VALEUR DES SALAIRES POUR LES OUVRIERS
cinquaiite millioDs figurent au budget des classes ouvrières.
Il est important, je crois, de montrer quelle est la quantité d'impôts qui pèse sur le budget de ïax" tisan : TAugleterre nous donne, en effet, dans la répai^ tition de ses charges nationales un exemple instructif, exemple d'autant plus remarquable que cette répartition est faite par les mandataires des classes moyennes; et il ne saurait être présenté d'une manière plus frappante que par de simples chiffres. Grâce à la féconde et patriotique institution de VIncome Tax, les grands financiers de l'Angleterre moderne ont déplacé Tassiette de l'impôt, et ont graduellement dégrevé les principaux objets de coiisom malien de Touvrier : si celui-ci est sobre, il se trouve à peine taxé.
Voici la part d'impôts supportée en 1865 par les classes ouvrières :
Total du reudomuut
Moyenne payée
OBJfiTS IMPOSÉS.
de rimpôt.
par tète d'onvrier.
Céréales et aatns
jnodaits
Sur ces 27 fr. 50 c, payés en moyenne par cbaciue ouvrier, l'impôt sur la boisson forme les trois ciu-
9é DES SALAIKLS.
quièmcs et, joint à cc^lui du tabac, donne le cliiiïrc de 18 fr. 55 c, ne laissant pour la part de tous les àuUQ& impôts que la somme modique de 8 Ir. 95 c. par an. Les classes moyennes payent 150 fr. par téte.
J'indiquerai plus loin remploi de la partie du budget de Touvriar qui est consacrée à améliorer sa situation et à lui constituer une sorte de capital. U y a une dépense qu'il faut cependant meulionner ici, parce qu'elle est imposée à Tartisan pai* les i)esoius de son état, quoiqu'elle soit en même temps pour lui une forme de placement de capital. C'est Tachât des outils, qui doit être renouvelé à de longs intervalles, mais qui, comme première mise de ibuds, s'élève depuis 250 il*, jusqu'à 1,250 ir. dans certaines professions.
Qu'on me permette d'ajouter, à la lin de ce chapitre, une remai^que qui, ne se rapportant pas directement à l'Angleterre, sujet exclusif de cette étude, n'a pu y trouver place, mais qui jette une lumière si vive sur la question des iieures de travail, que je ne dois i)oint la passer entièrement sous silence. Dans un magnifique rapport, adressé par le Bureau du Travail au Sénat de TÉtat du Massachusetts, de cet État si sage, si éclairé et si littéral, rapport qui mérite toute l'attention de la Commission, si eelle-ei veut sMclairer sur les conditions du travail aux Klals-lJnis, se trouvent, au milieu de longues et nomhreuses dépositions, les ohservatious suivantes, que je résume en quelques mots : elles indiquent nettement le point de vue auquel se placent les ouvriers, comme les hommes d'État, qui réclauieut