MORT
Demandez, à une troisième fraction du parti conservateur de l'ancienne société ; si , le culte du veau <l'or est capable : de servir de base, à l'existence d'un ordre social plus qu'éphémère? Ils n'hésiteront pas à l'affirmer. C'est, en vain que vous leur représenterez : <iue, ce culte est la négation du droit; que, cette idolâtrie a détruit : Tyr, Sydon, Athènes, Lacédémone même, Carthage, Rome, etc. Les membres, de cette troisième fraction, ne vous écouteront point; et, se réfugieront toujours : dans la force de compression. . A toutes les objections les plus incontestables, ils se boucheront les oreilles ; et, répéteront : la compression
lOU LA MORT.
Si, des conservateurs de l'ancienne société, nous passons à leurs adversaires, qu'y trouverons-nous ? Les mêmes partis, absolument les mêmes. Seulement, si les premiers, pour se sauver de leur conscience qui leur dit qu'ils sont dans l'erreur, sont obligés de se boucher les oreilles de l'intelligence et de se réfugier dans la force de compression; les seconds, se réfugient dans la force d'expansion ou d'insurrection. Mais, que l'un d'eux arrive au pouvoir : à l'instant le vainqueur passe à la force de compression ; et, le vaincu à la force d'insurrection.
Demandez, à une fraction du parti conservateur de l'ancienne société ; si, Tanthi^opomorphisme, dont l'expression sociale est une révélation souveraine, est encore, en présence de l'incompressibilité sociale de Texamen : capable, de servir de base à Texistence d'un ordre plus qu'éphémère? Plutôt, que d'avouer cette incapacité, les membres de cette fraction se réfugieront : dans la force de compression. Et, si l'un des plus instruits d'entre eux , M. Michel Chevalier vient leur dire :
— (i II suffit, en France, de regarder autour de soi pour reconnaître que si la bourgeoisie oisive représente en totalité Télément d^ordre , ce n'est qu*à Taide et par l'intermédiaire de quatre cent mille baïonnettes, non compris les baïonnettes bourgeoises!.... Ce qui démontre clairement que celte bourgeoisie ne conserve plus la prédominance qu'en opposant aux masses la force des masses elles-mêmes : position critique à faire frémir, et qu'il est impossible de faire durer, car toutes les baïonnettes commencent à être intelligentes. »
— Au lieu de l'écouter , ils se boucheront les oreilles; et, continueront à s'écrier : la compression
ou LA MORT.
Demandez, à une seconde fraction du parti conservateur de l'ancienne société ; si, la religion est la seule base, qu'il soit possible de donner, à un ordre social plus qu'éphémère? Les membres, de cette fraction, ne le nieront point ; et, vous diront : nous sommes déistes. Si, vous leur objectez : que, le déisme n'est que le manteau percé du panthéisme ; qu'il conduit à l'indifférence religieuse ; et, qu'en présence d'une prétendue science, matérialiste par essence, vouloir baser l'ordre social sur le déisme ; c'est , prétendre l'établir sur le
Béant; ils ne vous écouteront point, et se réfugieront également : dans la force de compression. Vienne, alors, un nouveau Michel Chevalier, leur exposant {'inutilité de ce moyen ; ils se boucheront également les oreilles ; et^ s'écrieront aussi : la compression oc la mort!
Demandez, à une troisième fraction du parti conservateur de l'ancienne société; si, le culte du veau <i'or est capable : de servir de base, à l'existence d'un ordre social plus qu'éphémère ? Ils n'hésiteront pas à l'affirmer. C'est, en vain que vous leur représenterez : que, ce culte est la négation du droit; que, cette idolâtrie a détruit : Tyr, Sydon, Athènes, Lacédémone même, Carthage, Rome, etc. Les membres, de cette troisième fraction, ne vous écouteront point; et, se T'éfugieront toujours : dans la force de compression. A toutes les objections les plus incontestables, ils se boucheront les oreilles ; et, répéteront : la compression
lOU LA MORT.
Si, des conservateurs de l'ancienne société, nous passons à leurs adversaires, qu'y trouverons-nous ? Les mêmes partis, absolument les mêmes. Seulement, si les premiers, pour se sauver de leur conscience qui leur dit qu'ils sont dans l'erreur, sont obligés de se boucher les oreilles de l'intelligence et de se réfugier dans la force de compression; les seconds, se réfugient dans la force d'expansion ou d'insurrection. Mais, que l'un d'eux arrive au pouvoir : à l'instant le vainqueur passe à la force de compression ; et, le vaincu à la force d'insurrection.
162 DB LA SOUYBRAlNBTi.
Un pareil état social, conduit directement à Tanar* chie.
