DE LA LIBERTÉ RBLIOIBUSE
U LIBBRTfi Dl CONSCIBHCS, LA LIBBBTA RBLlOIEtSB
On distingue la liberté de coascience et la liberté religieuse. La première est la liberté pour chacun de croire ou de ne pas croire, de donner^ou de refuser son assentiment b une doctrine quelconque, sans que personne puisse lui en demander compte, ni l'inquiéter à raison de ses opinions ou de sa foi. La liberté religieuse est la liberté pour chacun de professer et pratiquer paîsiUement sa religion, sans pouvoir être troublé par qui que ce soiU
La seconde liberté, comme on voit, est beaucoup plus large. La liberté religieuse suppose la liberté de conscience et la contient; la liberté de conscience, au contraire, pourrait exister sans la liberté religieuse.
La liberté de conscience repose sur un droit tellement
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sacré que, dans un siècle éclairé, on a peine à croire qu'elle ait jamais pu être contestée. Et cependant l'histoire nous offre de très-longues périodes pendant lesquelles, chez les peuples les plus avancés en Civilisation, la liberté de conscience était méconnue; c'est surtout contre elle qu'a été institué le terrible tribunal ijp J'Ipqijjgifion, d'exécrable mémoire. Après l'expulsion des Uaures d'Espagne, il ne suffisait pas à un individu d'origine asiatique, de ne pas pratiquer la religion musulmane, il était obligé, sous les peines les plus sévères, de pratiquer la religion dominante; on lui demandait compte, non-seulement de ses actes, mais encore de ses pensées; il était obligé de donner des gages de son orthodoxie, de justifier que sa conscience avait répudié 1b foi de ses pères pour se soumettre à la foi de leurs vainqueurs et de leurs bourreaux. La tyrannie pénétrait jusque dans les secvets de la peasée ùtime et le* soumettait à sa loi ; c'était un crime que de penser autrement que le maître. Les mêmes principes ont dominé en France à la st)j(e de in féviocatioi) de )'éd^ ^ Dlantea, ni il a 9i« aijfiijs, ipm le s^stëm^ auMMrcfaio(>TG«^i)|ique, ga» toitf? optniciD cpiitrqiEB à celle du souverain Btwt (iq spl« dA t§p bellipif, un attentat contre l'^uMipité Ft^aie.
^eu de plus odieux qu'une tdle doolcioe. Va gmvmtar sneat tiwt faire des liois pour gar^stir le gstautisn de I'Mt dre #t poui régler les relatîQna âes personaas, il peut prittH.ber les actes qu'il juge contraire^ au biao $éaét%\, taptuet le sanction de ses réglementa, par des peinas eoutte les déljpquanls; i^ais U s'arrête son droit. Il se peut s'attaquer à la pensée d'un citoyen : la consoience est un smio tuaire inviolable. Nul ne peut être tenu de dédarw à l'autorité publique l'état de ses croyances ou de sas afi«fltioQ8 :
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qui qfl r^a/4« qya Jiji-iB4fflei l'tm if'ff point à )uj pp deiiwiider oqiqpM ni à s'en occ^per. pn De pe«t œécflflmàlre ce Mjncjjjiij 99ns efltrcf 4aiis im épfluyantabl? système de sewéeu'wis «t 4# vex^tLpps. ^ ijue gagoe ie de^patisia^ k Cfltte odi^se in^uisitiçp, ^ cet^ violatioff 4es droit» tes ^lii» ggci^^ 4e J'humaniié? M po^eflçp ieheppe BU ^«>uy()ir d^ l« fci'CË brutale, ^es ni^ac^s »( |0B lorturfi ti«itv§Hf bi^i) «rracher des d^cj^ri^lions j niaif la l)Oii,cbe ffiu)^ les prononce, l'esprit 1^ dé93yoi/,e et s'flf' fermit àim »w çonvictiûBS. Lç tjTBP n'a otïien^, p^f la ¥iolpnoe, (m J'HUiforwifé deg Wtes p^térjsiirs; i( np rptigr lit pas s p«g9#r sur lef e^rili¥ q/if^ Q^ Pavent être pjibjnguée qu« psf la p^sufljticffî,
La Jitierté wJjgiwiw ^'a besoin, pour ^ justiriep, qi/e tfinïOQuer Is itfiupipe le pio* élégienlaire de tojfte iijorfllp, eelui <sie S^é^m'- f^iil^ (4^ religions, toi^te^ les pliito^ofbim : Sis fais pan « auf wj ce que tu ne voudrais ps? qui te tât titiï il .^jrtvëne; fitis à top pcpehain 'P"t '0 |)ien qug
t« Moudrvis <w tfi fût fail à toi.-jnéi»e. Mous pouvpn? dire
«IX fte^Mwr# d« tvjite? tes fejjgiona, et particulièrement i âeux dfls F^giens exclusives-: f Vous faites là plu^ VASd eah OOUr vi}i(g-|iién?es, 4e la liberté religieuse; vou^ iHJ^réci^ QH^e (in bien préçieuic la faculté de profe^ep WtK A^^jpn, ^'foi obiserver (outes les prescriptions et ■MMm de wnlribu^ ^ Is propager suivant la mesure de Ydl ffi^yeos; voua regarderiez comn^ une abominable opmiffiqn, cofitoi^ use injustice (triante toute mesure qui mpnl#niit i^jçntr^ve? à J'exereioe de cette religion et, à pbM ^i6 rf|i9C|p,.tQut@ loi qui interdirait cet exercice, qui «Wl QC^CMp^ajt à donner des sigaes extérieurs d'adhé-
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sion à une autre religion, è un culte qualifié par vous d'impie et de Bacrilége. Eh bien, cette liberté, h laquelle TOUS tenez tant pour vous-mêmes, que tous considérez comme un patrimoine inviolable, comment pouvez-vous la reruaer à autrui? Tous les hommes ne sont-ils pas vos fr^^î N'ont-its pas une même nature; ne doivent-ils pas avoir les mêmes droits? Comment pouvez-vous les priver de ces droits que vous revendiquez pour vouA-mémes? Comment n'étes-vous pas frappés de l'inconséquence et de l'injustice que vous commettez en tenant deux langages si diamétralement opposés, suivant qu'il s'agit de vous ou de ceux qui oe font pas partie de votre communauté; proclamant, d'un côté, la liberté religieuse comme un droit essentiel, primordial, imprescriptible, et, de l'autre, refusant de reconnaître aucun droit aii^ dissidenis, leur déniant la faculté de prier b leur guise et de manifester leurs opinions, appelant contro eux la compression, la persécucution, jusqu'à ce qu'on les ait contraints h embrasser votre foi?... En refusant le liberté à autrui, nftcraîgnezvouspas de compromettre votre propre liberté? Vous suctout, â catholiques, qui êtes si durs, si intolérants, là où TOUS êtes les plus forts, ' si doux, si libéraux, Ib où vous êtes les plus faibles, ne craignez-TOus pas qu'on ne vous traite comme vous traitez les autres, qu'on ne vous applique cette parole de l'Évangile : • On se servira avec < vous de la mesuro dont vous vous serez servis envers • les autres (Mattb. vn, l)ï • Si, dans les pays où les catholiques sont en minorité, le souverain déclarait qu'il leur appliquera exactement tes mêmes mesures usitées par leur chef suprême, par le pape, envers les non-catho- Uques, et qu'il ne distribuera la liberté qu'au fur et à me-
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sure des coDcessions du souverain pontife, il y aurait de quoi donner à réfléchir aus partisans de l'absolutisme, qui apprendraient ainsi & leurs dépens è aimer la liberté et comprendraient que les droits et les devoirs sont toujours corrélatifs; qu'on ne peut réclamer une liberté à litre de privilège, mais bien comme un droit inhérent è ta qualité d'homme, et que dénier ce droit à autrui, c'est se l'interdire à soi-même.
Malheureusement, (les sectes exclusives, et surtout l'Église catholique, ne reculent pas devant l'inconséquence que nous venons de signaler ; elles ne craignent pas d'avouer qu'on doit avoir deux poids et deux mesures, que la même loi ne doit pas régir lous les hommes. La vérité, disent-ils, a droit à la liberté, mais l'erreur n'a aucun droit : or, la vérité, c'est nous; l'erreur, c'est tout ce qui est en dehors de nous. Donc, quand nous demandons la liberté pour nous, nous ne demandons que ce qui nous appartient légitimement. Quant aux non-catboliques, ils sont dans un état de perdition, ce sont des rebelles contre la loi divine; c'est indûment qu'ils se soustraient i, l'autorité du représentant de Dieu; on ne peut, sans crime, leur permettre de propager leurs doctrines erronées, condamnées souverainement par les décisions ,de l'Église infaillible; on ne peut les laisser pratiquer des rites abominables; on doit, au contraire, les ramener, même par la Ibrce, s'il est nécessaire, sous la houlette bienfaisante de leur pasteur légitime (1).
(l)Olt«lMs«atltwDleoaeav«eiclilduia on écrit Intilnlt: LaUbtrU, Il fit X. SUnUimber id Cercle acidèmlqDB calboliqDB de Brnxell«9i ei dont U « ilt liiL un (nnd tloge dus le Mande, orgiiK officiel du uiboliclsnie (n* di t9 dècembra 1861).
llâhs lotitë diacûssion, il ftiut pafttr 9ë ffimipëit ^tiaé^ ralemëilt ûMk él qiil fl'Hient pis UËàoltl B'etK pt^iiê; fiiiis oh en tire logiquement le3 COnséquetléeS. Iclj les «Htiioliques ctimiilënceiit pal- pOier en prltleîiie (ftlb imt rri)<gion est la seule Vfaie, Ce que repoUsâeht tOiiB les homiWB étrahgerâ ^ lËUr Ëgltâè. Ttftlt faHtriinëftlËnl bbsê Btlf eei prétttlsses Est dotlfc inadlniSSiblé. Quand II B'rigit ffétflMIr les droits de l'homme, sans distinction âë ëCcÛs R) It races, on ne peùl diettré èfl draht des tltHI'ftlittlbna qtil ne soiit reçues que dails iirie sedlé pafKcnlièW êl qui fl'ttttt cdurs <ju'entre le pasteur et sèÉ Oltâillë»; il fBUt ^^ppit^Bt sfir des pi-îneipès philosophiqiles, dOHt la eoii^eiencé HtP maine fiPOclame la *éHté, pi'inCfpes de iouS lé* fémpS ^ de tous les tleus, Et qlii n'aient pas beétHb, pbuf se falt^ accepter, de l'autorité d'un iWftiife ou d'tme tfWenlbJ* quelconque.
