‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la CommissionChapitre 43 sur 79 · AUGMENTATION · texte numérisé non relu

AUGMENTATION

Viandft .•■...•....*

Pain

Farine

Beurre

Fromage

Bière

Chandelles

Charbon

Sucre

Thé

On voit que la réduction du prix du sucre et du thé, due surtout à Tapplication des principes de liberté cominerciale, est très-considérable : elle a eu une grande influence sur Tamélioration du régime des classes ouvrières. Malheureusement, la bière, frappée par l'excise, a eu beau monter, sa consommation n'a pas cessé d'augmenter pour cela. L'abus de la boisson, dont je ne parle ici qu'au point de vue financier, est la principale cause de gêne des familles ouvrières. On en jugera par les deux chiffres suivants : l'ouvrier qui gagne de 13 fr. 25 c. à 37 fr. 50 c. par semaine dépense souvent 6 fr. 25 c. pour sa propre boisson ; d'autre part, l'Angleterre a consommé, en 1866, pour deux milliards deux cent vingt-cinq millions de boissons spiritueuses, dont un milliard et quatre cent

cinquante millions figurent au budget des classes ouvrières.

Il est inaportant, je crois, de montrer quelle est la quantité d'impôts qui pèse sur le budget de l'artisan : l'Angleterre nous donne, en effet, dans la répartition de ses charges nationales un exemple instructif, exemple d'autant plus remarquable que cette répartition est faite par les mandataires des classes moyennes ; et il ne saurait être présenté d'une manière plus frappante que par de simples chiffres. Grâce à la féconde et patriotique institution de VIncome Tax, les grands financiers de l'Angleterre moderne ont déplacé l'assiette de l'impôt, et ont graduellement dégrevé les principaux objets de consommation de l'ouvrier : si celui-ci est sobre, il se trouve à peine taxé.

Voici la part d'impôts supportée en 1865 par les classes ouvrières :

Total da rendement Moyenne payée OBJETS IMPOSÉS. de l'impôt. par tête d'ouvrier.

Thé 25,000,000' l'15

Sucre 50,000,000 2 30

Céréales et autres produits

importés 18,750,000 » 77

Esprits et bière 350,000,000 16 25

Tabac 50,000,000 2 30

Licences 18,750,000 » 77

Timbre 12,500,000 » 63

Taxes locales 75,000,000 3 33

Total 600,000,000 27 50

Sur ces 27 fr. 50 c, payés en moyenne par chaque ouvrier, Timpôt sur la boisson forme les trois cin-

quiëmes et, joint à celui du tabac, donne le chiffre de 18 fr. 55 c, ne laissant pour la part de tous les autres impôts que la somme modique de S fr. 95 c. par an. Les classes moyennes payent 150 fr. par tête.

J'indiquerai plus loin l'emploi de la partie du budget de l'ouvrier qui est consacrée à améliorer sa situation et à lui constituer une sorte de capital. Il y a une dépense qu'il faut cependant mentionner ici, parce qu'elle est imposée à l'artisan par les besoins de son état, quoiqu'elle soit en même temps pour lui une forme de placement de capital. C'est l'achat des outils, qui doit être renouvelé à de longs intervalles, mais qui, comme première mise de fonds, s'élève depuis 250 fr. jusqu'à 1,250 fr. dans certaines professions.

Qu'on me permette d'ajouter, à la fin de ce chapitre, une remarque qui, ne se rapportant pas directement à l'Angleterre, sujet exclusif de cette étude, n'a pu y trouver place, mais qui jette une lumière si vive sur la question des heures de travail, que je ne dois point la passer entièrement sous silence. Dans un magnifique ^rapport, adressé par le Bureau du Travail au Sénat de l'État du Massachusetts, de cet État si sage, si éclairé et si libéral, rapport qui mérite toute l'attention de la Commission, si celle-ci veut s'éclairer sur les conditions du travail aux États-Unis, se trouvent, au milieu de longues et nombreuses dépositions, les observations suivantes, que je résume en quelques mots : elles indiquent nettement le point de vue auquel se placent les ouvriers, comme les hommes d'État, qui réclament

la réduction de la journée de travail à huit heures. Les salaires, dans le système actueU et sous l'empire de la loi de Tofifre et de la demande, suivent à peu près constamment le prix de la vie, de telle sorte que l'ouvrier arrive toujours à ne gagner que ce qu'il lui faut pour vivre, la concurrence faisant qu'on retombe inévitablement à ce minimum au-dessous duquel le travail ne s'oflfre pas. Les ouvriers croient que le seul moyen de s'assurer certains profits destinés à améliorer sérieusement leur situation se trouve dans le Short-time. C'est le seul avantage qu'ils considèrent comme essentiel, parce que c'est le seul accroissement véritable et pratique de leurs salaires. C'est la vraie manière d'arriver, par les loisirs, à l'instruction, à l'intelligence, et de pouvoir amasser quelque chose pour entrer dans la voie de la coopération. Ils ne croient pas que la réduction à huit heures amène une réduction correspondante des salaires, ni une augmentation dans le pris de la vie.

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