y eût point de scrofule acquise, comme quelques uns l'ont prétendu (1).
Cette hérédité de la scrofule , très-fréquente , très-commune , mais souffrant d'assez nombreuses exceptions, a été admise par la plupart des auteurs (2). Quelques-uns cependant n'ont pas craint de la nier (3).
(l)DocteurLemasson-Delalande(voy. Baudelocque, p. 12). Cette opinion est contraire à l'expérience. 11 existe un grand nombre de faits qui prouvent que des enfants peuvent, devenir scrofuleux sans que leurs parents ou leurs ancêtres l'aient jamais été. (Y. plus bas ce que nous disons de l'opinion de M. Lugol.)
(2) Andr. Laurentius, de Mira strum. curât. Bonetus, Sepulchr., Anat. génér., p. 1527; 1679. Mead, Monil. et prœcepl., c. 15.
Macbride, Introd.
Charmetton, Prix de l ' Acad. dechir., I. c, p. 176.
Dietrich, Diss. de morb. glandul., p. 20.
Tœltellmanu, Diss.} § 18.
Keid.
Cullen, 1. c.
Voy. Kortum, p. 287, 1 vol.
Baudelocque, p. 6.
(3) Faure, Prix de /' Acad. de cliir., p. 36. Wlùle, p. 8, Traité allcm. des scrofule». Oicl, ap. Wlùle, I. c.,p. 126 sq.
Hennin;;.
Les principaux arguments dont ils se servent pour soutenir leur opinion sont les suivants : nous prenons ceux de White en particulier. Il n'y a aucun sexe , aucune constitution , aucun tempérament qui ne puisse être atteint de scrofule. Souvent des enfants de scrofuleux en sont exempts, ou si quelques-uns sont pris de la maladie de leurs pères , les autres restant sains, on voit que la cause du mal dépend de circonstances accidentelles. Dune autre part, il n'est pas rare de rencontrer des enfants scrofuleux dont les parents ne l'ont jamais été. La variole, la rougeole, la coqueluche, etc., déterminent souvent le développement de la scrofule: si c'était une maladie vraiment héréditaire, tous les frères et toutes les sœurs nés de parents écrouelleux , devraient en être atteints , etc.
11 suffit vraiment de rapporter de pareils arguments pour en démontrer la faiblesse; il n'est pas nécessaire de les réfuter.
L'hérédité de la scrofule paraît plus marquée pour certaines formes; la scrofule maligne, ou même la scrofule commune bien caractérisée , sont presque toujours héréditaires. Il n'en est pas ainsi pour la scrofule bénigne (1).
Kortum (2) pense, contrairement à l'opinion vul-
(1) Kortum, p. 290.
(2) «Sexualem quoque iufluxum (ut nempe pueri prœpri- «mis scrofulosi fiant, si pater, puellse, si mater quondam
gaire qui admet, le plus généralement, une sorte de croisement dans la transmission des maladies du père aux filles et de la mère aux fils, que pour la scrofule ce croisement n'existe pas.
On voit que l'hérédité a toujours été considérée comme une circonstance très-favorable au développement de la scrofule.
Mais cette vérité vient d'être , qu'il nous soit permis de le dire , singulièrement exagérée dans un ouvrage récent (1). Malgré toute l'estime qu'on doit à l'esprit judicieux de l'auteur, à ses travaux remarquables sur la scrofule, à la manière large et vraiment médicale dont il comprend l'existence de cette maladie (2), il est impossible d'accepter les asser-
« simili vitio laboravil) hic non plane nullum esse, variis «exemplis comprobatum vidi. Sic novi virum in infanlia «crusta laclea detentum variorum liberorum genitorem ex «quibus pueri crusla laclea infestabantur omnes, puella- «vero ne vesligium qnidem Imjus raali referebant; licet «pnellarum aliquse patri magis quam matri similes essent, «puerorum quidam vero contra. Eliam de ipsis scrofulis «talia exempla mibi innotuerunt. In plerisque tamen casibus «absqne sexus discrimine ii infantes scrofnlosi riunt, qui «parenti quondam scrofuloso, paler sit, mater ve, similio- «res.» (Korlum, p. 289.)
