VALEUR DES SALAIRES POUR LES PATRONS
Bien entendu, cet acoiidssement est dû presque
entièrement au perrectionnenient des machines, el prouve, comme je le disais plus haut, comiiieu elles Gontribnent à assurer à Touvrier un meilleur salaire.
Les équipages des navires se réduisent aussi en raison directe de rélévaliou des salaires , et cela uniquement à cause de la qualité supérieure des marins. Les bâtiments français, chargés de matelots qui sont moins payés ({iw ceux des navires anglais, coûtent 20 pour lûû de plus eu équipages. Cette proportion se retrouve dans la comparaison enti^ les navires anglais et américains : ces derniers, payant leurs matelots encore plus cher, n'en ont ([u'un poun* 2ô tonnes, tandis que les Anglais ne croient pas pouvoir naviguer à moins 4'en avoir un pQur 15 tonnes.
bi, d'uu cOté, l'Angleterre est en rapports cuminerciaux et en concurrence industrielle avec des contrées où le chiffre du salaire est inférieur ù celui doses ouvriers elle est, de l'autre, en relations non moins constantes avec des pays (comme ceux du nouveau monde et la plupart de ses grandes colonies) oii le chi0re des salaires est, au contraire, bien pins élevé que oheselle* Cette différence est due à la rareté de la main-d'œuvre, et dans les contrées prospèi^, comme TAmérique du Nord et l'Australie, à la concurrence des capitaux qui se disputent les ouvriers pour les entreprises où ils acceptent du travail. ^ï\e est inlininicut supérieure k la différence du prix de la vie dans le nouveau monde et dans -Fanden : elle est donc tout k fait à
ravantaji^e des ouvriers, et tient à ce que, dans ces contrées, la loi de Tolire et de la demaude agit ea ce moment tout en leur laveur.
Dans l'Amérique du Sud , les artisans européens sonl rares. Aussi, à la Plata, les ajusteurs de machines gagnent-ils 5,000 tr. par an; les ouvriers de terme sont payés de 8 Ir. 32 c. à 10 ir. dl c. par jour. A Lima, en 1869, les machinistes et les torgerons recevaient de 13 Ir. 12 c. à 22 Ir. 50 c. par jour, les plombiers de 15 à 18 Ir. 75 c, les journaliers de 4 Ir. 69 c. à 7 fr. 15 c. Au Galiao , les terrassiers gagnaient 10 tr. par jour. Le prix de la vie ne présente pas dans ces pays une élévation corresponuanle.
Aux États-Unis, les artisans gagnent de 11 fr. 25 c, à 18 fr. 75 c. par jour : les manouvriers de 3 fr. 12 c. à 9 fr. 37 c. C'est dans l'agriculture qu'existe la plus grande dillérence de salaires entre l'Angleterre et les États-Unis, parce qu'elle est la première de toutes les industries de la grande république. Après elle, cTest la construction des chemins de fer qui s'est le plus développée dans ces dernières années : depuis la fin do la guerre, en 1865, 12,800 JLilomètres de chemins de fer ont été construits. Cette activité reiiausse encore, d'une part, les salaires des ouvriers agricoles, et, d'autre part, ceux des ouvriers métallurgistes : les puddieurs de Piltsburg, par exemple, gagnent de 26 fr. 25 c. à 33 fr. 75 c. par tonne de fer, tandis que les puddieurs anglais ne gagnent que de 11 à 12 fr. 50 c. Déduction laite d'un tiers potu* Tagio, le prix de la vie d'un ouvrier n'est que d*un cinquième plus cher aux États-Unis
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qu*eD Angleterre. L'artisan y vit donc mieux que partout ailleurs. Il vit même mieux qu'en Australie, oh
copeiulant le rapport entre le prix de la vie et son salaire est aussi beaucoup plus favorable pour lui qu*en Angleterre. Mais en Australie il n'a pas les mêmes fleici* lil(\s qu'en Amérique pour nclieter la terre, dont le prix dans le Far West agit connue un régulateur fixant le minimum du taux des salaires, et qui lui offre toujours les moyens d'échanger la situation de salarié contre celle de propriétaire.
La vaste république américaine offre donc de tels avantages aux ouvriers anglais, que, si elle n'était séparée de l'Angleterre que par un étroit bras de mer, ils l'envahiraient en foule, et l'équilibre des salaires ne tarderait pas à rétablir un niveau moyen entre les taux actuels des deux pays. C'est la distance , ou pour mieux dire le prix du voyage, qui élève une barrière protectrice, à la faveur de laquelle les salaires américains, et à plus forte raison les salaires australiens, ont pu atteindre des chilires aussi élevés. Le voyage d'Australie est tellement coûteux, que ces derniers salaires n'exercent aucune influence sérieuse sur TAngleterre. Il n'en est pas de inèine de l'Amérique, et, au prix où sont aujourd'hui les passages, il est certain qu'un abaissement dans le taux des salaires anglais amènerait immédiatement une éinigralion plus considérable encore que celle de TAllemagae. Celle émigration porterait presque exclusivement sur la classe qui fait la principale force de TAngleterre , celle des artisans laborieux, intelligents et exercés; car c'est elle seule qui aurait les ressources
nécessaires ponr résister àr un abîTissemotït de salaires en s' expatriant ; elle seule pourrait Iraneliir la seconde • iMirrière, créée par le prix des transports en ehemins de fer, qui sépai* les por» de lleir-Yorl: et de Boston, déjà encombrés d'ëmigrants, des riclies États du Misi$fssipi et du Pacifique, où, depuis Touvrier jusqu'au proscrit, tous ceux qui apportent atec eux la santé et rintelli^îcnce peuvent boire à longs traits Toubli de leurs souffrances passées.