Pouf que H véfitê ëÛt âeUle lé! prirHêgè de jparief éh public, il fîiudralt que, silf (bûtes le^ lllbliSrea où petit s'etèreer Tësprit humain, il J étlt Uttft àtitofifé fieCeplêe par l'Unànîmitè du genre hUMain et S laquelle dfi S'aCCof derait à reconnaître le don de l'ibrailliûllltë. Vh tel oracle n'existe pas et n'a jaotâis existé, et la l-RiSon n'en adrfiél pa^ ttiêiflë la possibilité, tout homme palèl Stm ti-ibuti l'humaine faiblesse fel, par conséqtient, iSt fallIlMe; uft* t^éunion d'hoinmes, quelque solH qu'oh ait prïs de la Itll^ mer des représentants les plus émineiitS flé la SciétlcBi n'est encore qu'un composé d'êtres failllbWs et ft'êSt pfli affranchie des chances d'erreur. 11 ne peut donc exister de tribunal ayant pour mission de prononoer en dernier ressort suf toutes les queStlortS et «'interdire la disfcossioB sur les décisions qu'il aura rendues. L'espHt tiùirtâlH S.'k
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pti àeliaèHt des coritiâtisaildtis qu'en passant par Mb Ihniilté ûé tâtonnements et eti fectiflant chaqile jtilir ce qu'il avait ètUrtriè la veille. La véfilé du joUr est donc devenue! l'ei'reur Aa lendemain, et c'aurait été rendfe Wuf progrès iifiptiSsiblë qlie Aè dêelài-èf, à un montent quelconque, que lâ Vérité dédnlltvè ââtt ifouvéë et qu'il serait inteMit i l'aVènii' d'y rien changer. Les àrta industriels rie se pertéctionnërit qu'en modîllîint ce qui existait précédemment, et si i'Oh eût ptéfèftdu fixet une limite qu'il eût été Interdit ië franchir, le genre humain aurait été cotidambé à fie pas BOHlt dé ta barbarie. Il en est dé Olêlné datiS tes sciences. Avant fialilée et Toricelii, ùH tenait pour vfai que la nature a hortélir du vide et (JUe c'êtdlt là ce qil! faisait tnontef l'eau dans tes tu^auit de pompe; on a tcna Jâiigtemps pouf Vrai que la terre était itttmobile au centré de l'univers et que le soieii tournait cliaque jour autour de riOtl* globe, s'il eût été décrété âlOrS que la vérité seule a le dH>tt dé s'exp^imël- et t}tlè l'erreur est condamnée ail silence, ces prétendues vérités auraient été considérées comme a jamais acquises et invariablement fixées; né&nmoing (es pro^s de la science ont prouvé que c'étaient autant d'erredrs. Il a donb été litile, il a été légitime de contredire ce qu'on appelait des vérités régnantes, des vérités sfHcielles;
Ce qiii est arrivé en physique et en asti^flOmJe, 'a eu lieu également dans toutes les autres sciences i toutes ont progressé, grSce il l'eâprit ihratigable de recherche qui ne s'arrête jamais,, qui he tient poiir définitive aucune solution, qui aspire sans oease à étendre la sphère des connais» sauces humaines. La théologie, malgré sa prétention & l'immutabihté, a été, elle aussi, entraînée par le courant et
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a été obligée de se traDsformer : personne n'oserait soutenir que le catholicisme actuel est de tous points semblable à ce qu'était le christiaDisme des premiers siècles; le dogme, le culte, la discipline, tout s'est profondément modifié (1), et la plupart des changemeots n'ont pas été dûs b l'initiative des souverains pontifes : ce sont de simples particuliers qui, suivant leurs propres inspirations, ont mis en avant leurs idées d'emélioralion et les ont fait pénétrer dans l'esprit public; puis l'Église les a sanctionnées. Mais, tant que cette consécration solennelle n'avait pas eu lieu, on pouvait dire des novateurs qu'ils méconnaissaient l'autorité souveraine, source de toute vérité; et, si on leur eût appliqué le système que nous combattons, on aurait été fondé à leur imposer silence, puisqu'il n'y a, nous dit-on, de vérité que celle qui est enseignée par l'Église.
L'absolu est un but vers lequel tend l'homme sans pouvoir jamais l'atteindre. La plupart des vérités ne sont que ,
18 qai M MDi filles m eeia de fEglisB. mns les preniere sIèdM, on ne bariisiii qne des idsltra, et beiDcoop de tii\ta ne «t bluïent baptiser qi't rarlicte de It morij niiinteniDi on baptise le» noaTeani-iiéi, et mène la fatm. Les éitqnes iliieni èlertirs; l'ilcoitHi a été sDpprimée. La lîiirgie empIoTiK la lai^oe valpire de eliiqDB pi;si aaJonrd'hDJ elle n'admet que les langues morUs. Fendant loD|lempa, l'Église umsacnii de son intorlié les ipteuTe* indieiilK* et le «Hobal de Dkni ces eounnieE sont lombèes en dèanilade el onl èlt-cooduiinèei. L'Égttte, iprès iTolr condamni le prM t inlérti. t Ani par le permettre. Lt kenédletion dn lit conjogil. qoi ttill nae pntiqee tri»-lnip«[iinte, n'eilsie plus. Cent llDitialive de qnelqnes parllenllera lélËs, qu'on doit rialrodnclion' d^in (rend noeibre de déTotlons, lellea qne rimnunlèe Conception, la Ftle Dieu, ie Chemin de la Cmii, le Sols de Harie, le SauMlDenr, le Chapelet, ie
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des vérités provisoires que viendra peut-être corriger une science plus avancée. Il est permis à chacun de chercher la vérité, de la propager quand il croit l'avoir trouvée; mais nui ne peut prétendre en avoir le dépôt par privilège, ni en exiger l'adoption de ses semblables, ni prohiber toute doctrine qui s'écarte de son formulaire. Il y a plus : celui qui croit posséder la vérité, quand même ses prétentions seraient fondées, ne peut pas imposer de force ses opinions à autrui et n'a pas le droit d'interdire l'exposition des doctrines contraires à la sienne. Ce n'est que par la persuasion qu'il peut faire accepter la vérité dont il est l'organe; il est donc obligé de subir la libre discussion, et la vérité ne devra son triomphe sur ses contradicteurs qa'h l'ascendant légitime qu'elle gagnera sur leur esprit.
n n'y a pas que les catholiques qui veuillent se réserver exclusivement la parole en se disant les seuls dépositaires de la vérité. Toutes les communions religieuses ont la même prétention, et quelques^nes prétendent tirer de cette ■prérogative qu'elles s'attribuent, les mêmes conséquences que les catholiques. Les orlhodoxies russe et musulmane colorent du même prétexte leur despotisme. Qu'arriverat-il si chaque secte, prétendant être la seule instituée par Dieu, persiste à s'en faire un titre pour opprimer tout ce qui iui est étranger f C'est que la même Église qui exerce en un certain lieu la persécution contre les dissidents, subira ailleurs une persécution semblable; le mal qu'elle fera à autrui ne la dédommagera pas de celui qu'elle soufTre ^le-même; l'injustice et l'oppression régneront partout, la liberté sera bannie de la terre; les hommes continueront à se feire la guerre, à se déchirer au nom de la religion; chacune des parties belligérantes croira ne pouvoir
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- to ûèittmét qil'aprts la conversion ou l'extertHiMStioH éiftWè dé Ses adVei^aires... Aucuti hotnitae de tten tlëpelit scceptet- Une perspoCtfVâ aiissi éfimitantable; on ne peut admettre que la haine, le cirtiagc, la ^erre à outrance soient l'état nortn&l et dcfltiitîr de l'humadité, sa destinée protideiltlelle. La rdlsiiti et la morale, la Iff^tiue et le sen- Utnent «ont d'Wxoti paiif tsité accepter en» doctrine tosi Àtiposée, poQr thire enrlsager la put» et t» tunmatié emam tâs Conditions du défeloppement rëgoUer de ftimmi)}!^ cofnnie de (irécimic avaoïages qu'on Mt eHerefeer i téaliset par les aioymi les plus efficaces; on fw ptmm f ps^ Tenir (^'autant i^ue chaque mamminlè retlfriense Bè fisignera i supporter l'existence des sectes rivales A gagnera par IÈira«ahlege d'être snppc'rtée k «on toaMmi les lieux où elle n^est pas la plu9 tbrte.
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hk [.IBIBTi KtOLBNBNTiB.
tt aëÉHtfit pas ^'une' liberté âbU ^ompéjusét^nf^ëtimêë Sàttâ ilne cotiélitutiod: "î(''t^ai;t qii^ètlé (i^^ëdé' rëbstrà'étion dans la féaïïté, qù'^è' s'/hcàr'rié"dans lèS Hîts, qif'éUe pênèlre dànià.ies iiitBtf^S des ciiô'fÈrt^. (pi'felffi tk^, en quet(|'u& ^M, 'partie de lè'ur ilé. ÎHMearétiéemerit," cA '(^r'ance, M liïtertêi , Son(" p'rÉ^é'Wl^tà' iiii^i une teltrè'moflë : oii^ VécotiDu l'e '^rtiiÀipti i)!}ur ^(îiJtihW uiïe sorte de âatfsfàeiion irojJiiiStW pù'i)IîiiùiB- ^ui^ioà'i tèWè'i te^ loïs'dè iâ^taït, q'itl', sdui'^réteïie fféti ^giëi^ Veiieriice', l'ont rédùiï â"fi'glfë'pte^' 'qu'une ^iri^ tlifalèré; WM atfiMd^^'Jcift. iitfSi.'WtttiiJ^lïtdltiins r^ doiiiiaïasyhf'W iiÈë^ïéretlâîeà^; Xd'iWia^te iliitrbyëè p^^ t^à ili^dt'iJfa'ii'tenàïtVàVtltHé 'J qiJi 'à ^ij! ràptàdufl HM Û mïtëâèÏBib. W0 feldlnsi ctiriftli : i'dàcuii pM^ /^ ^'r'èh'^oti aveé uMè'0'Umii'^ àHÛèal pour ^
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- la -
culte la m^e protection. > Ea liaaDt une règle aussi sage, empreinte d'un esprit aussi large, aussi généreux, qui ne serait saisi d'admiration et pénétré de reconnaiBsance, qui ne croirait que la France possède, depuis 1814, la liberté religieuse la plus complète et n'a, sous ce rapport, rien à envier aux sociétés les plus démocratiques ?.. . Hélaa I il y a un revers de médaille. Nous verrons plus tard, en traitant de la religion d'État, commenta été réalisée cette égalité promise à tous les cultes : nous ne nous occupons, pour te moment, que de la liberté. Il y a toujours, dans la législation française, un arsenal de lois rendues sous toutes sortes de régimes, avec lesquelles le Gouvernement peut escamoter la liberté et exercer contre tes citoyens les vexations les plus dures. Tel est l'article 391 du code pénal de 1810, d'après lequel : Nulle association de plus de vingt personnes, dont le but sera de se réunir tous les jours ou à certains jours marqués pour s'occuper d'otijets retigietix, littéraires, politiques ou autres, ne pourra se former qu'avec l'agrément du Gouvernement et S0U3 les conditions qu'il plaira à l'autorité publique d'imposer à la société. L'article t9l se contentait de prononcer la dissolution des sociétés non autorisées et de punir les chefs d'une légère amende. Mais ce régime, qui avait paru d'une sévérité suflisante sous l'Empire, ne sufiit plus sous le gouvernement du roi populaire. La loi du 10 avril 1834 prononce des peines énormes, l'amende et l'emprisonnement de plusieurs apnées, non-seulement contre les chefs, mais encore contre tous les membres des sociétés; et, enSn, le décret-loi du B décembre ISSl autorise le chef de l'État à faire transporter, par mesure de sûreté générale, dans une colonie pénitentiaire, à Cayeone
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OU en Algérie, tout individu qui aura Tait partie d'une société ieerHe, c'est-à-dire non autorisée.
Ainsi, vous êtes libres, en théorie, d'exercer le culte qui vous convient le mieux ; mais, m réaiiii, vous ne pouvez vous réunir, pour l'exercer, que sous le bon plaisir de l'autorité qui n'est pas même obligée de vous écouter, qui n'a point à disc-iter avec vous ni à rendre compte de ses décisiona ; le Gouvernement peut, h son gré, accorder ou refus'>r l'autorisation sans laquelle toute réunion deviendrait un délit; et cette permission est toujours révocable. N'espérez même pas échapper à un régime aussi dur en restreignant vos réunions au-dessous de vingt personnes; car si votre société se rattache d'une manière quelconque à d'autres associations, ne serait-ce que par la hiérarchie sacerdotale ou par l'adoption d'un symbole commun, on supputera la totalité des membres des diverses réunions, et si l'on dépasse le nombre de vingt, vous serez en contra ventioa, exposés h l'amende ; puis la police ' sera autorisée à vous transporter à Cayenne pour un temps qui est laissé à sa discrétion, ce qui peut faire de la peine une détention perpétuelle. Il est donc possible que les juges,* reconnaissant dans votre contravention des circonstances atténuantes, ne vous condamnent qu'6 an franc d'amende, puis que le Gouvernement , par un corollaire de celle décision quasi - paternelle, vous renferme toute votre vie dans un pénitencier, sous la z6ne torride.
Voilà une liberté singulièrement travestie. Ce qu'on peut surtout re|Hrocher Ji un tel r^me, ce n'est pas sa sévérité, c'est ton hypocrisie. Si l'on croit que la Société ne puiâse tVee sauvée que par des mesures draconiennes, qu'on ait
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* le coUMge d'IfiTdqaer te de^HUlsme; nuis qs'oti meUe é» c6té c«3 maximes de Ub»lé qui ne fiiA qu'iiia piège et irtte etoeitë Irtntie.
