‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la Commission d'enquête sur les conditions du travailChapitre 43 sur 66 · SOCIÉTÉS D£ PRODUCTION · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS D£ PRODUCTION

par chaque associé, et uoo plus la quanUté 4e travail fourni à rcutreprlse commune.

Il y a dans Tinduslrie quelques sociétés analogues à celles d'Assingloii, qui ne sont pas rigoureusement coopératives, parce qu'elles ne répartissent pas les hénédces entre tous ceux qu'elles emploient, mais qui sont cependant exclusivement entre les mains d'ouvriers, et qui, à ce titre, méritent notre attention, filles commencent par où a fini la filature de Rochilale; niais leur succès prouve qu'en acquérant de rexpérience, les ouvriers arrivent k clioisir de bons gérants parmi eux, à leur donner l'autorité nécessaire et à faire ainsi réussir des entreprises industrielles fort complexes. Je citerai le Sun MHl Company, à Oldham, filature de coton, qui a 1,250,000 fr. en actions entre les mains d*ouvriei*s, et un emprunt de 1.066, 250 fr. Dirigé exclusivement par des ouvriers, cet établissement est célèbre par la beauté de ses produits.

Sans entrer dans la discussion des mérites divers de ces systèmes, il faut remarquer, comme je l'ai déjà fait plus haut, que les sociétés coopératives pures portent avec elles le vice qui doit les faire dévier d'autant plus rapidement qu'elles sont plus prospères, comme celle de Uoclidale. En eflet, dès qu'elles font des affaires, il leur faut un capital : un capital hypolhécaire, simplement loué, ne peut suffire, car il faut une réserve pour les pertes imprévues. Le rôle de l'action apparaît aussitôt : elle réclame et obtient une part spéciale des bénéfices; le nombre des actionnaires et celui des ouvriers ne pouvant être exactement le même, il arrive

190 INITIATIVE PlilVÉË.

qu'il y a d'abord des aclioauaires nou ouvriers, puis des ouvriers non actionnaires. Si la sociélé est sage, elle s'en tient alors an système Brig^s, plus pratique, parce qu'il fait, dès l'abord, la part du cjipital, au lieu de vouloir s'en passer. Le plus souvent, elle ne peut s'arrêter là, et, après avoir voulu accorder au travail des faveurs trop exclusives, elle finit par lui enlever même cette part auv bénéfices qui est le principe fondamental de la coopération ; le seul résultat de l'entreprise est alors d^avoir enrichi quelques individus. Les sociétés coopératives ne peuvent rester telles qu a la condition de ne pas s'élever plus haut que les chapeliers et les tailleurs de Manchester.

H est presque inutile de dire que l'État, après avoir donné une existence légale à ces sociél('s, ne leur accorde aucune faveur, et qu'on ne croirait pas leur rendre service en demandant pour elles des avances sur les fonds publics.

Page 1