(1) Recherches cl observations sur les causes des maladies scrofuleuses , par M. Lugol.
(2) M. Lugol va même trop loin en rapportant à la scrofule des maladies qui ont une existence indépendante , telles que la phlhisie ou dialhèse tuberculeuse et le racbitisme.
lions suivantes : & L'hérédité est la cause générale des maladies scrofuleuses ( I ). Cette cause est la seule que nous ayons pu reconnaître et constater. Les études auxquelles nous nous sommes livrés sur les causes dites pathologiques et sur les causes extérieures occasionnelles , nous ont démontré qu'elles étaient vaines et controuvèes. » (Avant-propos , p. 9.)
Pour montrer ce qu'il y a d'exagéré dans ce qui précède , nous ne rappellerons pas l'influence si bien reconnue par tous les médecins, si bien prouvée, de toutes ces causes dont nous avons parlé précédemment ou que nous avons encore à indiquer plus loin ; nous ne dirons rien des conditions hygiéniques, telles que la privation d'air, de lumière, l'habitation dans un lieu étroit, humide, l'entassement permanent d'un certain nombre de personnes dans un trop petit espace , une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité, etc. etc.; nous en appellerons au témoignage de M. Lugol contre lui-même.
Demandons-lui ce qu'il entend par hérédité. Après avoir prouvé par un grand nombre de faits que la scrofule se transmet très -souvent des parents aux enfants, c'est à-dire que des parents scrofuleux engendrent très-souvent une postérité scrofuleuse , ce que tout le monde admet depuis
(1) M. Lemasson-Delalande avait déjà dit: Il n'est point de scrofule acquise.
longtemps: Nous passons , dit-il, à un autre ordre de causes héréditaires ; nous allons voir l'homme originairement bien constitué acquérir certains états de santé qu'il transmet à ses enfants sous quelques-unes des Jormes de la scrofule; en sorte qu'il devient l'ori gine , la souche d'une famille scrofuleuse qui commence à lui et qui accuse son imprévoyance. Ces états de santé sont tous ceux dans lesquels la faculté de reproduction est affaiblie ou dégradée ; ils peuvent se développer par suite de maladies accidentelles , jjar les progrès de l'âge ou par quelque autre cause physiologique.
Ainsi des parents syphilitiques , ceux qui abusent des plaisirs vénériens , ceux qui se marient trop jeunes ou qui ne renoncent que trop tard au célibat, ceux dont rage disproportionné ou dont la force relative n'est pas à l'état normal des sexes , etc., ont tous cela de commun d'être dans des conditions défavorables à la reproduction de l'espèce et de n'avoir que la triste faculté d'engendrer des enfants scrojuleux. (P. 1 1 C.)
Tout ce que dit là M. Lugol est très-vrai et avait été signalé avant lui dans la plupart des traités sur la scrofule; mais il en lire cette conclusion que la scrofule est toujours héréditaire , qu'elle l'est même dans ces dernières circonstances; voilà qui est tout à fait nouveau.
Jusqu'ici, en effet, hérédité en médecine avait voulu dire transmission d'une même maladie des parents aux enfants; mais selon l'honorable médecin dont nous parlons , l'hérédité doit s'entendre
aussi de la transmission des parents à leur postérité, de certains étals de santé, lesquels se transforment en une maladie qu'on appelle la scrofule.
N'y a-l-il donc pas une langue en médecine? Et s'il y en a une, comme dans toute science, est-il permis d'altérer ainsi la signification des mots , de manière qu'il devienne impossible de s'entendre?
Ainsi , selon M. Lugol , la scrofule a deux manières d'être héréditaire: la première, c'est la manière commune, traditionnellement connue et acceptée de tous ; la seconde , c'est un héritage , une dégénérescence de la santé des parents, affectés de syphilis, adonnés aux excès vénériens, trop jeunes ou trop âgés, dont l'âge est disproportionné, etc. (1).