Le floHTermmenI peat étra^ nivairt les ciroenslsoees^ plus ott maiBS dam iBïa l'applicstion d« la toi; qiielcpielois il se tooBtre d'une grande iDdiflfenes et accotde Hbérstem«irt Ita perUasiana dennndées ; 1m bemea geai, tMOtaÏM de oetu taelUté, amt disposées k htnit aa maMt si eMofflalsènl et il TSnter ooriiB» trMtbëral ud régime sSBS lequel on obtient msai eommodément Ii faoSM ^exei'eer acm eslte. Déplorable lltU^on t Une liberté pré-' eaire et deol on ne jouit que aeua le boa ^aisir de l'antorUéj n'eat pas une liberté, malaune coaeesBioBi ose grâee; wb privilège freglle: La liberté est bd drsit qni nous spparllent en notre qualité de citoyen,' «fi droit ^a» mmi ne Wttaùt de personne et que wA n'eat tvtorisé a new enlever. Tant que tous n'avea pas eefle liberté,- vetta n'a- *TMrleR; les conDessionsqueitiit l'autorité en rertu de son ennipoteneei UAa d'es^ler votre reconnaissasCat doiv^il élre jugées eomme plus nuîaibles qu'utiles; ellM esAar- Bienl dans «ne fouste sécurité ceux qn les oblienoent, «I les détournent de la poursuite de la vraie liberté; le siMettenri quand il est muni de la permission qu'il omvoltait, ne a'wcupe phia du reste et s'inquiète fort peu ai lea membres des autres ewnmuaautés restent privés de l'exsreice de leur ctdle.
Dès que c'est l'arbitraire qui prononce, personaO"» peut être sûr de rien. Toile seele qui bier avait été ftVAri sée, aujourd'hui échouera dans ses demandes de paNKianon. Ainsi, en FrsDoey oà le cathoUcisne joait d'inmeuses privilège^ il B'ea eel pas mw» eoumta au régtaiedl
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Vi&M^tmi HuAë ^11^, éhapelle, ffirtttftitirtaiifé lïè fieitt s'établir que Htt tiMSettfemeiit lUi Satiiikrmtam ffUl ^l reTtiser, si (K>B lUi âeitibU, 61 ^Ul lise (tltelquetaft de S« j^rérogstifre qufltid il fSnt fappdëf les /HenfferM* M cftff^ à l'dbêissancë M lëilr faire! seDtii' ^ti'H lë« tietlt «M M «Mil pUièiÉiité. Leâ 6m. j^t«â t)f»ejtef!t«« OM <!Aife«t8tis itAti^ourg et dét^énë^e tot, Hon^ïeidémefllfMoiingeri,itlIHs «âlartéeâ b^f fè Tréso» et râ^lëttletitMB pat ti toi â^ë. AéâiitBtHDB, 11 éet b^të t^è^ftCqAémâMitt 4tM W (MùvfffnetDëin, pouf flafteï !ë Ëtergé Catlioll^, I reffiSi rWftlfôH de nouT«firt «rSMiifès pa«eM6til8; fl» pëflfsS rinnioijs dé prtFtestamà ayant M HeU ians (ntWHamisH), teuS ta présidenee (foii pasimt eotntaisrioHMi H hMtttitfi P«r lé mUAstaie Mftfeiel, M pollëe Hi iti^fréme, » dit»» soDâ ïëk Hanmi ^t les Uetnbrei dot ét« tradWU eif piiticé (J8fjecli6nt»elie crtùBOè *yanl Wftftetenft S l'êtrtitite i#i Ai ÈBdé paSl; ils 6nl en Tftîn ùlléguê tfae Cei aHlele; (jtli Sdpiirtoe lâ Bberlé religieuse, est incompMiWe ffVes ' tS CWirte ^ garafrtk cette ffléme liberté; (pie ce texte « tfN dmi dciTic êite simiàété eàmae itofAi^wnnent ehnî^ f MtrtbnffiHfi iltftf cWidaiAné, natnnmenl, tbi pntemtiié iKSeWiérvillê (Seine^-Oïse).
tK à enccffe eu fltstitt âo E(leii9||MMiUtA ffoW IM McMf iAit)v«(liri, AcW /ëfttWnties, el ^1 n'oni p«» le 8r0K W foOri^fMNifl. AiM!, eN («ST, tt i'e» ètàVS k GbfltHty, ptfla à SéffUld , iattt te Mpartetnerrt de f Aisne,' une mcW 0$ b{liniaie# qiâ n'a ^rls que de Irès^^lHea d^rtrteppénKtrtsj 8!te yît^t (^ifrd»efft, pal^UntieWy ssna trosbler l'ordre. L'évêque de Soissons, eatrainé par son zèle, a dénoncé à l'administration l'existence de cette église non autorisée. Le préfet a fait immédiaiemenl dissoudre
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la réuDion ; le pasieur Lepoîds et deux autres cîloyeDS ayant présidé des réunions, ont élé poursuivis en vertu de l'article SOI; ils ont déclaré qu'ils n'avaient Tait qu'user de leur droit; ils ont invoqué l'article s de la charte conslitutionnelle, qui garantit à tous les citoyens le libre ex»dce de leur culte, et se sont mis sous la pfoEection de la loi; néanmoins, ils ont été condamnés en première instance et en appel (l). Il y eut, en cette affaire, une ùrconstance qui mérite d'être notée. Le maire de l'aidroit, chargé de sévir contre de petites gens, a cru devoir joindre l'outragea la persécution; il dédare, dans son procès-verbal, que les membres de k réunion sont un tas d'imbéciles, hors d'état de distinguer en quoi la religion cathohque diffère de celle qu'on leur apporte «i échange... Où en sera la liberté religieuse tà le premier officier venu s'arroge le droit de peser lei motîrs des croyants, de traiter ofQciellemenl d'imbéciles ceux qui ne pensent pas comme lui, et de les persécuter en vertu de sa haute raison administrative? Changez les rôles, et supposez un mandarin pénétrant dans un cénacle de Chinois nouvellement convertis au cbristianîsme, et leur appliquent les gentillesses du maire deChauny : comment les chrétiens apprécieront-ils sa conduite ? Ne flétrirontils pas de toute leur énergie le ronctionnaire public qui, • non content de violer la liberté religieuse, ose insulter b la foi des croyants et s'ériger en juge entre tes symboles ? L'indignation devra-t-elle être moindre parce qu'il ne s'agit que d'une secte faible et obscure ? Hais la cause du Taible
■s iStTi to[r U Gateltt du
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est k) cause de tous : s'il est opprimé, s'il ne trouve aucun appui, aucune garantie dans la législation, demain la même oppression pourra s'étendre & d'autres, et ceux qu'elle atteindra apprendront alors, à leurs dépens, qu'en restant indifférents au mal d'autrui, ils agissaient contre leurs pn^res intérêts. Tout est solidaire dans le corps social; laisser opprimer un citoyen, c'est préparer sa propre oppression :
Non lua r» agittir pariei gitan projimtu ordef.
Si l'on veut sérieusement être libre, il ne faut compter que sur des garanties légales solidement établies, et .non sur la bienveillance passagère de l'administration. Que dirait-on d'un régime où l'on déclarerait que chacun a le droit de circuler librement, mais pourvu que chaque jour son itinéraire fût soumis à l'approbation de la police f L'autorité pourrait, pendant quelque temps, user d'une grande indulgence et viser sans difficulté le pn^ramme des cmirses : mais le citoyen obligé de se pourvoir de cette approbation ne pourrait jamais se dire libre; il sentirait toujours ses pieds enlacés dans un fil tenu par l'autorité; il saurait que celui qui lâche le Al peut aussi le tirer quand il voudra et faire de lui un prisonnier.
Pour que la liberté religieuse soit une vérité, il faut supprimer l'autorisation préalable; il faut que les citoyens puissent se réunir pour exercer leur culte, sans avoir besoin delà permission de personne, sans être entravés par aucune restriction.
l LIBERTÉ RBLIGIGUSE DOIT-ELLB s'ËTENDRE INDIgTIMCTB-
HENT A TOUTES LES SECTES f
filëu âëS pcrâonneS àccOrdeflt Sstia flifflcdfté Is ttbene en {irinclpe; mais des qu'il s'Sgit dé l'appllustltin, «leà rSculettl épouvantées devant les oonséquentës. En PfèricA pârtiCtilJëremellt, nom sommets tellemetit hàErilUéà U ùS marcher qu'appuyés sur la tutelle de l'Ëtaf, tjiie ïi p^ëe d'Une éttiancipâdâft Complète nous donne le vm\ëê; non» nous regardons toujours COiatae fle Vieu^ enfants qtll nO peuvent marcher sans llsiëi^s. Ce n'esl pas que Qhaeufi se déflé de ses propl'es forces : oh I loin de \h. On a HKlJOtin liSSei bonne npinidn de soi-ttiêfnë; mais on pl^tid en pillé la faiblesse du toisin qui, tlhivé de la p^otSetlbn adifliniAtralive, ne pourra manquer de faire fausse route et de oKolf misérablement.
Si la liberté religieuse avait lieu pour tout le monde.
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lidtiâ iH-bn, ^tlel déttâtdëlnéni iê i^lèi iriôhcteraù Ta Société t GoInHietit, les dtiËIHheâ les pliis éxtravûgantes pou^ r£Jnt étfè' pfëëhéëS, lëâ cuIiËs les pluS riclîeùtëâ ser6rit pratiqués. " l'ouïe personne, Ht tt. FpSnck, poiirvM qu'elle y trouve iin pi^flt légitime, peut s'improviser ttiéologlen, prédicateur, prêtre, ministre â'nh culte, qiiel qu'il soit, ei se doniier en représentation iàns un baz&r oii dans une grange décorée du hom de temple. Celle iridusirie est sou^ vent la deruiere ressource de ceux qui fa'onl réussi dans aiiciine autre, ou de négociants ruinés qui essaient de se réposer dàiis ce moyen d'existence entré deux faillites. La reli^oi), àifx Etats-Unis, n'étant soumise a aucune autoriié qui la contienne dans sa tâche, non-seulement partage toiitës les passions de la iiiuititude, mais les entretient et les excite. Aboli tioniste dans lé ^ord, elle ne volt rien dans le Sud de ptiis légitime que l'esclavage. Elle démontre, la Bible et l'Évangile b la main, qu'un nègre est â peine ud tiomîiiê (1). ■
Il n'y a pas de facullé dont on ne puisse âbîi^r. Ce n'est pài li^é raison pour slipprimer la Jibertë : la seule tâche dii fô^ëlateîir est d'établir une bonne police qui assure, aillant qiié pogsible, le inaintieh de l'ordre et garantisse la sëcurilé des citoyens, et de punir les infractions, tihaciiîî peut abiiàbr de la liberté de locomotion : il n'en est pas moins vrai qu'on ne peut l'enchainer, ni même la restreindre, sans tomber danâ iine tyrannie intolérable. Le droit d'êxpriider sa pensée par la parole ou par la voie de la presse, peut donner lieu, si l't>n en Tait mauvais ilsege,
41) PMfMayWe in drà'f tteUHMHqui, 1 toi. tn-iag 7uU, IMt,
D.onM=,COO^IC
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à de ^aves Inconvénients : néanmoins, nul n'a encore osé soumettre la parole à la censure préventive; on se borne à punir les excès. 6hez tous les peuples qui marchent en tête de l'humanité, la pre^e est libre, sauf à l'écrivain à répondre devant les tribunaux de l'usage qu'il a fait de ce puissant moyen de propager la pensée.
La même règle doit, à plus forte raison, être suivie en matière de religion. Soumettre les religions à la nécessité de l'autorisation préalable, c'est conflscpter la liberté religieuse, c'est imposer aux consciences la plus dure, la plus effroyable des oppressions , c'est interdire aux honmies l'accomplissement de ce qui pour eux est le premier, le plus saint des devoirs, c'est faire exécrer le Gouvernement et mettre tes croyants dans la dure nécessité d'opter entre leurs devoirs de citoyens et leurs devoirs envers Dieu; c'est renouveler pour eux la position des premiers apôtres qui, sommés de renoncer à prêcher la parole de Jésus, répondirent : Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. (Aeï. ap., V, »9.)
