CHAPITRE PREMIER
Dans l’étude que j’entreprends, j’aurai à considérer successivement les divers faits immédiats ou consécutifs aux sections produites au niveau de l’avant-bras sur les nerfs qui fournissent à la main ses rameaux moteurs et sensitifs. J’étudierai donc tour à tour les lésions du médian, du radial et du cubital, tandis que je grouperai dans un dernier chapitre les observations relatives à leurs lésions communes.
Chaque nerf, pris à part, peut présenter au point de vue des phénomènes qui sont consécutifs à sa section des faits fort divers.
Tout d’abord, le bout inférieur, complètement séparé des centres nerveux reste sensitif; la sensibilité n’est point abolie dans les parties au niveau desquelles ce tronçon inférieur envoie ses derniers rameaux.
Un second groupe de faits est relatif aux cas dans lesquels la sensibilité n’existe plus dans la paume de la main au niveau des parties correspondantes aux ramifications terminales des nerfs divisés, mais où elle apparaît peu de temps après la suture des deux bouts qui jusqu’alors étaient restés éloignés.
Un troisième groupe doit renfermer les observations relatives aux cas dans lesquels la sensibilité et la motricité ont persisté immédiatement après la section du nerf, n’ont jamais cessé d’exister et se sont au contraire peu à peu perfectionnés après une courte période d’affaiblissement qui s’est montrée durant les premiers jours qui ont suivi l’accident. Et pourtant, dans ces cas, lorsque l’on a eu l’occasion d’examiner après la mort du malade l’état dans
lequel se trouvaient les deux extrémités nerveuses, on a pu constater qu’elles étaient distinctes et nullement réunies par un tissu de cicatrice.