‹ De la souveraineté (volume 3)Chapitre 11 sur 25 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

• De n'é(re êouvéntim %mB de ■«■ , ne sigBifie pas grand'chose; mais d'être li^e en efifei signifie beaucoup. »

J. J. RoUMUlV.

— a La liberté sociale réelle, ou la liberté de tous, peut seulement exister : sous la sou- Teraineté réelle ; sous la souveraineté impersonnelle ; sous la souveraineté ratkmneUe. »

Colins, Mss.

— «La France, il fant qu'elle ae le persuade, n'a plus que le choix : entre la royauté absolue; et la république rattomnêUe, »

M. Ëmilk db GiRAunur.

— « La royauté absolue, en présence de rincompréssibiiité de rexâmen, est «oHi impossible : que, les ténèbres en présence du soleil..

« La république rationnelle ne peut être:

que, la république iiniver^e/Ze ; et, la république universelle peut seulement exister :

sous la souveraineté réelle, universellement reconnue. »

Couifs, Mss.

La souveraineté réelle , éternelle par essence , impersonnelle par essence, n'a pas encore eu d'existence

DE Ll SOUVERAIRETÉ. 147

sociale pratique sur notre globe ; et, elle ne peut en EToir, pour une humanité quelconque et sur un globe quelconque : tant que l'ignorance, sur la réaUté du' droit, n'est point socialement anéantie. De plus : cette ignorance peut.seulemeat se trouirw anéantie ; lorsque : par un développement d'intelligence, rendant Fexamen socialement incompressible ; et, par le développement progressif d'une anarchie, relative à cette ignorance et à cette incompressibilité; une humanité quelconque edt mrivée au point : de devoir connaître la vérité ; ou, de périr.

Tant, que l'ignorance d'une humanifé n'est point anéantie; et, que l'examen peut être socialement comprimé ; la souveraineté impersonnelle et démontrée^ se trouve nécessairement précédée : par la souveraineté éternelle, personnelle ^i hypothétique .

Dès, que l'examen ne peut plus être socialement comprimé; toute souveraineté hypothétique, dite de droit divin, parce que toutes, jusque alors, ont dérivé nécessairement d'une révélation quelconque, devient impuissante .

Dès, que toute souveraineté, de droit divin, devient impuissante; et, que la souveraineté réelle ne peut encore, à cause de l'ignorance , avoir une existence pratique; la souveraineté du nombre, dite souveraineté du peuple ; que le peuple soit représenté : par un homme, par plusieurs, ou par tous ; devient seule possible.

La souveraineté réelle ne pouvant encore exister, à cause de l'ignorance ; toute souveraineté, de droit divin,

iSO DE UA SOm^IBAUlSTÉ.

connus citoyens, ne doivent contribuer : à appliquer le (^it ; à nommer la hiérarchie sociale, nécessaire à son application. Si, alors, vous nommez j9ei^|)fe ; l'^isemble de ceux que la raison, le droit ont indiqués ; comme pouvant et devant jouir des droits de citoyens; et, que vous nommiez souveraineté : la puissance, le droit de nommer cette hiérarchie , conformément à ce qui est ordonné par la raison ; nul doute, je le répète : que, la souveraineté du peuple et le vote universel, ne soient choses saintes et sacrées ; contre lesquelles, la force brutale pourra seule se révolter.

Mais, si par souveraineté du peuple, vous entendez : la puissance de décider^ par le nombre, de ce qui sera socialement tenu : pour juste et injuste ; pour hiérar* chique ou. anarchique ; dans ce cas, et vis-à-vis de ceux qui ne seront point aveuglés par le préjugé ; votre sou^ veraineté du peuple ne sera : que, la souveraineté des fripons sur les sots, si la majorité consent à se soumettre à un pareil droit. Et, si la minorité, en épocpie d'ignorance sociale sur la réalité du droit, tout aussi ignorante que la majorité, vient à rosser la majorité en se disant majorité : en outre, d'avoir la souveraineté des fripons sur les sots ; vous aurez encore : la sou« veraineté des bêtes; la souveraineté de la force brutale; la souveraineté des loups sur les nK)uton8.

