‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la Commission d'enquête sur les conditions du travailChapitre 6 sur 66 · DE LA FORME DES SALAIRES · texte numérisé non relu

DE LA FORME DES SALAIRES

Les bienfaits de ce repos forcé sont si évidents, que M. Nadaud les a lui-même hautement et loyalement

proclamés.

L'abréviation des heures de travail dans les ateliers où la force mécanique joue un grand r61e soulève une

question difficile, qui touche à la fois à la forme du salaire de l'ouvrier et à sa valeur véritable pour le patron. Je l'indiquerai ici de manière à n'avoir pas à y revenir dans la seconde partie. Je veux parler de l'emploi des relais. Il y a pour le fabricant une perte sèche considérable à ne Êiire travailler que huit heures par j our des machines représentant un capital considérable et qui pourraient aussi bien travailler, sinon vingtquatre, du moins seize heures. Elles travaillaient autrefois quinze, quatorze ou douze heures ; elles ont été réduites à dix : bien des personnes se demandent si Ton ne pourrait pas les ramener à seize heures, en divisant les ouvriers en deux relais qui, du même coup, se trouveraient ne travailler chacun que huit heures; l'économie ainsi obtenue permettrait de ne pas leur imposer la réduction d'un cinquième de leurs salaires , correspondant à celle de leur journée. Une seule objection sérieuse est faite à ce système : c*est que l'ouvrier qui partage sa machine avec un autre, et qui ainsi n^est pas seul responsable de son entretien, et peut, puisqu'il travaille à la tAche, pâtir de l'incurie du camarade qui le remplace, n'aura pas pour cet instrument les mêmes soins qu'il a maintenant pour sa machine. Aussi Ton évite, pour ce motif, dans les chemins de fer, de coûûer une même locomotive à

D£S SALAllŒS.

deux mécaniciens différents. Celle question doil être tranchée dans ua sens ou dans l'autre, selon Tabondance plus oa moins grande de la main-d*œuvre « en attendant les solutions plus radicales que Fayënir lui réserve peut-être.

11 y a* eu effet, une coutume qui, jusqu'à présent, il est vraii a donné les résultats les plus làcheux, mais qui, mieux appliquée, servira peut-être plus tard de base à un changement proiond dans les rapports entre un grand nombre de patrons et leurs ouvriers. C'est ici qu*li contient d*en faire mention, car elle affecte directement les salaires. Je veux: parler de la location des instruments de travail à rouvrier. Dans l'industrie de la bonneterie à Nottingham« les patrons louent les métiers aux ouvriers qu*ils emploient; ou bien Je plus souvent, ces métiers sont loués par dcf^middlcmcn (intermédiaires ou marchandeurs), qui, après avoir pris un ouvrage à l'entreprise, le distribuent aux ouvriers. Les mîddlemen ont fini par établir un monopole qui leur permet d'exercer sur les ouvriei*s la pression la plus tyrannique. La location des métiers est fixée à un prix si exorbitant, qu'elle n^est plus que la suppression déguisée d'une partie du salaire. Quelle que soit la ({uaiitité d'ouvrage donnée à 1 ouvrier, il est obligé de payer le même prix. Ënûn, ces abus sont devenus si criants, que la Commission, instituée sur les Truchsho})s en 1871, et dont j(3 parlerai plus loin, a recommandé au Parlement des mesures spéciales pour y mettre un terme. Dans la coutellerie de Shefiield, la plupart des ouvriers louent une place dans une fabri*