Que M. Lugol nous permette d'appeler les choses par leur nom naturel et de ne pas faire de confusion. Nous admettrons avec lui, avec tous les médecins de bon sens , que la scrofule est très-souvent , le plus souvent, héréditaire; mais qu'elle est aussi, dans certains cas, acquise, et que c'est une condition très-favorable au développement de cette maladie que d'être né de parents dont la constitution était affaiblie par des privations ou des excès , qui ont été infectés de syphilis, qui ont engendré ou trop jeunes ou trop vieux , etc.
(I) M. Lugol signale avec raison le danger de ces unions ridicules et disproportionnées d'un jeune homme avec une femme âgée ou d'uue jeune fille avec un vieillard.
Ainsi donc ce n'est que par un abus de langage que JM. Lugol a pu dire que toute scrofule est toujours héréditaire (1).
Mais il va plus loin. Pour lui, comme nous l'avons dit au commencement de ce travail, il considère l'hérédité comme la cause prochaine et suffisante de la scrofule :« Il faut, en effet, dit-il, qu'il arrive de deux choses l'une, ou que la scrofule soit héréditaire , ou qu'elle soit un effet sans cause. » (P. 150.) Pourquoi donc? Nous ne voyons pas la nécessité de cette alternative et nous trouverions beaucoup plus juste de dire: De deux choses l'une, ou la scrofule est héréditaire ou elle est l'effet d'une autre cause que nous ne connaissons pas. Combien de maladies en sont là! Toutes même, à ce compte, sont des effets sans cause, car nous ne connaissons la cause prochaine, la raison suffisante d'aucunes d'entre elles. Nous ignorons la nature intime de tonte chose, et les sciences dites exactes, renonçant à cette recherche vaine des explications, se bornent \\ étudier, à constater les lois qui régissent l'ensemble et la succession des phénomènes.
Est-il maintenant nécessaire de suivre M. Lugol Jans les conséquences qu'il tire d'un principe faux,
(1) Il se contredit d'ailleurs lui - même en plusieurs endroits , et en particulier dans un passage où il cite des cas de scrofule transmise, selon lui, de la nourrice à l'en faut qu'elle allaite, et où L'hérédité n'est pour rien. (P. 210.)
telles que l'interdiction du mariage aux scrofuleux, moyen radical, mais peu pratique, de détruire la scrofule (1)? JNous aimons mieux le voir conseiller le croisement des races, la précaution d'unir des individus faibles ou scrofuleux à des sujets d'une constitution plus robuste; enfin, une réserve trèsgrande mais non absolue vis-à vis du mariage, dont il faut souvent craindre, sauf quelques circonstances où il paraît avoir une salutaire influence (2), de fâcheux effets tant pour les scrofuleux eux-mêmes que pour leur descendance (3).
Nous regrettons que M. Lugol, au lieu de proclamer à tort l'hérédité constante de la maladie qui nous occupe, n'ait pas étudié les lois suivant lesquelles se manifeste cette hérédité quand elle existe; comment la maladie se transmet le plus souvent, soit du père, soit de la mère (4), quel rôle jouent les
(1) Combien peu existe-t-il de familles, surtout dans nos grandes villes, où l'on ne trouve quelque membre entaché de scrofule. Vouloir détruire la scrofule par l'interdiction du mariage à ceux qui en sont atteints serait vouloir détruire l'espèce.
(2) Quelquefois il développe et fortifie , surtout les jeunes filles.
(3) Il y a d'excellentes choses d'ailleurs dans ce livre, dont nous recommandons vivement la lecture.
(4) Il se borne à signaler l'influence héréditaire du père comme la plus marquée, et à dire que la scrofule ne saute pas une génération , ce qui pourrait être contesté , et ce qui contredit l'opinion de Boerhaave et de Van Swieten.
rapports du sexe des enfants à celui des parents, et la ressemblance qu'ils ont avec ces derniers, etc. etc.
