I. RÉGIME ET MOYENS DIÉTÉTIQUES
Le régime et les moyens diététiques occupent une place très-importante dans le traitement de la scrofule; ils favorisent puissamment l'action des médicaments, et sans leur concours tout traitement échoue.
1° Circuinfusa.
Habitation. — Les scrofuleux doivent habiter un lieu sain, vaste, bien aéré, bien éclairé, préservé de toute humidité, dans une bonne exposition, en plein midi (1).
Climat. — Ils doivent respirer un air sec et pur, s'il est possible à la campagne, sous un beau ciel , dans un climat chaud ou du moins tempéré.
(1) Il est douloureux d'êlrele plus souvent dans l'impossibilité la plus absolue de mettre les pauvres, si fréquemment affectés de cette maladie, dans de bonnes conditions hygiéniques.
Aussi plusieurs médecins, entre autres Kortum et M. Baudelocque, frappés de cette triste vérité, ont-ils vivement et généreusement sollicité de l'autorité municipale et de la police des grandes villes quelques mesures protectrices de la santé des pauvres, et relatives au moins aux habitations étroites, obscures et malsaines qui leur sont réservées.
Air, lumière. — Us resteront le plus longtemps possible à l'air libre, exposés à la lumière diffuse ou aux rayons du soleil.
Température. — Ils éviteront l'action du froid , surtout du froid humide, et les changements brusques de température.
2° Applicata.
Vêtements. — Les scrofuleux doivent porter des vêtements chauds, qui les préservent de l'humidité et du froid. Il est très-important qu'ils portent de la laine, de la flanelle, non-seulement sur la poitrine et les bras, mais sur tout le reste du corps, sur les extrémités inférieures. Us éviteront avec grand soin le refroidissement des pieds.
Soins de propreté. — Les soins de propreté sont de première nécessité, surtout chez les enfants. On doit les changer souvent de linge, les laver, les baigner souvent.
Lotions et bains. — Les lotions froides sont trèsutiles, ont une action très-puissante. Fréquemment répétées et suivies de frictions, elles fortifient les petits scrofuleux et peuvent les préserver des rhumes, des coryzas, des maux de gorge, et d'un certain nombre d'affections de la peau auxquelles ils sont si exposés.
Les bains froids ont une action plus énergique encore. « Le bain froid, dit Cullen , paraît avoir été plus avantageux qu'aucun des autres remèdes dont
j'ai vu faire usage.» Bordeu n'y attache pas moins d'importance. Cependant les bains froids, malgré leur utilité incontestable, ne doivent pas être pris d'une manière inconsidérée. On n'en continuera l'usage qu'autant que la réaction se fera bien ; de plus , les malades ne doivent pas séjourner trop longtemps dans l'eau: la simple immersion suffit, et détermine beaucoup plus sûrement cette réaction qu'il s'agit d'obtenir.
Les bains froids sont contre-indiqués dans certaines circonstances, par exemple quand les malades sont trop affaiblis ou que les poumons sont affectés.
Les bains lièdes n'ont pas d'action marquée sur la scrofule; on ne doit guère les prescrire que comme soins de propreté. Les bains aromatiques sont un peu plus utiles, surtout pour les enfants. Nous verrons, à propos de quelques affections scrofuleuses , l'influence des bains et des douches de vapeur (1).
Ce que nous avons dit des bains de rivière s'applique aux bains de mer. Ces derniers seulement ont encore plus d'efficacité, mais ils exigent aussi plus de précautions (2).
(1) Les bains de lait, les bains de gélatine, conviennent aux petits scrofuleux très-affaiblis.
(2) Russell, le premier, a parlé ex prof es so de l'eau de mer dans la maladie qui nous occupe. 11 en recommande l'usage à l'intérieur et à l'extérieur quand il n'y a pas de lièvre , !a proscrit dans le cas coutraire , et la recommande de nouveau quand la maladie paraît se terminer, pour en assurer la guérison définitive qu'il consolide par le quinquina. On eom-
3° Ingesla.
Aliments. — L'alimentation des scrofuleux doit être tonique, légèrement excitante, à moins de contre-indications. 11 faut avant tout éloigner les aliments de mauvaise qualité , le pain mal fermenté, mal cuit, les farineux , les légumes d'hiver ^voy. au
menée par boire quatre onces d'eau de mer le malin; on élève graduellement la dose jusqu'à une livre. On la boit seule, mélangée d'eau douce ou avec du miel.
Hippocrate recommande l'eau de mer à ceux qui éprouvent des démangeaisons, qui sont tourmentés par l'àereté des humeurs; il apprend qu'elle convient pour la guérison des ulcères. Celse, Pline, etc., parlent de l'usage de l'eau de mer.
L'eau de mer convient surtout aux malades qui sont peu sujets aux inflammations; elle détermine quelquefois des liémorrhagies.
Macbride recommande l'eau de mer seulement au commencement de la maladie, avant que les tumeurs soient ulcérées et que les symptômes de cachexie se manifestent; le quinquina , au contraire, s'il y a des ulcères et que la fièvre hectique soit déjà survenue ; enfin, la ciguë, si le mal est invétéré et si les engorgements ont pris un caractère squinheux ou cancéreux (exlr. de Kortum).
Il faut tenir compte, dans l'appréciation de l'influence exercée par L'eau de mer, de l'exercice, du changement de lieu, de l'air pur qu'on respire au voisinage de la mer, de l'action du bain froid, circonstances qui augmentent singulièrement celle influence.
chapitre des causes), l'abus du laitage (1), de substances peu nourrissantes, exclusivement végétales.
On prescrira une nourriture presque entièrement animale; du bouillon, des gelées de viandes, surtout aux enfants; du bœuf, du mouton rôtis, de préférence aux viandes blanches et au poisson , qui cependant conviennent encore mieux que les végétaux Il y aurait excès à proscrire complètement ces derniers. Parmi eux, on choisira les légumes frais (2), surtout ceux qui sont aromatisés, et les fruits bien mûrs, particulièrement les fruits rouges.
Les viandes rôties valent beaucoup mieux que les
(1) L'usage modéré du lait, surtout du bon lait, ne peut vraisemblablement pas être uuisible. Le lait a été alternativement recommandé ou proscrit avec un peu trop d'exagération.
Sauvages le prescrit dans les scrofules internes et même dans l'opblbalmie scrofuleuse; Lieutaud est du même avis. Wiseman recommande le lait d'ànesse. Raulin pense que le lait de vache convient dans la fièvre hectique. YVhite prescrit le lait avec l'eau de Sellz contre la (oux des enfants atteints du carreau.
Bordeu , tout en reconnaissant les bons effets du lait et du petit-lait contre certains symptômes, déclare qu'il ne sert à rien pour guérir la maladie. Morton rejette la diète lactée dans la phthisie scrofuleuse, et Portai est du même avis.
Dans certains cas, lelail, surtout le lait de chèvre, le lait d'ànesse associé à l'eau de chaux ou à l'eau de Sellz, a paru produire de bons résultats, dans le carreau, par exemple.
(2) Particulièrement les carottes, les asperges, les raves, les choux tendres, le cresson, la chicorée, etc.
ragoûts; cependant il est certains assaisonnements qui ne sont pas nuisibles aux scrofuleux: tels sont le sel, les substances amères, aromatiques. L'hypothèse delà coagulation de la lymphe avait fait proscrire à tort tous les acides.
Boissons. — Les scrofuleux feront usage d'un vin vieux et généreux. Ils doivent éviter l'usage trop abondant des spiritueux; mais de temps à autre une petite quantité d'une liqueur alcoolique , un peu de café à l'eau, surtout après le repas, ne sauraient leur nuire.
Cependant le régime que nous venons d'indiquer ne convient pas à tous les scrofuleux. Il doit être suivi par ceux dont les fonctions digestives se font bien ; mais il est un certain nombre de ces malades qui digèrent mal : à ces derniers, il convient de prescrire une nourriture plus légère, des liquides, des aliments de plus facile digestion ; on excitera l'appétit et l'on ranimera les forces de l'estomac par l'usage de quelques eaux minérales, telles que celles de Seltz , de Passy.
On doit surveiller avec grand soin les enfants sous ce rapport, afin d'éviter les indigestions auxquelles ils sont si sujets et qui sont si souvent le point de départ de diarrhées rebelles et d'accidents plus graves encore.
Cette alimentation tonique, succulente, presque exclusivement animale, que nous avons recommandée plus haut, ne convient pas aux jeunes enfants. La diète lactée leur suffit dans les premiers femps
de la vie; plus tard, les soupes, les potages, les bouillons, doivent faire le fonds de leur nourriture. Les aliments doivent leur être donnés surtout sous forme de liquide , et l'on doit leur éviter les inconvénients d'une nourriture trop lourde , trop abondante et trop variée. L'eau pure doit être leur boisson ordinairejusqu'à deux ou trois ans; ils peuventalors commencer à boire un peu de vin (1).
(I) Nous extrayons de l'ouvrage de Korlurn les détails suivants, qui regardent les enfants à la mamelle :
Soins de propreté après la naissance, lotions, bains; bains tièdes d'abord , puis de plus en plus froids (eau simple ou avec addition de savou , de vin, de substances aromatiques); frictions, langes souvent renouvelés; air pur, séjour à la campagne; vêlements légers, plus chauds en hiver.
Si la mère est manifestement scrofuleuse, il vaut mieux donner l'enfant à une nourrice robuste, bien portante et de la campagne.
Que l'enfant ne tette pas trop souvent, mais toutes les vingt-quatre heures environ. A mesure qu'il avance en âge, on peut augmenter les intervalles.
Après les huit ou neuf premiers mois, on peut joindre à la lactation quelques aliments étrangers, insensiblement, tels que le lait de vache et de chèvre, les décoctions d'orge, de gruau avec un peu de beurre, de lait et de sucre, des bouillies de lait et de pain de froment bien fermenté et bien cuit. Bordeu recommande le chocolat ou la décoction de pain fermenté, avec un peu de vin et de cinnamome; d'autres recommandent la crème de riz ou de la mie de pain dans du bouillon de bœuf ou dans du lait.
Bientôt, trois mois après ce commencement de sevrage,
4° Excréta.
Nous avons déjà parlé des précautions qu'il faut prendre pour entretenir et favoriser la transpiration cutanée et pour éviter la suppression brusque de
il est bon de donner de temps à aulre un peu de bouillon de viande.
Il faut rejeter les bouillies de farine (*); la croule de pain réduite en poudre et cuite dans de l'eau ou du lait est meilleure. De temps à autre, on peut donner un jaune d'oeuf mêlé avec du sucre en poudre, surtout chez les enfants qui ont un peu de diarrhée.
Après le sevrage, il est bon de ne pas insister sur le lait et les aliments farineux. Bouillons de viandes, chairs légères. Les ragoûts et la trop grande variété de mets ne conviennent pas aux enfants.
La boisson la meilleure est l'eau claire. A 3 ou 4 ans, ils peuvent commencer à boire un peu de vin.
On peut joindre à leur boisson une infusion de romarin , de tussilage, de violette tricolore, etc.
On doit habituer les enfants à rester tète et cou nus, à se laver la tète avec de l'eau froide; les encourager à faire tout ce qui peut les fortifier: exercice, promenades, jeux, sauts, course, natation, etc. etc.
Pas trop de sommeil; ventre libre. Les petits scrofu- Ic-ux se trouvent souvent très-bien de l'emploi de ce qu'on pourrait appeler des bains de soleil. On les expose presque nus aux rayons de ce dernier, sur le sable ou sur des herbes aromatiques, en ayant soin de leur couvrir la tète.
(*) C'est peut-être se montrer trop sévère contre cet aliment si généralement adopté. Ne suffit-il pas de faire préalablement griller, roussir au feu la farine dont on se sert:'
cette excrétion; il est très-important aussi de tenir le ventre libre et d'éviter la constipation.
5° Acta.
Les scrofuleux ne doivent pas s'abandonner au repos; la vie sédentaire leur est nuisible. Ils coucheront sur des lits plutôt durs que moelleux. Leur sommeil ne sera pas prolongé. Ils devront prendre beaucoup d'exercice , sans cependant se fatiguer ; les jeux , les sauts , la course , les promenades à pied, en voiture, à cheval, la natation, les voyages, la navigation (1) leur sont très-utiles (2). Le changement de lieu est une condition favorable pour la guérison de la scrofule. Bordeu recommandait aux habitants des villes de venir respirer l'air des montagnes, et aux habitants des montagnes de voyager de vallée en vallée.
