‹ De la scrofule, de ses formes, des affections diverses qui la caractérisentChapitre 21 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

11 est un certain nombre de maladies que l'on guérit radicalement; il en est d'autres au contraire contre lesquelles la médecine possède des moyens d'action précieux, dont elle peut diminuer la gravité, qu'elle modifie d'une manière évidente, mais dont elle n'a pas la puissance d'obtenir la guérison complète. La scrofule appartient-elle à la première catégorie ou doit-elle être rangée dans la seconde? en d'autre termes, existe-t-il pour cette maladie un traitement vraiment curatif, ou n'avons-nous, du moins jusqu'à présent, à lui opposer qu'un traitement palliatif?

C'est la première question qui se présente , et nous allons voir combien il importe de la résoudre avant tout.

Que trouve-t-on , en effet, dans la plupart des auteurs qui se sont occupés du traitement de cette maladie? Ou bien ils recommandent en masse cette foule immense de médicaments, cette multitude de moyens hygiéniques, pharmaceutiques, chirurgicaux, universellement préconisés, sans s'inquiéter des diverses indications qui résultent des formes de la maladie, de la période à laquelle elle se trouve, des conditions dans lesquelles elle s'est développée, des affections qui la caractérisent , de ses symptômes, etc.

Ou bien ils s'attachent à un médicament de pré-

dilection, à un spécifique qu ils administrent dans tous les cas, à tous les malades, sans tenir compte des différences qu'ils présentent.

Enfin, un certain nombre de médecins, frappés de l'exagération manifeste de cette prétention de guérir partout et loujows avec le même moyen, tombent dans un excès contraire et déclarent la maladie absolument incurable.

Plusieurs conséquences fâcheuses résultent de ces trois manières devoir. D'une part, on néglige comme inutiles un certain nombre de moyens préconisés en masse et confusément contre Ja maladie , lesquels mis en leur place, appliqués suivant les indications spéciales, contre des affections ou des symptômes particuliers, pourraient produire de très-bons effets. D'un autre côté, la confiance absolue dans un médicament unique conduit au mépris de certaines médications d'une utilité incontestable dans quelques cas donnés. Enfin, dans un sens opposé, après avoir constaté que les traitements prétendus curatifs échouent trop souvent ou que les honneurs de la guérison ne doivent pas leur être rapportés, on se décourage trop facilement et trop vite, et l'on néglige l'action plus modeste , mais plus sûre, d'un traitement palliatif.

Il convient donc de bien savoir à quoi s'en tenir. Si nous nous en rapportons à l'opinion générale, à l'expérience commune et journalière, nous trouvons qu'il n'existe pas, dans l'état actuel de la science, de traitement véritablement et incontestablement curât if de la scrofule.

«L'expérience a prouvé (suivant M. Guersant) que la guérison de cette maladie se fait très-longtemps attendre, quelque méthode de traitement

qu'on emploie On ne peut réellement pas dire

qu'il existe d'antiscrofuleux connu. »

11 y a longtemps que Celse a dit : «Strumse vel « prsecipue medicos fatigare soient. »

« Scrofula? plerumque peromnemvitam permanent «non sanandœ», disait Stoll, et Cullen ne craint pas d'affirmer que « nous ne connaissons aucune méthode certaine de guérir les écrouelles , ou au moins qui réussisse généralement. »

Bordeu rapporte en l'adoptant l'opinion de Baillou, qui «riait de ceux qui promettent merveilles au sujet des écrouelles, et disait que le mal se moque d'eux. »

11 est bien peu de médecins qui ne reconnaissent cette vérité. Est-il nécessaire d'indiquer toutes les causes d'erreurs, toutes les sources d'illusion qui se trouvent dans les changements spontanés que peut subir la maladie dans le cours naturel de son évolution? Les partisans des spécifiques et du système curatif tiennent-ils assez compte, dans l'appréciation des faits qu'ils allèguent, de cette forme bénigne que nous avons vu guérir toujours spontanément ou du moins ne présenter jamais que des recrudescences légères, de cette influence annuelle des saisons qui modifie si favorablement certaines affections scrofuleuses, de l'heureuse révolution qui s'opère souvent à certains âges , et surtout à l'époque

île la puberté, de la disparition momentanée de quelques symptômes, enfin, de ces intervalles qui séparent souvent deux périodes de la maladie et pendant lesquels on peut croire à une guérison définitive quand elle n'est que provisoire? C'est surtout lorsqu'on étudie avec soin la marche de la scrofule qu'on peut justement faire la part de la maladie et celle du traitement. 11 est facile alors de constater qu'on guérit souvent les affections locales , presque jamais la maladie.

Ainsi donc, sans nier l'action, incontestable dans certains cas, des médicaments les plus préconisés, de l'iode en particulier, nous nous croyons en droit de réduire l'importance de cette action, et de dire que nous n'avons à opposer à la scrofule qu'un traitement palliatif.

Est-ce à dire que ce soit là peu de chose? Il s'en faut de beaucoup. Notre influence est limitée, il est nécessaire que nous le sachions bien , mais dans le cercle de ces limites, nous avons des moyens nombreux et puissants. On peut améliorer l'état de la plupart des scrofuleux, prévenir chez quelques individus qui ne sont encore que prédisposés , ou du moins retarder le développement de la maladie; on peut modifier les formes du mal , en arrêter les progrès, guérir un certain nombre d'affections locales, enfin contribuer à la curation de la maladie ellemême quand elle est susceptible de guérison.

Cela dit, passons maintenant à l'étude de nos moyens d'action et à leur application méthodique

suivant les diverses indications que présente la maladie, dans l'ordre de leur hiérarchie.

INDICATIONS TIUÉES DE LA MALADIE ELLE-MÊME, COMMUNES A TOCS LES SCROFLLEUX.

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