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Winckelinanii a introduit dans son Histoire de l'an une dissertation sur les variations du costume dans l'antiquité. Ce sujet, traité dans d'excellents ouvrages, est étranger à la question qui nous occupe. Nous nous sommes également abstenus, en parlant des statues, d'indiquer la nature du marbre et les carrières d'où il a été tiré, ces indications se trouvant toujours dans les livrets des musées. Enfin, il ne pouvait entrer dans notre cadre de décrire les proportions du corps humain et l'anatomie des formes, mais nous nous sommes efforcé de montrer l'importance qu'on a attachée à cette étude dans les différentes périodes de l'histoire de l'art.
Entre la sculpture grecque et la sculpture moderne s'étend une période stérile en œuvres d'art, et que nous ne pouvions néanmoins passer sous silence, puisque notre programme comporte non-seulement l'enseignement de la sculpture et les causes de ses progrès, mais
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encore les causes de ses défaillances. Il a donc fallu montrer comment les traditions de l'art antique avaient été perdues par suite de la destruction des chefs-d'œuvre, et, après avoir tracé le triste tableau de cet immense naufrage, indiquer quels obstacles presque insurmontables opposait à l'éclosion d'un art nouveau une révolution religieuse qui condamnait la forme et proscrivait l'étude du nu. Tout ce qu'on pourrait écrire sur la sculpture pendant la première moitié du moyen âge n'aurait trait qu'à l'emploi de quelques procédés, non à la recherche du vrai et du beau. Il fallait néanmoins suivre les destinées de l'art, ou du moins de ce qui en tenait lieu pendant ces longs siècles, qu'on voudrait pouvoir retrancher de l'histoire, et ensuite énumérer les causes qui, en faisant surgir à la fois des artistes capables de produire et un public pour les encourager et les comprendre, ont préparé de loin une renaissance. Les transformations poHtiques d'où
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devaient sortir nos sociétés modernes ont été le signal d'une immense activité artistique, et depuis lors la sculpture s'est développée parallèlement, quoique sous des formes différentes, en France et en Italie.
Il y a bien plus de documents sur la sculpture moderne que sur la sculpture ancienne; cependant certains points demeurent encore dans une obscurité profonde. Le grand ouvrage (le d'Agincourt, les Annales archéologiques de M. Didron, la savante étude d'Ëmeric David sur la sculpture française au moyen âge, enfin les renseignements qu'on peut tirer de Vasari, Félibien, Dargenville et autres auteurs français ou italiens, ne suffisent pas pour constituer un ensemble. Il y a encore bien des terrains absolument vierges à déblayer, bien des faits douteux à vérifier, bien des erreurs à détruire.
La seule histoire à peu près complète de la sculpture moderne, celle de Cicognara, bien
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que très-intéressante, est empreinte d'une désolante partialité contre tout ce qui n'est pas italien. Érneric David a publié sur cet ouvrage quelques remarques très-judicieuses, pour défendre l'art français. Que penser, en effet, de cette appréciation de Puget par M. Cicognara : c( Puget, tant exalté par les Français, n'a que des défauts. Dépourvu d'harmonie, négligé dans les détails, ignoble partout, on ne peut trouver en lui aucune apparence de bien qui ne donne sujet à une juste critique. Sur cent compositions de l'Agonie de Milon esquissées par ses élèves, on en trouve au moins vingt qui valent mieux que la sienne. — Mais, disent les Français, il a su exprimer la douleur! — Beau mérite, quand il s'agit d'une douleur purement physique! » Jean Goujon n'est pas mieux traité que Puget; si on lui reconnaît une petite qualité dans Tagencement des ornements, il la tient d'un Italien. Le savant ouvrage de Cicognara est bon à consulter à cause de l'érudi-