A l'anarchie ! On a tant abusé de ce mot , qu'il n'effraye plus. Au contraire, chaque parti, soit au pouvoir, soit h(»rs le pouvoir, espère, sans os^ se l'avouer : qu'il en sortira le triomphe de son idole. Les malheureux ! ils ne se doutent pas : qu'une aBarcIne, de plus en plus continuelle, de moins en moins séparée par des intervalles de despotisme ; c'est, la destruction de tout droit, de toute famille, de toute propriété ; c'est un retour : non à la sauvagerie, où il y a de l'ordre ; mais à la non-existence de l'humanité sur le globe..
Et, cet état social, ce n'est pas à la seule France qu'il est inhérent ; ce n'est pas à la seule Europe ; c'est au monde*
Mais, la cause! la cause 1 s'écrie M. Laurentie. C'est la cause qu'il faut connaître, sous peine de périr.
La cause, Monsieur 1 elle est claire, évidente, incontestable; et, par cela même : méconnue. C'est, la vanité ayant besoin de vérité; et, se refusant^ par essence, à reconnaître son ignorance. Mais, ici, il y a une distinction essentielle à faire : entre les vanités individuelles ; et, la vanité sociale. Chaque individu, à part soi, reconnaîtrait son ignorance; que, les partis persisteraient à se réfugier : soit dans la force de compression ; soit dans la force d'insurrection. Pour, que la vanité sociale soit vaincue ; il faut : que, la déclaration d'ignorance soit proclamée officieUemenL Essayez donc, par la force de raisonnement, 4'obte-
Dl Là MOVEKAlIlBTi. 163
nir une semblable déclaration , d'une asemblée nationale quelconque. Elle vous accorderait plutôt sa mort. Ce qu'elle refuse au raisonnement,. elle raccordera à l'anarchie.
Aussi, si nous écrivons; ce n'est : ni pour des assemblées de compression ; ni pour des comités d'insurrection; avant, qu'ils n'aient été instruits de leur ignorance, parle désordre. Si nous écrivons; c'est, pour l'avenir.
Mais, aussi ; et, pour l'avenir aussi ; il est de notre devoir de montrer aux enfants : combien leurs pères étaient fou« ; et, combien il était facile d'établir l'ordre réel, JOï ordre perpétuel, un ordre indestructible.
Nous avons parlé d'ignorance. Mais, l'ignorance de quoi? Voilà ce qu'il faut d'abord déterminer, sous peine d'être ignorant, au point de ne pas même savoir : ce que c'est que l'ignorance.
La société est ignorante, tant qu'elle ne sait pas, d'une manière rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun : s'il existe une souveraineté autre que la force : et, la société est en état d'anarchie à cause de cette ignorance : dès, que la souveraineté, par la force, ne peut plus se faire accepter, socialement; comme souveraineté autre : que, celle de la force .
Mais, qu'est-ce que la souveraineté? Avant déparier : de soaveraineté de droit divin ; et, de souveraineté du peuple ; il faut savoir : ce que signifie, le mot souverainetéj abstraction faite d'espèce. A cet égard allons au dictionnaire.
— (c SouYERAiKETÉ, S. f., autoTîté supréme, »
— Allons au mot Autorité.
— « Autorité, s. f., puissance légitime, »
— Ainsi souveraineté signifie : puissance légitime suprême.
Bien. Et, quand une puissance est-elle Intime? Et, par quoi faut-il qu'elle soit suprême? Est-ce par la force ou par la raison ? Si, par la raison, comment distingue-t'On la bonne raison de la maayaise? Par la force, n'est-il pas yrai : tant, que ce qui est ordonné, par la bonne raison, n'est point devenu socialement nécessaire et incontestablement reconnu : par la raison de tous e{ de chacun? Alors, il aurait mieux valu dire : la souveraineté, tant que l'ignorance sociale n'est point évanouie ; c'est, la forge. Et, du moment : que, cette souveraineté ne peut plus être cachée aux masses, sous un masque de raison ; l' anarchie, existe ou persiste : tant, que l'ignorance sociale n'est point évanouie.
Suivons le dictionnaire, jusque dans ses citations.
— « Il n'y a de souYeraineté du peuple possible que là oà il j a des
esclaves (Fietée) . »
— C'est vrai. Sous la souveraineté des trois contre deux : les forts sont les maîtres ; et, les faibles les esclaves.
— « La souveraineté des peuples, dit encore le dictionnaire, estlV pinion publique. »
— Et, à l'article Autorité le dictionnaire dit :
— « Lon^pe la force de Topinion dé truit relie de U raison, lei mœurs sont perdnei : il n'y a plus de force qae celle des supplices. »
— Voilà, la souveraineté du peuple réduite : à celle du bourreau.
— « n n'y a de tonverainelé durable^ dit encore le dictionnaire , que celle fondée tnr la justice et la vertu (F errand).
