CHAPITRE m
DEVELOPPEMENT ET MODIFICATION DU CARACrERE.
L'habitude et son rôle dans la moralité. Mécanisme des habitudes pratiques, mentales et affectives, considérées tour à- tour, puis toutes ensemble.
Montaigne, qui appelle l'habitude « la royne et eraperière du monde (1) », a décrit mieux que personne, à ma connaissance, Tempire qu'elle exerce. « C'est, à la vérité, dit-il en termes aussi précis que pittoresques, une violente et traistresse maîtresse d'eschole, que la coustume (2). Elle establit en nous peu à peu, à la desrobée, le pied de son auctorité : mais par ce doux et
(1) T. I, p. 157 (livre I, chap. xxii). Cf. Pline, Hist. nat , I, 26 : « Usus efficacissimiis reruin magisler. »
(2) Il prend ici et presque partout coutume comme synonyme d'habitude; on verra plus loin que ces mots ont aujourd'hui des sens distincts, quoique voisins. Nous les emploierons comme désignant, le premier, la grande loi de la solidarité individuelle, le second, celle de la solidarité sociale, ii Coulume est objeclif, c'est-à-dire indique une manière d'être générale à laquelle nous nous conformons;... Habitude est subjectif, c'est-à-dire indique une manière d'èlre qui nous est personnelle et qui détermine nos action?. » Dict. de Litlré, au
mol COUTUME.
l'habitude : formation des habitides. 109
hurable commencement, Fayant rassis et planté avec l'aide du temps, elle nous descouvre tantost un furieux et tyrannique visage, contre lequel nous n'avons plus la liberté de haulser seulement les yeulx. Nous lui voyons forcer à touts les coups les règles de la nature (1). » Il a bien compris de quelle manière elle s'assujettit nos volontés, à savoir, en nous ôtant la réflexion et jusqu'à la pensée de délibérer, en « hébétant » la conscience. « Le principal eifect de sa puissance, c'est de nous saisir et empiéter de telle sorte, qu'à peine soit-il en nous de nous ravoir de sa prinse et de rentrer en nous, pour discourir et raisonner de ses ordonnances (2). » De là, quand rhabitude prise est mauvaise, une perversion d'autant plus irrémédiable qu'elle cesse bientôt d'être sentie. C'est pourquoi, « quand ceux de Crète voulaient, au temps passé, mauldire quelqu'un, ils prioient les dieux de l'engager en quelque mauvaise coustume (3). »
Il n'a pas vu moins clairement les bienfaits de l'habitude. « Celui me semble, dit-il, avoir très bien conceu la force de la coustume, qui premier forgea ce conte, qu'une femme de village, ayant apprins de caresser et porter entre ses bras un veau dez l'heure de sa naissance, et continuant tousiours à ce faire, gaigna cela par l'accoustumance, que, tout grand bœuf qu'il estait, elle le portait encores (4). « Et ailleurs, il nous montre l'habitude venant au secours de l'efFort volontaire, la bonne volonté engendrant peu à peu la bonne habitude, et y trouvant sa récompense. « A quoi on a été une fois capable, on n'est plus incapable, » dit-il au même en-
(1) Montaigne, t. I, p. 143 (livre I, cliap. xxii).
(2) ilbid.).
(3) [Ibid.).
(4) {Ibid.).
droit. — Analysons méthodiquement ces phénomènes de V accoutumance.
Des lois psychologiques de Thabitude, les unes concernent la formation des habitudes^ les autres leurs effets (1).
En dépit du sens étymologique, selon lequel habitude signifierait toute manière d'être ou disposition durable, ce mot désigne proprement et exclusivement, entre les manières d'être et d'agir d'un vivant^ celles qui sont acquises. La première question qui se pose est donc celleci : comment s'acquièrent les habitudes? Voici la réponse :;
Tout être doué d'activité spontanée, tout vivant, contracte en agissant une tendance à répéter son acte. Plus l'acte a été souvent accompli, plus grande est la tendance à le produire encore : et cette tendance est l'habitude même.
