‹ De la société américaineChapitre 32 sur 135 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

r.-2 Î>E LA SOCIÉTÉ AMÉRICAINE.

sans faire violence à leurs sentiments et aux miens. Si je ne me trompe, la société du nouveau monde, grâce au stimulant de la question d'abolition, commence à comprendre ce que son excessive déférence pour l'opinion lui fait perdre en liberté pratique. Les exemples de ceux qui peuvent et savent revendiquer et maintenir leur liberté dans ces temps d'épreuves redoutables sont vénérables et beaux aux yeux des jeunes gens. Ceux qui, dans les villes, ont vieilli dans la pratique de la défiance ignorent l'étendue de leurs privations ; mais les libres habitants de la campagne et la jeunesse des villes ont des yeux pour la justice et un cœur pour la vérité , au milieu des brouillards et des subtilités dans lesquels ont été enveloppées récemment la vérité et la liberté. Les jeunes hommes de Boston surtout sont debout, et il est important qu'ils le soient; Boston est regardée, dans toute TUnion, comme la cité supérieure qu'elle croit êtr^; et, nulle part, l'entrée dans la vie n'est plus périlleuse à la loyauté et à la majorité des jeunes aspirants au service public. Le Massachusetts est le quartier général du fédéralisme ; même là , le fédéralisme recule devant la démocratie ; cet État possède encore une majorité fédérale. Un habitant de Massachusetts a peu de chances de succès dans la vie publique s'il ne commence par être fédéraliste ; et il n'a aucune chance de s'élever au delà d'un certain degré, si, ce degré atteint, il ne fait un retour vers la démocratie. L'épreuve est trop forte pour l'indépendance morale des ambitieux ; aussi les yeux du monde sont-ils fixés sur \c»

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