La hberté religieuse doit être illimitée, doit'pouvoir s'exercer sans aucune autorisation, ou elle n'existe pas. 11 faut donc l'accepter avec toutes ses conséquences dont la principale est la multiplicité et l'extrême v^iété des doctrines. Y a-t-il donc là de quoi s'alarmer ? Qu'y a-t-il d'inquiétant pour la société dans l'existence de ces sectes diverses adhérant à des dogmes plus ou moins bizarres? Eh, avant de juger sévèrement les religions qui nous sont étrangères, songeons un peu à l'impression que doivent produirelesreligions les plus accréditées en Europe, sur les personnes qui n'y croient pas. Telle reUgion, que vous taxez d'extravagante, l'est-elle plus, aux yeux du libre pen-
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seur, que celle où vous av6z été élevé et que vous considérez comme l'œuvre sublime de la divinité ? Vous riez de )a Trinité des Indiens, qui peuvent user de représailles à l'égard de la Trinité chrétienne. Les incarnations de Vichnou excitent vos sarcasmes; l'incarnation du Fils est-elle plus digne de respect pour un non-chrétien.7 Vous accusez certains peuples d'adorer des animaux; ils ne se croient pas plus déraisonnables que ceux qui admettent que Dieu s'est manifesté sous le forme d'une colombe. Vous prenez en pitié ceux que vous appelez idolâtres, qui adressent des prières et des hommages à des simulacres : ces païens, en entrant dans nos églises, voient les catholiques prpsternés devant des statues, aux pieds desquelles ils font brûler des cierges et de l'encens, auxquelles ils attachent, par reconnaissance, des ix-voto comme témoignages des bienfaits qu'ils «oient en avoir reçus. Celui qui est étranger b ces religions, aura peine à décider de quel c6té on est le plus païen. Si certaines nations adorent des fétiches, des manitous, elles peuvent, étant privées des lumières de la vraie religion, ne pas se croire inférieures aux peuples chez lesquels le pain est changé en Dieu et regoit ensuite Fadoration suprême. Si les nègres portent sur eux des grisgris, des amulettes pour se préserver de toutes sortes de fléaux, les catholiques ont aussi leurs médailles et leurs scapulaires, auxquels ils n'attachent pas moins de vertus. Concluons que, s'il ne fallait autoriser que les religions en état de supporter le sévère examen de la raison, l'élimination serait énorme; et qui sait oii elle s'arrêterait? Quand un croyant demande la proscription d'une religion rivale, sous prétexte qu'elle est extravagante, il attire sur sa pro[H« religion un examen qui peut ne pas tourner h
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4e r^van^ : ^ tfë ju^pas, ^Qn que vous ne soyez p^s j"g^8 IJl§t-. Vif, jj, 4ysBt d? critiquer Ij pajUç qui e?J 4:9iM l'spij de tgo ïQjsi.ij, cgoimence m enleyer Ja poytrç !m« tu ^ .dan» Ym\ ili; yu, 3-"ï.); ;
Lai^ns toijt dire, tpyt jî^^w; c'est 8M ]WB ^e^ P^M? ^ |l4|« jusjjfie des prfBJirg,
^ le premier yepv s'afrpjiç te Hira e( |e,^ fttBoti»ns si;^ prêtre, que vou? impPFte? Ç'e3( l'afT^ife ^e éch^ï qj^j yeuiepi bief) is rp conoaifre pw !wr w^tepr- Faudra-t-jl ^'iin prêtfe, pour exercer, fasse constajpr et ppjitrôler ggp ijtre per la pojice? AJors il ^mv^mi iB^wbi^gjjie^nt qy^ te? eompïiw^irfis du goHvernepjfiJfl chargé? de pet et?»!^ reft^niept radoiUsigFf à ipu? e^u^ d»flf ^jï <l(^!rifî^
9'éû»riwajfifl' de l'prtJiQdaïi^ officielle et qup, par fifîjip^r qijei}t, le gauveriie|i)ent, juge de la réception des prêtres^ deviQn<^r^i^ J^S^ d^ l'.adf^issiQii, élQ^ÀTerait toi^tc religion qui lui déplairait, et Iç liberté relig;ieuse serait aiféaiitie. FijIurqDs-pous une pareil)^ iu^titulion ^ la naissance du çJffistiiBiiiSBie ; les premiers disciplea ie Jésus, les Pierre, ll^ Jacques, lea Jean, étaient de» gpna illeUrés [hpmiru^ titft ''.((frv ^ i^*<)tl?- ÂÇt- AP- ly, *?), incapables i}e soutenir uu eyaipen çur les sciences morajes, politiques et religieuses i ils n'avaient ni brevet ni diplôme; qn arèqpagç de phflqsQplies^dK t^ippi leur eût çertainemept refisse la permission d'exercer. Le^ chrétiens, qui tes comptant parqù le$ fondateurs de l'Ég;lise, ne fqnt nulle dif^culté 4e rfiCQnfiaitre que, bien que dépourvus d'un titre officiel, ce? y^illapts qthlèt^ avaient le droit de propager ce qu'il^ crpyaiept U vérité. Çomni^nt donc poi^rraient-ils refuser Ift mèws drpi^ à ceuf qui, avec I9 même cenviçtioii, rem-
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plissent leur mi»mf\ >iP0''>Hw ^t ^roùfli ojféir jf )a ]ii} i^ mm m prépbant tfivr <)pç(FiQe ?
fiwniu'^) c£ àè^irt de» ar<ingfi, àsi cqpt^ où np e^ pf§nt les 49)(iM ptygtèref î i:<es pruniers fihf^iiem o'An(jl; pas, pendant plusieurs siècl*?, fiseroé tour «julte A^a?
4^ grottes, dans d«s catlPÇWt)» ? Est-e? i^ rii^essç ^g Ipcpl qui légitime )a mis^ofl, jjni epn^fire J^ jiôetrjKB? Poe religio^ doDt |e fondatem- ey »é dRS w^ éipbj^ pi (le pr^cjiaji d'jj^bitude qwe sur]? plitee pj)i|li(|!^e, a-t-çUç bonne grâce à dé4ai§;iipr \fi paijyre RHagionnairç c|ui iiB- ^yise uo oratoire dans u^e idiw^Èfe §i u'^ pogr a^4il«)if s <iii# d#3 geu^ d« la cisaas iofërjeure ?
Irt pouvoir ciyil n'u -flitçHP« ([H^I^ pi^F dmaflder ^ jwé^ U jusiificatipn 4e mn titrt- fî'^ ma ansMion àif
fiK (fltçrifflir qui n'intéwsse ima lei M^I^S. S'il feUaît, PWjr Kfweor la nainiatère sacerdJJtfll. PTOdUife de« «ire» |)4 r^l«, quelle iofile pourrait ^e yant^F à^ n^sfaua k
etm noniditton ? hp croyant qui s'iot^^^it l'efao^n, écoute
avec vénération, avec docilité U>H^ t^ flU^ lui di' 390 psa^ teur, ^ tç^arderait com-me np sacrilégp Iç ëiniplg 4oH'e sur »0 tiiis#ion diviiie. 4|0i«, ppur ie« pecWRfif^ éf'iapSèiT reg à son église, qui discutent d§ »apg-frqi4 et lafijï pré-! v£H^, c« utéi^B ministre m m "iiftaras ci^qie tf^ifg 1^ «Utr^, »a fninsion et jies povvflirs Kmt çbiotpriinei,
et 88 prptftpiifln de ee dire )^ r^wnt^Bt dp pisn »t mérita quç le mépris,
I^ dJyer^es sactea pe »'entendn)»t j^njais «nr le ctioif 4'uo Iribup^i ar^tr^l qui statue sur iti validité des U-' très sac^rdo^iUf, Gbaqne secte sa crc^t Ift seule Vf^te, la seule inv^tie du droit de juger le monde, riegarde Se? prêtes c^mfpe ](» «euls qui aieqt une pii^Bipn divins fi(
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considère tes prêtres des autres communions comme de vils usurpateurs, des artisans d'erreur, des fauteurs d'immoralité. Laissons-les se complaire dans leurs croyances respectives, et ne tes chicanons pas sur le choix de leurs guides. Qu'il soit su contraire bien entendu que toute église ne relève que d'elle-même; que l'autorité civile évite de s'immiscer dans le jugement de questions qui ne sont pas de sa compétence, et que son rAle se borne à maintenir la tranquillité publique, à garantir b chacun la sécurité et le libre exercice de ses droits.
Si les doctrines échappent à sa juridiction, il n'en est pas de même des actes extérieurs, et l'État a le droit d'intervenir quand il se commet ^ faits contraires à l'ordre. Ici, nous l'avouons, la distinction est délicate et demande une grande prudence. On doit terrer même des excentricités regrettables, mais on ne peut laisser le crime impuni. Posons quelques exemples des cas où des pratiques odieuses, immorales, ne peuvent, sous prétexte de liberté religieuse, jouir de l'impunité.
Il y a, dit-on, aux Indes, l'association des Thugs qui pratique l'assassinat dans un but rdigienx. Chez les peuples anciens, la religion a souvent ordonné des sscrtSces humains; cette horrible coutume a existé dans le druidisme, elle a été pratiquée chez les anciens Romains; dans la Tauride, les prêtres égorgeaient en l'honneur de Diane les étrangers qui abordaient dans le pays; la fameuse histoire dlphigénie, dont le sacrifice était ordonné par un oracle divin, prouve que les Grecs, à l'époque liéroïque, se sont souillés de cotte abomination. Il est superflu d'énuméier tous les peuples ctiez lesquels se sont commises de pareilles infamies. Il f st bien peu de religions qui en soienl
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exemptes. L'ordre que Jeliovah donne & Abrahflm d'immoler son propre fils, prouve que, chez les anciens Juifs, de pareils sacrifices étaient une chose ordinaire; Jephté est également gloriRê pour avoir sacrifié sa fille. Enfin, les chrétiens eux-mêmes, bien qu'ils se vantent d'avoir reçu, par une révélation divine, la plus pure, la plus sublime des morales, ont conservé longtemps l'institution de l'inquisition; les aulo-da-fé ou sacrifices d'individus considérés comme ennemis de Dieu, étaient des fêtes religieuses; on regardait comme un devoir d'y assister, on se croyait sanctifié en contemplant les tortures et l'agonie ' des victimes. Eh bien, nul n'oserait aujourd'hui réclamer, pour une religion quelconque, le droit de renouveler de tels aclet de loi. Si une secte avait la prétention de commettre un homicide au nom de ciel, les magistrats interviendraient, non pas dans le but de porter atteinte au droit qu'ont les sectaires de professer leur doctrine et d'accomplir leurs rites; mais ce serait pour protéger la vie humaine garantie par le droit commun, ce serait pour pré* venir des crimes et sévir contre les coupables, de même qu'on sévit contre des assassins, quels que soient le but ou les motifs de l'assassinat.
D'après la religion des brahmines, la veuve doit se brûler sur le biicher de son époux. Il arrive assez souvent qu'une veuve tient à la vie et ne demande pas mieux que de la conserver, quand ce ne serait que pour avoir la satisfaction de pleurer plus longtemps le défunt. Hais ses proches exercent sur eLe une pression irn' sistible, la contraignent à accomplir son suicide, exaltent sou sacrifice comme une offrande agréable à Dieu et entourent cette affreuse cérémonie d'une pompe éclatante, de ma lière à
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p^iwfrer )e^ anist^ats i)e respect. Les ADgIais, maitres de I'rt4ii. flpfê^ avoir longlemps toléré cette çsvUfijie bar- Ijgre, pnt flBJ psr la proljiter, malgré lei) yiye^ reqaootr^nPâs 4s la populalion ^évQte et surtout ia plerg^ !>rab- Ofine, Da doit applaudir à p«f(e sag^ détermination : iî^ ont bisfl fsjt 4e protéger les yfiuyei cflijtrç îe fgnatlspie dç ceux qui VPC^'^nt les s? qp)ifier ipïlj^ré elle; ; et quatu} mÊme Iftiir cftpBentpfnent aprail été libre el sinc^Fp, l'aijT torjlé ne peijLt tolérer le spejUap^ Jjjdeiix d'une immo^tjpg publique, Une reli^on pe peut s'arroger le droit de corn* mettre de$ faits |-^proi;vÉs par la qiorale.