Arrivons au vote universel, abstraction faite de souveraineté ; et, considéré : comme, exclusivement relatif à l'application du droit.

Les latitudes et les longitudes, peuvent être connues au milieu de l'Océan. La science existe; la science est

Dl LA SOUVUUIUSTi. 1j(l

le droit ; et, il n'egt question que de l'api^ication du droit. 11 s'agit de trayerser rAtlaotique. Croye^^vout, qa'à cet égard, trois matelots ne sachant ni lire ni écrire, vaillent mieux : que, deux amiraux ; lesquels peuvent être tout aussi bons matelots, que deux colosses bas-bretons ? Et, croyez-vous : que, si un seul amiral est néeeasaire, ce soit aux matelots ignorants à le ehoirâr : soit chez eux ; soit, hors d'eux ? Vous rougiriez de l'affirmer. Vous voyez donc : que, les doctrines du vote universel, et de la souveraineté du peuple ; tant pour rétablissement du droit, que pour son application; sont : deux immenses logomachies.

D'où vient Torigine de ces logomachies ? Peut-être sont- elles nécessaires, inévitables. Si, cela était, il faudrait tâcher : d'en souffrir le moins possible. Voyons, alors : si, en réalité, elles sont nécessaires ; si, en réalité, elles sont d'abord inévitables ; et, si à certaine époque , elles peuvent être évitées ; ce qu'il faudrait faire alors : pour essayer de s'en débarrasser !

Au sein de la société ; et, sous peine d'automatisme ; il faut être messieurs tels ou tels pour oser affirmer : qu'une règle relative à un raisonnement quelconque, bon ou mauvais ; mais, socaiEMENT tenu pour bon ; n'est point nécessaire : à l'existence de l'ordre; à l'existence de l'harmonie, au sein d'individualités en contact; et, qui ne se remuent point automatiquement. Nous acceptons donc : qu'une règle, fût-ce même celle de la souveraineté du nombre ; fût-ce même celle de n'avoir pas de règle ; est nécessaire. Ëh bien ! Cette règle, tant que l'ignorance sociale ne permet point à la rai-

iSO DE UA SOm^IBAUlETÉ.

connus citoyens, ne doivent contribuer : à appliquer le (^it ; à nommer la hiérarchie sociale, nécessaire à son application. Si, alors, vous nommez peuple : l'ensemble de ceux que la raison, le droit ont indiqués ; comme pouvant et devant jouir des droits de citoyens; et, que vous nommiez souveraineté : la puissance, le droit de nommer cette hiérarchie , conformément à ce qui est ordonné par la raison ; nul doute, je le répète : que, la souveraineté du peuple et le vote universel, ne soient choses saintes et sacrées ; contre lesquelles, la force brutale pourra seule se révolter.

Mais, si par souveraineté du peuple, vous entendez : la puissance de décider^ par le nombre, de ce qui sera socialement tenu : pour juste et injuste ; pour hiérar* chique ou. anarchique ; dans ee cas, et vis-à-vis de ceux qui ne seront point aveuglés par le préjugé ; votre sou*veraineté du peuple ne sera : que, la souveraineté des fripons sur les sots, si la majorité consent à se soumettre à un pareil droit. Et, si la minorité, en épocpie d'ignorance sociale sur la réalité du droit, tout aussi ignorante que la majorité, vient à rosser la m^^orité en se disant majorité : en outre, d'avoir la souveraineté des fripons sur les sots ; vous aurez encore : la souveraineté des bêtes; la souveraineté de la force brutale; la souveraineté des loups sur les nK)uton8.

Arrivons au vote universel, abstraction faite de souveraineté ; et, considéré : comme, exclusivement relatif à l'application du droit.

