‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la Commission d'enquête sur les conditions du travailChapitre 5 sur 66 · OUVRIERS DU FOND · texte numérisé non relu

OUVRIERS DU FOND

Mineurs de fer (à la tâche). . • 8 75 à 12 81

— de cbarboa (tOcho). . 10 » 8 12 & 10 41

^ des puits 8 18 6 07 & 7 50

Sumilfauitt (prsttiert)* * * . 8 18 à 8 75 8 54 à 0 37

(dsttiitaiss). * . 7 50 0 85 à 7 08

Conducteurs de chevaux* • . 4 75 à 5 » 4 03 à 4 75

Garçons. 3 18 à 3 75 8 81 à 8 88

Ce tableau donnera une idée exaclc de l'ensemble des salaires dans les grandes mines de TAngleterra. Avant la dernière aagmentation, en 1869 et 1870, quel*

quL'S mineurs de Whilwootl ont f^ngné jiis(jua 2,500 IV. et la ino)emie des bons ouvriers a elé de 1,800 à â.OOO fr* pur an. 11 est vrai qu'à Wliilwood, comme je

DU CHIFFRE DBS SALÂllŒS. 10

le dirai tout à l'heure, il n'y a ni grèves ni chômngcs. L'augmentalion qu'ils ont reçue avant le mois d'août dernier, et qui est d'environ 15 pour 100 de leurs |inciens salaires, porte lears gains annuels à 2^000, 2,300 et 2,900 fr. Elle ne s'est pas an êlcc là, et les chiffres du mois d'août ont été eux«mémes dépassée depuis. Dans le tableau que Je viens de donner, la journée, prise comme base du taux des salaires, est en général de dix heures pour les journaliers, de neuf pour les artisans et de huit pour les mineurs.

Un système, ancien et excellent, adopté dans le Nord, consiste à engager les mineurs à Tannée, en leur garantissant, qu'ils travaillent ou non, un minimum de 20 à 23 fr. par semaiiie« Ge contrat annuel, qui leur permet de gagner bien plus dès qiui les affaires prospèrent, assure à la lois le patron contre les grèves imprévues, et l'ouvrier contre les chômages qui dévorent ses économies.

Voici les chiffres les plus récents des salaires des mineurs, tels qu'ils sont donnés dans les comptes rendus de la dernière session de TAssociation des mineurs tenue à Walsall, au mois d'octobre 1872 :

k Salop, les houiilers travaillent neul heures pour 5 fr. par jour.

Dans le West-Gumberland, les houiilers travaillent en général huit heures, gagnent en moyenne 8 fr. 75 c. par jour, et espèrent une augmentation de 30 pour 100.

A Saint-Helens, les salaires ont, dans certains cas, augmenté de 65 pour 100; la jouruéede huit heures c^t universellement adoptée.

A New*Tredegar« où les puits de la hoaillère ne sont exploités que de sept heures du matin à cinrf

heures du soir, les ouvriers gagnent Uh fr. par semaine.

A Maesteg, les heures de travail sont de sept à quatre, et le gain journalier est d'environ 6 fr. 25 c.

A Rhymney, les houillers gagnent de k fr. 58 c. à 6 l'r. 25 c. par jour, les meilleurs jusqu'à 7 fr. 50 c.

A Worsley, près Manchester, les houillers ne gagnent que de 2 fr. 50 c. à 3 fr. 75 c. par jour.

A Caerphilly, les salaires sont à la journée et ont augmenté de 35 pour 100; les houillers gagnent de 6 fr. 87 c. à 7 fr. 50 c. par jour, les hanksmen, c cst-àdire ceux qui reçoivent le charbon à la surface, 33 fr. 75 c. par semaine.

A lilanavon, rexlraction du charbon est payée au taux de 3 fr. 12 c. et de 2 fr. 92 c. par tonne. Un hon ouvrier peut extraire dix tonnes en une semaine : la moyenne des salaires est de 5 fr. 62 c. pour les ouvriers à la journée.