L'habitude, on le voit, se forme principalement par la répétition des mêmes actes; toutefois, le premier acte doit avoir déjà une certaine tendance à se renouveler, ou plutôt doit laisser après lui dans l'agent une certaine tendance à le reproduire, car sans ce commencement l'habitude ne se formerait jamais. On peut donc dire d'une manière plus générale et plus profonde que, si l'habitude s'accroît par la répétition, elle naît en réalité de l'action même et prend son origine en tout exercice de l'activité.
Plus grande est l'activité déployée, plus vite appa-
(1) L'ordre dans Iftquel nous allons présenter ces lois nous est personnel, mais nous les ennprunions aux ouvrages spéciaux sur la matière, sans aucune prétention d'innover sur ce point de psychologie, qui a été des mieux étudiés. — V. F. Ravaisson, De L'habitude, thèse, 1838; A. Lemoine, Vhabitude et L'instinct, 1875; et Léon Dumont, De Vhahilude, dans la Revue philosophique, tome I, p. 321, avril 1876.
l'habitl'de : ses effets. 111
raît riiiibitude. Une fréquente répétition est moins nécessaire si Facte a été plus prolongé; et il arrive même qu'un acte devienne habituel sans avoir été ni très prolongé, ni souvent répété, s'il est la manifestation d'une activité intense, par exemple s'il est très fortement voulu. La vivacité de l'énergie déployée par l'agent peut, jusqu'à un certain point, tenir lieu de la fréquence de l'acte et de sa durée.
Ces lois président à la formation de toutes les habitudes sans exception. C'est à tort, en effet, qu'on objecterait ici la distinction scolaire des habitudes actives et des habitudes passives. Cette distinction est bonne, mais il ne faut pas la prendre pour plus rigoureuse qu'elle ne l'est. L'habitude étant une loi, ou plutôt la loi de l'activité, toutes les habitudes sont des modes d action, et il n'y a point, à proprement parler, d'habitudes passives. Ce qui est vrai, c'est que, après la nature et l'origine de rhabitude, il faut en considérer les effets, et qu'il y a lieu dès lors de distinguer les effets qu'elle a sur l'activité proprement dite et ceux qu'elle produit sur nos autres l'acultés, modes divers et secondaires de l'activité consciente.
Ces effets, les voici.
L'activité, d'abord hésitante et imparfeite, s'exerce avec une facilité et une perfection croissantes à mesure que naît l'habitude. Que l'habitude naisse lentement par l'exercice, ou très vite, grâce à un effort de volonté et d'attention, son effet est toujours de rendre l'acte plus rapide et plus parfait. Cela est vrai de tous les actes indistinctement, depuis les mouvements musculaires jusqu'aux plus hautes opérations de f esprit (1).
(1) Les manil'estalions de l'iiisliiicl ne font exception ^u'eii apparence; il n'y
Non seulement l'activité intellectuelle est soumise comme toute autre à cette loi générale de Tliabitude, mais certains actes essentiels de Tesprit ne sont que des cas ou modes particuliers de Ihabitude. Ainsi, le souvenir s'acquiert, se conserve et se perd comme une habitude : c'est à la lettre une habitude mentale. Les associations d'idées, qui ne sont d'ailleurs que des souvenirs complexes, sont autant d'habitudes. — Mais le caractère propre de la pensée est la conscience. L'effet propre de l'habitude est de rendre de moins en moins conscientes les opérations qu'elle rend plus faciles. Elle tend ainsi à les faire descendre du domaine de l'esprit et de la réflexion dans le domaine de la nature et du mécanisme.