Les latitudes et les longitudes, peuvent être connues au milieu deTOcéâui. La science existe; la science est

Di LA MinruuiiisTi. i5l

le droit ; et, il n'egt question que de Tapi^icatioii du droit. 11 s'agit de trayerser rAtlaotique. Croye^^Yoot, qa'à cet égard, trois matelots ne sachant ni lire ni écrire, vaillent mieux : que, deux amiraux ; lesquels peuvent être tout aussi bons matelots, que deux colosses bas-bretons ? Et, croyez-vous : que, si un seul amiral est nécessaire, ce soit aux matelots ignorants à le ehoirâr : soit chez eux ; soit, hors d'eux ? Vous rougiriez de l'affirmer. Vous voyez donc : que, les doctrines du vote universel, et de la souveraineté du peuple ; tant pour l'établissement du droit, que pour son application; sont : deux immenses logomachies.

D'où vient Torigine de ces logomachies ? Peut-être sont- elles nécessaires, inévitables. Si, cela était, il faudrait tâcher : d'en souffrir le moins possible. Voyons, alors : si, en réalité, elles sont nécessaires ; si, en réalité, elles sont d'abord inévitables ; et, si à certaine époque, elles peuvent être évitées; ce qu'il faudrait faire alors : pour essayer de s'en débarrasser !

Au sein de la société; et, sous peine d'automatisme ; il faut être messieurs tels ou tels pour oser affirmer : qu'une règle relative à un raisonnement quelconque, bon ou mauvais ; mais, socuiEUENT tenu pour bon ; n'est point nécessaire : à l'existence de l'ordre; à l'existence de l'harmonie, au sein d'individualités en contact; et, qui ne se remuent point automatiquement. Nous acceptons donc : qu'une règle, fût-ce même celle de la souveraineté du nombre ; fût-ce même celle de n'avoir pas de règle ; est nécessaire. Eh bien ! Cette règle, twt que l'ignorance sociale ne permet point à la rai-

152 BS LA SOUVERAINETÉ.

son : de la formuler d'une manière rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun ; et qui plus est, de démontrer également : que, cette règle possède une sanction autre que la force ; une sanction éternelle, inévitable ; cette règle doit être donnée : par un homme assez fort^ puisqu'il ne peut êfre assez raisonnable y pour se faire accepter socialement comme raison, souveraine réelle ^ et, alors, cet homme assez fort prend lui-même : le nom de souverain* Mais :

— a Le plus fort, dit Jean-Jacques, n'est jamais assex fort pour être toujours le maître , s'il ue transforme sa force en droit et robéissance en devoir.*»

— Le souverain de fait, le souverain par la force, se trouve donc obligé, sous peine d'anarchie ; c'està-dire : sous peine de mort d'ordre ou de mort de souveraineté ; de transformer sa force en droit. Or, il n'y a qu'un moyen d'opérer cette transformation ; qu'un seul : c'est, de faire accepter la règle, comme venant d'un être sur-terrestre, supposé raison étemelle et sanction éternelle de la règle. Puis, de se donner, soi et les siens, comme interprètes infaillibles de cette même règle. Cela est facile : quand on est le plus fort ; quand on est maître de l'éducation ; maître de lui sou^ mettre l'instruction.

Alors, le complément nécessaire de cette espèce de souveraineté, est une inquisition, comme la veut M. le général Cavaignâc. Le but exclusif de cette inquisition; est d'empêcher socialement l'examen : et, de la règle ;

DK LA muvbbaiubté. 153

et, de sa sanction : puisqu'on dehors d'une sanction; et même d'une sanction, autre que la force brutale; toute société stable, est : absolument impossible.

Mais, par les développements des intelligences et des populations, il Vient une époque : où, l'examen ne peut plus être socialement comprimé ; c'est-à-dire : où^ nulle inquisition n'est plus capable de servir de base, à l'existence d'un ordre social plus qu'éphémère. Alors, qu'arrive-t-il ? Que, la souyeraineté de la raison hypothétique devient sans force ; et, que la souveraineté de la raison réelle, à cause de l'ignorance sociale primitive et toujours existante, ne peut encore en avoir. En effet : cette dernière souveraineté ne peut exister, socialement ; ne peut même être socialement : cherchée, trouvée et acceptée; que, lorsqu'elle est devenue nécessaire ; et, elle devient seulement nécessaire : lorsque la souveraineté de la raison hypothétique n'a plus de force suffisante, pour conserver la vie à la société ; et, qu'une longue anarchie, fait socialement reconnaître : cette insuffisance.