Il y çyaft jg4i3 des processions de flagellants qui, % 4^mi'ni(s, se foliotaient jusqu'au san^i l'Ëj^lise catholique sa;icti.rigit pette coutume qui était ponsi^dérée comme très-propre n obtenir la rémission des péchés. De très-grands saints l'ont pr^titjuée, et les supplices qu'ils se sont infligés, sont regardés comme |eur principal titre k la canonisation; cp sont des modèles offerts à radmirat|on et à l'imitation des fidèles (1). Cet usage est heureusement tombé en désuétude. Mais si quelques exaltés, dociles à la parole de l'Église qui n'a jamais erré, tentaient de le ressusciter, l'autorité serait parfaitement fondée à s'y opposer. Elle ne peut empêcher des fou^ de se livrer chez eux à telles austérités {pie bon leur semble, de se donner des coups de discipline pour gagner Je ciel; mais elle a la police des U^E publics, et elle ne peut permettre (jue, par le spectacle hprriblQ de l'çSusion du .sanj^, on répande le goût de la
(1) U carè Thiir) ; liil un ln|l£ fort cnrieni il«s FlagtOantt, dus leqad il rèlaM rabbè Dotlein m proaie, d'iprès les latorllè» lea rlu ImfiiuDles, qaili bgribtioR «sIMabrn* t rstvriidii cbi-iEliaidsmt M 1 rwfli-r I^NMiU i* i'£|liH- (Toi; Bjusin, Dict. ai Thàala^, i* Flagtllanti).
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ba^barïe; ta Vue de ces àltacités est propiS i 6épHi/^ iM mœurs, à inspirer là cruauté, à tWpflgfer Une mâriie Imîtative qUf aèvlëriarait Ulié tdlàffllté putflJquê.
Noua noiiâ btifUCrtitlâ a ceâ ëxetilpIeS. Ou'tl UotlS stifflite âë poser, eii principË- gêùéral, (^tle l'autorité dott JDtei'dtfe les actes coalfilii'es k 19 trlol^alé, Miik afbir é^ard Jl Id tm--leur religieuse âont où Voudrait les feftiVrir. Bais H i'at^ rélé âà tàclie; elle dOil laiSàêt clfCUlèr tmiles les doctritiëS, sans chertliét' i leâ juger ; elle dtJit permettre tous le* rilëS qui ne contieiitietit Men dé (trittiîriei.
La liberté doit-elle s'étdiidre même' àu^ ennemis de ta lilierlé, même a cêiix qui, jial'' principe, lâ conflamnent et ranattiëmatiseDt, à ceux qUl, partout où ils sont les pldà foris, iie réserveiit la liberté que poUr letlt prbpi*e âëc[e<et oppriment tous les dissidents? La libei'té Soit-ëllë être laissée à ceux-là mêmes qui ne s'éit sêrVént jjtië Comtne d'un instrument pour la détruire?... Ifous li'héâlttinâ pas k répondre par l'afDrmative. L'iiijùsticê de qiielqilëâ individus n'autorise pas la société a élr'e Injuste k leur êgâi^d. Si l'ott prenait pour principe de dénier la liberté â tdUâ ceux qui peuvent en faire un maiiVais usage, elle n'existerait plus, et l'exceplion tuerait la règle.
Sans doute il est pénible cle confier a celui qui he craint pas de se dire notre ennemi. Une arqje qu'il va immédiateâient tourner contre nous. Ainsi, le cattioUcisme, bieii qu'il se fasâe libéral quand il n'a pas lui-riiéine toute la liberté qu'il désire, est l'ennemi implacable de la lîberie. L'absolutisme est de son essence. Les cbels de l'Église sont, d'après lui, les représentants de Dieii, ont reçu du ciel la mission de gbUverner, d'enseiènSï \é inonde, de
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prononcer souverai Dément sur toutes les questions de foi, de morale et de discipline, de déterminer par conséqueot ce que l'homme doit croire et comment il doit agir, de lui tracer la règle de ses devoirs; la première vertu du fidèle est l'obéissance, la soumission aveugle aux décisions du clergé. Quant à ceux qui ne reconnaissent pas son autorité divine, ce sont des rebelles pour lesquels il n'y a pas de droit, et ce serait se rendre complice de leurs erreurs criminelles, que de leur permettre de les propager. Aussi l'Ëglise, à plusieurs reprises, a-t-elle anaihématisé la liberté des cultes et la liberté de la presse, notamment par l'encyclique du pape Grégoire XVI, en date du 18 août 1831. Malgré ces dispositions bien connues du catholicisme, on doit bien se garder de le mettre hors du droit commun, de le frapper d'une incapacité exceptionnelle en lui refusant la liberté dont jouissent toutes les autres sectes. Et» intolérant à son égard, ce serait suivre ses maximes qui, mauvaises chez lui, ne deviendraient pas meilleures en passant chez ses adversaires. Ce serait se faire une bien haute idée de la force morale du cathoficisme, que de le rejeter ainsi hors la loi; ce serait reconnaître implicitement que, s'il était admis sur le pied d'égalité avec les autres sectes, il parviendrait à les effacer toutes et à les faire disparaître, comme un chêne vigoureux qui étouffe les faibles arbustes sur lesquels s'étend son ombrage. Un tel liommage rendu ï sa supériorité ne le grandirait-il pas dans l'opinion de ta multitude, et conçoit-on quel parti en tireraient les preneurs du catholicisme. < Les ennemis de Dieu, diraient-ils, les libéraux protègent toutes les sectes erronées, sachant bien qu'ils n'ont rien à en craindre. Mais la seule Église véritable, l'Église instituée par Dieu
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pour 6tre l'arche du salul, a le privilège de leur haine et de loir persécution; ea la distinguant entre toutes. Us ont, sans le vouloir, avoué son excellence. Le génie du mal a reconau où siégeait l'esprit de Dieu. >
Qu'OQ se garde bien de donner aux ennemis de la liberté un tel avantage. Ne renouvelons pas, dans un siècle de lumières et de progrès, ces odieuses distinctions qui autrerois pesaient sur certaines classes; rappelons-nous, avec im sentiment d'horreur et de commisération, l'état des luifs au moyen-âge, dépouillés des garanties ordinaires des citoyens, soumis à un régime infamant, parqués, comme ils le sont encore à Borne, dans une enceinte immonde, dans le Ghetto, séquestrés comme des lépreux dont le contact serait pestilentiel. Priver de ses droits une partie de la population, ce serait, jusqu'à un certain point, ressuseiter contre eUe le système d'oppression suivi jadis contre les Jui&, ce serait entrer dans une voie funeste de persécution, et l'on ne saurait plus où l'on pourrait s'arrêter : les esprits s'aigrissent, la lutte les irrite, les déshérités sont toujours prêts à devenir des factieux; le gouvernement qui, sous prétexte de nécessité politique, s'est écarté, b leur égard, des principes de l'équité et du droit, se croit dispensé de tout ménagement; il veut obtenir par la violence une soumission que lui refusent des cœurs ulcérés par la persécution, et il se trouve ainsi entraîné aux mesures les plus violentes, les plus odieuses.
'Où doit encore considérer qu'il serait injuste de persécuter les catholiques è cause des doctrines de leurs pasteurs. Les simples fidèles, loin d'être responsables de ces théories de despotisme, en sont les premières victimes. En les traitant comme des citoyens, en les faisantparti-
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Clper i, la liberté, on leur fera apprécier tes bienf^iu de l'esprit philosophique, on les récoociliera ave<i les iiistitutions modernes, et l'on affaiblira d'aut«il l'influence qu'exerce sur eux le clergé imbu de l'esprit rétrograde.
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m LA LlBR)tT4 DS DISCUSSION SN ÎIATttlIE RILIGOUSt
16 liberté feiigtêù^ n'est edidpléie tplé d ell« efl SA^ tdm^gtiéé âé la Vttéelé «le ëtscnmm. Toute S&Sie dUtl iTOir la fâÉufté dé iïiire des jfn>sélyttô, de pfgtïhet sâ dcJC'
trinê, iF&h prûtivëf l'éXiïeiléllct! par tcfts tëS Met; enâ ifé puMcItè, ât de la défend» Contre les dtlaqttëé dont elle peut être l'objet. Le droit de' Mte sa p^op^e epologlë entroloe celui de discuter les dckïtrtaâS rlVEflfiâ et d'en prouve^ la rausseté. Le catholique, p6ur' déiHôDti'er la Vérité de ei doctrine, a tésolo de pfouvec qile les ïttlls Oflt eu tort de rejeter Jésuâ cotntte Vessie, et (ffie i«f ptole^anls tcottt pu légitimement se soustraire h fâolorilë des papes, iwicesseura de satrtt Pierre. Leâ pfcrtestants, dé leiïf côté, ne peuvent plaider leUr cauSe Mm étntflit f[ae l'Église ctlihoiiquë n'a aucune autorité légitime, et 4U*ëfié 6 coiftMfpU fenseigAëtnéntéffif^éll^é. LejudtrTsflleiiâ [iem se jnstf-
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fier qu'en prouvant que Jésus était un faux prophète, qu'il ne remplisssit aucunemeut les conditions exig:ée8 par les prophéties, que le Heasie promis est encore à venir, que le cfaristiaDisme est en opposition avec la lettre et l'espdt des Écritures révélées et mérite l'anathème lancé par Jehovah contre les propagateurs de fausses religions infecté» d'anthropomorphisme, de polythéisme et d'idolâtrie. Et ainsi des autres sectes. On ne peut refuser i aucune d'elles le droit de discuter comme bon lui semhle toutes les questions qui la concernent, et de chercher à prouver sa supériorité sur les sectes rivales. Chaque secte, se réservant le droit d'attaquer les autres, doit donc se résigner h être aussi attaquée par elles. C'est la loi de réciprocité et d'égalité. Donc aucune de ces sectes n'a le privilège de l'inviolabiiilé, ae peut imposer silence à ses agresseurs, ne peut avoir la prétention de porter des coups sans être exposée à en recevoir. Si toutes peuvent élre critiquées, le libre penseur qui tes rejette toutes, aura donc le droit d'ea prouver la fausseté et de travailler à assurer le triomphe de la raison pure sur les débris de toutes les révélations.
Malheureusement, ces principes ont été presque toujours méconnus et ne sont encore admis que dans un petit nombre d'États. Pendant bien des siècles, la reli^on dominante a eu seule l'usage de la parole, et l'on ne pouvait la contredire sans commettre tout è la fois un sacrilège et un délit. Le bras séculier se mettait au service de l'autorité religieuse; les deux pouvoirs étaient associés pour étouffer la voix des novateurs contre lesquels se dressaient les plus affreux supplices. Jean Huss, Jérôme de Prague, Vanini , Savonarole , et bien d'autres périrent sur le bûcher. Les écrits des dissidents étaient brûlés par le
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main du bourreau, el leurs juges Taisaient rechercher et détruire tous les exemplaires, se flattaot par ta d'anéantir la peosée, d'en efTacer la trac«, d'assurer la victoire à l'orthodoxie et de rendre impossible toute contradiction. VaiD espoir ! la pensée est plus forte que les tortures, elle résiste aux bûchers, elle pénètre à travers les cachots, elle vole d'un bout du monde a l'autre, elle est insaisissable, elle survit à toutes les persécutions, elle mine la puissance des tyrans auxquels il ne reste que la honte et rinfamie. Le souvenir des atrocités commises pour conserver intactes les doctrines dominantes, inspire l'horreur et rend odieux tes pouvoirs qui n'ont pu se maintenir que par ces moyens exécrables; tandis que la mémoire des martyrs est en honneur, leurs noms sont salués avec amour, leurs écrits arrachés â la flamme des bûchers (i) permettent à la postérité de s'entretenir avec ces valeureux champions; ce qu'il y avait de sain, de vrai dans leur euseiginement, sert à éclairer les nouvelles générations, à Taire progresser la science.
