CHAPITRE XVI
OripaniSAtâon de la farce «rniée; ■UMiière de eemlNittre.
Lorsque le damel veut entrer en campagne, il convoque tous les princes et chefs héréditaires ; chacun d'eux est tenu de marcher avec ses kiédos. Celui qui refuse son concours est déclaré traître, et lé danielj après avoir confisqué ses biens, le dégrade et le chasse du pays.
Les badohs se rendent quelquefois à Tarmée; c'est une sorte de milice qui combat toujours à pied ; mais sa présence n'est ni obligatoire ni désirée.
Chaque prince OU chef commande son contingent, ils ont tous un drapeau particulier (raïé) , qui est porté par le saltigué de la troupe (l'homme reconnu pour le plus brave).
Les corps apportent leurs vivres et leurs armes.
. Chaque troupe arrive ordinairement le même jour au lieu indiqué comme point de rassemblement.
Pendant la marche, un corps de cavalerie monté sur les meilleurs chevaux éclaire la rouie. Le damel a son poste à Tarrière-garde, au milieu du corps de réserve, que commande le diarraffseuff.
Si les éclaireurs ont annoncé l'approche de l'ennemi, le damel s'arrête, ordonne au corps de réserve de camper, et le reste de l'armée, sous les ordres d'un chef, s'avance vers l'ennemi.
Deux armées ne s'engagent jamais de manière à livrer une bataille générale. Voici leur méthode pour combattre.
Les adversaires étant en présence, un des corps marche vers l'ennemi , qui se tient immobile. Quand ce corps est ou se croit à bonne portée, il décharge ses armes (fusil à silex) ; puis il se retire plus ou moins lentement devant un parti opposé, qui fait exactement la même manœuvre. L'arme n'est jamais rechargée à portée des coups de l'ennemi. Ils exécutent ainsi une sorte de parade dans laquelle le courage, et l'enthousiasme jouent un très-mince rôle.
Pendant ces prétendues prouesses, des messagers viennent rendre compte au roi des incidents de la bataille, et rapportent auprès de lui les blessés.
Cependant, dans ces mouvements alternatifs,
FRANCAISIS. li
r armée qui a fait essuyer à l'autre les pertes les plus considérables gagne du terrain. Quand le damel ou son ennemi juge, au bruit des coups de fusil, que son armée avance ou recule, le vainqueur se met en mouvement pour porter les derniers coups avec la réserve. Celui dont la troupe a plié se hâte de prendre la fuite; s'il hésite, on le met de force sur un cheval dont on excite Tardeur par des coups.
Le vainqueur enterre ses morts et ceux du parti ennemi d'une condition élevée ; le reste est abandonné en pâture aux botes féroces ou aux oiseaux de proie. Enterrer ses morts est si bien le signe infaillible de la victoire que, pour désigner Tarmée victorieuse, on dit : celle qui a enterré ses morts.
Les prisonniers sont esclaves. Le mot dgiam^ que nous traduisons très-exactement par captif, signifie un objet pris à la guerre.
Les vaincus peuvent se racheter; s'ils ne le font pas^ ils sont vendus à l'étranger.
Le damel a des cavaliers qui le suivent à la guerre. Cette cavalerie ne s'engage jamais seule dans les bois, les broussailles ou les hautes herbes. Après le combat elle charge les fuyards, ramasse les prisonniers et le butin. S'il s'agit d'enlever un village, elle le cerne pendant que l'infanterie l'attaque.
Le cavalier est armé d'une lance et d'un mousquet; quelques-uns ont des pistolets.
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Le damel^ fourpit la poudre ; il a , à cet effet , dans sa capitale , un magasin plus ou moins bien approvisionpé. A l'approche du combat, les chefis reçoivent une quantité de munitions proportionnée à la force de leur contingent.
Sur les razzias faites dans l'intérieur du pays par l'ordre du darnel^ les deux tiers lui appartiennent , mais il n'a que la moitié du butin pris après un combat ; le reste revient aux chefs et aux soldats, qui y ici comme ailleurs, ont soin de dissimuler la plus grande partie de leurs prises. .