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CHAPITRE XI

Des eselaves en nouerai, e€ de eeuK du damel

en p»rileiill^r.

Tous les diambours peuvent posséder des esclaves (dgiam). La condition de ceux-ci est loin d'être rude ; ils font , en quelque sorte, partie de la famille* Le maitre les traite avec douceur et ne leur impose qu'un travail modéré. Les esclaves cultivent la terre du maître; mais ils ne doivent leur travail que pen-* dânt les deux tiers du jour ; ils emploient le surplus, soit à Cultiver tin champ dont les productions leur restent, soit à tisser des pagnes. Les esclaves des particuliers ne peuvent être que cultivateurs ou tisserands.

L'esclave peut obtenir la liberté de la générosité de son maître ou à prix d'argent. Si sa condition est intolérable, il peut, malgré son maître, sortir de ses

mains, en vertu d'une coutume singulière observée comme loi dans toute la Sénégambie ; il lui suffit de couper, en tout ou en partie, l'oreille d'un homme ou d'un enfant libre, et il passe avec sa femme et ses enfants sous la domination de celtii qu'il a blessé. Son ancien maître pourrait , il est vrai , le reprendre en payant le prix du sang ; mais, pour ce cas spé* cial , les mœurs fixent un prix tellement élevé qu'une fortune royale n'y suffirait pas , de sorte que le captif vit dans la famille qu'il s'est ainsi choisie. Le droit de celui dont le sang a été versé serait cependant de tuer le captif, mais il n'en use jamais.

L'éliman du Dimar était tellement renommé pour sa .douceur que depuis, longtemps il n'avait plus d'oreilles.

Un ancien esclave ou ses descendants doivent toujours un respect profond à un homme libre d'origine. Seraient-ils riches, comme il n'est pas rare d'en rencontrer, ils sont tenus de saluer tout diambour qui passe. Si le diambour les injurie ou les mal* traite, ils ne peuvent ni répondre ni riposter. Un homme qui a eu pour ancêtre un esclave ne doit jamais s'asseoir sur un siège en présence d'un diam^ bour; il s'accroupit devant lui. Il n'y a pas d'alliance possible entre un ancien esclave ou ses descendants et la fille d'un diambour.

Quand le travail de la terre a cessé, que la ré-

colle est Faile, les esclaves se répandeat dans le pays pour exercer le. métier de tisserands. Le produit de ce travail leur appartient ; mais ils doivent revenir à la maison vers le commencement des pluies (juin)) moment où se fait la préparation de la terre.

Le maître a un droit de correction sur son esclave ; il peut même le tuer pour un motif grâve^

Les esclaves s'unissent entre eux ; ils font le tak; mais le maître peut rompre cette union en vendant un des deux époux. Il a le droit également de séparer Tenfant de sa mère; il suffit que Tenfant ^it sevré.

Le roi et les princes ont j cdmme on le pense bien, des esclaves en grand nombre.

La condition de ceux-ci diffère essentiellement de celle de Tesclave d'un particulier. L'esclave du damelow d'un chef influent n'échangerait certainement pas sa position contre celle d'un diambour ordinaire. Vivant dans (a maison des chefs , il y acquiert une influence qui le rend redoutable et le fait respecter.

Les esclaves du dnmel et des princes sont tous guerriers (kiédos). Ils combattent à pied ou à cheval; ils forment la garde de leurs maîtres. Les princes n'oseraient jamais confier leur personne à d'autres qu'à leurs esclaves. Geux-ei font la police du pays; en temps de pai^, ils se répandent partout, observent les événements, étudient les dispositions

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des habitants 9 et rendent compte à leurs maîtres. Gomme il n'est pas rare que leurs rapports mensongers attirent une disgrâce qui se manifeste toujours par un pillage, on ne saurait s- imaginer de quel empressement ces kiédos sont l'objet quand ils se présentent quelque part. « Nous les redoutons, disent a les gens du Ckiofiy car ils ont roreîlle des princes. »

Le damel a autour de lui un peuple de captifs (esclaves) qui se partagent certaines charges dont les possesseurs inspirent une grande terreur.

Les uns sont attachés à sa personne, d'autres exercent leurs fonctions au dehors.

La première dignité de la cour est celle de diarraff* seujf: c'est le ministre de la guerre; il commande la garde, ne peut Jamaiss'éloigner de la résidence du roi; et marche toujours à ses côtés. Pendant le combat, il a sous ses ordres le corps de réserve, troupe d'élite qui ne donne qu'à la dernière extrémité; tout est perdu si elle ne met pas l'ennemi en fuite. Le* diqwdine botU^ dont nous avons parlé déjà, et lé diarrajfseuff ont seuls leurs entrées Ubres chez le damel.

Après le diarraffseujf se place le diarraff bir keur: c'e&i l'intendant de la maison^; il a la surveillance des serviteurs; il veille à la conservation des valeurs appartenant au damel. Les ordres que celuici donne dans son intérieur sont toujours transmis

par le diarvaff bir keur, qui veille à leur stricte exécution.

On pénèlre dans la maison du damel par deux portes : la grande, appelée bountou keur^ par laquelle s'introduisent les serviteurs et ceux que le damel reçoit ouvertement, est sous le commandement et la surveillance d'un dignitaire dont le titre est dianaff bountou keur^ Tautre est située derrière la maison; elle sert aux agents secrets, et se nomme pott; le chef qui la garde est désigné sous le nom de diarraff pott.

Les serviteurs mâles d'un rang inférieur s'appd)ent heuquénégue^ les {eïnm&&ndoukan€.

Le damel a, en outre, quatre sortes de ministres, qui ont des résidences séparées : \e diarraff gniambour^ \e diarraff ramane j le dicjLrraff gourane; ils sont chargés de percevoir les contributions et de payer certaines dépenses du damel.

Il existe au Catoh des Puelhs^ hommes de cette race nomade répandue djans toute l'Afrique, dont Toccuipàtion unique, en Sénégambie, est Télève des bestiaux. Ceux qui passent ou séjournent dans IcGayor sont soumis à un tribut que perçoit le quatrième ministre, appelé \q dgialy gue/e.

Quand un chef du Cayor ou un étranger veut avoir une entrevue avec le damel y il se rend au Pench; de là il envoie un homme de confiance auprès du

diarraff hounlou keur ^ lui annoncer sa venue et le prier de prendre les ordres du dameL Celui-ci ne refuse jamais positivement l'audience demandée; mais, si la visite lui déplait, il retarde Tentrevue de jour en jour, sous divers prétextes, jusqu'à ce que le visiteur impatienté quitte le pays. Dans le cas coutraire, le voyageur ne tarde pas à être admis en présence du roi. Tout visiteur, logé dans un lieu convenable désigné par le damel^ est nourri , selon sa condition, aux frais de celui-ci.

La mort du damel est tenue très-secrète pendant huit jours au moins ; ce temps est employé à enterrer le défunt le plus secrètement possible. Le lieu de la sépulture est toujours enveloppé du plus profond mystère; car^ « si la branche qui ne règne plus pouvait se « procurer un os du décédé, et principalement une « omoplate, elle ferait un grigri qui aurait la vertu <i infaillible de lui donner le trône.»

Quand la sépulture a eu lieu, on habille un mannequin des vêtements du défunt, et la mort est annoncée. Les funérailles officielles se font en grande pompe; les chefs et le peuple accourent en foule, et le mannequin, transporté par la porte de derrière (pou) y est confié à la terre.

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