6° Percepta.
Enfin , les scrofuleux doivent éviter autant que possible les émotions pénibles, les sensations trop vives, les chagrins, la tristesse et tous les excès.
(1) L'air de la mer, soit qu'ils la traversent, soit qu'ils habitent sur ses bords, leur est très-salutaire.
(2) Il en est de même de tous les mouvements actifs ou passifs du corps, même de certains mouvements partiels qui peuvent remédier à des déformations de la taille ou des membres. (V. Boyer, à propos de quelques déviations de la taille, à la fin du IVe vol.)
— 35G - 11. Médicaments.
Parmi les agents médicamenteux qui ont le plus d'influence sur la scrofule, nous commencerons par citer le soufre et les préparations sulfureuses, nonseulement parce que le soufre est une des substances le plus anciennement employées, mais parce que c'est un des moyens les plus actifs dont on puisse faire usage. Depuis Celse, un grand nombre de médecins éminents, parmi lesquels se distinguent Bordeu et Stoll , ont préconisé ce remède trop négligé de nos jours. Le soufre sous toutes ses formes, particulièrement le foie de soufre , le sulfure de potasse et les eaux minérales sulfureuses, produisent chez les scrofuleux des effets très- remarquables. Seulement nous ferons observer que leur usage doit être prolongé, qu'on doit les administrer à des doses élevées et sous toutes les formes , en boissons et en bains simultanément. C'est ainsi que nous avons vu des malades qui s'étaient astreints à boire chaque jour plusieurs bouteilles d'eau d'Enghien , à prendre en même temps des bains de Barèges d'une manièrerégulière et sans interruption pendant un certain temps, éprouver une amélioration extraordinaire qu'aucune autre médication n'avait pu produire. 11 n'est pas besoin de dire que ce traitement est plus efficace encore quand les malades peuvent aller le subir là où toutes les conditions sont réunies pour favoriser son action . quand ils peuvent se rendre
aux sources des Pyrénées, aux eaux Bonnes, à celles de Barèges, si justement célébrées par l'illustre Bordeu (11.
(1) «On réussira souvent avec les eaux en bain, en douche, ou bien intérieurement, ou de toutes ces trois façons...» Nous observerons seulement en passant que, comme le dit Hoffmann : «Plurimorum timiditate prœposlera preecipue «in determinandis medicamentorum dosibus fit, ut mor- «borum chronicarum pertinaeia adeo raro devincalur medi- «camenlorum efHcacia , quse quidem adeo parce datis, ut «plui'imum uulla est....» Nous ajouterons, au sujet de ces eaux, que les craintes de ceux qui eu défendent l'usage intérieur ou extérieur, ou qui du moins le bornent à de trèspetites doses, viennent de l'inexpérience. Ceux qui savent les manier ne craignent pas leurs mauvais effets et ne regardent pas sur ce pied la chaleur qu'elles donnent quelquefois et la vivacité qu'elles apportent dans le sang. Ce sont des changements nécessaires pour que les eaux aient quelque effet, tant il est vrai que, comme nous l'avons indiqué, il faut, pour guérir une maladie chronique telle que les écrouelles , retourner pour ainsi dire un tempérament. (Bordeu, Dissert, sur les écrouelles.) — lly a des contre-indications à l'emploi des préparations sulfureuses ; nous les indiquerons plus loin.
Le soufre a été recommandé le plus souvent associé à d'autres substances , à l'antimoine, par exemple; il a été conseillé concurremment avec le quinquina, le fer, la ciguë, etc.
Les préparations qui ont été les plus usitées sont le soufre doré d'antimoine, le kermès minéral. Hoffmann et Werlhof y ont joint les ferrugineux. — «lis preesertim scrophulosis con- «ducil sulfur antimonii quorum glaudula? pulmonales infa- «relaa sunl. » (Prix de l'académie de chirurgie.) Une des mèil-
Cullen atlribuait une grande influence aux eaux minérales quelles qu'elles fussent : « Les eaux minérales, dit-il . sont le remède qui paraît réussir le mieux, celui sur lequel les praticiens comptent le plus et qu'ils emploient particulièrement Quant
leures préparations anlimoniales,c'estla teinture anîiruoniale de .Jacob, nommée soufre doré d'antimoine liquide (suif, d'antim. et savon dissous dans l'alcool, de 1 à 10 gran: suivant 1 âge, dans de l'eau d'orge). Le fameux remède de Rotrou n'était autre chose qu'un mélange d'antimoine et d'uu sulfure alcalin.
Ces substances sont utiles, surtout associées à d'autres médicaments. Elles sont contre-indiquées quand il y a des symptômes d'inflammation. Elles sont très-bonnes contre les catarrhes, les écoulements, les ulcères, les engorgements nombreux, les symptômes d'àcrelé. Il ne faut pas trop prolonger leur usage: il est bon de l'interrompre en donnant le quinquina. 11 ne convient pas de les administrer si elles donnent des cardialgies, des vomissements : elles ne conviennent pas également aux scrofuleux affaiblis qui ont la fièvre Kortum .
Le même auteur se demande si le sulfure de mereuisulfure d'antimoine, l'antimoine lui-même, ne doivent pas au soufre la vertu qu'on leur attribue.
Stoll recommande aux scrofuleux le foie de soufre à la dose de 5 à 10 grains, et les eaux thermales qui en contiennent. Selle accordait à cette substance la même propriété qu'à l'éponge brûlée.
Ruland vaulail son baume et son huile de soufre.
Tout le monde connaît l'heureuse influence des préparations sulfureuses sur les affections de la peau . dont un graud nombre se rattacheut à la scrofule.
au choix des eaux on a employé presque toutes
les espèces.... ferrugineuses, sulfureuses ou salines. ;> — Les eaux minérales sont encore aujourd'hui l'un des meilleurs moyens que l'on puisse employercontrc la scrofule , mais il est incontestable que de toutes , les sulfureuses sont les plus actives et les plus efficaces.
Le fer et les ferrugineux ont toujours occupé à juste titre une place importante dans le traitement de la scrofule; ils font partie des plus anciennes formules. Recommandés par la plupart des auteurs qui se sont particulièrement occupés de cette maladie , on y attache généralement encore aujourd'hui une importance méritée (1).
Il en est de même du quinquina (2) dont l'action
(i) Le fer est prescrit par Sauvages, dans les affections scrofuleuses internes , à l'aulorane et au printemps ; par Cliarmetton, Vogel, Berlrandi , Lalouette, etc., qui l'administraient sous les formes variées d'eau ferrée, de limaille de fer, de safran de mars (sesqui-oxydeou peroxyde de fer), d'eaux minérales ferrugineuses, etc.
Les indications des martiaux sont à peu près les mêmes que celles du quinquina (voy. plus loin); ils sont contreindiqués dans les congestions et les inflammations de la tête et de la poitrine. Kortum proscrit le sulfate de fer comme trop astringent ; il recommande d'associer les amers, la rhubarbe en particulier, aux préparations martiales; il parle avec éloges du tartrale de potasse et de fer ( mars tartarisatus).
(2) Fordyceet Folhergill sont les premiers qui aient ins-
(onique est si favorable aux scrot'ulcux, et n'est pour ainsi dire contre-indiquée dans aueun cas , si ce n'est tout au plus quand il existe des signes d'inflam-
tilué le traitement des scrofules par le quinquina; ils l'ont employé avec succès contre les tumeurs du cou, des parotides, des mamelles, chez des sujets affaiblis, contre les idcères et les oplitlialmies invétérées, contre les affections déjà peau. Le dernier préfère la décoction avec addition de raisin de Corinthe ou de gomme arabique; il y joint aussi un peu d'eau aromatique; il reconnaît l'inefficacité de ce traitement quand le mal affecte les os et même ses effets nuisibles dans ces cas, où il ne diminue pas, mais accroît plutôt la fièvre. D'autres auteurs signalent l'influence favorable du quinquina quand les forces sont épuisées, quand l'appétit est nul. Thompson en recommande l'usage dans l'ophthalmie scrofuleuse. Enfin, il n'est pas, pour ainsi dire, d'affection scrofuleuse qu'il n'améliore, et il convient dans toutes les périodes. L'usage doit en être prolongé, et il est bon dans les commencements de l'associer à d'autres médicaments , au sulfure de mercure et d'antimoine , etc., mais ensuite on doit contiuuer son usage et l'administrer seul pour consolider la guérison et éviter les récidives.
On peut le donner d'abord sous forme de décoction légère, puis de décoction concentrée. Les enfants prennent avec moins de répugnance un électuaire composé, de poudre de quinquina et de sirop d'écorces d'oranges; on peut aussi le donner sous forme d'extrait mélangé avec du vin d'Espagne, ou bien encore sous forme de macération dans l'eau froide. Lr. décoction de quinquina dans l'eau de chaux est une préparation souvent très-efficace.
La simple macération à froid (250 grammes d'eau , 30 à 00 grammes de quinquina) n'est pas moins bonne.
mation ; encore dans ces cas même peut-il devenir d'autant plus nécessaire qu'il faut souvent contrebalancer les effets produits par l'emploi quelquefois indispensable des antiphlogistiques (1).
L'utilité des médicaments qui précèdent ne saurait être mise en doute.
Il est un grand nombre d'autres moyens qui ont été successivement préconisés, mais dont l'action favorable est moins généralement admise et plus sujette à contestation. Cependant plusieurs de «es substances ne peuvent-elles être associés, comme de bons auxiliaires, à des médicaments plus efficaces ?
Nous les mentionnerons sans nous y arrêter (pour les détails, voyez les notes).
Sous le nom de fondants ou résolutifs , on employait un certain nombre de substances marines, en particulier Y éponge brûlée (2), la poudre de
(1) Les amers (houblon, gentiane, petite centaurée, etc.) peuvent être rapprochés du quinquina; ils sont généralement et habituellement recommandés.
(2) L'éponge brûlée fait partie de presque toutes les poudres antistrumeuses des anciens et des modernes. Dioscoride et Galien recommandent plutôt l'éponge carbonisée que réduite en cendre. Arnold de Villanova est le premier qui a bien expérimenté l'emploi de l'éponge brûlée pour dissoudre les écrouelles ; on la prenait à la dose de 1 à 4 grammes, seule ou diversement mélangée.
Ouarin pense que de tous les remèdes antistrumeux ,
— 3G2 — chêne marin [fucus vesicu/osus) , plusieurs végétaux
tels que le romarin , la digitale pourprée , le tussilage , la violette tricolore, les plantes dites antiscoibutiques , la garance, YononicJe épineuse, la poudre de mille-pieds , celle de cantharides , etc. etc. (1).
l'éponge brûlée est le plus efficace, et il attribue aux lésions l'amaigrissement que quelques auteurs considèrent comme l'effet de celte substance; il faut du reste ne l'emplover que lorsqu'il n'existe pas d'inflammation.
Lorsqu'il ue reste de la scrofule que des tumeurs froides, c'est alors que ce remède produit Le plus d'effet.
11 faut rapprocher de l"éponge brûlée la poudre de chêne marin {fucus vesiculosus , Linné ). (Russell la douuait à la dose d'une à deux drachmes); la poudre de ces petites concrétions calcaires qui se trouvent dans les éponges , certains coquillages et coraux.
Les poudres antistrumeuses se composaient surtout d'éponges, de pierres d'épongés crues ou calcinées , d'os de sèches, de poivre, de gingembre, de muscade, de sel gemme, de succin, de myrrhe, d'encens, etc. Ces poudres étaient réputées avoir bien plus de valeur si on les administrait au déclin de la lune.
(I) Digitale pourjirêe. — Van Helmont donnait la poudre de racine de digitale; Haller, Quarin citent des cas remarquables de guérison , par la digitale, de scrofules qui avaient jusque-là résisté à tous les moyens (voy. Kortum). On a adopté également le suc, l'extrait, la teinture de cette plante; on les a employés contre différentes affections, et aussi dans les hydropisies de l'état cachectique.
Iiomarin. — Kortum l'a employé plusieurs fois avec succès chez les enfants des pauvres. Il convient, dit-il, dans l'engorgement froid des glaudes, dans l'atrophie mésenlé-
La plupart de ces médicaments sont tombés en désuétude. Nous avons cru devoir cependant les rappeler dans les notes ci-jointes (dont la plupart
rique, mais non dans la période fébrile de la scrofule, enfin, chez les jeunes scrofuleuses dont les règles sont retardées.
