TROUBLES DANS LES NÉVROSES
dernière observation. Dans le manuel de médecine, à l’article hystérie de M. Soucques à propos de l'œil hystérique, cet auteur dit que la conjonctive dans les hémianesthésies est insensible le plus souvent mais la cornée l’est bien plus rarement et encore d’une façon incomplète. Dans la séméiologie du système nerveux, du professeur Dejerine il est indiqué que l’anesthésie de la cornée et de la conjonctive s'observe parfois dans l'hystérie et qu'il peut y avoir dissociation des deux. phénomènes.
M. Millian en 1896 présentait une malade atteinte d’épilepsie Bravais-Jacksonnienne unilatérale et à ce propos, il faisait remarquer que le réflexe palpébral était aboli du côté de l’épilepsie pendant les accès. Il en concluait que l'abolition de ce réflexe pouvait avoir une grande valeur pour le diagnostic entre une lésion fonctionnelle et une lésion organique. M. Crouzon en 1902 présentait un malade ayant la même affection et porteur du même phénomène. M. Millian prit alors la parole et insista encore sur la valeur du réflexe palpébral toujours conservé dans l’hystérie.
Malheureusement, cet auteur ne fait pas mention des. troubles de la sensibilité cornéenne chez les hystériques qu'il avait examinés, et sur lesquels il basait ses conclusions. Dans Wilbrand et Sänger, on trouve des observations de dissociation de la sensibilité oculaire, de Kippel, de Krukenberg, etc. A part Pierd'Houys, aucun ne fait mention du réflexe cornéen. Ce dernier cite un cas très intéressant que nous citons, carilest la reproduction de notre 3° observation.
Il s'agissait d'une anesthésie totale de toute la surface cutanée et des muqueuses y compris la conjonctive, la cornée était anesthésique : à l’aide d’un instrument lisse ilirritait légèrement la cornée, le réflexe palpébral se produisait et si lorsque ce malade avait les yeux fermés il touchait légèrement les cils, on voyait alors une véritable contracture de l’orbiculaire.
Il se passe pour l'œil ce qui existe pour les autres parties du corps, ce que M. Hallion a mis en lumière après sa série d'expériences à la Salpêtrière : Il a montré que les réflexes qui ont leur point de départ dans la sensibilité cutanée continuent à se produire lors même que l'examen médical fait la preuve d’une anesthésie complète, si cette anesthésie est fonctionnelle.