Falconnet, I
LA SCULPTURE ITALIENNE
çais du xvnc siècle, il établit entre le Moyse et une statue de l’Algarde une comparaison qui, bien entendu, est toute à l’avantage de ce dernier. Le même Falconnet dit, en parlant du Bacchus de Michel-Ange : « C’est une statue maniérée, d’une étude fausse; les chairs en sont rondes, bouffies, soufflées, le dessin incorrect dans presque toutes les parties Un sta-
tuaire rougirait d’en avoir fait la tête, et la tête est quelque chose dans une statue ‘. »
Si on veut retrancher de ces critiques ce qu’elles ont de violent et d’exagéré, on reconnaîtra pourtant que le principe n’en est pas absolument erroné, surtout si on compare les ouvrages de Michel-Ange aux chefs-d’œuvre de la statuaire antique. Dans la Yénus de Milo, dans le Torse du Belvédère, dans le Laocoon, ce qui frappe tout d’abord, c’est l’admirable sentiment de la mesure, l’équilibre harmonieux qui en balance toutes les parties et donne à l’esprit une quiétude absolue. Le Moyse, la Pietà, les figures des tombeaux des Médicis nous étonnent, au contraire, par l’accentuation. Devant les chefs-d’œuvre de l’antiquité on est enthousiaste ou indifférent, suivant qu’on comprend plus ou moins, mais on se dispute