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qiie : le patron, tnoyetmant ce loyers leur fournit la

force motrice, les roues et certains instrumenls, et chacuû, une fois établi à sa place, travaille pour sou compté aveo un ou deux aides. Malheureusement « on sait que les couteliers de Sheffield se sont toujours distingués par leurs passions, leurs violences et leurs habitudes sanguinaires. Il ne Haut pas pour oela condamner le système qui « bien appliqué, doit assurer à Touvrier intelligent, et déjà à Taise, une situation trèsdiUérente de celle du manœuvre, payé à la journéCé Ne peut-on pas plrévoir qUe le jour viendra où, dans une grande usine, le patron louera chaque appareil à un, deux, ou plusieurs ouvriers associés* et oii ceux-ci« se relayant) établiront naturellement le système que j'ai indiqué plus haut, sans en craindre les inconvénients? Et plus tard encore « si ces ouvriers ont su faire des économies « ne pourront4is pas, dans certains cas, devenir même propriétaires de l'instrument qui leur donne la force, et auquel ils donnent rintclligence? à Dôtë de ees petits capitalisU3s« le gros capitaliste aurait pour fonction de leur fournir la loree motrice» Dans un pays où les machines jouent un rôle si considérable, 011 elles ont décuplé* dit-on, les forces matérielles des habitants , où elles ont« sans eontredit « sauvé les ouvriers d'un abaissement fatal des salaires, en permettant aux manufacturiers de lutter contie la conctirrence des pays où la main-d'œuvre est moins chère, il est naturel que des esprits clairvoyants ne regardent pas ces perspectives nouvelles comme des chimères.

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L'apprentissage, reste des institutions d'an autre temps, vient constamment compliquer la vente du tFavail de l'ouvrier à son patron, de système n'existe heureusement que dans peu d'industries , parmi les mécaniciens surtout, et dans le bâtiment, où Ton rencontre tout ce qui rend plus difficiles les rapports entre le capital et le travail. L'ouvrier inexpérimenté, travaillant à prix réduit, paye, par l'excédant de son travail efficace sur le salaire qu'il reçoit, rinstructiou qu'il obtient dans l'atelier : sous cette forme générale, l'apprentissage existe dans toutes les industries. Mais à qui le jeune ouvrier payera-t-il cette éducation dont il a l)esoin? Ici commence la difficulté. Dans la métallurgie, les mines, les filatures, partout où le travail établit sur une base rationnelle les rapports entre patrons et ouvriers, c'est l'artisan qui engage et qui paye l*apprenli. Si celui-ci travaille mal, la charge en est à son maître ; lorsqu'il a profité de ses leçons, son bon travail assure une juste rémunération à l'artisan qui Ta instruit. Aussi jamais de contestations ou de difficultés sur ce point

Dans plusieurs industries « au contraire, et dans celle du bâtiment surtout, l'apprenti estengagé, par un contrat de cinq ou de sept ans, directement au service du patron, et il est payé par lui. Celui-ci profite donc de tous les progrès du jeune ouvrier et bénéficie, au bout d'un certain temps, de toute la différence entre son salaire et celui des artisans, dont l'apprenti est devenu presque l'égal. Ceux-ci, se trouvant lésés par sa concur^ rence, veulent empêcher le patiou d'employer, ù leur

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détriment, un trop grand nombre de ces ouvriers à

bon marché. D'autre part , ceux qui ont passé par ces longues années d'apprentissage considèrent la qualité d'arlisan comme une profession fermée , dont ils ont payé rentrée fort cher, et s'opposent à Fadmission, dans leurs ateliers, d'intrus qui n*auraient pas acquitté la même redevance. On ne peut briser cette tradition funeste, à moins d'adopter le trayait à la tâche, qui seul permet de laisser à l'artisan le soin d'engager Tapprenti. C'est donc encore au travail à la journée qa'il faut imputer le maintien de Tapprentissage, avec toutes les difficultés qui en résultent. On remarquera que ce système et ces restrictions ont justement trouvé leuis défenseurs dans les sociétés de charpentiers, de maçons et de méeanieiens, qui repoussent le trayail à la tâche.

DES SALAIRBS

TABI^BAIJ Dfis SÀUIBB8 AlïQfcpTERRE

Réeamé d'un Mémoire de M. Leone Levi :

« Wag^g |Dd earoingi of tbe woiktaf dâitai. •

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