C'est là une conséquence des lois de la conscience en même temps que des lois de l'habitude. En effet, d'une part, la conscience commence par la perception d'une différence {discrimination) (1), et consiste essentiellement à distinguer le dissemblable ; mais les dissemblances sont plus vivement saisies quand elles nous frappent plus soudainement; elles passent de plus en plus inaperçues, à mesure que les contrastes sont moins brusques et moins tranchés : or, l'habitude a précisément pour effet de diminuer progressivement la part de l'inattendu, de supprimer toute vive surprise. C'est pourquoi elle atténue et peu à peu semble annihiler la conscience. D'autre part, les actes sont d'autant plus conscients qu'ils im-
a qu'à observer les jeunes animaux [lour reconnailre que les actes instinclif> sont regardés bien à tort comme parfaits du premier coup. Ces actes, comiiie tous les autres, deviennent par l'habitude infiniment plus faciles et pins sûrs.
(I)V. A. Bain, Les sens et l'intelligence, 2» partie, F; traduct. Gazelles, p. 279.
l'habitude : ses effets. 113
pliquent un plus grand effort et comportent plus d'attention ; mais l'habitude, rendant les actes plus faciles, rend Teffort et l'attention de moins en moins nécessaires : il est donc naturel que, par là encore, elle fasse tendre perceptions et opérations mentales de toute sorte vers rinconscience.
La sensibilité n'est qu'un mode particulier de la conscience, la même loi s'y applique donc : c'est-à-dire que l'émotion de plaisir ou de peine, qui accompagne d'abord telle perception ou telle action, est de moins en moins sentie par l'effet de l'habitude. Point d'exception à cette règle. Elle se vérifie, en y regardant bien, dans les cas mêmes où Ton croirait la trouver en défaut: il n'est pas un de ces cas qui ne s'explique par cette loi unie aux précédentes. Par exemple, une symphonie nous fait plus de plaisir à la dixième audition qu'à la première; mais c'est précisément parce que tout ce qu'il y avait de confus et de fatigant dans nos impressions du premier jour s'est dissipé : l'œuvre est mieux sentie, parce que la perfection en est mieux « comprise» . Il en est ainsi de tous les exercices (escrime, équitation, musique, algèbre. . .) ; nous les faisons d'abord avec peine et fort mal, puis la peine décroît par l'habitude ; par l'habitude aussi l'acte est exécuté plus parfaitement, et devient plus agréable par cela môme.
Des actes d'abord indifférents ou même pénibles se peuvent ainsi changer en vifs plaisirs, voire en vérita blés besoins. Mais il ne faut pas s'y tromper, on se lasse à la longue de tout plaisir, comme on se fait à toute souffrance. Il n'y a d'exception (si c'en est une) que pour les douleurs causées par des lésions qui ne sauraient être renouvelées sans compromettre la vie même, H. MARioN. Solidarité. 8
et pour les plaisirs périodiques par nature, qui^ grâce à leur intermittence, échappent à peu près à la satiété.
Tel est le mécanisme de Thabitude. Quel rôle elle joue dans la formation de notre moralité, il suffit pour s'en rendre compte de réfléchir maintenant aux rapports qu'il y a entre la volonté d'un homme, ou sa personnalité morale, et ses habitudes d'agir, de penser et de sentir. Ce qu'il faut faire toucher du doigt, c'est cette double vérité : que nos manières habituelles de sentir, de penser et d'agir, commencent à se former bien avant que lu volonté proprement dite intervienne pour les contrôler et les régler, et qu'elles président au contraire à la formation de nos volitions habituelles, c'est-à-dire de notre caractère.
Les actes habituels ont d'abord une importance propre, puisqu'ils valent par eux-mêmes, ainsi qu'on l'a fait voir (i) ; mais ne revenons pas sur ce point. Parlons comme s'il n'y avait pas un type ou idéal de la convenance morale, un bon ordre objectif, auquel l'acte luimême doit être conforme autant que possible, sans préjudice de l'intention.
Deux cas sont à distinguer : ou l'acte qui passe en habitude a d'abord été volontaire, ou il a été imposé, imposé par des circonstances fortuites ou par une volonté étrangère, il n'importe.