C'est donc en vain qu'une secte dominante se flatte d'immobiliser l'humanité, d'arrêter la marche de ta civilisation, d'interdire toute pensée en désaccord avec sa doctrine. Autant vaudrait commander à un fleuve impétueux de suspendre son cours : le flot ne cesse de monter et ren-
(1) Qtttai rinfbrinni Michel Senel Idi liitlé «if i Geiit>e par ordra dn rirooch» Cittin, In Jages flrenl délroire loat reqnt tnl ironvé d«s cteniplaires de son oanagc, an lolnme Cul flatt sar le bActaer poor tUt brtlé ii«c l'igteaT. Mais un imi Inconna eut le conrag^ ie soiulralrs loi aamnies cet eumpliir«, doRl qDelqDei pigee eodi i demi brûlées, et l'a conservé coruBie une reliqiie prtclense •■ on peat le voir i Paris, i h B)blJolhèqo« impériile ot il i itt déposé. Voir Bm. SAiisn, Eiiatt tvr la pMIctophit et la nligion a» XJIP ilicU.
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- 34,verse les digues impuissantes qui lui sont opposées. Si ùiie population se laisse garrotter par une caste sacerdotale, elle subit ie sort de l'ancienne Egypte qui , peu à peu glacée du sommeil de la mort , est symbolisée par ses momies desséchée^, enveloppées de bandelettes (Unèbres. Le mouvement incessant, l'aspiration vers le progrès indéfini, sont les conditions essentielles de la vie de l'hiimanité : méconnaître cette lot providentielle, c'est se siiicider.
Honneur aux peuples chez lesquels existe la liberté illimitée de discussion t Salut à l'Angleterre, à la Selgiqtie, & la Hollande, à la Suisse, au royaume italien, au PortU^l, à la majeure partie des États <le l'Allemagne l F'ourqiiiri laut-il, hélas I que la France qui, au prix de son sdng, a donné la liberté au monde, que la f'rance, pays généreux et chevaleresque, qui, par sa grande révolution 3e SO, A inauguré l'ère de l'émancipation du genre hiimaiii que la France soit, sous ce rapport, en retard de' lous leS pays qui l'environnent? Les diverses constitutions ont prcJcIamé la liberté de la presse aussi bien que la liberté religieuse; mais on a trouvé moyen, par des lois réglementaires, de supprimer ces libertés. D'après l'article 1** de la loi du 2S mars JSâS, le Tait d'outrager ou de tourner en dérision la religion de l'État ou foute autre religion dont l'établiâsement est légalement reconnu en France, est un délit passible d'un emprisonnement de trois mois à ànq tin», et d'une amende de soo fr. h 6j000 fr. heê religions privilégiées auxquelles s'applique le béiléfidé de celte InviDlsMlité, sont au nombre de quatre, savoir : le catholicisme, les pratesttintisineB des conreasicm» d'Au^bottl^ et d« G«> nève, connus sous les noms de luthérianisme et dé ëalVI-
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DJsme, e( enfin le judaïsipe. Les tenues de la loi sont d'une éUsticité telle qu'il est impossible de fixer les limites de la discussion autorisée. Tout dépend du caprice du gouvepnement qui, par les instructions données au ministère public, ordonne les poursuites quand il le juge convenable, et des ppinions individuelles des juges chargés de statuer sur la plainte. Les organes du gouvernement, quand ils ont à se prononcer sur le sens de la loi, accordent que la discussion ealçne, sérieuse, est permise, et qu'il n'y a de d^t que qi^anij l'écrivain bafoue la religion, injurie au lieu d'argumenter. Mais comment établir une ligne de démarcation e^tre ces deux genres d'attaque? Un auteur, aous peine d'être illisible, ne peut rester froid et compassé d^fia sps démonstrations, aligner se^ arguments comme des Ihéorèmps de géométrie, rasseqabler les documents conjme un statisticien qui groupe des chiffres. Non; s'il veut entraîner ses lecteurs et leur faire partager ses convictions, il faut qu'il se passionne pour la cause qu'il défend, il faut qu'il s'anime, qu'il répande dans son écrit la cliateur el la vie; en attaquant l'erreur, il ne peut résister à une .^ajn.te i?o)èrç, % u;i^ généreuse indignation; quand il dépciat Iss eSeU funestes et dégradants de la superslition, il ne p«it lui être interdit d'user de l'ironie, de fiagpllpj (lu foyel de |8 ssHre Je? sottises, les tijrpitudes qm ont fait la honte et le maUiâur de l'iiumanilé. Comment déterminer le degré de véhcmenee qu'il ne pourra dépasser; fiwwMflt m^swei' *i la régie et au comptas le à9m'm
diBS 4equel il devra se ciKonscrireî Les distinotions qu'on a voulu établir, sont arbitraires et n'ont servi qu'à prouver <]ue la loi eat un véritable piège. Sans doule, un grand nombre de livres très-hardis ont été publiés impu-
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nêment (I); mais, dans une Toule de cas, des écrivains . qui avaient usé du droit légitime de discussion, dont les ouvrages étaient des traités sérieux, dogmatiques, et non des pamphlets, ont été poursuivis et condamnés à des peines fort sévères. On peut citer, comme un des exemples les plus curieux, celui de Touquet, qui, sous la Restauration, publia un livre intitulé : Morale de l'ÉvanffiU, composé exclusivement de textes évangéliques par lui choisis, sans un mot de commentaire. Comment voir, dans une telle compilation, l'oulrage ou la dérision f Le ministère public exécuta ce tour de Torce et raiBonna ainsi : Vous citez les préceptes moraux sans faire aucune mention des miracles; c'est les nier implicitement et par conséquent saper la base de la révélation; or, nier la religion chrétienne, c'est lui Taire le plus grand des outrages. Cette argumentation, digne d'un Laubardemont ou d'un inquisiteur, eut le plus grand succès, et le malheureui écrivain Tut condamné et succomba devant tous les degrés
(1) Aijisïiiliélé jflgi qu'il n'ji pas onlng« ou dérisian i la religloa de l'EUI daus la laii d'nn écrivain qal nid 1> révélation du tériiés du chrisiianïsnit « n'sdmei. en religion, d'anre dogiue essentiel qw l'eiiBlence de Dlan et Tlsinoruliiédellme, si d'ailleira l'écriiain est décent et mesnrèdins ses eiprcsslDDs, ei que ce u'esl 19 qne l'esercice de la liberté religiense consticniioQnelle (Arrêt de li Conr rojale île Fsrls do S9 jintler tsas, Sjhii, t. XSTUI, [!■ parlle, p. i»), latt encore qne l'eiereite de la liberté religieuse penl aller. eii France, Jnsqu'i prédire l'intmlissenient de la religion cbrétienne, ou sier publiqnenjea 1 le dogme cbretien de la perpétuité de li foi, paarvu qae !■ negalion du dogme etaftiien ne dégéntre pK, par la isaHiére dont elle esi exprimée, en injire et «Dlrage> soit il tsM crojance, soit ) ceni qni la profeseenli qM peu importe que cette négitioii soit contenoe dans un écrit péclodlqne, jiHimiI ou gaietle, on dans no ouvrage scienliAqne; et n'importe encore que l'autcnr de la négation ait émis cette opinion, od par convirtion on par légèreté, lu profit d'niie religion autre que le rlirlstianlinie on an prolt de l'irréligion elle, même (C. d'Aix, arr. du 3 décenilire isas; Shet, I. XXX, if pulie, p. M>
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de juridiction (1). Parmi les condamnatioDS plus récentes, nous nous bornerons à rappder celle du fameux Proudhon, pour quelques passages de son traité: Delà jiuttce dani la rivobttion. Après de telles décisions, la liberté de discussion n'est-elle pas un leurre, et l'écrivain qui veut traiter des matières religieuses n'a-t-11 pas au-dessus de sa tête one ^>ée de Damoclès?... Tout récemment, un des cardinaux qui siègent au Sénat se plaignit avec amertume de la mollesse avec laquelle le gouvernement usait de son droit de sévir contre les écrits contraires au christianisme, et réclama énergiquement des mesures de répression contre le livre de la Vie de Jims, de H. Renan, ouvrage hétérodoxe sans doute, mais dans lequel l'auteur parle de Jésus avec des ménagements inHnis et lui adresse même les éloges les plus hyperboliques. N'importe I la divinité de Jésus y est niée, quelques miracles y sont expliqués de ma nière à descendre au rang des faits naturels, on va même jusqu'à y faire intervenir la' fraude. Le prélat en lire des conséquences qui ne sont pas exprimées, qui sont même cwitraires à la pensée de l'auteur. Si Jésus, s'écrie-t-il, est UD imposteur (ce que H. Renan n'a dit ni insinué), nous tous, les ministres de Jésus, sommes donc aussi des im-
•I C< d> Pua, 17 décembrt lS»j Siiir, t. ZZX, iw iiarUe, f. 19). Sa Bolni, l'irrtt qa), ptr *pprttiiUoi des lames d'in ariicle da Jonniil c<iniauit( ma Mie frédldiim «a «AfitioB, itcUt qie cat inicK D'ast pas im ODinge k p reticlon dans k ecbs da 11 loi pénale, atl, «us ce rypMi. ï l'abri de l« naunre (An. da b Cour da cMsition dn IS jantier 1830i Sihct, t. ZXX, t™ pirtia, g. Ui-, Ballitin cHminil, ^ ZXXV, p. 3t). Jugé aossi que l'eit^ ■afDcmenl du piéliime on d'one religion sans ministre n'eel pas un outrage k la aaorala pnUiqie et raligiegia {G- roj. de Golmar, >ra. dn 98 avril tsa&; St«CT, I. XXXVI, II* partie, p. 33B).
(1) An. de la Cour da lassitloii di IT mars tUTi Sjrei, t. XXVII, I" pMlie, r. SUT ; BtiUeKn crfm., t. XXXll, p. IIS.
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- M p09t«urs ? El fon soulhe que te ctergé enti^ soit aintt •utragèt... Cerles, si le c][erg:é avatl encore lanémetethiencc dont U jouissait, ators qu'il Jetait le réquisitoire contre Touquet, M. Renan aurait partagé le aari de eékâd. Hais le gouvernement, dans ^ conduite à Fégsrd du clergé, oscille entre deux politiques; tantdt il lui Mt toutes sortes de concessions, espérani obtenir son apimt et s,^ea servir pour affermir son pouvoir; tant&l, mécontent âesoB peu de dociUlé, de ses mauvais procédés et inëaie d» quelques marques d'Ingratitude, il se montre plus Hservé dt veut faire rechercher sa protectîon. 6'est un manège de coquetterie, une fluctuation de petites querelles et de raccommodements. M, Renan, qui, du reste, ut personneHement protégé par le cher de l'État, a eu la bonne fortune de faire paraître son ouvrage dans un moment où les deux puissances étaient en déUcatesse; Il a pu s'affranchir de toute persécution. Mais, un autre jour, la situation sera changée, sans que rien au dehors n'annonce un revJrê> ment de politique, et un écrivain qui n'aura pas l'avant^ d'être bien en cour, ni l'honneur d'être membre de HnsBtut, sera bel et bien condamné, et le gouvernement, heu* reux d'avoir fait un exempte de sévérité ftt tmmà Dtfii, fera par là montre d'orthodoxie et calmera l'humeur bellitj^iieuse diUL clergé.
Avffî une )MtreillQ lot, aa ae poui comptée sur ci«a. fo traitant des religions, on s'^pose à des poursttilee tewittliBS, im:i est i^la merci d^ éyénemeat?; le droit n'exis^ pas. El comme s'il ne suffiaait pas de la s»véEitâ da La loi, 11 a été admis, depuis le 9 déoembre tssl, quç, potir les lÀviea imprûoéa à réliangcr, le GouverueiQ^ était ipy^ti d'un plein pouvoir; il p«ut, à so» gr^ Ie» Itàtsat- Mlrei
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•D FriDoe 9U \e& fauecâice, sans avoir teaoia de motiver ses âéeialDnt; c'est la œnsura âaas toute aa pei>^ tectton.