Contagion. — Plusieurs auteurs ont pensé que les scrofules malignes (écrouelles) étaient contagieuses. Cette opinion même fut longtemps accréditée; on peut en juger par la réponse de la Faculté de médecine à la question posée par le Parlement, en 1578, et rapportée par Dulaurens (Andr. Laurent). Cette croyance était une conséquence de l'opinion qui admettait comme cause de la scrofule un virus particulier, ayant de l'analogie avec le virus vénérien (1\
Mais il n'est personne qui aujourd'hui admette la contagion des scrofules; l'expérience journalière et universelle en a fait bonne justice, il n'est même pas nécessaire de citer des autorités en faveur de cette manière de voir (2).
( I Laurel) tins, de Mira slrumarum curalione, liv. 2, cli. 2.
Hildanus, cent. 2, observ. 78.
Tulpîus, observ. 54, cap. S.
Bierchen.
Bordeu, Dissert, sur les écrouelles.
Charmetlon , Prix de l ' Acad. de chir. , I. c„ p. 174.
Ackermann , Dissert, de scroj. nalur.j p. 1 1.
Selle, Méd. cl., p. 227.
M. Luftol admet la contagion dans quelques cas rares. (2) Si on y tenait absolument, nous pourrions citer entre autres :
(Julien, Méd. pral., t. 2;
D'ailleurs, des expériences ont été tentées, qui ont démontré définitivement la non-contagion des écrouelles. Il est des médecins qui ont eu le triste courage de chercher à inoculer la scrofule à des enfants, mais heureusement leur expérimentation n'a amené aucun résultat fâcheux (1); d'autres mé-
VVhite, 1. c, p. 14;
Diel,ap. White, p. 101 ;
Goursaud, Prix de VAcad. de chir., p. 297 ;
Faure, idem., p. 36;
Baudclocque ;
Alibert ;
Pinel;
Richerand.
(1) Il est pénible de citer Korlum, l'auteur consciencieux d'uu si remarquable traité sur les scrofules. Il est vrai , comme il le dit lui-même, qu'il était convaincu de l'inuocuité de l'expérience et qu'il n'inocula que du pus provenant de scrofules bénignes.
« Neque materies ex ulceribus scrofulosis benignis ef- «Huem contagiosam vim habet, id quod ex nonnullis a me «inslilutis lentaminibus apparet. Quippe materiem ex lali- «bus ulceribus desumptam puello sano ad latus colli inle- «grecute inferiori, alii vero puero cuticula exigno vulnus- «culo, velut in variolarum insi«tione fieri solet, disrupta, «itidem in superiori colli regione, nempe iufra et pone processum mastoïdum, applicavi, — et ne ullam quidem inde «observare potui morbi communicalionem. Nemo dicat au- «dacula haecce lentamina, cura firmissimis, indubilatisque «rationibus essem persuasus nullum inde damnum pueris «subnasci posse.»
decins ont fait ces tentatives sur eux-mêmes et la maladie ne s'est point transmise (I).
On a dit que la scrofule pouvait se communiquer par la vaccine, mais indépendamment des expériences directes que nous avons rapportées (voy. les noies), et dans lesquelles la contagion n'a pas eu lieu, l'opinion qui admet cette cause n'a aucune hase certaine. On a cité des faits de scrofules développées à la suite de vaccination (2). Mais est-il rien de moins concluant que ces faits? Est-ce que la scrofule ne se développe pas souvent sous l'influence occasionnelle d'une maladie antécédente, de la variole, etc? Est-ce qu'il y a aussi contagion dans ce cas?
On a encore invoqué un autre mode de conta-
M. Lepelletier cite, sans le nommer, un médecin qui, chargé de vacciner plusieurs enfants, inocula en même temps une certaine quanlité de pus écrouelleux, sans qu'il survînt par la suite aucune affection scrofuleuse.
(1; M. Lepelletier lui-même a cherche à s'inoculer plusieurs fois la scrofule sans y parvenu-.
M. Goodhid a répété aussi sur lui-même ces expériences, mais elles ont toujours eu le même résultat négatif.
(2) Cas d'un jeune homme chez qui, à la suite de l'inoculation de la variole, des symptômes de scrofules se sont déclarés.