Tussilage. - — La décoction et le suc de tussilage (seu farfarce) ont élé vantés par plusieurs auteurs, en particulier par Cullen. Ce médicament parait surtout convenir aux affections de poitrine, surtout à la phthisie, assez souvent aux éruptions cutanées.
La violette tricolore a souvent réussi contre les croûtes de lait, les affectione herpétiques : Slrack en a fait le premier des applications très-heureuses; contrairement à ce qu'on fait pour le tussilage et le romarin, on emploie la plante sèche, parce que récente elle a une propriété vomitive (Kortura).
Plantes antiscorbutiques. — Bordeu vante ces plantes; en particulier le cresson et le cochlearia. Sauvages en recommande l'usage au printemps et à l'automne. Stoll ajoute à celles que nous avons déjà nommées la menthe, la sauge. Il faut y joindre le lierre terrestre, la petite ortie, la petite chélidoine, la chicorée, la saponaire. L'extrait de gentiane, d'absinthe, de chardon bénit, de petite centaurée, peut être utile pour donner un peu de ton et de force au corps.
Uononide épineuse a produit quelquefois de bons effets (3 onces de racine dans une demi-livre d'eau en décoction, ou une demi-once d'extrait par jour) contre l'hydro-sarcocèle, les indurations du testicule après la gonorrhée (Meyer). On la prend plutôt sous forme de décoction.
La décoction de glands de chênes torréfiés; la décoction de racine de garance ; les tisanes ou décoctions de salsepareille ,
des détails sont empruntés à la savante monographie de Kortum). Quelques-uns en effet peuvent remplir des indications particulières si leur action est nulle sur la maladie elle-même.
Quant aux mercuriaux , à X antimoine, et à dijjërents sels (1), ce sont là des médicaments d'une ac-
de bardane, de saxifrage, d'iris, etc. etc., ont été recommandées.
Mille-pieds ( poudre de). — Morlon en fait grand cas conlre la phlhisie. Ou emploie aussi celte substance sous forme de suc ou de conserve.
Canlharides administrées à l'intérieur avec le camphre, bon moyeu conlre la lèpre et les affections cutanées (Korl.).
Poudre de chair de vipère, autrefois très-vanlée. Cette poudre n'est plus employée.
Les tumeurs rebelles, surtout chez les adultes, cèdent quelquefois à Y aconit (ibid.).
Vécorce de forme est utile contre les hydropisies et les affections de la peau ; Y infusion de tabac , la semence de phellandrium, la gratiole, etc., Y arnica (dans l'atrophie), la cynoglosse, la belladone, la pulsalille, ont une certaine action contre la scrofule (ibid.).
Il en est de même des gommes-résines , du galbanum , de l'asa-fœtida, de la gomme ammoniaque, de la résine de jalap.
(1) Mercuriaux. — Warthon , Klaunig , etc., faisaient saliver les scrofuleux, et employaient en même temps les frictions mercurielles. Le même Klaunig dit avoir guéri uue phlhisie scrofuleuse par le mercure. Bordeu recommande les friclions mercurielles comme adjuvants de l'emploi intérieur des eaux minérales. Goursaud blâme ces frictions, à moins qu'il
tion plus certaine, surtout contre quelques symptômes et clans plusieurs affections scrofuleuses , mais ils ne remplissent aucune indication générale
n'y ait quelque complication syphilitique. Wilhe vent qu'on fasse des frictions toutes les deux nuits, sur le ventre ou les extrémités des enfants scrofuleux. Heiser prétend qu'on ne peut guérir l'ophlhalmie scrofuleuse sans mercure. Préparations qui ont été le plus souvent employées : sEthiops minéral, protosulfure de mercure y mercure gommeux de Plenck , œthiops antimonial. (Antim. cru, p. iij ; fleurs de soufre, p. ij; mercure, p. iv : telle est la préparation indiquée par Huxham.)
Mercure violet (sulfure de mercure et sel ammoniaque), cinnabre (bisulfure de mercure). Le sulfure noir uni à la magnésie et à la rhubarbe ne fait pas saliver; recommandé par Hufeland, il n'a pas réussi à M. Baudelocque.
Le calomel est indiqué par presque tous les auteurs, mais rarement seul.
Poudre altérante de Plummer (parties égales de calomel et de sulfure d'antimoine).
11 est bou d'associer la poudre de Plummer à la ciguë et au quinquina.
Dans le carreau , le calomel a été donné comme un remède spécifique (Wilhe).
Le sublimé corrosif a été employé avec succès dans des cas très-graves (cachexie, ulcères invétérés , caries profondes). (Bierchen, etc.)
Plusieurs médecins recommandables se sont élevés contre l'usage du mercure, comme nuisible ou au moins inutile, à moins qu'il n'y eût complication de syphilis: entre autres Guljen, Hunier, Lalouette. Quoiqu'il eu soit, le mercure
et n'ont pas d'influence directe sur la scrofule. INous y reviendrons plus loin.
paraît rendre quelquefois des services réels, surtout le calomel dans le carreau; mais il est conlre-indiqué, quand il y a des phénomènes inflammatoires ou de la tendance à la phthisie pulmonaire. (Korlum.)
Il est encore utile contre les ulcères rebelles elles engorgements froids et sans tendance à l'inflammation.
Kortum dit avoir vu les frictions mercurielles sur les tumeurs articulaires être nuisibles et déterminer une inflammation violente. H faut, dans tous les cas, n'administrer les mercuriaux qu'avec une grande précaution et en surveillant attentivement leurs effets.
Antimoniaux. — L'antimoine a été souvent employé : (poudre métallique, eau bénite de Ruland, vin antimoine d'Huxham). On mettait plus souvent en usage les combinaisons du soufre et de l'antimoine.
On rangeait aussi sous le nom de fondants, les substances suivantes :
Sel de tartre (sous-carbonate de potasse), sel de nitre , sel ammoniaque (F. Hoffmann) ; terre foliée de tartre (Selle) ; tartre soluble de Neumann [ex acido tartdri et alcali volalili conjlatum) (Plenck); sel de Glauber, dans le carreau.
Sel commun (chlorure de sodium), i/^ ouce par jour chez les adultes; très -bon pour toutes les maladies scrofuleuses, excepté les ulcères de mauvaise nature, et les caries (Kortum); seul ou combiné avec quinquina.
Rec. esprit devin 5xxx
Sel de tartre, racine de gentiane, aa. sj-jP
Faites macérer pendant 24 heures; en prendre matin et
Ce que nous venons de dire des mercuriaux s'ap plique encore a Veau de chaux (1) et à Ja ciguë (2).
soir de 1 à 2 drachmes (Peyrilhe). Sel ammoniaque, chaux vive, décoction de quinquina, très-bonne combinaison administrée à l'intérieur, contre les ulcères invétérés.
Savon, en pilules, seul ou mélangé à la gomme ammoniaque, à l'antimoine, ou bien, dans une eau aromatique ou en sirop ; surtout au commencement de la maladie, y.2oace jusqu'à 1 once et au-dessus (adultes). Boerhaave le donnait aux enfants en chartre.
(1) Eau de chaux. — Willis et Morlou ont en particulier recommandé l'eau de chaux contre la scrofule et la phlhisie commençante. Morton en signale particulièrement l'action dans la scrofule développée à la suite de la rougeole. On l'administre à la dose de quelques onces jusqu'à une livre chez les adultes.
Ou doit proscrire ce médicament dans la période fébrile, si le corps est maigre et sec, s'il y a tendance aux hémorrhagies; on doit le conseiller, au contraire, s'il faut fermer des ulcères, particulièrement si l'habitude du corps est molle, lâche et si une surabondance de sucs paraît abreuver les chairs (Kortum).
(2) Ciguë (conium maculatum). — Stoerlc le premier a recommandé la ciguë; il a donné de nombreux exemples de guérison, par ce moyen, de spina ventosa, de teigne invétérée, de tumeurs articulaires, d'ulcères de mauvaise nature, de caries et d'autres affections scrofuleuses. Ces bons effets ont été reconnus par d'autres médecins de Vienne, Ouariu, Leber, Collin; de Haen lui-même, tout en déclarant que la ciguë e°.t inutile dans le véritable cancer, reconnaît ses bons effets dans les affections scrofuleuses, en particulier dans les tumeurs du cou, avec dureté du
Il en est absolument de même des purgatifs et des évacuants (1). Cependant la plupart des méde-
v entre. De nombreux témoignages ont été émis en faveur de celle manière de voir, par un grand nombre de médecins de tous les pays; on administre la ciguë sous forme d'extrait (a la dose de quelques grains pour commencer, en frictions, en emplâtres , quelquefois aussi en lavements).
C'est surtout dans les engorgements chroniques qu'elle réussit. Elle agit lentement; quelques petites douleurs piquantes ou quelques démangeaisons précèdent la résolution des tumeurs; les ulcérations de mauvaise nature prennent un meilleur aspect, et la sanie ichoreuse qui s'en écoule prend l'apparence du pus.
Il ne faut pas l'administrer chez les individus déjà affaiblis; il faut en cesser l'usage quand elle détermine des vertiges, des paralysies, des convulsions. Selle recommande alors les acides végétaux à fortes doses pour en combattre les effets; elle détermine aussi quelquefois des éruptions pustuleuses.
(1) Purgatif s , évacuants. — Les purgatifs sont très-utiles; administrés de temps à autre, ils facilitent l'action des autres médicaments. Il ne faut pas eu abuser, surtout dans la période inflammatoire et fébrile. Les hydragogues conviennent mieux lorsqu'il y a de l'œdème et de la bouffissure. Les drastiques ont été conseillés par Janin , dans l'ophlhalmie scrofuleuse (Kortum).
Vomitifs. — Bordeu recommande les vomitifs et l'ipéca cuanha avant de commencer un autre traitement; quelques auteurs ont vanté leur influence sur !a guérison des tumeurs blanches du genou, les affections du testicule, les hydropisies, la phlhisic pulmonaire, les écrouelles.
cins , ceux même qui emploient une médication spécifique , reconnaissent l'utilité des purgatifs administrés de temps à autre chez les scrofuleux. C'est là un fait généralement signalé.
Il est un médicament qui depuis un certain nombre d'années a acquis une sorte de célébrité et qui passe pour un spécifique : c'est Y iode et ses composés. 11 mérite une-mention toute particulière (1).
Sans doute, l'iode possède une action tonique, excitante, incontestable, et à ce titre il est utile
On doit les proscrire chez les gens affaiblis, quand le ventre est distendu.
Diurétiques et diaphoréiiques, sialagogues. — Leur action est-elle réelle dans la scrofule? n'est-ce pas une pure supposition, conséquence des explications sur la cause prochaine. Plenck recommande la mastication des feuilles de tabac aux scrofuleux qui ont des tumeurs autour du cou et des mâchoires.
(1) Coindet, Brera, essayèrent les premiers ce médicament contre la scrofule (Biblioth. universelle de Genève, t. 14 et 16; Arch. gén. de mêd., t. 2, p. 430; Saggio clinico). Plus tard , Sablairolies [Nouv. bibliolh. médicale, t. 2, p. 385; 1823), Beoaben [Revue mêd., t. 4, p. 83; 1824), Gairdner {Revue méd., t. 1 , p. 490), Manson [Recherches sur les effets de l'iode; London, 1825), et tant d'autres dont on trouvera les travaux analysés dans la Ribliothèque thérapeutique de Bayle, préconisèrent également l'iode dans le traitement des scrofules ; mais M. Lugol, médecin de l'hôpital Saint-Louis, est certainement celui qui a le plus contribué à populariser l'usage de l'iode dans les maladies scrofuleuses. (M. Trousseau, Traité de thérapeutique, t. 1 , p. 268.)
pour aider à la guérison de quelques affections .scrofulcuses et pour améliorer l'état des scrofuleux; mais on exagère son importance quand on le considère comme un médicament héroïque et comme un spécifique.
En effet , si l'on consulte les travaux qui ont le plus contribué à populariser l'iode, et qui lui attribuent une grande valeur thérapeutique dans la maladie qui nous occupe (voy. les mémoires de M. Lugol (1), il est facile de s'assurer: 1° que tous
(I) L'iode, d'après M. Lugol , s'administre en boissons, eu bains, en frictions, en injections; on peut s'en servir aussi sous forme de caustique.
