CHAPITRE XII
Des prêtres de 1» reliffien ntusulmane
La religion musulmane, dont les préceptes sont très-mal observés , surtout en ce qui concerne les liqueurs alcooliques, règne exclusivement au Cayor; elle est enseignée par des espèces de ministres qui prennent le nom de marabouts.
Pour se dire marabout il suffit de savoir lire l'arabe; celui qui peut écrire dans cette langue arrive à un degré de considération supérieur.
Le marabout en fonction dans un village est.
tenu de prêcher la paix et la bonne harmonie. Il abuse généralement de son influence pour entretenir des superstitions dont il tire profit; mais, représentant d'une idée religieuse, il se montre encore le moins barbare entre tous. Quand il joint à son
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titre celui de chef du village, il rend la justice; sinon il assiste et éclaire le chef, ainsi que nous l'avons dit.
Dans chaque village on rencontre un nombre de marabouts proportionné au chiffre de la population ; leur occupation habituelle consiste à faire Téducation des enfants.
Quand une famille a confié son enfant à un ma^ rabouty elle ne peut plus, à moins de motifs trèsgraves, le lui retirer. L'enfant demeure dans la maison de son instituteur, le suit partout et Faide à cultiver son champ; le marabout doit le nourrir, mais les parents sont tenus de le vêtir.
L'éducation est terminée au moment où l'écolier {(aliba) sait lire et écrire, ou à peu près. A titre de rémunération obligatoire, un homme d'Un certaio rang ne peut offrir moins d'un captif ou d'un cheval ; pour les classes inférieures , le prix est moindre. Tant que le marabout n'a pas reçu son salaire, il peut retenir le taliba^ et celui-ci doit travailler jusqu'à ce qu'il ait produit la somme déterminée par l'usage.
Huit jours après la naissance , au moment où la s(Éur&VLmdiX\ donne un nom à l'enfant, le marabout égorge le mouton ; il reçoit sa part de la victime.
Quand il fait la cérémonie du tnk , il a droit à un pagne ou à sa valeur.
Lorsqu'il y a fête dans une famille , on considère comme un devoir d'envoyer au marabout une calebasse de couscouss.
Le marabout qui a présidé à la sépulture doit recevoir une paire de pagnes et une part du bœut immolé sur la tombe. Au jour du tabaski, grande fête chez les Woloffs, personne ne se dispense de faire immoler un mouton par le marabout. « Ce « mouton y en effet, se transformera en cheval au « jour du jugement dernier. Or, à ce jour, la cha- « leur sera très-vive; ceux qui devront se rendre »c au lieu où doit être prononcée la grande senff tence auront moins à souffrir s'ils se sont ména- « gé une bonne monture. La monture sera préférac< ble à toute autre si on a sacrifié un bélier. »
Le marabout particulièrement attaché à la personne du damel porte, dans les cérémonies publiques, un sabre nu : c'est le symbole de la loi.
Un bon musulman, et surtout un marabout, doit obligatoirement faire sa prière {salarri) cinq fois par jour.
Le premier salant a lieu entre trois et quatre heures du matin, lorsque le coq chante. « A ce mo- « ment, d'après les Woloffs, le soleil se lève sur « la Mecque. » Cette prière s'appelle souba. Le second, à deux heures après midi: c'est le tesbarr; le troisième, ou takoussane, à quatre heures ; le qua-
iri^me, limiss^ lorsque le soleil se couche; le cinquième , ou guéeij à neuf heures.
Quand il en a le temps ^ il ne doit pas manquer de faire deux prières supplémentaires: la première, qui s'appelle feynangué^ se place à huit heures du matin; l'autre y nafila^ à minuit.