Rowlay, cité par Kortum (t. 1, p. 217). Ce dernier ne craint pas de dire : «Scrofulas enm variolis propagari pone, (icura Whilio negare haud duhilo. Oui illud comprobare « videntur casus alia ratione explicaudi sunf.»
gion. « Il est assez ordinaire, dit Bordeu, de voir que les nourrices écrouelleuses communiquent leur mal à leur nourrisson. » Pour des médecins qui admettaient un virus scrofuleux infectant les liquides et les solides du corps, il était impossible de ne pas admettre la transmission directe du mal par le lait d'une nourrice. Cependant les faits sur lesquels pouvait s'appuyer une pareille opinion sont loin d'être concluants. En effet, ou bien la nourrice est la mère de l'enfant, et alors il est tout à fait impossible, comme dit M. Baudelocque (1), de reconnaître ce qui appartient à l'hérédité et ce qui appartient à l'allaitement, ou bien c'est une nourrice étrangère; dequel droit admettrait-on alors plutôt la contagion qu'un simple rapport de coïncidence entre la maladie de l'enfant et celle de la nourrice, ou même qu'une certaine influence exercée par l'état de cette, dernière sur la santé de son nourrisson , qu'une cause occasionnelle, qu'une condition favorable au développement de la maladie (2), analogue à l'influence d'une mauvaise nourriture? Ce qui, soit dit en passant, suffit bien pour déterminer à ne jamais prendre de nourrice affectée de scrofule, quoique la contagion ne soit pas à craindre.
(2) «Faure neque infantem lactantem a nutrice neque liane oabillo infici perhibel.» [Prix de l'Acad. de chir., p. 297.)
«White negat a nutrice communicari posse scrofulas.» (Ap. Kortum.)
si utres causes occasionnelles ou prédisposantes. — Nous allons maintenant passer rapidement en revue les autres causes occasionnelles ou prédisposantes de la scrofule.
On a noté, nous en avons déjà dit un mot, la trop grande jeunesse ou l'âge trop peu avancé des parents, leur épuisement provenant de l'habitude honteuse de la masturbation ou des excès vénériens; leurs maladies, surtout la syphilis, leur état valétudinaire provenant de quelque cause que ce soit(l).
Ingesta. — On peut joindre à ces causes prédisposantes toute alimentation capable d'affaiblir, de détériorer la constitution : par exemple, le mauvais lait d'une nourrice, une alimentation exclusivement végétale. Kortum se plaint de celte habitude, qu'ont les gens d'une condition élevée, de nourrir exclusivement leurs enfants jusqu'à l'âge de cinq, sept ans, de végétaux, de pain, de lait, de légumes (2). 11
(1) M. Baudelocque prétend avec raison que ces causes, ainsi tj ne la plupart de celles dont il va être question, n'ont point une action évidente, incontestable, spécifique; personne ne lui contestera celle vérilé. Ce ne sont là, nous ne saurions trop le répéter, que des occasions, que des conditions de développement pour la maladie.
(2) « Aliquoties veto jam talibus parentibus dtaetam hanc «infanlilem maxime erga me glorianlibus in infantum cor- «poribus abdomen tumidum et initia cachexise scror'ulosae
est à remarquer que c'est précisément les aliments de celte nature qui constituent la nourriture des pauvres, et que la plupart des scrofuleux appartiennent aux classes les plus nécessiteuses.
Cette alimentation est aussi celle des gens de la campagne", il est vrai que beaucoup d'autres causes , telles que l'air, l'exercice, doivent avantageusement contrebalancer celle -là. Cependant Dionis (1) dit que plus des trois quarts des scrofuleux qui se présentaient aux rois de France étaient des paysans. Mais on sait combien plus la scrofule est fréquente dans les villes populeuses; il est vrai que dans les grandes villes beaucoup d'autres conditions favorables au développement des scrofules viennent se joindre à la mauvaise alimentation. Parmi les aliments propres à contribuer au développement de cette maladie, on a particulièrement signalé le pain mal fermenté, les aliments farineux (2), le lait en trop grande quantité , les eaux de mauvaise qualité, les boissons chaudes, les mauvais vins, les liqueurs spiritueuses données aux enfants, les fruits
«ostendi, adeoque illos non perfecte, uti parentes exisli- «mabant, sanos esse monstravi.»
