CONCLUSIONS
Nous venons de passer successivement en revue les plaies de chacun des nerfs qui donnent des branches à la main, et nous avons constaté que la lésion de l’un quelconque d’entre eux n’entraînait pas à sa suite l’abolition de la sensibilité dans les parties auxquelles il fournissait ses rameaux. Cette sensibilité est assurée par des tubes nerveux à trajet récurrent provenant des plexus terminaux, et ayant, comme origine ou le nerf' même qui a été sectionné , ou un des troncs voisins qui s’anastomose avec lui. Les plaies du médian nous ont fait reconnaître que ces fibres sensitives récurrentes avaient un trajet assez étendu, puisque nous les retrouvions à trois et quatre centimètres au-dessus du poignet.
Etant démontré que lorsque l’un des nerfs de la main venait à manquer, ceux qui subsistaient assuraient, par leurs rameaux récurrents, la sensibilité, nous devions rechercher si un des nerfs de la main restant seul, ou retrouvait la perception du tact et des impressions calorifiques. Les observations de Baudens, de Letiévant, celle que j’ai recueillie dans le service de M. Richet, nous permettent de l’affirmer.
Ainsi il existe, pour la main, au point de vue du maintien de l’innervation, une disposition qui rappelle celle que l’on note pour les éléments vasculaires. De même qu’une plaie de la radiale ou de la cubitale n’entraîne pas après elle l’arrêt de la circulation dans les organes auxquels elle fournit ses rameaux, de même une section de l’un des nerfs de la main ne soustrait pas les parties auxquelles il se distribue à l’influence nerveuse.
Ainsi se trouve confirmée la théorie que M. Richet avait établie, en 1867, sur la sensibilité récurrente dans la main. A cette époque, un seul cas était connu. Depuis, ils se sont beaucoup multipliés par suite d’observations plus attentives. Et il est certain, qu’à l’heure actuelle, les investigations étant dirigées de ce côté, on reconnaîtra comme un fait général ce que pendant longtemps on a considéré à tort comme une exception. Pour moi, la théorie de la sensibilité récurrente dans la main n’existe plus, elle est passée à l’état de fait.