Eau minérale iodurée.
N° I. — Pour 250 grammes d'eau: iode, 2 centigrammes t/,;
iodure de potassium, 7 centigrammes1/^. N° 2. — 5 centig. d'iode, 10 centig. d'iodure de potassium. N° 3. — 7 centig. d'iode, 12 centig. d'iodure.
lutins iodés pour les adultes.
Iode 4 à 8 grammes.
Iodure de polassium. . 8 à 30 id.
Solution caustique.
Iode 1
Iodure de polassium. . I Eau '. 2
M. Baudelocque alterne l'usage des pommades résolutives suivantes :
les scrofuleux soumis à ce mode de traitement n'ont pas été guéris, qu'un certain nombre seulement sont dits l'avoir été; 2° que la plupart n'ont éprouvé qu'une amélioration marquée.
En effet, M. Lugol reconnaît lui-même que l'iode a été impuissant dans plusieurs cas, en particulier contre les affections graves des os.
De plus , dans presque toutes ses observations, il se borne à montrer le bon effet qu'a produit sa médication sur l'état des malades; mais les guérisons sont-elles radicales? qui le prouve? qui a suivi les malades après leur sortie de l'hôpital? Est-on en droit d'affirmer que la maladie a été guérie parce que quelques affections symptomatiques ont disparu ? Mais on sait que c'est là souvent un phénomène qui survient spontanément dans le cours de la scrofule. Il y a des périodes d'amélioration, des intervalles de santé apparente, qui se rattachent à l'âge du sujet, à certaines formes, à certaines phases de la maladie,
Axonge, 30 grammes; iodure de potassium, 4 grammes. id. iodure de plomb. . . 4 id.
id. iodure de mercure.. 2 id.
Viodure de fer à l'intérieur, de 5 centigramm. à 50 cenlig. par jour, a été conseillé par Brera.
Viodure de soufre a été employé pour la première fois par Bielt,daos les affections tuberculeuses de la peau, en frictions.
Axonge 4 grammes.
Iodure de soufre 5 à 20 centig.
à l'influence des saisons, etc. etc. Il faut tenir grand compte de toutes ces circonstances, et c'est ce qui n'a pas été lait dans l'appréciation des guérisons attribuées à l'iode. Enfin, on a pris plus d'une fois des cas de syphilis (vieux ulcères, accidents tertiaires, etc.) pour des observations de scrofules guéries par l'iode.
Ces doutes que nous ne craignons pas d'émettre sur la vertu trop vantée de ce médicament contre la maladie qui nous occupe , sont aujourd'hui généralement partagées.
Malgré le témoignage favorable que M. Baudelocque a cru devoir rendre à l'action de l'iode dans la scrofule, les résultats qu'il en a obtenus ne sont pas bien remarquables et justifient notre peu de confiance.
« Sur soixante-sept ans enfants traités par l'iode, dit ce consciencieux observateur, quinze ont été entièrement guéris des symptômes apparents de la maladie, quatorze ont éprouvé une grande amélioration, une amélioration qui annonçait une guérison prochaine quand j'ai quitté le service ; chez treize, il est survenu une amélioration beaucoup moins grande, mais qui laissait entrevoir cependant une guérison encore éloignée; cinq ont à peine éprouvé quelque changement avantageux dans leur état; enfin, vingt malades n'ont retiré absolument aucun bien de ce remède.» [Etudes sur la mai ad. scrofuf., p. 283.^ Il résulte de ce résumé qu'un tiers environ des malades n'a éprouvé abso-
lu ment aucune amélioration et que quinze seulement sur soixante-sept ont été entièrement guéris; encore M. Baudelocque ne dit-il que « guéris des symptômes apparents de la maladie. » Il ne va pas plus loin, et il semble craindre d'affirmer que la curation ait été définitive, radicale, que la maladie elle-même, et non pas seulement ses symptômes apparents, ait été guérie.
M. Baudelocque ajoute, il est vrai , mais sans le prouver, « que de tous les médicaments vantés pour le traitement des écrouelles, l'iode est incontestablement celui dont on peut espérer le plus d'avantages. » Toutefois il convient «que nous ne sommes pas si près qu'on l'a avancé du moment où l'on guérira les maladies scrofuleuses par l'iode comme ou guérit les fièvres intermittentes par le kina , les maladies vénériennes par le mercure, etc. etc.» .
Quoiqu'il en soit, si l'iode a quelque utilité relative, il resterait encore, ce qui n'a pas été fait , à déterminer les cas où il peut rendre des services et où l'on doit l'employer; il faudrait-, pour en rendre l'usage légitime et régulier, établir nettement quelles en sont les indications et les contre -indications.
Tout ce qu'on peut dire, au moins, quant à présent, c'est que ce médicament, vanté outre mesure, est utile contre quelques symptômes, jusqu'à un certain degré, qu'il peut être nuisible quand on l'administre comme spécifique, c'est-à dire avec une confiance aveugle, et dans tous les cas possibles,
qu'enfin son action est ordinairement nulle relativement à la maladie elle-même, dont il ne détermine pas la guérison radicale.
Il nous reste à mentionner quelques autres médicaments qu'on a préconisés contre la scrofule.
Le chlorure de cuivre ammoniacal , aujourd'hui administré surtout en Allemagne, sous le nom de liqueur de Kœchlin (1) , a été expérimenté par M. Baudelocque , qui n'a pas constaté « la grande efficacité que quelques personnes lui ont attribuée;» il a seulement produit certains accidents peu graves.
Le charbon animal (2) , expérimenté par le même médecin , lui a paru tout à fait inerte.
Hufeland recommande le sulfure noir de mercure (3), et il en vante la prompte et salutaire influence sur les affections de la peau, les ophthalmies, les engorgements glanduleux, et la dureté du ventre; il associe le sulfure noir à une petite quantité de magnésie ou de rhubarbe.
Le sous- carbonate de.jjolasse a été donné par Levret (4) comme -un dissolvant de la lymphe; il en-
(1) Teinture bleue et verte de Slisser (solution alcoolique de chlorhydrate de cuivre ammoniacal).HeIvélius recommandait ce médicament comme très-puissant contre la scrofule.
(2) Le Dr Weiss a publié, en 1829, un petit traité ex profes'so sur l'emploi de cette substance.
(3) Charmeil l'associait à la cijjuë; Dumoulin, à l'ipécacuanha.
(4) Et par d'autres (voyez plus haut dans les notes sur différents sels).
li-c dans la composition de i'éiixir de Peyrilhe. M. Baudelocque en a poussé la dose à 45 crains par jour sans produire d'effets assez notables contre les affections des os, pour la guérison desquelles ce médicament a été surtout vanté. Cependant il reconnaît « que la dissolution du sous-carbonate de potasse employé en lotions , en bains locaux ou généraux, en injections, paraît exercer une influence avantageuse sur les ulcères, les fistules et les caries.
Le chlorhydrate de baryte fut mis en usage en 1784 par Crawford , puis successivement expérimenté par Ilufeland (ouvrage publié à Berlin en 1794), par Fournier (1795), puis par un grand nombre de praticiens; ce médicament paraît jouir d'une incontestable efficacité dans certains cas.
«22 malades, dit M. Baudelocque, ont été mis à l'usage de l'hydrochlorate de baryte (3 grains parjour, maximum) ; parmi ces 22 malades, 16 avaient été déjà traités par l'iode, le sulfure de mercure ou la liqueur de Kœchlin, soit sans succès, soit avec un succès incomplet... 3 malades ont été renvoyés guéris; 3 autres ont éprouvé une grande amélioration; l'état de 6 autres a été amélioré à un degré plus avancé ; enfin , chez 10 , l'effet de l'hydrochlorate de baryte a été très-peu marqué. » Le même médecin pense que ce médicament réussit mieux contre l'ophthalmie que contre toute autre affection scrofuleuse.
La décoction de feuilles de noyer a été employée par Jurine avec quelque succès dans les engorge-
ments lymphatiques; le docteur Borson, de Chambéry, l'a mise en usage et en a obtenu de bons résultats (1). Depuis, l'emploi de ce moyen s'est étendu , et plusieurs médecins ont eu à s'en louer.
L huile de foie de morue (2) parait avoir été trèsutile dans un certain nombre de cas. Malheureusement, il n'est pas toujours facile de reconnaître, dans les observations de guérison , la maladie à laquelle les auteurs avaient affaire. Plusieurs de ces faits sont sans doute des cas de scrofule, mais le plus grand nombre sont des observations de rachitisme , maladie contre laquelle l'huile de foie de morue est peut être plus efficace que contre celle dont nous nous occupons.
— Parmi tous les médicaments que nous venons d'énumérer, il en est beaucoup qui n'ont pas d'action sur la maladie elle-même, qui ne répondent à aucune indication générale, mais qui peuvent cependant exercer une influence réelle sur certains
(1) Il l'emploie à l'extérieur et à l'intérieur, sous forme de décoction, de sirop et de conserve.
La décoction de feuilles de noyer a-t-elle réellement plus d'action que tous les autres amers, dont l'usage a toujours été recommandé contre la scrofule?
(2) Remède populaire en Angleterre, en Hollande et sur les côtes de l'Allemagne. Percival ( Essays médical , philosopliical and expérimental, t. 2; Warringlhon, 1790) et Darbey [London médical journal , t. 3, p. 392), Schenek de Siégea {Journal de Hufcland, 1822), Elberlingen , de Berlin (Dissertation inaugur., 1820), Reder de Rostoch (1826), Betlinger, de Vurzbourg (1827). (M. Trousseau.)
symptômes et sur plusieurs affections. Le discrédit dans lequel la plupart sont tombés vient de ce que les auteurs qui les ont recommandés ont voulu voir en eux'des spécifiques; une réaction en sens inverse s'est opérée, et des remèdes qui peuvent rendre de véritables services dans des cas donnés et dans de certaines limites ont été, de cette façon, trop légèrement abandonnés.
Nous avons donc cru ne pas devoir passer sous silence les principaux d'entre eux. Ce sont là des moyens peut-être précieux qu'il ne faut pas négliger, et qui peuvent trouver leur application. Il y aurait pour chacun d'eux d'intéressantes recherches à faire, non plus sous le rapport du traitement de la maladie elle-même, mais au point de vue des indications secondaires et des affections symptomatiques auxquelles ils peuvent correspondre.
Indications tirées des formes de la maladie.
Dans la forme bénigne, le traitement n'a pas besoin d'être très-actif. Les moyens généraux que nous avons énumérés plus haut conviennent parfaitement. Quant aux affections locales elles-mêmes, il faut souvent les respecter, comme nous le verrons plus loin, de peur qu'il ne s'en manifeste de plus graves , ou du moins on ne doit pas chercher à les faire disparaître brusquement. Enfin, c'est surtout dans cette forme qu'il faut être réservé sur
l'emploi du traitement chirurgical , puisqu'elle guérit presque toujours spontanément.
La forme commune ne fournit aucune indication particulière; ses indications se confondent avec celles de la maladie elle-même.
Quant à la forme grave , il faut autant que possible substituer des affections plus légères à celles qui existent, rappeler le travail pathologique à la peau , sur les muqueuses , et tâcher de l'y fixer. Les métastases sont très à craindre, et s'il survient des accidents inflammatoires, il ne faut pas hésiter" à les combattre énergiquement par les antiphlogistiques. L'opinion qui proscrit l'emploi de ces derniers chez les scrofuleux est une opinion banale qui peut être très-funeste dans certains cas.
La forme fixe primitive dans laquelle, comme nous l'avons dit, le mal semble localisé sur un point, ne contre-indique pas le régime et le traitement général. D'un autre côté, si l'affection résiste à tout traitement, si elle s'aggrave, si les désordres qu'elle détermine peuvent compromettre la vie, c'est le cas ou jamais de faire l'ablation de la partie malade. La forme fixe primitive est en effet une condition très - favorable pour l'application des moyens chirurgicaux; proscrit à tort par les uns d'une manière absolue, comme les antiphlogisliques , trop témérairement mis en usage par les autres , le traitement chirurgical peut rendre de grands services, mais à la condition .x presse qu'il soit subordonné aux indications.
Indications tirées des causes, de la marche, de la durée, des terminaisons, etc.