Kortum, t. 1, p. 300. — Vogel, Prœlccl., p. 534, est du même avis, ainsi que beaucoup d'autres.
(1) Dionis, Cours des opér. de chir., p. 641.
(2) Haller, Éléments de physiologie, t. 1, p. 193, pense que l'usage excessif des pommes de terre est une cause mesenterii obstructionum. Mais il ajoute : cum inerii vita conjunclum.
crus, acides, amers, et toutes les substances qui présentent ces caractères.
Il faut convenir que l'on a exagéré un peu l'influence de ces aliments. On comprend combien ces causes pouvaient avoir d'importance lorsqu'on attribuait la maladie à une acidité du sang, à un épaississement de la lymphe. Un chyle mal élaboré, vicieux, acide, épais, visqueux, participant nécessairement aux qualités des aliments qui le formaient, devait fixer toute l'attention des médecins (1).
11 est inutile de faire le détail de cette multitude d'aliments et de boissons réputés causes de scrofule (2), et dont chaque auteur , suivant sa théorie humorale, faisait un choix, dont il défendait ou recommandait l'usage.
« L'eau (3) qui provenait de la fonte des neiges
(1) «Gaubius (g 326) ait: Chylus austerus generatur ex «iugestis similibus immaturis, acerbis, viuis austeris , abousu absorbenlium, adstriugentium, coaguiantium, maxime «sicubi copioso liquore non diluuntur, inque debili corpore «nec vi saponacea bilis, nec valido motu animali lenuan- «tur. » Ces aliments crus et de mauvaise digestion fournissent un chyle mal élaboré. Ce chyle ne saurait être vicié sans que le sang ne le fût aussi; la lymphe qui en émane doit par conséquent avoir le même caractère. (Goursaud.)
(2) Bouillies épaisses, châtaignes, pommes de terre, gâteaux mal levés, sucreries, fèves, pois, lentilles, beurre, fromage, etc. (Voy. Baudel., 1. c, p. 72; Kortum, etc.)
(3) Nous renvoyons au remarquable ouvrage de M. Baudelocque, pour plus amples détails sur l'influeude des ali-
était réputée malsaine. On connaît cependant la belle santé dont jouissent les habitants des montagnes, qui n'ont d'autre eau que celle qui découle des glaciers... 11 faut chercher une autre cause aux écrouelles qui désolent les habitants des vallées et des plaines. Bordeu a vu la maladie scrofuleuse très-commune dans des villages qui ne sont séparés que par un torrent d'autres villages où les écrouelles sont fort rares. Les habitants des deux rives se nourrissent de même, boivent de la même eau, qui pour l'ordinaire est celle du torrent mitoyen. »(M. Baudelocque.J
Il est incontestable qu'une alimentation exclusivement tirée des végétaux (1) est une condition favorable au développement de la scrofule, et qu'une nourriture animale doit à juste titre faire partie du traitement de cette maladie; mais il faut toujours se rappeler le rôle secondaire des causes occasionnelles, et combien leur influence varie suivant qu'elles se combinent avec d'autres influences opposées ou semblables.
Néanmoins , quoiqu'il soit vrai que presque tous
ments et des boissons, et en particulier des eaux séléniteuses chargées de sels calcaires, etc.
(1) C'est le contraire pour le rachitisme, dont le développement est souvent dû, chez les petits enfants, à une alimentation animale trop succulente, trop variée et qui n'est pas en rapport avec leur âge.
les aliments ont été accusés de produire la scrofule, il faut reconnaître qu'il n'y a que très-peu d'auteurs, si même il en est, qui aient attribué cette fâcheuse influence à l'usage d'une nourriture animale.
