‹ De la société américaineChapitre 104 sur 135 · SOCIÉTÉ AIIÉRICAIÎSE. — TOME III · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ AIIÉRICAIÎSE. — TOME III

d'espérances et de craintes, leurs travaux surveillés par la tyrannie , la divergence des anciennes opinions punie par l'opprobre, le monde, au lieu d'être une immense galerie sonore , où les plus faibles accents de la science, à peine prononcés, sont entendus dans tous les pays civilisés, serait une tour de Babel, où toute parole serait une vocifération et la vie une interminable querelle ; on verrait alors ce que gagnerait le genre humain à faire de la conviction un objet d'approbation ou de désapprobation morale. En l'état actuel des choses, à un petit nombre d'exceptions près, le droit de libre investigation est pratiquement admis, et il n'est pas défendu d'arriver, dans les sciences naturelles, à des conclusions rigoureuses, d'où il résulte que , loin que les hommes soient emprisonnés pour leurs découvertes , et à faire amende honorable pour les bienfaits qu'ils ont conférés à la société, la science marche joyeusement et promptement sous la main d'ouvriers attentifs , s'aidant et s'encourageant l'un l'autre , pendant que la société accepte ses résultats avec reconnaissance et adopte la science à mesure qu'elle se déploie et se popularise régulièrement.

Quand la science morale sera commencée et la science religieuse émancipée, tels seront leurs progrès harmonieux, et la religion chrétienne sera révélée une seconde fois aux hommes. En attendant , le monde religieux est, sons un aspect, une inquisition, sous un autre , une tour de Babel. Je parle du monde religieux et non de toutes les personnes religieuses. Quel-

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