Ces indications n'ont malheureusement pas encore été jusqu'ici convenablement étudiées: aussi nous ne prétendons qu'en sigualer l'existence par quelques exemples.
Nous venons de parler, à propos de la forme grave , de la nécessité, quand la marche de la maladie prend un caractère aigu , d'agir énergiquement. Il est d'autres cas , au contraire, où un traitement actif est alors contre-indiqué , et ne ferait que précipiter davantage la marche déjà trop rapide du mal.
On doit tenir grand compte de la durée. Plus la maladie sera ancienne et invétérée, plus il faudra mettre de persévérance et d'opiniâtreté dans le traitement. La maladie guérie laisse quelquefois après elle des phénomènes consécutifs qui cèdent souvent à des moyens purement locaux.
Il est probable qu'aux différentes périodes de la scrofule correspondent divers agents médicamenteux , de même que pour la syphilis. Peut-être l'iode , le soufre et la ciguë , pour ne citer que ces substances, auraient une action bien plus efficace et bien moins controversée, si on les administrait successivement et suivant les périodes.
Quant aux terminaisons , il faut se bien garder de combattre les crises en les prenant pour des sym-
ptômes fâcheux, les favoriser au contraire, en provoquer même d'artificielles, surtout au moment de la puberté. On doit se rappeler aussi que l'état cachectique contre-indique certains agents très-actifs, comme les bains froids, les bains de mer, etc., tandis qu'on le modifie quelquefois très-avantageusement par le quinquina et par les changements d'air et de lieu.
Sous le rapport des causes et des conditions de développement , il faut insister surtout sur le régime dans la scrofule qui s'est développée dans de mauvaises conditions hygiéniques. 11 importe aussi de tenir compte de l'influence des saisons (voyez au chapitre des causes). Les médications ont en général plus d'action en été que pendant l'hiver, etc.
Enfin , les complications doivent être combattues directement, suivant leur espèce, et l'on ne doit pas alors trop se préoccuper de la scrofule ellemême.
Indications tirées des affections.
Écrouelles. — Le traitement particulier de ces tumeurs repose sur trois indications principales que Galien avait déjà signalées : les dissoudre, et si l'on n'y peut parvenir, les faire suppurer ou les extirper. 11 est bien entendu, du reste, que ces indications ne sont que secondaires, et qu'avant tout on doit remplir celles qui regardent la maladie, ou ce
qu'on appelle aujourd'hui X état général (.1); en d'autres termes, et pour parler le langage vulgaire, il ne faut jamais combattre les affections externes avant d'avoir fait subir aux malades un traitement interne.
Les topiques fondants et résolutifs peuvent être mis en usage contre les écrouelles dans la première période de leur évolution ; cependant il faut être très-réservé à cet égard et n'agir qu'avec prudence. Boyer conseille de ne rien faire contre les engorgements ganglionnaires indolents, et la plupart des auteurs signalent le danger des métastases. Il est un autre inconvénient moins grave, il est vrai, dans certains cas, c'est la parfaite inutilité de cette médication. Elle échoue en effet presque toujours , quand les ganglions sont arrivés à un degré avancé de transformation , et elle ne fait souvent que résoudre l'engorgement du tissu cellulaire ambiant. Il est bon d'être prévenu de ce dernier phénomène, très-commun , qui peut être une cause d'illusion.
Quoi qu'il en soit, les frictions avec les pommades résolutives, telles que celles d'iodure de plomb, d'iodure de potassium, d'iodure de mercure, devront être faites sur les tumeurs : ce sont là les substances le plus généralement employées de nos jours. Pour que leur action soit plus efficace , il est bon d'en
(I) Sous le nom d'état général, on désigne aussi l'état des forées.
suspendre l'emploi de temps à autre ou d'en changer la nature.
De tout temps, on s'est servi de topiques analogues pour obtenir la résolution des écrouelles. Nous avons rassemblé dans la note ci-jointe (1) les prin-
(I) Topiques résolutifs. — Sel commun ou sel marin, huile de tartre, savon de Venise. Faure recommande le savon commun dissous dans la lessive de chaux vive ; on peut y joindre l'extrait de ciguë. Les lotions d'eau marine, et le linimenl suivant : parties égales d'eau marine et de vésicules de chêne marin, cueillies dans le mois de juillet et laissées ensemble macérer pendant dix ou quinze jours , sont fortement recommandées par Russell. L'éponge brûlée était une des substances les plus employées.
Les frictions mercurielles, l'emplâtre de Vigo, etc., sont surtout utiles dans les écrouelles compliquées de syphilis (Kortum).
La ciguë, soit sous forme d'herbe fraîche pilée, soit dissoute dans de l'eau ordinaire, de l'eau de mer, de l'eau de chaux, de l'eau salée, dans du vinaigre, dans une solution de sucre de salurne, ou en extrait appliqué comme Uniment, ou bien enfin sous forme de cataplasmes, a produit des résultats fort curieux.
La digitale pourprée en onguent, en emplâtre, en cataplasmes, a été quelquefois utile.
Le romarin, le fiel de bœuf mélangé à un Uniment savonneux , les feuilles pilées de la douce-amère en cataplasme, avec de la mie de pain, l'extrait de belladone, l'opium, la carotte, la scrofulaire, la chélidoine, les feuilles d'aloès, de marrubium, les feuilles de tabac, de cyprès, la racine de bryone, etc. ele.
cipaux d'entre eux ; il en est qui ont joui à juste litre d'une réputation méritée, tels sont en particulier les emplâtres, les liniments, composés avec la ciguë. Cette dernière substance a plus d'une fois réussi contre les tumeurs anciennes et volumineuses. Ces dernières, surtout lorsqu'elles persistent après la disparition des autres symptômes de la scrofule, et quand elles restent comme phénomènes consécutifs, doivent être combattues à l'aide des résolutifs plutôt que les engorgements ganglionnaires peu apparents, mais très-nombreux, qui, suivant quelques bons observateurs (Kortum en particulier), sont un signe de la coexistence d'engorgements internes de la même nature.
Cullen dit que les cataplasmes etles fomentations humides sont nuisibles aux tumeurs strumeuses.
Cependant, l'exposition à la vapeur d'eau chaude aiguisée d'un peu de vinaigre, ou à des vapeurs aromatiques suivie de frictions, est souvent très-utile. Il en est de même des remèdes suivants :
Fumigations sèches, douches sulfureuses, épithèmes secs, herbes aromatiques avec ou sans camphre, cendres chaudes, sel et sable chauds.
Eau végéto-minérale , huile animale de Dippel , gomme ammoniaque, térébenthine; nombre infini de formules dans les auteurs.
La constriction appliquée par un certain empirique est flétrie par Kortum , t. 2, p. 179.
Celse cite un certain nombre de préparations pour résoudre les écrouelles, dans lesquelles entrent les résines, la cire, le soufre, la myrrhe, l'euceus , le safran, etc. etc.
11 ne faut pas favoriser la suppuration des écrouelles , mais la hâter seulement, si elle est devenue inévitable, et si elle se fait trop lentement. Selon la juste remarque de Boyer, si l'ouverture spontanée paraît devoir se faire promptement, il faut abandonner la tumeur à elle-même; si au contraire elle semble devoir longtemps tarder, il est bon, pour prévenir la formation d'une ulcération irrégulière et difficile à cicatriser, d'employer l'instrument tranchant; mais il ne convient d'inciser la tumeur abcédée que quand elle est complètement ramollie.
Beaucoup d'auteurs préfèrent à l'instrument tranchant le cautère potentiel , qui contribue à achever la fonte purulente (1).
« Noxia est curatio, dit Sauvages (Nosol. méthod., t. 3, p. 409 ) , «si per externa suppurantia vel quod « pejus caustica , aut demum per excisionem tente- «tur; indè enim uberius struma? progerminant,
(1) M. Baudelocque se loue beaucoup de l'emploi du caustique de Vienne, dont il a légèrement modifié la composition ( parties égales de potasse caustique et de chaux vive). Il détruit toute la peau amincie et dont la couleur est altérée. «Toutes les fois, dit-il, que j'ai eu recours au bistouri ou à la lancette, je n'ai pu obtenir la guérison qu'après avoir excisé toute la peau qui avait été amincie et décollée. Jamais cette peau ne reprend son épaisseur, sa vitalité : elle n'est plus susceptible de se réunir aux parties sous-jaeenles. L'emploi du caustique, lorsqu'il a été bien appliqué, a toujours évité une seconde opération.»
«acriusinflarumantur, pertinaciusexulcerantur. »Cependant, bien qu'il soit vrai qu'une tumeur enlevée dans un point, de nouvelles apparaissent très-souvent dans un autre endroit, et qu'il puisse même résulter de l'ablation des conséquences plus graves encore , il est certains cas, néanmoins , dans lesquels ce moyen chirurgical , dont il ne faut user que très-rarement et avec beaucoup de prudence , peut être indiqué.
S'il n'existe, par exemple, qu'une tumeur isolée, très-gênante, dangereuse pour la vie du malade, ou devant entraîner une interminable suppuration; si tout le travail morbide paraît concentré sur ce point; si surtout les autres symptômes de la maladie ayant disparu , il ne reste plus que cette lésion , comme phénomène consécutif, on peut enlever la tumeur à l'aide de l'instrument tranchant ou la détruire par des applications successives du caustique de Vienne , comme le fait souvent avec succès M. Ricord, dans le bubon scrofuleux (1-2).
(1) Voyez le mémoire de M. Gabalda, cité plus haut, sur le bubon scrofuleux.
(2) Le fer rouge autrefois employé est abandonné de nos jours.
Cautère potentiel. — Bordeu dit que la cautérisation est souvent très-utile et la préfère toujours à l'instrument tranchant. Si la tumeur est superficielle, mobile, isolée, circonscrite, il vaut mieux avoir recours au couteau. Les caustiques ne conviennent pas aux tumeurs volumineuses (Kort.;.
Ulcères scrofuleux. — Ces ulcères contre-indiquent lous les topiques chauds, relâchants, émollients. Ceux qui sont d'une nature contraire leur conviennent parfaitement. Telles sont la poudre de quinquina, les lotions sulfureuses, iodurées, l'application de linges imbibés de ces substances, et un certain nombre de moyens analogues (1).
Pour donner un meilleur aspect aux ulcères, les caustiques peu énergiques conviennent très-bien ; ils détruisent les callosités, et déterminent souvent une suppuration de bonne nature : tels sont le précipité rouge, les trochisques de minium, la pierre infernale, l'alun, l'iode caustique, etc.
La ponction suivie d'une injection irritante convient souvent dans les tumeurs enkystées qui contiennent un liquide.
Les sétons et les vésicatoires ont quelquefois été appliqués avec succès à la suite de certaines tumeurs scrofuleuses (Kortum).
(t) Décoction de quinquina dans l'eau de chaux ; solution de tartraie de potasse, huile de tartre; compression; eau de chaux et cendres de sarment (Faure), eau marine (Russell). Plenck recommande contre les ulcères scrofuleux et le spinosa venlosa ouvert le topique suivant: rec. aq. stillat. ciculœ, lib. 1 ; cxlr.ckul., %\ ; extr. myrrh.,3J ; mell. chelid., §j ; misce. L'onguent avec la poudre de digitale; les cataplasmes de carotte contre les ulcères de mauvaise nature; 4a téréhenthine, l'alun, la céruse, les sels de plomb, etc. etc., ont été préconisés par différents auteurs et dans des combinaisons diverses. .1. Hunter appliquait avec succès une solution opiacée sur les ulcères douloureux.
C'est une mauvaise pratique que d'enfermer pendant de longues heures les ulcères scrofuleux sous un épais bandage. Il vaut mieux les panser avec des linges mobiles imbibés d'un liquide froid. L'eau pure a souvent réussi seule à Cullen.
Si l'ulcération recouvre une carie , il faut faciliter l'issue du pus et du séquestre.
Quand une partie seulement d'une tumeur scrofnleuse est suppurée , il ne faut pas se hâter d'obtenir la cicatrisation.
Si une ulcération ancienne tend vers la cicatrisation, c'est une bonne précaution d'établir un cautère à peu près de la même grandeur.
Si les ulcères sont compliqués de fistules, il faut remédier à ces dernières au moyen d'injections, de topiques irritants, de caustiques, etc.