A Burnley , les houillei^s du Townley Goiliery ti*availlent huit heures, depuis le 1^' juillet 4872 : leurs

salaires ont augmente de 30 à f|5 pour 100 et sont de 6 fr. 87 c. à 7 fr. 50 c. par jour.

A Mostyn, les houillers ont des salaires moins élevés : de 5 fr. à 5 fr. 62 c. pour les meilleurs ouvriers, de 3 fr. 75 c. à 4 fr. 58 c. pour les autres, avec un travail de douze heures ; les hanksmen , de 3 fr. à 3 f r. 75 c.

Dans le x^lonmouth, les salaires ont monté de k fr. 58 c. à 7 ir. 50 c.

DU CHIPPBE DES SALAIRES. SI

A Tamworth, ils oot augmenté de 25 pour 100»

Construction des navires en fer. — Dans les chantiers de la ïamise* une équipe de shipwrights reçoit le trayail à l'entreprise. Autrefois, quelques ouvriers prenaient à leur charge toutes les chances et payaient leurs assistants à la journée. Un autre système, d'après lequel tous sont associés au même titre, a été introduit en 1825, et, patronné par les (Mmys, a fini par prévaloir. Les ouvriers touchent chaque semaine un à-compte iixe, et partagent le restant à la fin de l'ouvrage. La journée de travail était en 1869 estimée dans les devis à un chiffre de 6 fr. à 7 fr. 50 c.

Sur la Clyde et la Mersey, le travail est à la journée et le salaire peu éievé : ainsi l'ouvrier qui, à Liverpool, en 185ii, posait 700 rivets et gagnait 30 fr. par semaine, en posait 1,000 en 1869 et ne gaj^nait que 35 fr.

Les fluctuations de l'industrie, dont j'ai parié à propos de la construction des chemins de fer, ont une influence encore plus funeste sur la situation des ouvriei's des chantiers de fer. Ainsi les chantiers de la Tamise, qui employaient, en 1860, 11,830 ouvriers, ont, grâce à un développement excessif de cette industrie, porté leur nombre à 20,880 en 1869 ; puis, dans l'espace de quelques mois, tous les travaux se sont ari:étés, et, en 1870, il ne restait plus que 3,190 ouvriers occupés. Voici le tableau des salaires dans les chantiers de Millwall avant cette crise: salaires par semaine de cinquante-huit heures et demie.

DBB gALAlRËS.

Ajusteurs. . . . 41^95 i 4V50 4ir25 à i;.)'i(.teur«de fer. y? 50 à il '2:>

l'i Tceuri .

Menuiaieri. « • • Shipwrigtht. . .

n .'vo fi 80

âW • 4 47 60

U«vri«rt ea \ù\v. |45 » à 52 !iO — aides. .sa 25 à dO »

Poseurs de rivets 87 50

C^lfatt 87 80

Coupêun .... 85 »

PorgeroDf dê ttx\

on T 47 50

Ciiaudronnion. . 45 »

■M :. ) \ 'il no ^ a7 50 à 17 804 40 1 4 45 94 45 f à 5« 50 à 45 > à 2G 25 à 81 00 à 05 t4 87 80 4

4'î'50 4:jf75 à 41 25 4f) » à .19 7.^ 28 75 à 54 50 à

48 75 45 » à OO »;48 75 A 52 60 45 » à

50f J4If«5 42 50 '37 T/i 35 » 87 50 5^ 50 H7 50 80 9,27 50

52 ôO 45

40 »'87 fiO 4 40 s'a? 50

à 47'50 à 41 25 à 33 75 à 5« 50 à 30 • AOO • 448 15 4 52 50 4 48 75 à 52 50 à :{0 > à 40 »

— aides.