Tout acte d'abord volontaire qui devient habituel devientinsensiblement automatique, c'est-à-dire de moins en moins délibéré, de plus en plus nécessaire. On pourrait dire à la rigueur qu'il va toujours par cela seul per- i
(1) V. ci-dessub : Introduciion I!, (i. 5 et suivantes.
IMPORTANCE MORALE DES H A lUTl' DKS PRATIQUES. 115
dant quelque chose de son caractère moral, puisque, bon ou mauvais, il cesse peu à peu d'être libre. Mais, en réalité, le cas n'est pas le même pour les bonnes habitudes et pour les mauvaises.
Les mauvaises habitudes, bien qu'elles constituent propr. ment les vices, et qu'il soit impossible de soutenir quelles deviennent moins laides à mesure qu'elles sont plus enracinées, bien qu'elles méritent toute la réprobation due au premier acte de volonté perverse d'où elles ont pris naissance, et aux chutes successives par où elles se sont aggravées, — les mauvaises habitudes, dis-je, ne doivent pourtant inspirer à la fin qu'une horreur mêlée de pitié, parce qu'elles sont vraiment av(C le temps destructives de la liberté. Le libre arbitre abdiquant, s'aliénant peu à peu, travaillant à sa propre ruine et la consommant, c'est assurément le specticle le plus choquant pour la conscience morale ; mais c'est aussi le plus triste. Il faut flétrir ceux qui nous le donnent, tant qu'ils peuvent encore sentir leur faute et réagir sous le blâme : après, il faut surtout les plaindre.
Au contraire, la bonne habitude qu'on s'est donnée à soi-même a de plus en plus droit à l'admiration, parce que, loin de diminuer la liberté, elle l'accroît. On en parle bien à tort comme si elle faisait succéder à l'effort moral, seul méritoire, une vertu automatique, sans prix, une sorte d'utile et heureuse routine. C'est le contraire qui a lieu. Cette infaillibilité acquise, ou plu- .tôt conquise, est le plus haut degré du mérite, et c'est la plus haute liberté.
La volonté bonne gagne à la fois en force, en sûreté et en eflicacité, par l'effet des bonnes habitudes. D'une part, elle s'accoutume si bien à agir avec discernement.
qu'elle devient peu à peu comme incapable d'agir à l'étourdie, c'est-à-dire sans liberté ; d'autre part, chaque gain effectif; chaque économie de peine, que l'habitude lui fait faire^ lui permet de porter ailleurs ses efforts. Ainsi la bonne action habituelle, si elle a, en un sens, moins de valeur morale que celles qui coûtent davantage, mérite d'être grandement estimée: comme résultat final d'efforts précédents qui étaient méritoires, comme signe d'une bonne volonté triomphante et qui s'est fortifiée en s'exerçant, comme condition enfin de progrès ultérieurs.
Mais ne considérons même que la facilité quasiautomatique des actes habituels: je dis que, arriver par des efforts répétés et par une constante docilité à la raison, à se conduire à la fin sans effort, presque sans réflexion, de la manière même que la raison commande, c'est là accroître sa perfection morale. C'est, à l'aidé d'un minimum de liberté en conflit avec un milieu rebelle, opérer son affranchissement. Combien ne serait-il pas injuste de marchander l'estime à celui qui a fiait cette œuvre, de se donner à lui-même une vertu ! S'il est vrai que l'effort est moins nécessaire et coûte moins à mesure qu'il a été plus souvent renouvelé, cela même n'est point une grâce imméritée; c'est une grâce pour ainsi dire obtenue de haute lutte, un secours de la nature répondant à l'appel de la volonté.