Voyons : si, la souveraineté de la raison réelle ; la souveraineté de la science; devient, socialement nécessaire , par une longue anarchie ; résultat de l'impuissance de la souveraineté de la raison hypothétique!

Lorsque, la souveraineté de la raison hypothétique, se trouve socialement anéantie, par l'incompressibilité sociale de l'examen ; l'intelligence se trouve déjà trèsdé veloppée. Ceux qui, alors, sont savants par-dessus les autres, dans les sciences physiques, ne peuvent

134 Dl LA fieUVJBRAIIfKTi*

s'imaginer : qu'eux*mémes, aoeiakuiânt, aoat des i^orsuots. Essayez donc de faire accepter, à TAcadéiaie des sciences morales et politiques, qu'elle est de la plus crasse ignorance 1 Ce serait, vouloir faire accepter à un nègre : que le bon Dieu doit être blanc. Aussi, leur premier soin, à ces Messieurs, eat-il de déclarer : que, la raison réelle est inaccessible à l'homme^ dont la raison est l'essence. Or, vous concevez : que, tous les ignorants, se sachant ignorants , doivent , vrais moutons de Panurge, penser comme les ignorants, qui se croient et se sont déclarés savants.

Quel est donc, alors, le seul souverain pos^bie; souverain nécessaire, puisque la souversûneté est né* cessaire : à moins, je le répète, de penser, comme Messieurs tels et tels partisans de l'automatisme : lesquels vous donneraient un soufflet; si, vous vous avi*siez de les traiter : d'automates?

Le seul souverain alors possible, le souverain iné* vitable, c'est : trois contre deux sur cinq.

Mais, quel sera le critérium d'upuTÉ : de ces trois contre deux sur cinq ; ou, de ces quatre contre trois sur sept ? Qui comptera, parmi les cinq ou les sept : supposés égaux ?

Lorsque l'unité dominatrice, le pape, re^ésentant U divinité personnelle, l'anthropomorphisme; se trouve renversée par l'examen, au moyen de la presse, dont les rois sont les premiers à faire usage, comme instrument révolutionnaire ; le critérium : des unités délibé* rantes et agissantes ; des unités seules sociales ; est une couronne, se {H*éiendant autonome ou som)eraine*

Le juge du àmi, entce ces ecaveraiiis, est nécessakemeot : Vultima rmtii^ regum; l'aDarchie eafin ; exprès* mn, alors BoiYerseUe, de eette horrible beiiffoiuiene dite équilibre ewùféwi équilibre, doit les balaiiees de pottwr sont eosuite les expressions nationales : ao saa des gouY^iMnents prétendument amélwrés; au sein des gouvernements dits coNSTiTcnofiiiBLs. Le reste des individus non o^uromiés, ne compte point, alors parmi las unités sociale^.

Mais^ les grands feudataires veident aussi jouer auxxtroîa contre deux sur cinq. Ils traitent les rois, comme ceux-d ont traité le pape. Et, chaque unité nationale, se trouve révoIuti<mnairenient brisée comnie, l'aTaît été, l'unité catholique cm universélie Puis, les petits feudataires imitent les grands ; puis, les bourgeois imitent les nobles ; puis, les prolétaires imitent les bcmrgeois ; puis, n'y ayant plus d'imitateurs réels, tous jouent aux trois contre deux; puis, quand les d^ix sont plus forts que les trois, ils rossent ceux<* ci ; la seiencc ayant déclaré : qu'il n'y a de droit que la force; par conséquent : qu'il n'y a pas de raison, pour que les deux^ plus jfoets, se laissent rosser, par les nois, fhVè faibles. C'est, alors, qu'il y a, dans la société, autant de souverains que d'individus; dans chaque individu, autant de souverains que de passions ; et, l'anarchie va continuellement croissant : jusqu'à ce que le mal arrive au point, de forcer sociétés et individus, à reconnaître : qu'ils ne sont que des ignorants vaniteux ; c'est-à-dire, socialement parlant : un peu moins que des imbéciles.

