VALBCR OES SALAIRES POUR LES PATRONS. M
Une différence analogue existe entre l'ouvrier de Londres et celui de la campagne. Ainsi, pour construire
une sLition à Basingstoke, on trouva qu'un seul maçon de Loudres, payé 6 Ir. 87 c. par jour, iaisail pKis d'ouvi^ge que deux ma^ns du pays, payés Aacun h fr. 37 c. Dans les chemins de fer du Canada, les ouvriers anglais, payés 7 fr. 50 c. par jour, étaient plus économiques que les Canadiens, payés k fr. 37 c. Aux Indes, malgré Textréme avilissement de la maind'œuvre, les chemins de fer coûtent autant qucn £urope : rinspcclion seule des travaux forme un cinquième du prix total. Il en a été de même en Roumanie, en Italie et à File Maurice.
Malgré la grande différence entre les salaires des ouvriers de Millwall et ceux des ouvriers de nos chantiers, les navires anglais sont moins chers à construire que les navires français.
Quoique la main-d'œuvre nécessaire pour fondre une tonne de fonte fût, en 1867, de 20 pour 100 moins chère en France qu'en Angleterre, la production de cette tonne, grAce à tous les éléments indiqués plus haut, coûtait de 25 à 37 fr. 50 c. de plus en France que dans le Clevcland. £n France, l'extraction du charbon coûtait, en 1867, de 6 fr. 87 c. à 7 ir. 50 c; le menu se vendait 10 fr. 62 c. à la houillère, tandis que, diUis les mines du Cleveland, il se vendait 6 fr. 25 c. Cette différence tient presque entièrement k la puissance de travail des ouvriers; car quelques-unes de nos houillères sont aussi favorisées par la nature que celles du Cleveland sous le rapport de l'extraction. Dans le pays de
fialleB $ AliBittore, rextactton coûte 8^7 pour 100 déplus que dans le Northuinberland, quoique les onyrîers de
ce dernier district ne trav.'iillpnt ({iie sept heures et les Gallois douze. Ëa Belgique, Textraction coûtak, eu 1866, de 6 fr. 87 c. à 8 fr. 75 et, en 18d7, elle s'éleva jusqu'à 13 fr. 12 c.
De même, dans les liiatures de coton, le nombre des ouvriers employés pour un certain nontfbre de broches compense, dans le prix de fabncalion sur le continent, l'inft^riorité des salaires. La proportion est en Angleterre d'un ouvrier pour Ik broches, en Prusse d*ûn pour 87, en Russie d'un pour 28 et en France d'un pour l/[ seulement. Cette même (liiïérence se retrouve si Ton compare les ûlatures anglaises ù diverses époques, et elle correspond à une dillérence analogue de salaires au profit des ouvriers actuels. Ainsi à Glasgow, en 1838, un ouvrior, travaillant soixante-quatorze lieurcs et demie par semaine, produisait /|6 livres de ûl et gagnait 83 fr. 22 c. ; en 1838, avec des salaires à la tàcbe réduits de 13 1/8 pour 100 et un travail de soixante-neuf heures, il produisait, grAce à la perfection des ujachines et à sa plus grande habileté, 52 livres et demie de fil, et gagnait 87 fr. 80 e* En 1869, un ouvrier produit 16 livres d'une autre espèce de fil, avec une mule de 2>2k broches, et, déduction faite du salaire de ses aides, il gagne 51 fr. 25 c. Trois mois après, les mules sont portées à broches, le nombre de ses aides est accru de 2 ou 3 à 5, son salaire réduit de deux cinquièmes pour la quantité produite , mais il produit 82 livres et gagne net 62 fr. 92 ^.