Peintres

Pendant colle période de dix-huit ans, los lo£î:oinon(s dos familles d'ouvriers, composés de six pelileo clmmbres, ont augmenté de 400 à 600 £r, par an.

Les salaires de Tarsenal de Sheerneis, * la môofte ëpo(iiie, prouvent coinijien les varialions de l'industrie nuisant â la situation de l'ouvrier, et combien il préfère un gain moindre, mais régulier, aui incertitudes du travail dans les chantiers particulier. En effet, l'arsenal royal a pu coustammeut retenir les uieilleurs ouvriers, auxquels .il assurait Que position llxe et régulière, en ne leur donnant que les salaires auif ants, qui n'ont pas varié sonsiblement de 18/^9 à 1859 ;

Sliipwrights, de 30 fr. à 32 fr. 50 c. ; calfats, de

DU CHIFFRE DES SALAIRES

30 fr. il 32 fr. 50c.; menuisiers, de 20 fr. 25 c. à 27 fr. 50 c. ; forgerons, 62 fr. 50 c. ; ouvriers des fourneaux, 37 fr. 50 c; aides, 30 fr.; marteleursà Tapeur, 32 fr. 50 c. ; ouvriers des ancres, l'^ classe, 41 fr. 25 c.; 2'' classe, 35 fr. 62 c. ; chauffeui-s, classe, 35 fr. 62 c. ; 2« classe, 31 fr. 67 c. ; marteleurs à la main, %^ classe, SB fr. iS c. ; 2« classe, 24 fr. 40 c

Fabrication des machines. — Les machines automates, Introduites d'abord ches Nasmyth, ont bouleversé le système des salaires. Les artisans, payés

à la journée, vendaient assez cher auparavant le travail de leurs mains exercées. Les automates, dont un seul journalier, moyennant 26 fr* 25 c» par semaine, peut diriger jusqu'à six, ont rendu leur habileté inutile, et ils ont beaucoup souffert jusqu'i"! ce qu'ils eussent trouvé un autre emploi de leurs forces et de leur intelligence. Leur adresse a conservé toute sa valeur pour le montage des machines à vapeur et surtout des locomolives, opération presque loujours donnc'c à l'entreprise à une équipe d'ouvriers. Le salaire des ouvriers mécaniciens, qnl est, dans la plupart des fabriques, d'environ 32 à hh fr. par semaine, est réduit par de fréquents chômages à un revenu annuel de 1,175 à 1,750 fr. au plus. En comparant le tableau ci-après des salaires des artisans dans l'une des grandes usines voisines de Liverpool, les Canada-Works, à Birkenhead, avec ceux du Creusot, où aucun ouvrier exercé ne gagne moins de 30 fr. par semaine, où les meilleurs peuvent, dit^n, gagner de 8 fr. 38 c. à iO fr. &0 c. par

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DU CHIFFRE DES SALAUU.S. " 25

jour, on verra que les ouvriers an?:Iais, qui n'ont ni maisons ni jardins loués à bon marché, no sont pas plus avantageusement traités sous le rapport des salaires.

On remarquera qu'aucune augmentation fçënërale ne marque celle période de quatorze ans, et qu'au contraire, elle a vu décroître le chiflre d'un certain nombre de salaires, particulièrement des ouvriers de forge, qui forment l'une des professions les plus importantes de cette industi'ie : tandis que, pendant la même époque, l'augmentation des salaires, au Greusot, a été de 38 pour 100.

lies Tailleurs. — Jusqu'en 183!i, ils furent payés à la journée : 7 fr. 50 c. pour douze heures. En 1835, le salaire à la tâche est adopté d'un commun accord par les patrons et par les ouvriers, qui rédigent un tarif

fort compliqué. Ce tarif, sous le uoui de Log-book, a iait la loi eutre eux depuis lors.