154 Dl LA fiOUVJBRAIIiKTi.

s'imaginer : qu'eux-mêmes, aoeialement, aoat des ignorants. Essayez donc de faire accepter, à F Académie des sciences morales et politiques, qu'elle est de la plus crasse ignorance 1 Ce serait, vouloir faire accepter à un nègre : que le bon Dieu doit être blanc. Ausst^ leur premier soin, à ces Messieurs, eat-il de déclarer : que, la raison réelle est inaccessible à l'hoaune^ dont la raison est l'essence. Or, vous concevez : que, tous les ignorants, se sachant ignorants , doivent , vrais moutons de Panurge, penser comme les ignorants, qui se croient et se sont déclarés savants.

Quel est donc, alors, le seul souverain pos^ble; souverain nécessaire, puisque la souversûneté est nécessaire : à moins, je le répète, de penser, comme Messieurs tels et tels partisans de l'automatisme : les* quels vous donneraient un soufflet; si, vous vous avi*siez de les traiter : d'automates?

Le seul souverain alors possible, le souverain iné* vitable, c'est : trois contre deux sur cinq.

Mais, quel sera le critérium d'uNiTÉ : de ces trois contre deux sur cinq ; ou, de ces quatre contre trois sur sept ? Qui comptera, parmi les cinq ou les sept : supposés égaux ?

Lorsque l'unité dominatrice, le pape, représentant U divinité personnelle, l'anthropomorphisme; se trouve renversée par l'examen, au moyen de la presse, dont les rois sont les premiers à faire usage, comme instrument révolutionnaire ; le critérium : des unités délibé* rantes et agissantes ; des unités seules sociales ; est une colonne, se prétendant autoiwme ou soiweraine.

Le juge du àmty entce ces eoaveraiiis, est aécessairemeot : Vuitùim rmti& regum; l'aDarchie enfin ; exprès** mnj alors amirersaUe, de eette horrible beiiffoiuierie dite équilibre eurepémy- équilibre, doit les bidanees de pottwr sont eosuite les expressions nationales : ao san des gouY^imnents prétendument a$nélwrés; au sein des gouvernements dits coNSTiTcnofiiiBLs. Le reste des individus non couronnés, ne compte point, alors : parmi las unités sociale^.

Mais^ les grands feudataires veident aussi jouer : auxxtroîa contre deux sur cinq. Ils traitent les rois, comme ceux-d ont traité le pape. Et, chaque unité naUonale , se trouve révoIuti<mnairenient brisée ; comm^, l'avait été, Tunité catholique cm universelie. Puis, les petits feudataires imitent les grands ; puis, les bourgeois imitent les nobles ; puis, les prolétaires imitent les bcmrgeois ; puis, n'y ayant plus d'imitateurs réels, tous jouent aux trds contre deux; puis, quand les d^ix sont plus forts que les trois, ils rossent ceux<* ci ; la seiencc ayant déclaré : qu'il n'y a de droit que la fofce; par conséquent : qu'il n'y a pas de raison, pour que les deux^ plus jfoets, se laissent rosser, par les nois, riiCs faibles. C'est, alors, qu'il y a, dans la société, autant de souverains que d'individus; dans chaque individu, autant de souverains que de passions ; et, l'anarchie va continuellement croissant : jusqu'à ce que le mal arrive au point, de forcer sociétés et individus, à reconnaître : qu'ils ne sont que des ignorants vaniteux ; c'est-à-dire, socialement parlant : \m peu moins que des imbéciles.