Tous les aoua du itfogrès âeivest cviuiir leuia elorta pour amener la réforme d'un 1^ état de chose«i, Aucune entrave ne doit arrêter l'éasu de la peuaée, aucune matière ne doit étrft aSif|nohie de l'«xamËu; pas de bamaa à la diseuMiaB. Un syalème qui ne vuit pas èlre diseuté, aviHie parifasa faiUesaa et se reconnaît hais d'état de lUfk porter les ép^euveâ de l'exi^nen ; impeiser sitenca i sea adversaires, c'est oenksaer qu'ut ne pml luUer avee eux sans être battu, et qu'on veut devoir la viotture, Don it la nipérlwité des ai^uments, mais à la Ibroe brutale- B^^ rien de phis bumillaat pour une doctrine que de se déro-^ ker ainsi par la fuite à un débat contradictoire î Ouoi 1 V0U3 prétendei tenir votre doctrine de Dieu hii-méme, et «eus C4»nptei assej peu sur la solidité de votre cause pour fedouler les 'efforts de la soience humaine ï Comment, dans une controverse à armes égales, le champioa de la vérité s^att certain d'avance d'ôlre vaincu par les défenseurs de l'errenr, qitijoiûraient ainsi d'une Mipériorité écrasante I Cet aveu d'ivpuissance ne prcuve-t-il pas que les partisans des révélalions apprécient bien bas les doctrines «hmt ils sont les représentants? Et alors pourquoi imposer aox po^lationa un systàme uit lequel on ne peut porter la lumièFe sm)9 en ftilre ressortir ta fausseté?
fcea apologistes des révélations voudraient acaparer pour ewE la liberté de diseuseion, attaquer tout à leur aise, sans (pie leurs adversaires pussent se d^ndre, affirmer sans que personne pAt les contredire ; c'est ta positicHa o<»Dmode (tu prédicateur qui petit tout dire et triompher à son aise
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sans combat, ou qui se choisit pour adversaire son bonnet carré coostaéré comme jouant le rftie de l'incrédule; Torateur interpelle ce représentant de la philosophie, l'accable du poids de son éloquence, ioToque son silence commt une défaite, se décerne ta palme de la dialectique et d^ clare avoir terrassé le rationalisme.
Hais la théologie, quand elle attaque les dissidents, veut pouvoir user, dans toute son étendue, du droit de discussion; elle entend bien qu'aucune barrière ne doit l'arrêter et qu'on ne lui fera pas l'injure de la parquer dans des limites : la discussion calme, méthodique, ne lui suffit pas; il lui faut aussi la fou^e et l'emportement ; elle ne dédaigne pas de manier l'ironie et d'employer même Foutrage et la dérision. Les prophètes de l'Ancien Testament ont donné l'exemple de la véhémence ; quand ils tonnent contre l'idolâtrie, avec quelle verve ils la bafouent, qu^ traits acérés Us lancent contre ces dieux de bois et de pierre, qui ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre; contre ces simulacres inanimés devant lesquels l'homme a la folie de se prosterner 1 Voyez notam* ment Isaïe, XLI, n-U, et XLIV; I Rois, V; Sagem, XV, XVI et XVII; Ptaum CXIII, etc. Quand les Pères des premiers siècles attaquaient le paganisme, ils ne lui ménageaient ni le dédain ni. l'outrage. < Nous refusons, dU Tertullien, d'adorer des statut, des images froides et ina. nimées et par cela même plus ressemblantes. Les milans, les rats, les araignées n'en sont pas dupes. Notre courage à rejeter un culte évidemment erroné ne mérite-t4l pas dea éloges plutôt que des châtiments ? Et pouvons-nous craindre d'offenser ce qui n'est pas, et, par conséquent, ne peut sentir ? [Apol., eh. Xllr] * < Les hommes ineptes, dit Lac-
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tanee, ne comprement pas que ti les simulacres pouvaient sentir et se iDouvoir, ils adoreraient les hommes par qui ils oDt été faits (IiutUvt. div.) > < Pourquoi, dit Araobe, teoez-TOus reorermés vos dieux sous cieT? Estce de peur que le larron ne les emporte la nuit ? Si vous êtes assurés qu'ils sont dieux, laisaez-leur le soin de se garder euxmêmes. * La polémique des Pères est pleine de traits seioblaUes, H. Salvador Tait à ce sujet la réflexion suivante : 1 On s'est beaucoup étonné du langage sarcastique qui était familier à la philosophie beUigéranle du dernier siècle ; on s'est récrié contre les moyens que, dans son enthousiasme presque religieux, cette philosophip avait dirigés avec tant d'cfQcacité contre les bases intimes non moins que contre les abus de Rome cathoUque. Cependant, OD ne saurait le dénier, tout cet esprit, toute cette amère indignation avaient été déjà dépassés. Us pâlissent devant la verve pamphlétaire et le trait saintement railleur que les propagateurs primitifs et militants du christianisme surent si bien employer contre tes vieilles traditions et croyances de Rome première de nom et de religion, ou Home' païenne (i). ■
' Cette tactique n'a pas cessé de se maintenir chez les écrivains chrétiens : on sait avec quelle virulence ils attaquent tout ce qui est en dehors de leur église, avec quelle exubérance ils prodiguent à leurs adversaires les épithètes lHaj>lus insultantes. Comment peuvent-ils donc reAiser k autrui une faculté dont ils usent si largement ? La raison et la justice ne demandent^Ues pas qu'entre tous les systèmes les armes strict égales f...
fl) FirU, Ront tt Jirvtaltn, t. I, p. »T, Ml.
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Omlii«es Bsprita UUiâes s'atwRRnt dHme IHiHtA 4è «scnssion iUimitée et cniignent que tes «poti^tes 4w divewes irëig*owi ne se (aisseot eulrtlBer à aoulerir des thèses dangereuaeg pwr te «ciel*. Si l'on char^ «a* iuHdtetioii quelconque da eoin de contrôler les doctrines fA de n'BtiioriSBr que œllfS qu'elle Jugera sans dai^jer pow l>wdra, on rétablit la censQt«, on mtd toute disenssioii imttDssIble, on enchaîne la iwnsée, on enraye te cfaar da progrès. SI B« contraire on veut la liberté, on doit admettre qu'il en résultera l'éclosion des idées les plus diverjfenles. tl Taudra bien en prendre son parti et laisser tout dire, k moins qu'un lécrit ou an discours ne contienne la provocation directe * BofflMeitre le crime. AliMS seulement le magistrat doit Intervenir dans l'intérêt du maintien de VordPe; èl encore n'a«ra-t-il point & juger la dbctrii» W fi Se ptortoncef aur la secte qui la propage ; mal* Su miffirton se boruert è sévir contre le dail de provocation.
Quand les écrits ou discours ne twntiennent rien d»' semblable, on ne peut les incriminer, sous prétesie qu'il» renferment en germe des conséquences hulsiblEls à't* stt^ clété. Car, s'il fhllait s'artéteï t un(3 telle imputation, il h'y aUrftit pas de doelrine qui né pflt oins accusée; et )l ti'y en a pas une contre laquelle ses adversaires n'aient fbrmuK l'accusation de conduire à l'abîme, de renfoi-mer tous iss fléaux imaginables, d'être une peste pour la Sociélé. Ainsi, beaucoup d'écrivains religieux sooliennenl que; sans II croyance & l'Immortalité de l'âme, la morate tt'B p»8 *8 sanction, que, par conséquent, attaquer ce dogme, B'ert saper les bases de toute société. Leurs adversaires ont souvent prétendu, au tontrflire, qUe cB dogme eBtrliiOiit
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le éégoM de ta vfe terrestre, pMwaail k l'aseélisine, à Cap«fliieetatimid4e(l).
On re^rde géarintiement l'existence de Dieu et 11in»w> talHé 4e l'Hinie cemne tes fondements essentiels de teuM MHgien, de tonte onrale : eh bien, U. Barthétemy-SaïaU HilaiKi dans aoa savant ouvrage du fl a w rf fc a» asaure que le MudUuae, qui ait Is retigtou de près d'un tiers dn gbnre Mnain, e»lut ces deux dogmes et ne promet à set aaeUteÉrS) «pAs la vie tene^re, que le repos âaos la néant (nirvana).
Les partisatM de la fii^àre afiiratent qu'dle eat iiidl9|wns«Me è l'hemnet qu'eue le toutient deas les éi>reuvea de l'a Ti^ est peur lui uae Murce de ootMolations et de bieu- (Wtti que, sans la prière^ l'IiMame perd la pralée de Dieo) tdmbe dans le nwtérialiame et i'atliéiatne> Il f a des pliilOsophes qHI soutiennent, au eontrairei qu'en demandant d IB dtTinité ce que unes poUvotis et devons nous procHM pn Voi propres roras> nous nous hablluons è retnpiaceï llKCtlon par l^ïrsison, le travail par la contemplation ; 4ue !«*■ Ik l'homme s'énerve Bt devient Impropre k remplir iw devoirs envers la société.
(1) • Cent (iDtjDKïDl qnele dt^ioe de l'immarulllé de l'ime esl iiéc«stti» an mainlitn ie ti monlft pnbUfat, ne seroul pas peu surpris en Ibanl la noie de l'irgoBcnt di dialogne de tiitina, de la irailnciion de Dicier, relalire h lyilème de la nature (p. 930 dn 1" val., d* 11), Elle eal ainsi ïoii;ae : < Lorsque le dogiK de rinraiDrUlilé de rame, sorti de l'école de Flaioii, lim I se rtipandre chei les Giccs, il caosa les plos grands linges ei dderuina DDe fonle d'homiuei raéconlcDls de lear son a lerminer tenrs Joars. PloKntée rhiladeliibe, roi dXiiipte, en vojaiil les eCTeis qoe ut dogiM, que I'db regarde anjflonl'bal camnie si salnlaire, prodoisall snr lé eertean de ses SDJels, difendiide l'^oselgner sons peine de mon. >
BvcaKn, Foret ei maUère, irad. |i>r Camper, 1 toI., Leipsig, IHtt «ne de 11 page 114,
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Dans les querelles Ibéologiques, où de part ei d'autre OD a la prétention d'être parfaitement orthodoxe, les écrivains s'accusent réciproquement de détruire la religion et la morale, ils se jancent à la tète les reproches d'hérésie rï même d'athéisme, sans compter les injures qui assaisonnent habituellement le débat. Par exemple, Pascal, au nom de l'école de Port-Royal, accusait les jésuites d'enseigner une morale rel4cbée , funeste , anti-soasle , de pervertir les atann : les jésuites le traitaient de tittm tenftr.
L'État doit être neutre entre toutes ces querelles ; il n'a point à s'émouvoir des r^roches que s'adressent récipt<H quement les docteurs des diverses sectes, ni à inlervenir, soit pour favoriser, soit pour arrêter les progrès d'une secte quelconque. Le Gouvernement n'a aucune compétence pour prononcer sur ces matières. Il doit laisser le public libre de juger et de faire son choix. Pourvu que l'écrivain ou le prédicateur s'abstienne d'exciter à la révolte, de provoquer au crime, d'outrager les mœurs, qu'il ait le droit de discuter sur toute matière en pldne liberté.
hK TOLÉRA N CE
n faut dislinguer la tolérance légale et la tolérance ino~ raie. La première existe dans les lois, la seconde est dans les mœurs. La première coDsiste dans les institutions ayant pour but de permettre aux diverses sectes religieuses d'exister et d'exercer leur culte sans être inquiétées. La seconde consiste dans cet esprit de douceur et d'indulgence qui porte les hommes à la concorde et à la bienveillance réciproque, sans distinction de sectes; qui empêche les dissidences religieuses de troubler les familles et la société, qui nous fait supporter sans aigreur les difTérences de doc< trines, et étend la fraternité à tous les membres du genre humain.
La tolérance légale se trouve comprise dans la liberté religieuse; nous n'avons donc pas à y revenir. Nous fe-
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roDs seulement observer que la toléraace est ea quel([ue sorte le premier degré de l'émancipation : l'opprimé regarde comme un grand bienfait d'élre toléré par le parti qui a usé de sa force pour le persécuter. La tolérance suppose un élal d'infériorité de celui qui est toléré; c'est une faveur qu'on daigne lui accorder; le maiire veut bien user -envers lui de condescendance, faire Béchir une autorité qu'il pourrait maintenir dans toute sa rigueur. Celui qui est toléré, est encore bien loin d'être admis ii l'égalité. La liberté religieuse, au contraire, implique un droit inhérent à la nature humaine, appartenant à tous avec la même plénitude; et, par conséquent, la liberté, exclusive du privilège, suppose l'égalité. Les philosophes modernes ont réclamé avec énergie, en faveur des minorités opprimées, la tolérance qui aurait été pour eux un port de refuge; maintenant, ce ne serait qu'une concession insuffisante; au nom de l'humanité, nous voulons pour tous la liberté complète.