Les cicatrices qui succèdent aux ulcères scrofuleux sont ordinairement difformes. « On préviendra constamment la difformité de ces cicatrices en détruisant la peau décollée, soit avec l'instrument tranchant, soit avec les caustiques. Le caustique que je préfère est encore la pâte faite avec l'alcool, la chaux vive et la potasse. Mais comme cette pâte agit mal sur les surfaces humides, il faut avoir le soin, avant de l'appliquer, de recouvrir tout ce qui est ulcéré avec de la charpie, et de bien essuyer la peau que l'on veut détruire.
« On ne doit jamais opérer cette destruction
de la peau avant que le fond du foyer ne soit disposé à se cicatriser... Il ne faut pas toujours se hâ-
ter de détruire la peau décollée aussitôt que l'engorgement s'est dissipé. Si cette peau a conservé une certaine épaisseur, si sa couleur ne diffère point de celle des parties voisines, on doit tenter d'en obtenir le recollement, et dans ce but, on stimule à l'aide d'injections irritantes les surfaces ulcérées, après quoi on les maintient en contact à l'aide d'une pression légère.» (M. Baudelocque.)
Si l'on ne réussit pas par ce dernier moyen , il faut ne pas larder et détruire la peau. «Cette destruction aura alors le double avantage de procurer une guérison plus rapide et une cicatrice exempte de difformité» (ibid.\
Abcès. — Parmi les abcès scrofuleux, les uns, comme nous l'avons vu , affectent une marche plus ou moins aiguë; les autres, au contraire, ont une évolution lente et chronique, et sont désignés sous le nom d'abcès froids. Les premiers doivent être traités comme les abcès phlegmoneux (cataplasmes emollients, ouverture à l'aide du bistouri aussitôt que la fluctuation est évidente). Quant aux seconds, le traitement propre aux écrouelles leur convient à peu de chose près. On doit chercher d'abord à en obtenir la résorption au moyen des topiques résolutifs. Un vésicatoire appliqué sur quelques-uns de ces abcès en a, dans certains cas, déterminé la disparition. Si la collection purulente persiste, si la fluctuation est bien évidente, et que la peau commence à rougir, l'ouverture artificielle par l'instrument tranchant, ou mieux à l'aide des caustiques, est formellement indiquée.
Pour favoriser le recollement des parois du foyer, si l'abcès est volumineux, on peut souvent employer avec avantage les injections irritantes et en particulier les injections iodurées.
Ophlhalmie. — Malgré la ténacité ordinaire de celte affection , on doit la combattre par les moyens suivants :
Si l'ophthalmie est bornée au bord libre des paupières ou à la conjonctive, on aura recours au nitrate d'argent sous forme de collyre, à la pommade au précipité rouge (1), aux purgatifs répétés (2), aux vésicatoires derrière les oreilles, à la nuque, aux bras, sans parler du traitement général, et particulièrement du quinquina, qui est indiqué d'une manière toute spéciale suivant un certain nombre d'auteurs (3),
Les cautères, le séton, longtemps entretenus, sont utiles dans les ophthalmies les plus rebelles.
Dans la kératite, indépendamment des moyens précédents , on peut avoir recours au nitrate d'argent, au laudanum , aux poudres de calomel, de bismuth , de tuthie, et aux collyres résolutifs.
Il est un préjugé malheureusement trop répandu:
(1) Les mercuriaux ont toujours été recommandés dans l'ophthalmie scrofuleuse.
(2) Surtout au calomel.
(3) Macbride, entre autres, dit que chez les scrofuleux on obtient rarement la guérison de l'ophthalmie si l'on n'administre le quinquina.
c'est que le traitement anliphlogistique doit être toujours proscrit dans l'ophthalmie scrofuleuse.
Sans doute le plus communément , les émissions sanguines sont à peu près inutiles, et sont contreindiquées par l'état des forces; mais quand l'ophthalmie se développe d'une manière aiguë , comme cela se voit assez souvent , ou prend tout à coup une violence extrême, si on ne la combat pas énergiquement par les émissions sanguines, comme une inflammation franche, on s'expose à voir survenir en très- peu de temps la perte complète de l'œil.
Les nuages, les taches de la cornée, se dissipent plus ou moins complètement à l'aide d'instillations de laudanum , d'insufflations de calomel en poudre, ou sous l'influence de cautérisations légères et répétées (1).
Les ulcérations doivent être cautérisées par le nitrate d'argent. Si les vaisseaux qui s'y rendent sont volumineux et superficiels," il est bon de les cautériser également ou de les exciser.
(1) « Jania refert expertus maculas coroeae pertioacissimas «ex vilio scrofuloso ortas cortici peruviano penitus cessisse. «inter numerosa topica quae ad coruea? macula laudantur, «multa collegerunt Volger (Dissert, de macul. corn.; Got- «liug., 1778) et Clar. Nicolai. Ea hic potissimum eligenda «surit qua; causa; sciofulosœ respondent u-li ungueut. Cum «mercur. prœcip. rubro, cicula, anlimonialia v. c. aqua be- «nedict. Rulandi (Selle), decocl. cort. peruv. cum pauco «sapoue, extract, cicut. mistum, etc.» (Kort., t. 2, p. 347.)
«Lorsque les points malades sont épaissis, granuleux , exactement circonscrits , ou en forme de lambeau imbriqué sur la cornée , la cautérisation ou l'excision convient encore» (M. Velpeau). Ces moyens s'appliquent également au pannus, aux végétations de la cornée, etc.
« Lorsque l'iris est pris, les collyres stimulants sont inutiles; on les remplace par la pommade mercurielle belladonisée en frictions autour de l'orbite, ou par les collyres laudanisés et belladonisés, en même temps que sont prescrits les saignées et le calomel à haute dose» (id., Dictionnaire en 30 vol.).
On doit tenter contre le ptérygion les topiques astringents, les caustiques, et enfin l'excision d'une portion de la muqueuse (1).
— Janin, Kortum, etc., ne recommandent contre la cataracte et l'amaurose qui surviennent quelquefois chez les jeunes scrofuleux , que les remèdes généraux dirigés contre la scrofule elle-même. Ils insistent surtout sur l'usage du quinquina, de la ciguë (2), et des purgatifs (tirés des mercuriaux) dans l'amaurose. On comprend du reste que tout traitement échoue, quand cette dernière affection est due à une tumeur scrofuleuse qui comprime
(1) Pour plus de détails sur ceUe ophlhalmie, voyez les traités spéciaux.
(2) Cas deguérison, par la ciguë, d'un enfant de 13 ans, qui présentait une cataracte double en même temps que d'autres affections scrofuleuses. (Cheniiu , Journal de mêd,, t. 24, p. 266.)
le nerf optique , ainsi que Sauvages en cite un exemple.
Tumeurs blanches (1). — Dans la première période des tumeurs blanches et tant qu'elles ne présentent pas de phénomènes inflammatoires marqués, on peut essayer des topiques résolutifs et excitants dont nous avons parlé à propos des engorgements écrouelleux (iodure de plomb, iodure de potassium, emplâtres de Vigo, emplâtres de ciguë, etc., douches de vapeur, douches sulfureuses); les vésicatoires volants promenés autour de la tumeur sont recommandés par Boyer, beaucoup plus encore que les moxas, les cautères et la cautérisation par le fer rouge, qui néanmoins ont été dans quelques cas employés avec succès.
Quand il survient de l'inflammation , il importe de la combattre par les moyens appropriés et avec une certaine énergie. C'est en effet une complication fâcheuse et qui augmente ordinairement les progrès du mal. Quand les phénomènes inflammatoires sont passés, on peut revenir aux moyens précédemment énumérés.
Il y a indication formelle, selon les auteurs les plus recommandables , de mettre la partie affectée dans un repos absolu , pour éviter d'une part ,
(1) Ne parlant ici que des indications spéciales tirées de l'affection, nous ne revenons pas sur le traitement général qui convient à tous les scrofuleux. Celte observation s'applique à toutes les affections.
dans les commencements, les douleurs et la fatigue que les mouvements de l'articulation pourraient produire, et d'un autre côté, pour favoriser, quand l'affection est déjà arrivée à un degré avancé , la terminaison par ankylose. Une pratique tout opposée est suivie à l'hôpital Saint-Louis, dans le service des scrofuleux, où l'on dit s'en trouver fort bien. Cette pratique tend à remplir, il est vrai, cette autre indication, de ne pas mettre les malades dans un repos absolu , mais de leur faire prendre le plus d'exercice possible. Cependant elle peut avoir de trèsfâcheuses conséquences, et n'est d'ailleurs possible que quand l'affection est peu intense ou peu avancée. On doit s'en tenir au vieux précepte qui recommande l'immobilité du membre malade; du reste, il est dans quelques cas un moyen de tout concilier, quand à l'aide de bandage inamovible on peut maintenir la partie souffrante dans le repos, tout en laissant le reste du corps parfaitement libre de tous ses mouvements.
Quand il survient des abcès, surtout s'ils sont accompagnés de phénomènes franchement inflammatoires, il ne faut pas trop craindre de les ouvrir largement, quand bien même ils communiqueraient avec l'articulation.
Enfin, si les désordres sont très-graves, si le mal paraît incurable et surtout s'il menace par luimême la vie du malade , s'il n'existe pas en même temps d'autre affection scrofuleuse , si les organes
les plus importants à la vie sont dans un bon étal, l'amputation est indiquée (1).
« 11 est plus convenable, dit Boyer, d'attendre pour faire l'amputation que la maladie (l'affection) soit parvenue à son plus haut degré et que les forces du malade soient considérablement diminuées. »
Il faut bien distinguer cet état de faiblesse produit par une affection locale grave, qui détermine une abondante suppuration et qui semble concentrer tout le travail morbide, de l'état cachectique qui survient dans la dernière période de la scrofule. Le premier peut être une indication favorable à l'emploi des moyens chirurgicaux, le second les contreindique ordinairement.
Il est une précaution qu'on néglige trop souvent peut-être après les opérations chez les scrofuleux , c'est d'établir un point de suppuration qui puisse pendant quelque temps au moins suppléer à la lésion qu'on a tout à coup fait disparaître.
On doit être très réservé, du reste, en fait d'opérations chirurgicales chez les scrofuleux. Il faut généralement attendre la révolution qui s'opère à la puberté, parce que, d'une part, on a quelques chances de voir guérir spontanément (2), à cette époque,
(1) Ou du moins la résection, si elle peut être pratiquée préférablement à l'amputation.
(2) «Nonnuncjuam mal uni omnibus remediis resistens et ((immulaluni mauens post alicjuol annos spoute saueseil. » (Korlum.)
des affections qui ont jusqu'alors résisté à tout traitement, et que, d'une autre part, si quelqu'une de ces affections persiste , ce n'est quelquefois que comme phénomène consécutif (la maladie elle-même pouvant être considérée comme guérie) , et alors , si l'on pratique l'opération , le malade est dans de bien meilleures conditions. Tandis que chez les enfants il arrive de deux choses l'une, ou bien les affections des os dont nous parlons sont survenues rapidement après les autres symptômes qui les précèdent ordinairement, ou bien elles sont survenues d'emblée. Or, dans les deux cas on peut être à peu près certain d'avoir affaire à une scrofule grave (1), et les amputations dans cette forme de la maladie sont au moins inutiles, de nouveaux désordres ne tardant pas à se manifester.
Ce qui précède suffit pour faire voir combien il importe de n'admettre qu'avec une grande prudence l'intervention de la chirurgie , si utile quand elle répond aux indications, si cruellement et si ridiculement nuisible, lorsqu'elle est aveugle et inintelligente et qu'elle est dirigée quand même contre des lésions, sans qu'il soit tenu aucun compte de la maladie dont elles ne sont que l'expression (2).
(1) Il se pourrait que ce ne tût qu'une scrofule fixe primitive, mais alors on peut et on doit attendre pour voir s'il ne survient pas d'autres lésions.
(2) Pour quelques indications secondaires etles détails qui se rapportent aux tumeurs blanches en particulier, nous sommes obligé de renvoyer aux traités de chirurgie.