186 DE UL SOlJYERÂllICTi.

C'est dut; mais, c'est vrai; incontestablement vrai. C'est donc calme, raisonnable, et ne devant irriter : que les fous. Il est vrai : que, ceux-ci s'irritent et s'effrayent de tout, même de leur ombre ; et, c'est pourquoi ils ont peur de la lumière. Mais, ce n'est pas pour eux que nous écrivons ; et, ils auront la bonté de ne pas nous lire.

Quant à ceux qui se croiront dignes : de regarder la vérité ; et, de la reconnaître ; ils verront : que, les logomachies , relatives au vote universel et à la souveraineté du peuple, sont nécessaires, inévitables d'abord; et, que le seul moyen de sortir de l'excès de maux, de l'anarchie qu'elles causent nécessairement; c'est, de commencer par reconnaître, officiellement : l'ignorance sociale.

Nous venons de prouver :

Que, la souveraineté du peuple, ou du nombre, ou des majorités, ou de la force, est le résultat : nécessaire, inévitable, de l'impuissance de la souveraineté de la raison hypothétique; souveraineté, dont la valeur d'ordre s'évanouit nécessairement : devant l'incompressibilité sociale de l'examen ;

Que, l'anarchie, causée par l'anéantissement de la souveraineté de la raison hypothétique, rend nécessaire : la souveraineté de la raison réelle ; souveraineté de la raison formulant la règle des actions, tant so- ^. ciales qu'individuelles, d'une manière rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun; et, démontrant, de même : que, cette règle est basée sur une sanction éternelle ; par conséquent : inévitable.

DE LA SOUVERàINETA. 157

Voyons, maintenant : si, à cet égard, nous sommes l'écho de tout ce qu'il y a eu d'illustre, depuis l'origine sociale; si, les grands hommes de toutes les époques; et, surtout, les contemporains; ont pensé comme nous : sur l'essence anarchiqù^ de la souveraineté du peuple.

Demandez, à une fraction du parti conservateur de l'ancienne société; si, Tanthropomorphisme, dont l'expression sociale est une révélation souveraine, est encore, en présence de l'incompressibilité sociale de l'examen : capable , de servir de base à l'existence d'un ordre plus qu'éphémère? Plutôt, que d'avouer cette incapacité, les membres de cette fraction se réfugieront : dans la force de compression. Et, si l'un des plus instruits d'entre eux , M. Michel Chevalier vient leur dire :

— tt II suffit, en France, de regarder autour de soi pour reconnaître que si la bourgeoisie oisive représente en totalité Télément d^ordre , ce n'est qu*à Taide et par Tintcrmédiaire de quatre cent mille baïonnettes, non compris les baïonnettes bourgeoises!.... Ce qui démontre clairement que celte bourgeoisie ne conserve plus la prédominance qu'en opposant aux masses la force des masses elles-mêmes : position critique à faire frémir, et qu'il est impossible de faire durer, car toutes les baïonnettes commencent à être intelligentes. »

— Au lieu de l'écouter , ils se boucheront les oreilles ; et , continueront à s'écrier : la compression

ou LA MORT.

Demandez, à une seconde fraction du parti conservateur de l'ancienne société ; si, la religion est la seule base, qu'il soit possible de donner, à un ordre social plus qu'éphémère? Les membres, de cette fraction, ne le nieront point ; et, vous diront : nous sommes déistes. Si, vous leur objectez : que, le déisme n'est que le manteau percé du panthéisme ; qu'il conduit à l'indifférence religieuse ; et, qu'en présence d'une prétendue science, matérialiste par essence, vouloir baser l'ordre social sur le déisme; c'est, prétendre l'étabUr sur le

DK LÀ SOUVERAINETÉ. 161

Béant; ils ne vous écouteront point, et se réfugieront également : dans la force de compression. Vienne, alors, un nouveau Michel Chevalier, leur exposant {'inutilité de ce moyen ; ils se boucheront également les oreilles ; et^ s'écrieront aussi : la compression ou la

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