‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la Commission d'enquête sur les conditions du travailChapitre 55 sur 66 · LEGISLATION · texte numérisé non relu

LEGISLATION

€«!(CCft3rA!rr »IEKCTCME5T LES OUVIIEES.

Je passe tcaint^Dant aux lois qui ont été faites spédakia^nt >>ar les classes oavriêres et qui les touchent direc:em^nL

Li'.rri peuTent se diiiser en trois catégories :

A. — Les lob protectrices des fait>les, par lesquelles rÊlat inî^rrient en ÙTeur des femmes et des enfants, leur înteniit certains tniTaax, en limite d'autres, et garantit Finstraction primaire à Fenfant dont le travail profite à ses parents.

B. — Les lois qui prolésrent les ouvriers, sans distinction d àsre ni de sexe, contre les abus de pouvoir des patrons, en interdisant les Truck-shops, en réglant le pesage des berlines dans les mines, en imposant des précautions minutieuses pour tous les travaux souterrains, et en assurant aux ouvriers une large compensation en cas d'accidents.

LOIS protëctaicës.

C — Les lois qui régissent les coaliLioas, les Unions et les arbitrages.

Ltes lois des deux premières catégories ont été inspirées par m sentiment de justice et d'humanité. Gomme toujours, en pareil cas, elles ont d*abord été réclamées par quelques hommes de bien , dont la voix indignée Tint troubler le silence au milieu duquel se perpétuaient les plus criants abus. Ils en appelèrent au Parlement: on nia les faits monstrueux qu'ils avaient révélés. Ils revinrent à la charge, appuyés celte fois par une portion considérable de l'opinion publique : ils apportaient la preuve incontestable des souffrances qu'ils avaient signalées, de Tétat déplorable des mines, de la mortalité enrayante et du dépérissement de la race, causés par l'excès du travail dans les manufactures. On leur répondit que la réglcmenlation de la journée des femmes et des enfants entraînerait en praique celle des bommes, que cette limite, ainsi imposée à rindnstrie, était, d'une part, une atteinte aux libertés du citoyen anglais, et, d'autre pari, un danger pour cette industrie qui , soumise à de telles restiictions, ne pourrait résister à la concurrence étrangère. On verra combien ces craintes étaient chimériques. Quoique la majorité du Parlement les partageât, elle comprit qu'elle ne pouvait étouffer de telles questions, qui commençaient à agiter sérieusement les ouvriers. Elle accorda plusieurs enquêtes, et chaque fois ces enquêtes amenèrent, d'une façon plus ou moins complète, les résultats réclamés par les novateurs. Les faits

INTERVENTION LEGISLATIVE

qu'elles révélèrent, les abus dont elles moutrèrent les funestes conséquences, dépassèrent d'ordinaire tout ce

c<Mi\-( i «Mvaiont avancé à Tappiii de leurs réclama tious. L*ou coiuprit alors que la prévoyance et la sagesse s'unissaient à l'humanité pour imposer un remède à ces abus. L'opinion publique se prononça; le Parlenioiit donna fdne de loi à ce qu'elle voulait, et les advemires des mesures décrétées furent obligés de reconnaître, dès le lendemain, que, loin de porter ntteinte à rindustrie, elles lui donnaient un nouvel essor, en élevant l'ouvrier, tant au moral qu'au 'i)hysique. La prospérité dont TAnglelerre a joui depuis qu'elles sont en vigueur le prouve suffisamment.

Certaines lois, auxquelles l'humanité n'est pas non plus étrangère, mais dictées surtout par la prévoyance et réquité, règlent Tintervention de l'État dans les rapports entre les patrons et les ouvriers. Elles ont pour but. d'une part, de prévenir une partie des dissentiments qui troublaient et troublent encore l'industrie, en tranchant d'une manièi^ formelle un grand nombre de questions litigieuses, et, d'autre part, d'assurer une proteclion à l'ouvrier contre des procédés dont les patrons faisaient Fabus le plus criant. Il n'était pas besoin de faûre la preuve des faits auxquels elles devaient porter remède. D'un côté, des grèves nombreuses prouvaient que le pesage des berlines, les Truck-shops, les amendes, les retenues et les payes à longue échéance, étaient le sujet de querelles Interminables entre les [)atrons et les ouvriers. De Taulre, les enquêtes parlementaires, conduites avec la plus scrupuleuse impartialité, avaient

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