VI PRÉFACE
De ces critiques, j'ai admis les unes, j'ai cru pouvoir écarter les autres, mais il n'en est pas une de quelque poids dont j'aie négligé sciemment de tenir compte.
Des suppressions et des corrections notables ont été faites, particulièrement dans Tlntroduction, en vue de marquer mieux mon attitude à l'égard du problème du libre arbitre, et de faire voir plus nettement dans quel rapport sont à mes yeux la liberté morale et la solidarité.
Si résolu qu'on fût à ne pas tenter d'épuiser un sujet inépuisable, certaines lacunes demandaient à être comblées. Il a paru nécessaire, par exemple, de signaler au moins le rôle propre du langage comme lien de solidarité sociale : on trouvera sur ce point, au chapitre de VOpinioîî, des indications brèves, mais précises. De même, le chapitre de la solidarité historique ayant été trouvé un peu abstrait, je l'ai enrichi de quelques exemples, et je ne pouvais mieux faire que d'emprunter à mon savant critique, M. Lavisse, ceux que lui-même me suggérait. C'est plaisir d'avoir affaire à un juge de cette compétence qui est de votre avis pour ainsi dire plus que vous-même, qui trouve à votre thèse plus de portée encore que vous ne pensiez, et qui vous offre à pleines mains de quoi l'illustrer.
Il est vrai que j'ai eu à défendre plus loin contre le même écrivain une partie de mes conclusions, qui ont le défaut de porter trop la marque du moraliste, au gré de cet esprit large, mais positif, tout pénétré des nécessités historiques, et frappé avant tout des leçons que