-^ Très-bien! Mais comment distingue-t-on : la justice et la vertu réelles ; de la justice et de la vertu illusoires? Est-ce par la détermination du plus fort? Si, c'est autrement; il fallait le dire.
Fermons le dictionnaire, le plus sot des livres, ce qui n'est pas peu dire; et, voyons si nous ferons mieux.
Toute règle, privée de sanction^ n'est qu'un assemblage cte mots : socialement inutiles. Donc :
La SOCVBEAINETÉ c'eST LA SANCTION.
Si, maintenant, nous nous arrêtions ; nous aurions parlé comme le dictionnaire.
Combien y art-il d'espèces de sanction ?
Dans cette vie, il n'y en a qu'une : la force. Le fort élude toutes rè^es^ et, lui seul, socialement, peut les formuler.
Si donc, il n'y a que cette vie, pour chaque individualité ; il n'y a de souverain que la force ; et, pour qu'il y ^1 ait un autre , il faut : que, les actions de cette vie soi^fit en rapport, avec le bien-être ou le malêtre dans une autre vie. En un mot, cet autre soiye-
RAiN c'est la religion. Car^ la religion, si elle existe en réalité, n'est autre : que, ce rapport.
Mais, la religion nécessaire : pour^ que la seule souveraineté possible ne soit pas : celle de la force, celle des bêtes, celie des loups sur les moutons; existe-t-elle, en réalité?
, La prétendue science actuelle, en établissant la réalité du matérialisme, affirme : que,- le rapport moral, d'une vie à une autre, n'existe pas. Je donnerai, en temps et lieu, les preuves : que, tel est l'état actuel de la science. Du reste, pas un savant de cette pré* tendue science, ne niera cette proposition. Cet état de la science a même placé, de nos jours, un homme de beaucoup de talent et de mérite , dans une étrange situation. La France lui avait confié l'instraction de la jeunesse. Son devoir était de lui indiquer : la base des raisonnements devant diriger les aetio^is. Vous concevez : qudle devait être sa perplexité. Il avait reconnu : d'une part, qu'en présence de Fineompressibilité de l'examen, la multiplicité des révélations ne pouvait plus, socialement, servir de base à Texistenc^ du droit ; et, d'une autre, que, ce qui était tenu pour science , niait l'existence d'une autre vie. Cependant, son bon senB lui défendait : d'inculquer à ses élèves : que, la force était l'unique source du droit. 11 fut donc obligé : d'inventer un droit, une morale, qui ne dérivât : ni de la religion ; ni de la force. Mais, comme entre la religion et la force, il n'y a absolument rien; il dnt étabKr sa morale : sur le vide. Parvenu, depuis, au gouvernement de la France ; il la dirigea, selon
DB LA SOmrBKAUfETt* 167
son droit utopique ; et, il la conduisit à la révolution de féyrier, expression la plus large de la souveraineté du peuple. Il ne faut pas nous en plaindre. Cette expérience était nécessaire ; et, peut-être d'autres encore, pour nous faire arriver à sentir : le besoin de la religion réelle ; le besoin de la démonstration scientifique de sa réaKté ; démonstration par laquelle, actuellement, la fonce brutale, la souveraineté des bétes, {leut Kculement être dominée.
Avant de terminer ce chapitre, nous devons [irouver : ce que nous venons d'avancer.
— c Poar ceux d'entre tous, di^fif. Guizot, quî ont (aU d«i àiadis9 philosophiques uu peu étendues, il est, je eroi«, éf i dent Aujourd'hui quit
LA HOKALB BXISTI INBÉPKHDAHHXirr DIf IDÉKS BELlGlEUflf . »
(Histoire de la cMlis. m Muropê, p, 136.)
— SoiToos M. Guizot, dans Texposition de $a souveraineté utopique I
RAiN c'est la religion. Car^ la religion, si elle existe en réalité, n'est autre : que, ce rapport.
Mais, la religion nécessaire : pour^ que la seule sou-yeraineté possible ne soit pas : celle de la force, celle des bêtes, celie des loups sur les moutons; existe-t-elle, en réalité?
