‹ De la sensibilité cornéenneChapitre 19 sur 29 · MODIFICATIONS PAR LES MÉDICAMENTS OCULAIRES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS PAR LES MÉDICAMENTS OCULAIRES

totale ; et il faut compter 5 minutes au moins pour que l’action du médicament ne se fasse plus sentir. De minute en minute la sensibilité reparait de plus en plus accusée, en moyenne elle s'accroît de 5o milligrammes par minute. Tous les yeux examinés nous ont donné à peu près les mêmes résultats.

STOVAINE. — Nous nous sommes servis de la soluton à 4 p. 100. Son action nous a semblé moins sûre ; en effet, tels individus dont une seule instillation de cette solution avait à peine modifié la sensibilité se sont au contraire montrés aussi sensibles que les autres à la cocaïne. |

En général, l'anesthésie complète se produit aussi brusquement mais en une minute, elle ne dure que 5 minutes. Puis la sensibilité reparaît graduellement beaucoup plus insensiblement que lorsqu'il s’agit de la cocaïne; ce n'est qu'après 10 minutes que la cornée a récupéré sa sensibilité normale. Le pouvoir anesthésique de la stovaïne est donc bien moins fortet bien moins parfait puisque l’anesthésie est plus lente à se produire et de plus courte durée ; de plus, les sujets accusent toujours une sensation très cuisante au moment de lPinstillation.

$ 3. — Modifications par les médicaments oculaires.

Glaucome.

Nous entendons par médicaments oculaires les mydriatiques et les myotiques, l’atropine, l’ésérine et la

pilocarpine. Pour ce qui est des pommades à différentes bases, la graisse faisant une sorte de manteau protecteur à la cornée, la sensibilité est toujours diminuée.

L’atropine ou la pilocarpine agissent surtout comme modificateurs de la pression intra-oculaire, aussi est-il difficile de séparer l'étude de la sensibilité cornéenne après leur instillation de cette même étude dans les états glaucomateux de l'œil. Ce fut d’ailleurs sur ce point, influence des myotiques et mydriatiques, des variations de pression oculaires sur la sensibilité qui constituent la plus grande partie du travail de Kruckmann. Qu'il nous soit permis de rapporter cet auteur :

« Si je passe maintenant au cas où la recherche de la sensibilité prend une réelle valeur diagnostique, je commencerai par le glaucome. L'hypoesthésie, en effet, est un des phénomènes cliniquement des plus perceptibles.

« Dans toute augmentation de pression dans un espace sphérique constitué par des enveloppes élastiques, on est en droit de supposer, à moins de processus intermédiaires, que les phénomènes observés sont d'ordre mécanique. Il est prouvé par les expériences de Schelske que les enveloppes du bulbe répondent aux changements de pression par des changements de forme, ceux qui se produisent sur la cornée sont faciles à mesurer par le rayon de courbure. On a constaté en effet après Helmholz, en 1899, que la courbure de la cornée dépend de la pression du liquide intra-oculaire de telle façon que le rayon augmente avec la pression.

« Ilest impossible de penser que des variations de sensibilité sont dues à l’étirement des fibres nerveusés,

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