SOCIÉTÉ AMÉRICAINE. — TOME III
mais je crois que c'est moins Tabondance extérieure , ou la liberté réciproque, ou la simplicité de manières, ouTenjouement constant qui caractérise la population, que sa douceur de caractère qui se reflète comme la lumière du soleil sur le pays entier. On a dit que c'était la meilleure nature de peuple qui fût au monde, et je crois que cela est vrai. L'effet de l'exemple général est ici fort remarquable; j'ai rencontré, comme de raison, des tempéraments irritables, des caractères emportés et irascibles , des gens disposés au despotisme et d'autres à la contradiction; mais c'était une chose charmante que de voir comme ces individus étaient tenus en respect , étaient dominés par l'exemple général de bienveillance et d'obligeance , de manière à ne pas assombrir l'atmosphère domestique par leur mauvaise humeur. Je me suis souvent demandé l'effet que devaient produire, sur les Américains, ceux de nos ouvrages où sont peints des caractères étranges et maladifs ; ces ouvrages ne les représentent pas, à beaucoup près, avec Ténergie et la vérité qu'on pourrait utilement leur donner ; mais , tels qu'ils sont, j'ai cherché souvent l'effet qu'ils devaient faire sur les Américains; ils peuvent en avoir une faible idée dans la diversité d'humeurs qui existe parmi eux comme partout ailleurs , ainsi que dans l'humeur capricieuse des enfants: mais ces difformités de caractère dans les grandes personnes doivent leur paraître de monstrueuses caricatures.
Nécessairement , quelque influence générale doit adoucir ou restreindre le caractère de toute une nation