« Ipsas carnes quidem inter causas scrofularum « procatarcticas vix referri posse censeo, » dit Korlum. Ce n'est, en effet, que par leur usage trop hâtif, chez de très-jeunes enfants (1), que par leur mauvaise qualité ou la trop grande quantité, qu'elles peuvent nuire, de l'avis de tous les auteurs.
Il est encore quelques médicaments et quelques substances à l'action desquels on a attribué le développement de la scrofule : tels sont les purgatifs répétés chez les enfants (2), l'usage des terres absorbantes, du mercure (3).
Mais pour ces dernières substances , l'influence qu'on leur a attribuée n'est nullement prouvée ; pour le mercure surtout, il y a une cause d'erreur. A la suite de l'usage des médicaments, on observe, dit-on, des affections prétendues scrofuleuses; mais il est à remarquer que certaines affections qui surviennent dans le cours de la syphilis , c'est-à-dire
(!) P. 311, Cl.
(2) Hoffmann, Suppl. ad. med syst., p. 54.
(3) Sydenliam, Hoffmann et Galien, cités par Kortimi , p. 315, t. 1.
J. Hunier, Lombard, Viyaroux, S. Cooper, cités par M. Baudeloc(|iie, p. 94.
chez des gens qui ont été longtemps traités par le mercure et qu'on a cru guéris , ressemblent beaucoup aux affections scrofuleuses , de sorte qu'on peut commettre une double erreur, en prenant pour scrofuleuse une affection syphilitique et en l'attribuant à l'usage du mercure.
On a cru trouver la même action dans les préparations de plomb , les vins frelatés avec la litharge (1), avec l'alun (2), etc.
Circamfasa. — Il n'y a peut-être pas de condition plus favorable au développement de la maladie qui nous occupe, que le concours des circonstances suivantes : réunion de plusieurs individus dans un même lieu, dans la même habitation, respirant un air malsain , vicié , n'ayant qu'une mauvaise nourriture, vivant dans la malpropreté et renfermés dans un lieu bas , humide et mal éclairé (3).
Telles sont les conditions dans lesquelles se trouve presque toute la population dans certaines contrées encore sauvages, telles que la plupart des îles de l'Océanie , où la scrofule est endémique (4) ;
(1) Schullze, Dissert, de atrophia; Hal., 1735. Burserius, v. 1, p. 392.
Thunberg.
(2) Clossius, ap. Kaerapf, p. 63.
(3) Voy. Faure, Prix de ÏAcad. de chir., vol. 3, p. 31, et beaucoup d'autres auteurs.
(4) Consulter les rapports des voyageurs et des missionnaires de ces contrées.
(elles sont encore les conditions dans lesquelles se trouvent les habitants de quelques pays , qui , entassés dans des demeures étroiles, partagent souvent le peu d'air et d'espace dont ils jouissent avec un certain nombre d'animaux domestiques.
On a considéré comme cause de la scrofule chacune de ces circonstances en particulier , au lieu d'en signaler surtout le concours comme très-dangereux.
Ainsi on a attribué à la température une influence qu'elle ne paraît pas avoir. Le froid humide a été regardé comme cause prédisposante. Mais qui ne sait que la scrofule est extrêmement répandue en Espagne?
Il est vrai qu'elle l'est aussi en Angleterre et en France : ce qui prouve ainsi qu'elle se développe dans des températures et dans des climats divers. Ces climats, il faut en convenir, appartiennent à la zone tempérée. Selon la remarque de White, cette maladie est très-rare :«Tum in fervidis, tum in ge- « lidis regionibus » (1 ).
La malpropreté a été désignée aussi en particulier comme une cause suffisante et déterminante de la scrofule. On a attribué la scrofule des Espagnols à leur saleté ; mais en Hollande, où règne une propreté proverbiale, rien n'est plus commun que les affections scrofuleuses, et rien n'est plus rare à Païenne,
(1) White, loc. c, p. 19.
en Sicile (t), où le peuple est d'une malpropreté reconnue.
