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CHAPITRE XV

De8 hommes de métiers.

La basse classe, connue sous le nom degniégno, comprend les musiciens, les tisserands, les forgerons , les cordonniers et ceux qui travaillent le bois.

Chaque catégorie de cette classe est distinguée par un nom particulier.

Il y a trois espèces de musiciens : les uns chantent, d'autres battent le tamtam^ les troisièmes jouent du violon. Ils sont tous connus sous le nom générique de guéwoual (griots).

Le nom des tisserands est mabôo; des forgerons, teugue; des cordonniers, oudé; des travailleurs de bois, seigne.

Personne ne peut changer de condition; le fils

doit exercer le métier de son père. Dans chaque pro-

fession il y a, nommé par le datnely un chef dont l'autorité s'étend sur toute la classe.

\jdfara kralbann^ ou chef des joueurs de violon {kralham)^ reçoit du damel avant le couronnement un beau cheval.

Le chef des cordonniers (/hm oudé) a le droit de s'approprier, à la suite d'un pillage, tous les bœufs estropiés.

Quand le damel veut exercer sa justice ou des rapines sur une des classes dont nous venons de parler, il en charge le chef, qui reçoit toujours une part du butin.

Les travaux manuels nécessaires au damel sont faits gratuitement par les ouvriers du pays, que leur chef convoque , à cet effet, dans un lieu déterminé. Pendant qu'ils accomplissent cette corvée, le damel les nourrit, et, s'il est satisfait de leur travail, il les récompense par un cadeau.

Tous ces gniégnos peuvent se marier entre eux , mais il est défendu à tout le monde de contracter alliance avec les musiciens (griots). Ceux-ci, rebut de cette singulière société, ne s'allient que dans leur race; ilà n'ont pas même droit à la sépulture. Après leur mort, on les jette dans le creux d'un arbre , ordinairement un boabab ; <t car, si on les en- « terrait, le sol du canton, privé de pluie, devien- « drait à tout jamais stérile. »

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