Les Verriers travaillent à la tâche, par groupes de quatre associés, sous le nom de chaises. Deux de ces équipes se relayent de six en sLx heures constamment, pendant cinq jours et quatre nuits. Ce travail, fort mal rétriliué autrefois, a lini par obtenir, grâce à VUnion, de meilleures conditions.

Les Typographes travaillent à la tâche, sauf les compositeurs d'annonces de journaux. Un tarif établi

en 1810, et accepté par presque tous les imprimeurs, règle le prix de chaque espèce d'impression. 11 n'a pas

été modifié juiqa*en 1866, et, quoique alors les onvriers

aient obtenu certains avantages, leur salaire ne s'est pas accru autant que celui des autres industries.

Les FUeurs de soie de Spitalûelds travaillent à la tâche : ils ont une concurrence difficile à soutenir,

et sont en général mal payés , ne gagnant que de 15 fr. à 22 fr. 50 c. par semaine* La iamiile entière tra- Taille, est misérablement logée, et ne se soutient qu*avec peine,

lies Ohapellers gagnent de 85 fr. â (7 fr. 12 c.

par semaine ; les femmes, 15 £i\ ; les garçons et les ÛUes, 7 fr. 50 c

Industrie oetonnière. — Les salaires étaient autrefois payés à la Journée, et d'autant plus insuffisants que le travail qu'ils rémunéraient si mal élait d'une longueur excessive. Les ouvriers colonniers ne profitèrent pas plus des inventions d*Ârkwright que les mécaniciens de celles de Nasmyth, et n'eurent aucune part aux; Ijénéûces qu'elles procurèrent a Tindustrie.

Enfin, le système de la tdcbe fut adopté, et amena une certaine amélioration dans leur situation; mais la

révolution industrielle qui multiplia la production des tissus sortis de leurs mains était accomplie. D'ailleurs, les journées étaient encore d'une longueur immodérée; l'ouvrier qui ne iTy soumettait pas ne pouvait trouver de travail; il fallut que la loi dont je parlerai plus tard, ■ intervenant en faveur des femmes et des enfants, vint

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DU CUIFFAE DES SALAIELS. SI

réduire on pratique h dix heures le travail des fllaluros pour tous les ouvriers. Mais cette limite, utile à leur santé, n'augmenta pas leurs profits. Enfin, Ton établit un tarif analogue à réehelle mobile, qui assura aux ouvriers un accroissement do salaire toutes les l'ois quo le prix de la matière iàbriquée s'élevait sur le marché, eu fixant pour chaque espèce de 01 le taux du salaire à tant pour eent de la vente du yard. Ce tarif était en vigueur avant la grande crise colonnière et lut repris aussitôt après» £n iêùk% les flieurs gagnaient ainsi euvi« ron io fr. 60 c. par semaine. Les journaliers et les tlsseui's ne faisaient, au contraire, que 22 fr. c. Cette différence tient, sans doute, à ce que lo tissage, plus encore que le filage, peut être confié aux femmes, qui, pour le même ouvrage, raçoivent un salaire bien moindre que celui des honinies. Kn 1867, les salaires d'une grande fabrique étaient les suivants t Filage, garçons au-dessous de dix«>huilans, par semaine, 8 fr.32 p,\ filles au-dessous de dix-huit ans, 7 fr. 60 c. \ hommes, 28 fr. 95 c.; femmes, 11 fr. 60 c. Tissage? gaiTons, 12 fr. 70 c. ; ûiies, 12 fr. 50 c. ; hommes, 2ë fr. ; femmes» SO fr. 10 e.

H. — D£ LA FOnilË DfiS SALAinBl.

Avant de donner le long tableau qui terminera cotte première partie de l'élude des salaires, il faut aborder en quelques mots une question fort importante, à savoir i la manièra dout les.salairas sont

obtenus, et la base sur laquelle est calculée la rémunération du Imvail. En effet, elles influent directoment sur la situation de l'ouvrier : selon la manière dont les salaires sont obtenus, Tourner peut ou ne peut pas améliorer sa situation ; il y trouve, soit un puissant encouragement, soit, au contraire, un motif pour renoncer à tout espoir d'un avenir meilleur. Tel système engendre les luttes, les grèves, et l'hostilité des classes ; tel autre assure rhannonie indispensable entre les divers élétiientâ de la production, et la solidarité du travail et du capital.