Quant h la tolérance morale, ce n'est point des législateurs ni des gouvernements qu'il faut l'attendre. Ce sera un résultat de l'adoucissement des mœurs, du progrès de la civilisation. C'est à tous les gens de bien à y contribuer suivant leurs forces. C'est par la persuasion qu'il fadt attaquer le fanatisme, en faire sentir l'horreur et faire pénétrer progressivement les sentiments d'humanité. Qu'o;i cherche à bien faire comprendre à ceux chez lesqueb l'éducation religieuse a inspiré la haine des dissidents, que rien n'est plus opposé à l'esprit religieux, plus contraire aux intérêts même de la religion. En montrant i ceux de nos frères que nous croyons égarés, de la bieo-
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— 4T — velllance, une tendre sollicitude, oit dura t^clque espcrtr de toueher leur «eur, de les attirer b sol, dô leur fa!r« aimer ta rellglort qu'on retyréscnio. Cominent, au con> traire^ ne la ferait-on pas détester, quand elle se mobtrej IM htltfie et l'Iftjtire It 1^ bouche, qnaitâ elle n'a, pour ceux qui iie veulent pas reCon&alire sort autorité, que malédiO- Sott» et menaÈês, qualid Hfô est toujours pl-éle k lûvo^ quer la violence à son aide, pour Mte Récttlr lea réaU' tsnoeâ?
Celui qui est fermeinent altsotaé b sa religion^ peut plaindre les hommes qui ne Jouissent pas dd nJême 8Taa- (age; mais il n'est nnllemeni fondé b les regarder eomnu) deè perrera ni comme des rebelles. S'il veut écouler uti instant la vois de la raison, il considérera qtte le erlmd seul doit inspirer l'horretir; mflls que l'errettr ne peut exdler que la cointtiiaéraflon et l'indulgence; que les hommes qui ne partagent pas nos croyances religieuses ne méritent auoun reproche, -ne peuvent être mis sur le même rang que les scélérats qui violent sciemment les lois morales et font un mauvais usage de leur libre arbitre pour iToulrier la société. L'homme n'est pas maître de ses croyances, il ne peut accepter uno profession de foi qu'autant que sa conscience y adhère et que sa raison en reconnaît la vérité. Celui qui eit dans la bonne voie ne peut que plaindre ceux qui sont en dehors et faire des vœux pour leur conversion ; mais il ne peut s'irriter de ce que d'autres hommes professent des religions différentes de lu sienne. Il doit se dire que, s'il a le bonheur d'être en possession de la vérité, il le doit, du moins dans le plus grand nombre des cas, au hasard qui l'a fait naître dans une famiUe orthodoxe, Ainsi, vous, catholiques, voua
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Bvez été élevés dans la relJgi<Hi de vos parents, vous avn été habitués dès votre jeune âge à la considérer comnte li seule vraie, à respecter par dessus tout la foi dévot fènt. Soit, mais remarquez que ceux qui sont nés de TaipUet Iffotestantes iHit également reçu de confiance La religioa de laurs parents et ont les mêmes motifs que vous d'éM attachés klafi» d« Iran pènt; et ainsi des juils, muNilmana, boudtaistes, etc.
Tous ces hommes que vous traitez d'hétérodoxes, agissent exacteoient comoH vous, c'est-à-dire qu'ils deowurent fidèles à la religion où ils ont été élevés, oe v^ lent pas entendre parler des autres communions et quaUfieraiwt de crime un changement de religion, ce qa'ili flétrissent du nom d'apostasie. Comment pouvez-vons dino Uàmer chez les autres une- conduite qui, de votre part, vous semble excellente, pieuse, digne d'éloges? Soyei conséquents : ce^ez de vous réserver en propre le titre de lidèla, en traitant d'infidèle* ceux qui ne pensent pu comme vous; vous êtes, les uns et les autres, fidèles i h coutume et à l'exemple; nul de vous n'a, sous ce rapport,' à se prévaloir d'un titre de supériorité, et vous n'avez non plus rien à vous reprocher.
Tous les hommes ne regardent pas comme un devoir de penser exactement comme leurs parents et leur nourrice et d'accepter avec une aveugle confiance les opinions de leun ancêtres. Il en est qui se disent que leurs ancêtres, à une époque reculée, en se faisant chrétiens, ont abjuré la foi de leurs pères, et que leurs descoidants doivent avrar, aussi bien qu'eux, le droit de juger par eux-mêmes et de choisir. Us usent donc de leur raison, ils laminent et cooparent les religions, et ils se prononcent en connaissance
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de cauae. Les ttos, par suite de ce travail, s'affermissent dans la religitm pateraelle, d'autres ta quittent pour embraaaer une rdigioQ diOérente, d'autres enfin rejettent toutes les révélations et s'en tiennent aux lumières de la raisMi humaine. Quelle que soit la doctrine à laquelle on donne la préfêr«ice, on n'est pas en droit de btftmer ceux qni ea ont dioisi une autre. Car un même argument ne Tait pas sur tous les hommes la même impression, et il y a des genres de preuve qui ne sont pas h la portée de tootes les intelligences. L'examen des religions soulève une foule de questions et exige des connaissances fort étendues. L'histoire, la critique littéraire, la philolt^e, l'astronomie, la géologie et bien d'autres sciences encore sont consultées; la seule question de l'authenticité des livres sacrés a dtHiné lieu à des travaux immenses. Quelques hommes d'élite peuvent se mettre au courant de ce qui a été écrit à ce sujet j d'autres, en plus grand nombre, ne peuvent s'initier qu'en partie â ces études et se fonner une opinion d'après les connaissances qu'il leur sera donné d'acquérir. Quant à la multitude, elle est hors d'état de se faire même une idée des questions controversées. On conçoit donc que, chez les hommes qui s'occupent de religion, les divers degrés d'instruction influeront sur la détermination et devront amener des conclusions fort différentes. Le tempérament, le caractère produisent chez l'homme des prédispositions qui le font pencher avec plus Ml moins de focilité vers tel ou tel système. L'esprit positif exige des arguments d'une exac^tude, d'une rigueur malhémathiqne, ne se rend qu'il des démrastrations parfaitement logiques; l'homme sentimental se laisse voiootiers rânouvotr par le pathétique, son imagination est en-
tralnte dfltiâ tes réflons mystiques, son «Burs'kUenMtjll eroit facilemenl à ce qui sul^jugiiB ses syffltwthfes, H Hfe faut donc ttos s'éloniiër que g%3 hommes n'aient pas Hi fflléule religion, pas plus qu'il nd rbut d^ondèr pt>Qnlo^ ils d'ont pas let méoies ^tst leti mêmes paealbiiif In mtoes habitudes.
Les races humaines présenlenl entre elles des dlKfoaces encore plus prononcées que celles qui exisleat eiltil individus d'une même race. U en résulte que lea peuptea nmk [^s ou mbîDS aptes à recevoir cei;taiae4 religioflsi G'est ainsi que le christianisme; qui s'est établi aveii liQt de facilité chez les nations européennes et particulière^ ment chez les peuples germaniques, n'a pu eonquérir 18 race sémitique chez laquelle il a pris naissance, et a ton* jours été impuissant chee la race jaune od allaïque; ^'eH semmes loin de prétendre qu'un homme soit^ en vertu de sa aaissaneev irrévocablement prédestiné ë adopter iliM certaine doctrine; nous constatons seulement) en noua basant sur t'expërjence de plusieurs siédes, que l'homme c^t, prédisposé, par l'influence i}e race» vers certain sy^r téme religieux; il peut se faire que son éducation. «eS études, l'énergie de son caractère, luttent contre cette iufluence originaire et parviennent à la maîtriser; mstd} même en ce cas, elle se fera sentir avec plus ou moins de foriîe.
Si tant de causes indépendantes de la volonté de l'homme concourent à le faire sectateur de sa religiou, A' est-il pu évident qu'on ne peut l'en rendre reaponsaUe, ni en Airt contre lui un sujel de reproche et encore moins un sujet de réprobation. T^ut homme qui adhère sincèrehient à et qu'il croit être la vérité; ne mérite aucun foHme; mais A
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doit recpnnaitre^eles^ulres hommes qui, avec une égisle sÏDCérité, ont recherclié la vérité et ont adopté des doctrines différentes, ont droit aux mémea é^rdsj aux mêmes Respects. Chacun us^ de son droit et accepte la religion telle que* son esprit la lui Tait concevoir; ou ne peut lui deoiander davantage. , ,
Si Dieu eût voulu, que lot^ les hommes suivissent une uiêmç loi, il aurait imprimé à cette loi vne évidence irré^ sistible, de maDière que tops tes esprits en eussent été Trappes et que chaque individu en eût perçu la vérité, ainsi que l'on perçoit sans effort la vérité des axiomes él^meqtaires. Puisqu'une telle uniformité n'est pas entrée dans le plan divin, acceptons comme une a^cessitç la diversité des /çligions; que chacun suive la loi rdigieusç qui lui semble la meilleure, sans vouloir l'imposer violemment aux autres hommes dont l'esprit se refuse à la, subir, et ^iis çr^^tendre leur faire un crime de ce qu'ils adorent Dieu à leur manière. . i ■
Lçs chrétiens admettent que la foi est un don de Dieu qui l'accorde à qui bon lui semble. Ceux qui n'ont pas la fui chrétienne, ne peuvent donc être responsables de ce que Dieu n'a pas jugé à propos de leur octroyer un don qui dépend de lui seul, de même qu'on ne peut traiter commç ennemis ou comme malfaiteurs ceux sur lesquels ne sont pas tombées les largesses du souverain. .
Des défenseurs très-accrédités du catholicisme, notamment H. Aug. Nicolas, dont l'ouvrage a été approuvé par le pape, reconnaissent que les apologies du christianisme ' laissent à désirer, que les arguments en /avei|r d^ la vraie reiigion ne eont pas pérempiotresi que l'eeuvre divine est ua méHHgè dé luihië're et de ténèbres, et qùâ Diéii à voiilil
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- 8? — qu'il en M ainsi, aHn que l'homme eût plus de mérïle i croire (si c'est un méhlc que de croire ce qui n'est pas dcmonlré!) (I). Nous n'avons pas à discuter ici cette affl^ mation et nous avouons humblement que Dieu ne nojis i pas ((lit connaître ses desseins et ses motifs d'agir, comme il les 8 probablement révélés à ceux, qui parlent aussi résolument en son nom. Nous nous bornerons à faire obser ver que l'bomme qui, usant de sa raison, reftise de se soumettre à une doctrine dont la défeose est inoomplèle; de se contenter de preuves insuffisantes, est irréprochable et ne peut être jugé par une loi qui ne lui a pas été manifestement notiAée; i plus forte raison, cet homme ne peutnt être condamné par ceux qui, plus accommodants, se contentent de quasi-preuves et n'hésitent pas à déclarer divine une révélation dont t'autorilé, de leur aveu, ne repose pas sur une base bien solide. Le croyant qui, s'étourdissani en quelque sorte pour échapper à des objections irréfutables, se cramponne à une révélation problématique, devrait être au moins indulgent pour celui qui, procédaal plus logiquement, ne peut accepter une doctrine dénuée de preuves décisives.
Les dissidences l-eligieuses ne devraient jamais être uae cause de haine et de discorde. Tâchons que toutes les religions, malgré leurs différences dans le dogme et dans le culte, s'accordent au moins sur le précepte de charité. Que les chrétiens se souviennent un peu mieux de la belle parabole du txin Samaritain, c'est^-dire du sdiismatiqne
(1) NtcoLB, frtCKt du Icailé Dtt prijvgét légitima; À!Bf. Niuul, Etlaitur le ehriiUaniimt! Mat». EttidtÊ eut lebutdela vie, C**«, INI. Voir l'etjmen île ul argoment diDS mou Ënomen du eluiiUttii*me, (. X
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— S3 qui, sans se préoccuper des croyances du pauvre voyageur, couvert êe blessures, baigaé daiuson saug, ne voit eu lui qu'un frère et s'empresse de lui prodiguer des soins (Ldc. X).
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