On en pourrait dire autant pour l'humidité, le manque de lumière , etc. C'est donc plutôt le concours de ces circonstances que l'action séparée de l'une d'elles dont il faut tenir compte, et encore la scrofule peut-elle bien attaquer des sujets qui n'ont jamais été soumis à l'action simultanée de ces prétendues causes : témoins ces enfants scrofuleux qui appartiennent à la classe la plus élevée de la société.
C'est ici le lieu de faire remarquer que M. Baudelocque, dans son traité si consciencieux des scrofules, s'est exagéré l'influence d'un air altéré et non suffisamment renouvelé; il en a fait une cause unique, spécifique, constante (2), qui jusqu'à lui avait été méconnue.
« Le développement des écrouelles, dit il, est constamment précédé par le séjour plus ou moins continuel, plus ou moins prolongé, dans un air qui n'est pas suffisamment renouvelé. Cette cause est ïa seule que l'on rencontre toujours, soit isolée, soit réunie à des causes dont l'action est très-secondaire. »
M. Baudelocque a employé toutes les ressources d'un esprit distingué et d'une remarquable érudition à montrer l'impuissance de chacune des causes occasionnelles de la scrofule , prise isolément , et
(1) Voy. Baudelocque, p. 104.
cela au profit de celle qu'il avait adoptée; malheureusement pour celle cause privilégiée, il serait facile de faire pour elle ce qu'il a fait pour les autres. En effet, tout en admettant, avec M. Baudelocque , que l'altération de l'air est une condition très-favorable au développement des scrofules , que cette circonstance se rencontre très-fréquemment, il est impossible de convenir avec lui que ce soit là une cause constante et suffisante. On en est convaincu quand on le voit rapporter à cette cause unique la scrofule qui survient dans les circonstances les plus opposées, chez les pauvres privés d'air, de lumière, renfermés dans des lieux obscurs et malsains, aussi bien chez les enfants des riches qui sont ordinairement dans des conditions toutes contraires. Comment donc M. Baudelocque peut-il d'ailleurs attacher une influence aussi exclusive à la respiration d'un air vicié, quand cette cause est presque toujours confondue avec d'autres non moins actives ; enfin, n'en voit-il pas lui-même l'insuffisance quand il est obligé d'admettre qu'à la rigueur il suffit d'y être soumis pendant quelques heures du jour ou de la nuit.
Secrela et excréta. — La suppression de la transpiration par l'action du froid a été à juste titre notée comme cause occasionnelle de scrofule. 11 en est de même de la suppression des règles ou de leur cessation, etc. L'opinion de certains auteurs (War-
thon (1), Faure) sur les dangers de la rétention du sperme et de la continence, comme cause de scrofule, mérite d'être flétrie plutôt que réfutée.
Gesta et percepta. — Pour terminer cette longue liste des conditions favorables au développement de la scrofule, n'oublions pas l'influence des passions tristes , des chagrins prolongés , de la crainte , de la tristesse, celle d'une vie sédentaire, du manque d'exercice, du séjour prolongé au lit, etc. etc.
— Enfin on voit parfois survenir la scrofule, ou quelque affection scrofuleuse, sous l'influence d'autres causes occasionnelles, par exemple, une contusion, une entorse, une peur violente, ou bien à la suite de certaines maladies , et principalement de la variole , de la rougeole , de la scarlatine , de la fièvre typhoïde, de la syphilis, etc.; ce sont ces dernières causes occasionnelles qu'on a désignées sous le nom de causes pathologiques , et qui ont fait croire , si à tort , que quelques maladies pouvaient dégénérer en scrofule.
— Nous ne terminerons pas cette énumération sans rappeler qu'aucune de ces causes ne saurait expliquer la scrofule, qu'aucune ne pourrait en
(1) Adcnograph., p. 247.
Prix de l'Jcad. de chir., t. 3, p. 34. Bordeu , qui a eu le tort de répéter cette opinion, la modifie un peu.
donner la raison; qu'elles ne doivent être considérées, en un mot, que comme de simples conditions de développement ou comme causes prédisposantes, et qu'elles ont d'autant plus d'influence que plusieurs d'entre elles sont réunies.