TROUBLES DANS LES NÉVROSES
de forts accès de fièvre, d'origine paludéenne(lemalade avait élé aux colonies), 1il vit survenir les troubles suivants : Hémiplégie complète du côté gauche, perte de la vue et de l’ouïe du même côté. Quand nous l'avons examiné deux jours après, il traînait encore sa jambe disant avoir beaucoup de peine pour s'y reposer, ne se servait pasde son bras gauche qui pendait inerte.
L'examen du fond de l'œil des réflexes oculaires ne révélait rien d'anormal, son champ visuel du côté sain était très rétréc1 ; de l'O. G:il ne percevait même pas la lumière. Nous conslatâmes une hémianesthésie complète de tout le côté. gauche. La sensibilité conjonctivale était nulle, sa cornée, au contraire, ne présentait aucun trouble. Il se produisit alors ce fait tout à fait amusant; le malade croyant que l’esthésiomètre avec lequel nous l’avions exploré était un instrument curatif s’en vint le lendemain matin nous en demander une nouvelle application ayant ressenti depuis un mieux très considérable, il arrivait à lire la première ligne de l'échelle: Au bout de huit jours, après huit examens nouveaux qui lui faisaient chacun gagner une à deux lignes, sa vision reparaissait normale et en même temps l'hémi-paralysie disparaissait ainsi que l'hémianesthésie.
Obs. 25. — Dans le service du professeur Raymond, est hospitalisée, salle Charcot, une malade âgée de 34 ans, Mme Vil... Son affection a débuté il y a trois ans ; elle est arrivée à l'hôpital pour des phénomènes d’astasie-abasie s'accompagnant d'une anesthésie totale de toute la surface de son corps. Actuellement, elle marche mieux mais présente encore d'une façon intermittente les mêmes troubles de la marche. Elle n'a pas d’anesthésie sensorielle, elle sent, elle entend également des deux oreilles (elle avait perdu l'ouie au début de la maladie), sa vision est très nette. Elle est absolument insensible à la piqûre.
Au point de vue oculaire nous avons éohstaté une aneslhé-
sie complète de sa conjonctive mais la cornée à conservé toute
sa sensibilité.
Obs. 26. — Il s'agit d'un malade hospitalisé dans le service du professeur Brissaud, au mois d'octobre 1907 qui, après avoir reçu quinze jours auparavant un court-circuit en effectuant des travaux de terrassement, fit des phénomènes d'hys-. téro-traumatisme très prononcés consistant en une hémianesthésie et une hémi-paralysie droite.
L'examen de la sensibilité cornéenne nous fournit les résultats suivants. La cornée est hypoesthésique. Le malade accuse la sensation du poil de l’esthésiomètre entre 70 et 80 mulligrammes mais, à l'inverse de ce qui se passe chez les malades ayant une lésion organique de la cornée, el qui n'ont leur ré- [lexe palpébral qu'au moment même où ils perçoivent l'incitalion cornéenne, celui-ci a son réflexe palpébral au moindre. attouchement de la cornée avant même que de l’avoir perçu, la conjonctive est anesthésique.
Voici donc trois observations identiques. Nous ne pouvons dire, étant donné que nous n'avons rencontré que 3 cas d’anesthésie hystérique, que ce soit la règle, mais il semble que ces malades n'excluent ‘pas de leur sensibilité leur cornée: pour eux l'œil est un organe qu'ils ont oublié de comprendre dans les troubles divers qu'ils présentent. Dans notre 3° observation le malade a de l’hypoesthésie cornéenne, ,mais le réflexe palpébral existe avant que l'incitation sensitive ne soit perçue.
Nous avons recherché à ce propos s’il était fait mention dans nos ouvrages classiques des troubles de la sensibilité cornéenne dans l'hystérie et surtout de ces faits si paradoxaux en apparence semblables à celui de notre