Carie des vertèbres. — Quelle que soit la partie du rachis affectée, on doit, aussitôt que l'existence de la lésion s'est révélée, déterminer sur la région correspondante du cou , du dos ou des lombes, une suppuration abondante et longtemps entretenue. Préconisé par Pott, ce traitement local a reçu la sanction du temps et de l'expérience: «Nous pouvons, dit Boyer, assurer que ce moyen n'a jamais trompé nos espérances, toutes les fois que le cas était de nature à le permettre et qu'il a été possible de l'employer avant que la suppuration (1) fut survenue»; de larges cautères, au nombre de deux ou même de quatre à la fois, sont le remède le plus efficace que l'on puisse mettre en usage. Quand , au bout d'un certain temps, la suppuration devient languissante ou se tarit, il est nécessaire d'en appliquer de nouveaux. « Il est bien rare qu'on tarde à obtenir des effets manifestes de ce moyen , surtout s'il a été
employé à temps ; mais on serait dans l'erreur si
l'on s'en tenait là et si on laissait cicatriser les cautères, regardant ce premier effet comme tout le bien qu'on en peut retirer. 11 faut agir longtemps pour rompre d'une manière durable l'habitude que la nature a contractée; si l'on renonce trop tôt aux cautères, si l'on n'entretient pas leur suppuration avec soin pendant longtemps, même après le rétablissement le plus complet, on voit la maladie faire
d) Il désigne par ce mol la foule purulente ou tuberculeuse des vertèbres.
de nouveaux progrès et tous les symptômes se reproduire. Il est donc très-important d'entretenir la suppuration des cautères pendant plusieurs mois et quelquefois même pendant quelques années..... Que dire du repos, et des applications excitantes sur l'épine, qui ont été recommandées? Ces derniers moyens, s'ils sont employés seuls sont absolument nuls; employés subsidiairement et de concert avec les cautères , s'ils ne sont pas utiles , au moins ils ne seront pas nuisibles. » (Ibid.)
Il est une précaution importante, c'est de prendre garde qu'il ne survienne de la fièvre sous l'influence de ces larges cautères; quelques topiques émollients, même au besoin la suppression momentanée, quelques autres moyens, comme l'usage intérieur du quinquina , suffiront pour prévenir cet accident ou pour y remédier.
Abcès par congestion. — Les abcès par congestion ne sont pas par eux-mêmes une source d'indications importantes. On doit se préoccuper avant tout de porter remède à la lésion dont ils sont le plus souvent une conséquence. Il n'est pas nécessaire et il est souvent très-nuisible d'en pratiquer l'ouverture, même avec la précaution de ne faire qu'une petite incision ou même qu'une ponction sous-cutanée, et de ne pas vider tout d'un coup la poche du liquide qu'elle contient; l'ouverture de ces abcès par une large incision est souvent encore plus dangereuse. Quelle que soit la méthode qu'on emploie pour donner issue à la matière que contiennent ces kystes, on
voit ordinairement se manifester une aggravation notable de l'état du malade, et la morl ne tarde pas à survenir. Il vaut mieux s'abstenir de toute opéralion chirurgicale, d'autant plus que, ces tumeurs étant constituées par un kyste plus ou moins volumineux, on n'a pas à craindre les accidents que détermine une collection purulente ordinaire abandonnée à elle-même. Le seul cas dans lequel on pourrait tenter avec quelque succès l'ouverture d'un abcès par congestion , serait celui où on aurait de grandes raisons de croire l'affection osseuse guérie, et où le kyste lui-même serait peu volumineux; encore dans ce cas l'abcès par congestion peut-il , comme on l'a vu dans certaines circonstances malheureusement trop rares, se résorber spontanément.
Carie du sternum , des côtes , etc. — Si l'affection s'annonce par un gonflement indolent, l'application des topiques stimulants et résolutifs est indiquée. On peut aussi avec avantage déterminer une dérivation plus ou moins puissante à l'aide de cautères appliqués dans le voisinage.
S'il se forme une tumeur inflammatoire, on doit recourir aux topiques émollients.
Si la tumeur grossit, devient fluctuante, on doit l'ouvrir au moyen de l'instrument tranchant, ou mieux de la potasse caustique.
« Quand la carie est superficielle, peu étendue, on retire de bons effets des bains locaux (des lotions ou des injections), avec une décoction de plantes aromatiques ou détersives, telles que le thym, la
sauge, le romarin, les feuilles de noyer, la pervenche, etc. Les bains alcalins (ou des lotions alcalines) obtenus par une lessive de cendres de bois neuf ou par la dissolution de carbonate de soude ou de potasse dans l'eau; les bains sulfureux, savonneux, produisent aussi dans ces cas d'excellents résultats» (J. Cloquet). 11 en est de même des douches sulfureuses, des injections iodurées. Quand l'os carié était à découvert , les anciens y appliquaient diverses poudres, telles que celles d'euphorbe, de sabine, etc., ils employaient pour le même usage le sulfate de cuivre, le vert-de-gris, etc. Aujourd'hui on se sert plutôt des teintures de myrrhe, d'aloès, de benjoin , et d'eau-cle-vie camphrée.
Il importe surtout, si l'altération est très-étendue, de favoriser l'issue du pus et la sortie des séquestres qui peuvent se former; de plus, si la constitution du malade n'est pas très-affaiblie, si les désordres locaux agissent d'une manière fâcheuse sur l'état général, s'il n'existe pas d'autre affection grave, on peut mettre en usage des moyens plus actifs. C'est alors qu'il est indiqué de recourir à l'application , sur l'os carié, des caustiques, du fer rouge; dans le cas où une collection purulente s'est formée derrière le sternum, une ouverture faite à l'aide d'une couronne de trépan ou même l'ablation d'une partie plus ou moins considérable de cet os peut être nécessaire. 11 est également bon , dans quelques cas analogues, d'enlever des portions de côtes, dont la présence entretient une suppuration intarissable.
Les pseudomembranes qui se sont formées autour de la collection purulente et l'isolement qui s'est opéré entre les parties saines et les parties malades (voyez plus haut la description de ces affections) font que ces opérations sont au moins sans danger (1).
Caries des pieds et des mains. Faux spina ventosa. — Un grand nombre de ces caries, particulièrement celles qui siègent sur les phalanges des pieds et des mains, surtout chez les enfants, se guérissent spontanément, au bout d'un certain temps; elles ne fournissent aucune indication particulière, seulement elles contre-indiquent le plus souvent toute opération qui aurait pour but d'enlever la partie affectée (2).
(1) Boerhaave niellait en usage les sudorifiques pour guérir des affections des os qui lui avaient paru incurables jusqu'à l'emploi de cette méthode. {Prax. med., p. 2, p. 288; Van Swielen, comment.)
«Cortex peruvianus, quolidie a sij ad gfi datus, sœpe et «externe fomenti forma applicatus (juncla saepe dieeta lac- «tea), mox bonum pus generavit, puerosque plurimos cu- « ravit. » (De Haen, Rat. medendi , p. 3, p. 192.)
Werlhof avait aussi coutume d'administrercontrela carie, et avec succès, le quinquina uni à la garance.
Leidenfrosl (dissert, cit., § 11-13) vanle les bons effets de la grande chélidoine employée comme tonique avant que la peau soit ulcérée.
(2^ Nous avons vu que les nécroses véritables étaient assez rares chez les scrofuleux. Quand il en existe, la seule
Carie du rocher. — Cette affection , si grave par la funeste terminaison qui en est ordinairement la conséquence, doit être combattue par l'application de larges cautères au voisinage de l'os affecté. Il importe, comme dans la carie vertébrale, d'entretenir pendant très-longtemps cette suppuration artificielle. Il faut être très-réservé sur les injections détersives ou irritantes par le conduit auditif; on doit toujours être en garde contre la propagation du mal vers l'intérieur de la cavité crânienne. Il importe de favoriser l'écoulement du pus au dehors, soit par le conduit auditif externe , soit par la voie qu'il s'est frayée , dans le cas assez fréquent où la carie s'est développée ou étendue du côté des cellules mastoïdiennes. Si l'inflammation se propage aux méninges et au cerveau lui-même, il faut la combattre de la manière la plus énergique; mais tous les efforts sont le plus souvent alors inutiles.
Spina ventosa. — Il ne s'agit ici que du spina ventosa véritable (voyez la description que nous en avons donnée). Sauf le traitement général, il n'y a rien à faire en particulier contre cette affection ; du moins on ne connaît rien jusqu'à présent qui puisse en empêcher le développement. Quand la tumeur a atteint un énorme volume, qu'elle s'est ulcérée en différents points et qu'il se fait par
indication importante à remplir, c'est de favoriser la sortie du séquestre.
les ulcérations des hémorrhagies abondantes, l'amputation est indiquée, à moins que le malade ne soit dans un état cachectique ou bien qu'il ne présente quelque autre affection grave ou menaçant de le devenir.
Phthisie scrofu/euse. — Cette affection ne fournit que fort peu d'indications spéciales. Tous les moyens que nous avons mentionnés à propos des indications générales tirées de la maladie elle-même (voyez plus haut) peuvent être mis en usage soit pour remédier à la phthisie scrofuleuse quand elle n'est pas encore très-avancée, soit pour la prévenir. Kortum recommande, dans cette dernière intention, de fortifier les poumons avec le reste du corps au moyen des bains froids, du quinquina, des ferrugineux.
Sauvages signale l'utilité du fer et des martiaux donnés à petite dose et pendant longtemps soit pour prévenir, soit pour guérir la phthisie scrofuleuse.
Morton rapporte plusieurs faits de guérison de cette affection par le quinquina ; il recommande aussi d'autres médicaments. Voici ses propres paro!es:« Non « dubitoquin pruclentidelectu etfrequenti mutatione «tennis et aprici aeris et longo usu medicaminum, « balsamicorum , mercurialium, millept darum , cha- «libeatorum, pra^cipue vero aquarum mineralium « atque aliorum antiscrophulosorum remediorum. « isti tumores in his aeque ac in aliis partibus con- «sumi possint , atque indea?ger liberari a scrofuloso
« et phthisico statu ; qnod sa?pius experli sumiis » (1).
C'est surtout dans la phthisie scrofuleuse que les voyages et le changement d'air sont utiles.
Si à l'aide du traitement on ne peut obtenir la guérison de cette affection , du moins peut-on en rendre la durée presque indéfinie, et quelquefois au moyen seulement d'un bon régime , il est possible de maintenir la lésion dans un état stationnaire.
Les dérivatifs, les exutoires , sont des adjuvants très-utiles, et c'est une impérieuse indication de raviver une affection moins grave, une éruption cutanée, par exemple, dans le cas où la disparition d'une semblable affection aurait précédé le développement de la lésion pulmonaire.
Quand il survient de la fièvre , quand l'affection paraît marcher d'une manière assez rapide, qu'il y a des hémoptysies, les remèdes trop stimulants, les
(1) Il attribuait beaucoup d'efficacité aux pilules suivantes :
R. Milleped. , prsepar. . siij
Gumm. amrao. depur 3$
Flor. benzoin 9y-=j
Extr. croc. . I Q
Bals, peruv. |
Bals. suif, térébinthinai.
s. auisat q. s.
Fac. pil. médiocres.
Ces pilules, suivant Morton, contribuent puissamment à la guérison, non-seulement dans le commencement de l'affection, mais encore quand elle est déjà assez avancée.
eaux minérales, ferrugineuses et sulfureuses, sont eontre-indiqués.
Lorsqu'au contraire les symptômes graves diminuent, que l'affection semble s'améliorer notablement et que le malade est très-affaibli, les amers et le quinquina devront être administrés pour consolider la guérison , s'il peut être permis de l'espérer.
Tubercules du cerveau. — Il n'y a, dans l'état présent de nos connaissances, aucune indication particulière bien précise qui soit fournie par celte affection. Quand on en soupçonne l'existence, on peut essayer des cautères ou du selon à la nuque.
Méningite tuberculeuse. — Ce que nous venons de dire s'applique malheureusement aussi à la méningite tuberculeuse, contre laquelle les vomitifs, les purgatifs, les dérivatifs de toute sorte, les frictions mercurielles, sont conseillés, mais le plus souvent inutilement.
Carreau. — Les médicaments qui ont été les plus vantés contre cetle affection sont : la ciguë , le ca- Iomel, les frictions mercurielles, l'huile de foie de morue, lesavon(t), les iodures, les ferrugineux seuls ou associés à la rhubarbe (2) ou aux extraits amers, le chlorhydrate d'ammoniaque et de fer, l'acétate de
(t) Le savon était donné |>ar Boerliaave aux cnlants en eliarlre.
