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De la Sénégambie française

Ce travail a pour but de faire connaître, aussi sérieusement que possible, notre établissement du Sénégal.

Pour y parvenir, nous avons cherché , dans la mesure de nos forces, à décrire, sans surcharger la matière de détails inutiles, les mœurs, les coutumes, les institutions, les ressources naturelles et

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industrielles des peuples qui liabilcnt \;i partie fr:iiiçaise de la Sénég*mbie.

L\ France ne sait pas assez, setoti noits, quelle est l'importance de sa colonie.

Des hommes dislingnés ont considéré, jusqu'à c&à jour, notre (Hablissement de la ccUe occidenlale d'AFRiQL'E comme un petit coniploir dont l'avenir était à peu près nul.

Cette idée a réagi, en les amoindrissant, sur les j institutions locales; elle procède de la croyance que i la gomme, comme il y a vingt ans, est l'unique produit de notre colonie.

Priisque, sur l'abondance de la gomme, a-t-oii (lit, l'industrie humaine ne saurait exercer aucune influence, le pays qui la donne doit rester fatalement hnmé au chiffre arluel de ses transactions.

Bn n'envisageant la question que sous cette face, on se trompe encore de beaucoup. En effet, la gomme, loin d'i^tre, en ce moment, le seul aliment du commerce sénégalais, n'entrera bientôt plus dans ses spéculations (|u'à titre d'accessoire plus ou moins important.

.Mais quand il s'agit d'un établissement qui a de l'avenir, la pensée dos intérêts matériels peut-elle réoccuper esclusivcmeni

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Si la France,

Impolei vue des sacrilires r

elle

FRAKÇA1S.E. 3

pose, doit tendre au développement de son industrie et de son commerce, elle ne descendra jamais a ce point de mesurer son assistance et de calculer sa générosité à l'échelle seule de ses profits éventuels.

Dans ces parages, comme ailleurs, la mission de notre patrie nous semble plus haule; n'est-elle pas de marclier à la tête du progrès en initiant les peuples à la civilisation? Pourquoi la France serait-elle la première puissance catltolique si, par tous les moyens, la prédication, la guerre, le commerce, elle ne conduisait les hommes, avec lesquels Dieu l'a mise en contact, à une. amélioration morale et matérielle?

Dans cet ordre d'idées, quel clianip plus vaste et plus neuf que la Sénégambie? Quelle voie plus large que le Sénégal, ce fleuve qui, devenu route française, doit servir à la régénération de la race noire ?

Il faut, si nous voulons transformer les peuples sénégambiens, et développer ici, au profit des idées et des intérêts français, notre action politique et commerciale, que la rive gaucbe du Sénégal, soustraite définitivement à l'oppression des Maures , respire, travaille et produise avec sécurité.

Ce résultat ne sera obtenu que lorsque l'influonee désastreuse de la rive droite aura été abattue.

Quand le Sénégal , ligne de démarcation tracée par la nature entre les races noire et maure, sera devenu infranchissable pour celle-ci , que nos commerçants sillonneront librement le fleuve^ de son embouchure aux cataractes, échangeant tout à la fois des idées et des produits , les peuples de la rive gauche auront compris bientôt notre pensée et le mobile de nos efforts.

L'esprit local, par l'organe des commerçants de ce pays, a déjà fait entendre sa voix jusqu'en Europe.

L'empereur, dont la haute sollicitude s'étend à toutes les parties de l'empire, a daigné jeter les yeux sur cette colonie trop longtemps délaissée.

L'appui du département de la marine, les vues de l'homme éminent qui dirige les affaires coloniales, ont commencé à se manifester et nous donnent le ferme espoir de voir réalisés, dans un temps prochain , nos vœux les plus chers.

Déjà les enfants de la France tracent, les armes à la main, le chemin de l'avenir.

Pour nous , pleins d'admiration pour ce courage qui leur fait braver les ardeurs de notre climat et des ennemis trop insaisissables, nous avons espéré pouvoir aider à leurs glorieux efforts en parlant d'une contrée peu connue, dont leur noble dévouement va commencer la régénération.

Nous avons donc écrit ces modestes lignes ; elles ne contiennent que des faits vrais, exposés simplement , et quelques vues qui, pour la plupart, s'étant fait jour sous une forme officielle, avaient obtenu l'approbation de nos supérieurs.

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