On a pu voir combien le salaire nécessaire à l'ouyrier était affecté par les variations de Tindustrie, quelle influence funeste les fluctuations du marché pouvaient exercer sur son gagne-pain journalier. Celte variation du taux des salaires est une conséquence inévitable de la loi impérieuse de Toffre et de là demande ; elle ne peut disparaître complètement. Tenter de Tefiacer serait enlever à Touvrier, avec les mauvaises chances de sa vie laborieuse, Tespoîr d'obtenir une part dans la prospérité nationale aux époques heureuses. Mais ses plus graves inconvénients peuvent être singulièrement atténués. Ainsi l'on a cherché, dans certaines industries, à prévenir ces inconvénients par des contrats à long terme. On en avait rcxemple chez les mineurs du nord de l'Angleterre. Ces contrats, remplaçant les engagements hebdomadahres, assurent à l'ouvrier un minimum de salaires pour un temps déterminé, et ont pour le patron l'avantage d'attacher fortement à son exploitation les hommes qui! y

D£ LA FOUME DEb SALA1U£S.

emploie. On peut considérer la fixation du taux des salaires, pratiquée pour un au dans certaines industries de WolwerhamptoQ, pour trois mois dans presque toutes les forges, comme un premier pas dans cette voie.

Mais les deux systèmes esseuliellement différents qui servent de base à ia rémunération du travail sont, il est presque superflu de le dire, le payement à la journée et le payement à la tâche.

De toutes les industries citées plus haut, celle du b&timent est la seule où le premier système ait prévalu d'une manière générale. Il y trouve des défenseui*s, plus passionnés qu'éclairés, parmi les ouvriers, qui poursuivent de leurs vexations, non-seulement ceux d'entre eux qui travaillent à la tâche, mais aussi ceux qui, à la journée, dépassent une moyenne fixée par les moins laborieux d'entre eux. Les rapports de la Commission d.euquéte sont pleins de détails incroyables sur les règles que les ouvriers du bâtiment prétendent, en employant les moyens les plus tyranniques, imposer à leurs camarades et à leurs patrons. D'un autre côté, la plupart de ces derniers ne sont pas non plus favorables au travail â la tâche: l'ouvrage est moins bon, disent-ils, et exige plus de surveillance. Mais il est impossible de ne pas remarquer la coïncidence entre ce mode de salaires et Tesprit étroit, jaloux , despotique , qui, sauf quelques exceptions, comme chez les peintres et les charpentiers, distingue en générai les ouvriers du bâtiment.

Une partie des mécaniciens et des menuisiers ré« clame aussi le salaire à ia journée, et on ne peut leur

DES SALAiaLS.

adiossor la iiiOiiic critique qu'aux précédents, car ils figurent parmi les ouvriers les plus pratiques et les plus modârés, et leurs Unim sont des modèles de bonne organisation. Ils reprochent au salaire à la tftche do déprécier la valeur de la main-d'œuvre par une concurrence ejiagérée* Des circonstances particulières peuYent donner à cet argument une apparence spécieuse ; mais, heureusement, le salaire à la lùche, qui encourage les bons ouvriers, qui lesallmncbit du nivellement absolu auquel certaines théories prétendent les soumettre, ce salaire sans lequel ils ne pourront jamais prendre part aux bénélices de rentreprise, est énergi* quement soutenu par des ouvriers plus nombreux et non moins intelligents.