, La prétendue science actuelle, en établissant la réalité du matérialisme, affirme : que,- le rapport moral, d'une vie à une autre, n'existe pas. Je donnerai, en temps et lieu, les preuves : que, tel est l'état aetuel de la science. Du reste, pas un savant de cette pré* tendue science, ne niera cette proposition. Cet état de la science a même placé, de nos jours, un homme de beaucoup de talent et de mérite , dans une étrange situation. La France lui avait confié l'instmction de la jeunesse. Son devoir était de lui indiquer : la base des raisonnements devant diriger les aetioois. Vous concevez : qudie devait être sa perplexité. Il avait reconnu : d'une part, qu'en présence de Fineompressibilité de l'examen, la multiplicité des révélations ne pouvait plus, socialement, servir de base à Texistence du droit ; et, d'une autre, que, ce qui était tenu pour science , niait l'existence d'une autre vie. Cependant, son bon sms lui défendait : d'inculquer à ses élèves : que, la force était l'unique source du droit. 11 fut donc obligé : d'inventer un droit, une morale, qui ne dérivât : ni de la religion; ni de la force. Mais, comme entre la religion et la force, il n'y a absolument rien; il dnt étabHr sa morale : sur le vide. Parvenu, depuis, au gouvernement de la France ; il la dirigea, selon
DB LA SOmrBKAIlfETt* 167
son droit utopique ; et, il la conduisit à la révolution de février, expression la plus large de la souveraineté du peuple. Il ne faut pas nous en plaindre. Cette expérience était nécessaire ; et, peut-être d'autres encore, pour nous faire arriver à sentir : le besoin de la religion réelle ; le besoin de la démonstration scientifique de sa réalité ; démonstration par laquelle, actuellement, la foi£6 brutale^ la souveraineté des bêtes, peut seulement être dominée.
Avant de terminer ce chapitre, nous devons prouver : ce que nous venons d'avancer.
— cPoar ceux d'entre tous, di^M. Guizot, qui ont fait des études fdiilosoplùqueft uu peu étendues, il est, je crois^ évident aujourd'hui que
LA HOKALI XXlSn IHDÉPKHOAHMBKT DES IDÉES RELIGIEUSES. »
(HUtairê de lu civitis. en Europe, p. 136.)
— SoiTOos M. Guizot, dans l'exposition de sa souveraineté utopique I
« La vérité seule a droit de r^ner sar le monde. »
M. GnizoT, Histoire de la dviUioHon e»
France f p. 101.
A M. GÙIZOT (4).
Monsieur ;
Supposez une nébuleuse récemment formée; et, sortant du chaos, par les lois éternelles de la matière. Parmi les milliers de soleils composant ce nouvel univers, venant prendre place au sein de l'infini ; parmi les milliers de globes, qui circulent autour de ces soleils; supposez-en un, destiné, par réternelle justice, à servir de lieu d'expiation, à une population devant y souffrir : la peine de crimes commis, dans des viea antérieures. Supposez : que, ce monde est déjà sorti du sein des feux et des eaux ; que, déjà, une foule de végétations et de prétendues animalisations y aient apparu successivement; que, l'animalisation réelle,, l'humanité, soit enfin venue prendre sa place, dans ce
(1) Ces lettres ont été écrites dans un cabanon, où je me trouvais condamné à être transporté, après juin 1848. Je les écrivis : lorsque Touvrage de M. Guizot , intitulé : de la Démocratie en France , venait de paraître. Je présentai cette critique aux journaux prétendus socialistes; aucun ne voulut l'insérer.
BB LA SOUTERAUTETÉ. J69
nouvel enfer; et, que déjà une enfance de moins de cent jours (pour les globes les jours sont des siècles), ait plané sur cette humanité nouvelle. Supposez, de plus : que, les passions, l'une des essences de toute humanité possible, éternel moyen de jouissance et d'expiation, y soient encore socialement dominantes ; et, que cet enfer social puisse seulement devenir lieu de bonheur, par la raison arrivant à y subjuguer les passions. Supposez, en outre : que, la raison ne puisse dominer les passions ;. que, par une langue bien faite; dans laquelle toutes les expressions auraient des valeurs : parfaitement déterminées ; et , ne renfermant jamais rien d'absurde. Supposez, enfin : que, ce monde d'expiation est le nôtre; et, voyonô, Monsieur; si, vous êtes le maître de langues destiné, par l'étemelle justice, pour venir, par la justesse de vos expressions, démontrer : que, l'expiation est à son terme; et, que le bonheur de notre monde va bientôt commencer ! Cette dernière supposition, est celle que nous allons vérifier : par l'examen de votre ouvrage, sur la sotvE- AAiiHETÉ. Il a pour titre : de la démocratie en frange.
Que signifie : démocratie?
Gouvernement du peuple.
Et, que signifie : gouvernement du peuple?
Gouvernement du peuple signifie : souveraineté du peuple : tant, que le peuple n'est pas lui-même soumis : à la souveraineté de la religion , rationnellement démontrée d'une manière incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun.
Ainsi, de la démocratie signifie : de la souveraineté
170 DS LJ^ fiOCVERAINETÉ.
du peuple. Et, oomme cette souveraineté n'eat, ni plus ni moins compatible, avec l'existence de l'ordre en France que partout ailleurs; il en résulte ; que, le naot France^ dans le titrc^ est une cheville; et, que pour être clair, le titre aurait dû être : de la sôuvEiuiifETi wî