La volonté et la nature concourent toujours à former notre moralité, voilà ce qu'il faut bien comprendre. Elles contribuent pour des parts variables à détermine]et le caractère général de chacun de nous, et notre conduite en chaque cas donné. Mais il ne faut pas regarder indistinctement comme dénué de valeur morale et
HABITUDES Dli 1,A VOLONTÉ. 11"?
de liberté tout ce qui est la part de la nature ; ce serait réduire le moral à des proportions dérisoires, et Ton ne - saurait plus où le saisir. La nature est elle-même comme pénétrée de moralité; j'entends par là que, loin d'offrir à la volonté une résistance obstinée, toujours égale, en quelque sorte absurde, elle amplifie et renforce par ses lois propres nos moindres volitions. Sans doute, elle est plus ou moins favorable à la moralité selon les rencontres, comme certains chevaux sont plus dociles que d'autres et ont plus de fond ; mais, de même que le cavalier gâte le meilleur cheval par ses négligences et pur ses fautes, tandis qu il assouplit le plus rétif à force de vigilance et de fermeté, ainsi la volonté, grâce à la loi de l'habitude, est aussi assurée de trouver dans la nature un auxiliaire de ses bons efforts qu'un complice de ses défaillances.
La nature, en un mot, ne nous tient pas d'abord absolument captifs : elle se prête elle-même à nous délivrer de ses liens et nous y aide, pour peu que nous le tentions; mais elle ne fait pas tout pour nous. Si nous ne savons pas nous en faire un allié, nous avons en elle un ennemi, qui profite infailliblement de toutes nos faiblesses, et qui nous en punit en les rendant petit à petit incurables.
Voilà pour les habitudes volontairement contractées. En somme, elles participent à la valeur morale des volitions successives qui les engendrent, et dont elles ne font qu'accroître et prolonger l'effet.
Les habitudes involontaires (il s'agit toujours des habitudes proprement dites ou habitudes pratiques) ont aussi une importance morale. Si elles n'ont pas leur origine dans la volonté, la volonté, en revanche, en subit
l'influence (1). Toute habitude prise, en effet, est essentiellement une tendance, et, à ce titre, nous incline. Il est vrai que souvent elle nous incline à notre insu, tant son action est intime, tant elle est vraiment une autre nature ; mais, dans ce cas même, elle n'est pas morale ment indijïérente : comment serait- il indifférent que ma nature se pervertisse ou s'améliore ?
11 n'est pas vrai maintenant que, chez un être intelligent, l'habitude puisse agir exclusivement sur l'activité irréfléchie, et d'une manière inconsciente. Nos facultés sont trop étroitement liées entre elles, c'est pour nous un besoin trop impérieux de mettre d'accord nos pensées et nos sentiments avec nos actes, pour que nous ne soyons pas conduits à justifier à nos propres yeux nos habitudes, même involontairement acquises. De là les sophismespar lesquels on s'efforce de trouver bonnes, ou au moins innocentes, ses actions les plus inavouables ; de là cette perversion de la conscience et du cœur qui suit de si près toute perversion de la conduite. Le sens du devoir est si profond en nous, si fort par conséquent notre besoin d'agir selon des maximes et de ne faire que des actes dont nous puissions rendre raison, que, si notre raison ne s'impose pas à nos actes, ce sont nos actes qui s'imposent à elle (2). Il faut ou qu'elle les
(1) (( Qu'un homme se mette au cou une cravate de satin, et il aura aussitôt de nouveaux be.>oins, de nouveaux motifs d'action. La métamorphose aura commencé par le cou ; elle continuera jusciu'à ce qu'elle ait cliangé d'abord ses goûts, puisses laçons devoir... » G. Eliot. Félix Holi, I, 91.
(2) « Nos actes nous déterminent autant que nous déterminons nos actes,» dit encore, dans une fort belle pa^e, le romancier philosophe que nous ne pouvons nous las>er de citer... « Il y u dans nos actions une force terrible, qui peut d'abord faire de l'honnête homme un trompiur, puis faire ensuite qu'il s'accommode de ce changement, parcelle iai.>;on que la seconde faute se présente à lui, une l'ois donnée la première, comme le seul [)arti possible et te qu'il y a de mieux à faire désoimais. L'action qui, avant d'êlre commise, était envisa-