M. lirassey père, qui avait une si grande expérience des travaux auxquels se consacre une portion considérable des ouvriers du bâtiment, se prononçait formollement en faveur du travail à la tâche , tout en reconnaissant qu'il pouvait conduire à des excès dangereux pour la santé lorsqu'il n'était pas appliqué avec discernement* Cet inconvénient disparaît complètement dans les industries où la loi et l'usage limitent en môme temps le nombre des heures de travail.

Aussi trouvons-nous le système à la tâche établi sans contestation dans la métallurgie, dans les mines, dans les chantiers de la Tamise et dans bien d'autres industries. On le voit aussi adopté peu â peu. et généralement accepté aussitôt comme un bienfait, dans la grande industrie cotonnière, et Ton peut dire que la supériorilô incontestable de ce sysU»ffle« plus conforme

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D£ LA FOHMë DëS SALÂlUKS.

aux besoins cl' une industrie perfeclionnée et d'uue «lasse ouvrière inteiiigeuLe, éclate tou3 les jours da* Tantage* Quoique iocomplet 80UB ce rapport, le tableau de M. Levî peut en faire foi.

L'étude des conditions du salaire soulevé encore lûcu d'autre.«i quesiious. Celle do la durée journalière du travail est, comme il vient d'être indiqué, plus imporlantc pcut-Olrc encore pour le salarie à la tâche que pour le salarié ù la jouruée. La liinilatiou des heures de travail est le correctif du seul danger sérieux du travail à la tûclic. L'intérôt de la société, du patron, et celui de l'ouvrier s'opposent également aux longues journées. Mais, d accord sm* le principe , ou ne l'est plus pour iLier la durée de ces journées et le nombre d'heures de relâche que l'ouvrier peut ajouter au i*epos physique réclamé par la ualure.

Ces heures, précieuses au bon ouvrier, c'est-à-dire à rimmense majorité, pour son instruction et les jouissanccsde lavie de famille, sont forcément limitées par le prix que le patron, soumis lui-mcuie aux variations du marché, peut payer pour la main-d'œuvre. Mais un grand nouihre d'exemples pourraient être cités ici pour prouver que les longues journées ne sont souvent pas plus profitables au patron qu'à l'ouvricr, et que le premier, en demandant au second un eilurl moins continu, obtient de lui un meilleur travail. Pour éviter uuc répétition, ces exemples seront donnés dans la première section de la seconde partie de celte étude sur le salaire, où je me propose d'examiner la valeur véritable du salaire pour le patioa et

de montrer comment, dans une juste limite, la somme de travail produite est eu raison directe plutôt du chiffre de la rémanération que du temps employé.

La limite de dix heures, indirectement imposée aux manufactures par la loi sur le travail des femmes et des enfants, et introduite depuis longtemps dans l'industrie du bfttiment, peut être considérée comme celle de la journée normale de l'ouvrier anglais. Celui-ci sait faire payer les prolongations extraordinaires à un prix qui les rend assez rares. Mais il vise plus loin , et le but avoué de presque toutes les Unions est de réduire la journée à huit heures. Leurs motifs sont louables ; mais, pour obtenir celte réduction, ies ouvriers consentiront-ils à une diminution correspon* dante de leurs salaires, ou la prospérité de Tindustrie leur permettra-t elle d'exiger un accroissoiiientdepaye, à riieure ou à la tâche, compensant pour leur budget annuel la réduction de leur travail? En un mot, la perte du travail productif chiffrée en argent sera-t-elle supportée par le patron ou par l'ouvrier ? Cette alternative est la cause de la plupart des disputes qui s'élèvent aujourd'hui entre eux lorsqu'ils ne peuvent pas • faire supporter cette nouvelle dépense au consommateur, sous forme d*augmentation des prix sur le marché.

Il faut compter comme limite des heures de travail

le repos du samedi après midi, et du dimanche, repos imposé par les mœurs encore plus que par ies lois, et qui protège Fouvrier anglais contre les excès de fatigue et les désordres qu'eulraiue un travail continu.

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