(2) Les purgatifs toniques sont, d'après Baumes, ceux qui réussissent le mieux.
potasse (I), etc. Parmi ces moyens, l'emplâtre de ciguë n'est pas un des moins actifs. C'est surtout quand les petits scrofuleux sont affectés du carreau qu'il importe de faire observer les règles que nous avons signalées à propos du régime alimentaire. L'eau de chaux, l'eau de Seltz, associées au lait d'ânesse, ont paru quelquefois produire de très-bons résultats.
Péritonite tuberculeuse. — Comme toutes les affections tuberculeuses, et surtout celles qui sont accompagnées d'inflammation , la péritonite tuberculeuse n'est la source d'aucune indication ou n'en fournit que d'incertaines, d'obscures ou de contradictoires. Si elle n'affecte qu'une marche lente, et qu'elle ne présente pas de symptômes très-^aigus, les résolutifs, dont nous avons parlé plus haut, peuvent être mis en usage ainsi que quelques autres médicaments prescrits contre le carreau. Dans le cas contraire, on devra recourir aux onctions mercurielles et aux
(1) L'acétate de potasse (terre foliée de tartre), à la dose de 0 grains, mêlés à 2 grains de poudre de ciguë, Irois fois par jour, a eu , selon le Dr Gueuet , de grands succès comme fondant (Dict. en GO vol.; voy. art. Atroph. mésent.).
— Les compositions dans lesquelles le mercure et le fer jouent le principal rôle sont les suivantes : eau de mercure deTheden, essence douce de Slahl, pilules de Gisler, de Plummer et de Rosen.
— L'opiat méscntérique consiste dans l'association de la gomme ammoniaque, du séné mondé, du calomel , delà racine d'arum, de l'aloès succotrin, de la rhubarbe et de la limaille de fer.
sangsues. Ces dernières ne seront employées qu'avec beaucoup de ménagement.
Testicule scrofuleux. — Les topiques fondants et résolutifs conviennent quand la tumeur est indolente; quand elledevicntdouloureuse etqu'elle s'enflamme, le repos, les cataplasmes émollienls, à la rigueur quelques sangsues sur le cordon, sont indiqués.
Enfin, si l'affection s'aggrave de plus en plus, si elle parait bien limitée, si elle est en un mot dans les conditions que nous avons déjà énumérées au sujet des moyens chirurgicaux à employer chez les scrofuleux, si surtout, au lieu d'un simple testicule tuberculeux, il existe une de ces tumeurs mixtes ou entièrement dégénérées en cancer dont avons parlé, l'ablation doit être pratiquée.
Tumeurs des mamelles. — Une faut pas trop se hâter d'opérer ces tumeurs ; il convient de chercher à en obtenir la résolution au moyen d'emplâtres de ciguë, de frictions iodurées; c'est aussi le cas d'employer la compression. 11 ne faut pas oublier qu'Astley Cooper et que d'autres médecins (parmi lesquels on peut citer M. Velpeau' se prononcent contre l'opération voy. la description que nous avons donnée de ces tumeurs). Il est quelques cas, cependant, où il importe d'en pratiquer l'ablation, par exemple , quand elles ont fait de grands progrès, qu'elles se sont profondément ulcérées, ou bien quand on a des doutes sur leur nature et qu'on a quelque raison de craindre une transformation cancéreuse.
Catarrhe utérin. — Les injections astringentes , les injections d'une solution concentrée de nitrate d'argent , la cautérisation du col à l'aide d'une solution caustique de cette substance ; quelques petites incisions pratiquées sur le col de l'utérus, quand il est engorgé, la poudre de ratanhia , d'alun , d'amidon , mises en contact avec le col utérin , les bains froids , les bains de mer, sont les moyens les plus efficaces (1).
Ozène scrofuleux. — On doit combattre cette affection, ou du moins en diminuer l'intensité, à l'aide des chlorures, du nitrate d'argent, de l'acétate de plomb, des eaux sulfureuses en injection, ou de l'insufflation dans les fosses nasales de poudres astringentes, excitantes , telles que celles de ratanhia, de quinquina.
Lupus. — Le traitement local consiste endes applications résolutives ou irritantes, ou bien dans la cautérisation à l'aide de divers caustiques. On doit commencer par les topiques résolutifs, surtout quand les tubercules ne sont pas ulcérés : ceux dont on fait le plus souvent usage sont les pommades au proto, au bichlorure de mercure, à l'iodure de soufre. Les cautérisations conviennent mieux
(1) On peut rapprocher de ces remèdes les pilules de Stahl,dans lesquelles les extraits d'aloès , de myrrhe, d'absinthe, de chardon bénit et de rhubarbe, etc., sont combinés avec les résines de lierre, de genévrier et de térébenthine.
contre les ulcérations du lupus : on les fait avec l'huile animale de Dippel (1), la poudre de Dupuytren (2), le nitrate d'argent, la potasse, le beurre d'antimoine, la pâte arsenicale du frère Côme (3) et le nitrate acide de mercure; s'il existe des croûtes, il faut les faire tomber préalablement au moyen de cataplasmes émollients. Si les parties que l'on veut cautériser sont le siège de tubercules indolents , non ulcérés , recouverts de plaques épaisses et squameuses, il convient de les aviver au moyen de vésicatoires.
L'application des caustiques doit être souvent renouvelée. Quelquefois l'affection ne se guérit qu'après un nombre très-considérable de cautérisations successives; enfin on doit éviter, à l'aide d'éponges préparées, l'oblitération des ouvertures naturelles par les cicatrices.
(t) L'huile animale de Dippel convient surtout quand «le nez est le siège d'un gonflement indolent et chronique et présente une coloration violacée, surmontée habituellement d'une exr'oliation épidermique» (Cazenave et Schedel).
(2) Protochlorure de mercure et acide arsénieux, dans la proportion d'un ou deux centièmes d'arsenic. Ce caustique ne cause presque aucune douleur et ne laisse pas que d'être assez actif.
(3) Caustique beaucoup plus énergique, dont l'application est suivie ordinairement d'un érysipèle. Il convient surtout dans les cas de lupus anciens et rebelles, et où l'ulcération détruit en profondeur; on ne doit pas en recouvrir une surlace plus large que celle d'une pièce de 1 franc.
Gourmes , croûtes de lait , fausse teigne , impétigo larvalis. — Celte affection contre-indique toute médication qui aurait pour but de la faire disparaître brusquement; des soins de propreté, un traitement palliatif, voilà tout ce qui convient contre une éruption que l'expérience a conduit à respecter, surtout quand elle est légère. « Dans la plupart des cas, des lotions d'eau tiède, de lait ou de guimauve..., constituent tout le traitement, et chez les petits enfants à la mamelle, la meilleure médication consiste à conseiller à la nourrice de faire jaillir du lait de son sein et d'en arroser les surfaces malades » (Cazenave\ Plus tard, on devra couper les cheveux très-courts, faire quelques lotions alcalines ou sulfureuses légères ; on appliquera des cataplasmes de mie de pain et de lait, de fécule de pomme de terre et d'eau de guimauve; on peut y joindre quelques laxatifs et l'application d'un exutoire.
Impétigo granulala. — Le traitement est le même que celui de l'impétigo larvalis.
Impétigo, dartre crustacée , mélitagre. — L'utilité des prépararions sulfureuses a été un peu exagérée, et leur usage est souvent trop hâtif; elles sont beaucoup plus efficaces au bout d'un certain temps qu'au début.
Quand l'inflammation est récente et surtout lorsqu'elle s'est développée d'une manière aiguë, il suffit de quelques lotions émollientes avec l'eau de guimauve , la décoction de tètes de pavot , le lait tiède , l'eau de son, etc. Le malade boira de la limonade et
prendra quelques laxatifs. Les bains tièdes sont aussi très-utiles.
Quand l'inflammation est passée à l'état chronique, les lotions émollientes pourront être convenablement remplacées par des lotions alumineuses, les douches de vapeur, les préparations sulfureuses à l'intérieur ou à l'extérieur, les bains de mer.
Quand l'impétigo résiste à ces moyens, on peut avoir recours à la cautérisation par l'acide hydrochlorique. par le nitrate d'argent en solution , aux frictions avec le protonilrate de mercure, au vésicatoire appliqué sur le point affecté; enfin, à la solution de Pearson.
Eczéma. — Les bains tièdes, les boissons rafraîchissantes, doivent être prescrits au début. Quand l'eczéma est devenu chronique, on emploiera les purgatifs, le calomel à l'intérieur ou en frictions, les bains de vapeurs, les bains alcalins , et enfin les bains sulfureux, qui sont un des moyens les plus efficaces contre l'eczéma rebelle; on doit mettre en usage la teinture de cantharides (1) ou certaines préparations arsenicales, telles que la solution de Fowler (2) , la solution de Pearson , et la solution d'arséniate d'ammoniaque (3).
(1) A la dose d'abord de 3 à 5 gouttes; daus l'espace de huit jours, ou peut l'élever jusqu'à 25 ou 30 gouttes.
(2) A la dose de 3 gouttes d'abord .jusqu'à 15 gouttes au plus.
(3) Ou peut administrer ces deux derniers médicaments depuis 1 gramme jusqu'à A grammes.
Ecthyma,pemphigus. — Les moyens précédemment mentionnés conviennent également; de plus, ces affections indiquent l'emploi des toniques à l'intérieur, en particulier du quinquina.
Lichen, etc. — Au début, les bains tièdes, les bains de rivière doivent être prescrits. Quand le lichen est passé à l'état chronique , on emploie les frictions avec le calomel, le proto-iodure de mercure , le bichlorure, incorporés à l'axonge, les bains alcalins, sulfureux, et si tout cela ne suffit pas, les préparations arsenicales (particulièrement celle de Pearson ).
L'iodure de soufre convient surtout dans les affections papuleuses ou tuberculeuses.
Indications tirées de quelques symptômes.
Quand il survient dans le cours de la scrofule une métastase, c'est-à-dire l'apparition d'une affection plus grave coïncidant avec la disparition presque subite d'une autre affection de gravité moindre , il y a indication urgente de rappeler ou de raviver la première. C'est ainsi, par exemple, que si des symptômes de tubercules pulmonaires se manifestent à la suite de la répercussion de la gourme, des fausses teignes, de l'impétigo larvalis, etc., il faut ranimer l'éruption en appliquant sur le cuir chevelu et les parties précédemment affectées des cataplasmes irritants, un sinapisme ou un vésicatoire.
Les hémorrhagies,et en particulier l'hémoptysie, qui surviennent quelquefois chez les scrofuleux , contre-indiquent souvent l'emploi de certains médicaments actifs tels que les sulfureux, les ferrugineux, qui ont du reste une très-grande utilité. 11 en est de même quand il existe une certaine tendance aux inflammations. Les hémorrhagies abondantes qui se font par une surface ulcérée nécessitent souvent l'amputation de la partie affectée.
Quelquefois on modifie très-heureusement l'état des scrofuleux, lorsqu'ils sont déjà très-affaiblis et qu'ils ont maigri beaucoup, en les faisant changer de séjour, en leur prescrivant de voyager; tandis que les bains froids, les bains de mer, doivent leurs être sévèrement défendus quand il sont dans cet état, surtout s'ils toussent et s'ils ont de la fièvre.
Quand, à la suite d'une maladie intercurrente, les individus prédisposés à la scrofule ou déjà même atteints de cette maladie n'entrent pas franchement en convalescence, et qu'il s'établit un mouvement fébrile qui persiste, c'est le cas d'administrer le quinquina; on relève ainsi quelquefois les forces dune manière très-rapide. Le quinquina et le fer (1) ont toujours aussi été recommandés pour consolider la guérison. Le quinquina est encore particulièrement indiqué quand il y a faiblesse avec absence d'appétit.
(1) Le quinquina et le Fer seraient contre-iodiqués daus les affections des os, suivant certains auteurs.
Le soufre et les sulfures alcalins sont très-utiles contre les catarrhes, les écoulements, les ulcères.
Si le mal est invétéré et a pris un mauvais caractère, si une tumeur, par exemple, semble passer à l'état de cancer, c'est le cas d'employer la ciguë.
— Enfin, nous rappellerons qu'il faut tenir compte de quelques dispositions individuelles, de certaines idiosyncrasies, qui peuvent apporter au traitement de légères modifications. Qu'il nous suffise d'avoir signalé cette dernière source d'indications pour compléter le tableau de toutes celles qui composent le traitement de la scrofule , et que nous aurons au moins signalées, si nous n'avons pu faire davantage.