‹ De la société américaineChapitre 1 sur 135 · SOCIÉTÉ AMÉRICAISK. — TOME III · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ AMÉRICAISK. — TOME III

du loisir succèdent ; puis vient le désir de la richesse ; puis, enfin, la déférence pour l'opinion : nul peuple n'a encore été plus loin. Il s'est trouvé probablement, dans toutes les nations, des individus qui ont poursuivi une idée plus haute que celle-là; des coutumes isolées, des législations partielles ont, dans toutes les sociétés, manifesté une tendance vers quelque chose de plus élevé que la moralité dominante. La majesté d'idées plus sublimes est , d'ailleurs , tellement irrésistible , qu'un involontaire hommage leur a été offert de tout temps par les chefs de la société.

Quoique , jusqu'à présent , les actes ne répondent pas aux paroles , la proclamation de siècle en siècle de ce je ne sais quoi d'élevé, qu'on n'a pas pu encore atteindre , peut être considérée comme la prophétie distincte de ce qui doit avoir lieu ultérieurement. On y trouve une perception quoique obscure , un regard quoique faible vers quelque chose dont l'obtention ne peut manquer d'arriver avec le temps ; mais l'époque n'est pas encore venue. Dans les parties les plus éclairées de l'ancien monde , la transition du gouvernement de la majorité par la minorité ne fait que commencer dans l'intérêt de cette dernière , au gouvernement de la majorité , dans l'intérêt avoué de cette majorité elle-même. La vérité et la justice, sous l'empire desquelles chaque homme respecterait tous les autres hommes, où tous s'oublieraient dans l'intérêt d'autrui et considéreraient comme la destinée la plus glorieuse, non d'éire servis, mais de servir les autres, sont encore de vains mots. La civilisation de l'ancien monde cor-

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