‹ De la sensibilité cornéenneChapitre 20 sur 29 · MODIFICATIONS PAR LES MÉDICAMENTS OCULAIRES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS PAR LES MÉDICAMENTS OCULAIRES

leur déplacement, vu leur grande densité, étant tout à fait négligeable. Ce changement de rayon à peine mesurable à l’ophtalmomètre de Javal ne joue un rôle que dans ce sens quil reste proportionnel à la tension des enveloppes de l'œil. Il est plus facile d'expliquer ce phénomène par la conception mécano-physiologique. On peut voir sur la table d'opération une cornée trouble recouvrer sa clarté par la simple ponction en même temps que revient la sensibilité.

«Avec précaution on peut constateraprèsla cicatrisation de l'iridectomie que la cornée claire a une perception de douleur normale, si l'on exclue une variation de pression intérieure. Les augmentations et diminutions de pression influent sur la conduction des nerfs qui sont moins sensibles. Un autre élément entre en ligne de compte : quand on emploie des poils forts, il se produit sur la cornée une petite cupule en entonnoir ; plus la cupule est profonde, plus il se produit une irritation des extrémités nerveuses, car on s'en trouve plus rapproché. Or dans le glaucome cette irritation est peu perçue parce que l’entonnoir produit par les poils est toujours très petit.

« Dans tous les états glaucomateux lhypoesthésie fut facilement constatée en général, à l’exception de cette forme dite glaucome simple, et l'abaissément de la sensibilité fut souvent le signe d’une pression intra-oculaire exagérée ; ces phénomènes se montrent d'une façon éclatante dans les cas de gonflement rapide du cristallin, lorsqu'après un trauma il se forme une cataracte. »

À ce propos nous pouvons rapporter une observation qui nous fut personnelle :

Obs. 7..— Pot..., âgé de 14 ans, entre salle Saint-Julien à l'Hôtel-Dieu, en février 1907, pour être opéré d'une cataracte double polaire congénitale. On commence par son œil droit, que M. le professeur de Lapersonne traita en deux temps. Le premier, discission par une très petite ouverture faite à la pointe d'une pique ; le second, aspiration : interventions qui donnèrent des résultats très beaux à ce premier œil comme à l'autre.

Nous examinâmes la sensibilité de cet œil droit 4 jours après la discission alors qu'il était facile de voir le cristallin sonflé et fragmenté. L'’hypertonie était manifeste, le malade n’accusa la perception du poil qu'entre 30 et 4o milligrammes. Nous avions eu bien soin de nous mettre en dehors du petit secteur cornéen triangulaire dont la base correspondait à l'incision à la pique et le sommet au centre de la cornée, l’autre œil non opéré nous servit de point de comparaison et avait une sensibilité telle que l'appareil ne l'enregistrait même pas. Deux jours après l'aspiration, en explorant en dehors de cette même zone, l'œil avait récupéré sa sensibilité normale.

Chez tous les glaucomateux dont nous avons exploré la sensibilité, à partles glaucomes chroniques sans douleur ne présentant comme tout signe qu’une excavation capillaire, un tonus légèrement exagéré, des troubles visuels légers avec rétrécissement nasal du champ visuel, nous avons trouvé une énorme diminution de la sensibilité allant pour certains d’entre eux jusqu’à l'insensibilité. Le facteur le plus important est l’état de la cornée : à cornée ‘parfaitement transparente, hypoesthésie légère ; à cornée trouble, hypoesthésie très forte.

Ce que nous venons de’dire s'applique à tous les états de l'œil avec hypertension et injection périkératique. L'hypoesthésie est répartie également sur toute la cornée,

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