‹ De la souveraineté (volume 3)Chapitre 17 sur 25 · MÈRE IMMÉDIATE · texte numérisé non relu

MÈRE IMMÉDIATE

— - « Voilà, dites-TOUs, le secret de la force. »

— Il est joli, le secret! Ce qu'il fallait nous dire, 1. 12

f 78 DV tJk swinm^imiTÉ.

c'était, je le fépèie : 1« mo;^ d'avoir ki fille avaBt de se débarrasser é» la mèw.

— a J*al tort, ajoutez-Tous, de dire ce secret. ï>

—No», Monsieur; traiicpiiffiser-vous ! ii n'y a Et aneune espèce de tort. Et, si tous avez^ besoin d'abseluti«î, je vo«« la dbnne : a« nom de la vérité. Ce dont, néanmoins, je ne puis vous absoudre complètement : c'est, de' parter aussi longtemps pour ne rien dire. H est vrai : que, bientôt vous vous relevez glorieusement. Vous dites : qu'il n'j a plus désormais qu'une société possible ; et, pour cela seul, vous mériteriez une couronne. Car, c'est annoncer clairement : k nécessité d'anéaHtir les nationalités. Vous dites encore : qu'il n'y a plto, désormais d'obscurités m^ituelles possibles.; et, c'est annoncer : l'impossibilité' de pouvoir, désor*mais bewer l'ordire social, sur toute espèce de foi qudconque. Vo«s avez raison. Monsieur; cen* mille fois raison. Vous voyez donc : que, sous peine de mort sociale, nous devons maintenant avoir la fille , la vérité, pour souveraineté réelle f qui, selon vous-même, a seule le DROIT de régner mr le monde. La mère. Monsieur! si, elle continuait de régner ; elle nous ferait tous, nous égoi^r mutuellement. %norance et puissance! ! H ya Bi, de quoi : tuer mille mondes.

OK hk tomnnunfiTi. 179

« Lft pcûe Mppese le crioiey et a k rappontion ii*est adtyiie. Ma efècÊciié laoralt ëiepanIL. . Si les ennemis da poavmr oooTieniient qa*il a droirde le pnnir, f*3e reeociBaisaait qo'fl • dreit de défiloyer contre enx la force dont il dispose, c'est qa^ik ont pris le parti de se considérer avec lai comme en état de foare. ]>ès lors toot lien social est rompu ; ce n*est plus de lois, ni de châtiments qa*i1 s^agit. Les complots sont des embascades, les Mppiices des délaites. Le gooremenent a perdu sa posili(« monde; il est descendu sar le terrain de la force ; tout est égal entre lui et ses ennemis ; comme il a droit de se défendre, on a droit de l'attaquer : il ment s*il réclame lobtissaaee, on ment si on In denmnde La justice. Toot oda appartient à la aociété, et la société est d!istoute; il n*y a plus que La guerre arec la liberté de ses armes, la costinaité de sea périls et FiDeertitnde de ses résultats. »

M. GnizoT, De la peine de tnori, etc., p. 48.

— « Cet état de guerre sociale existe nécessairement : dès qu'il n'y a plus communauté d'idées sur la réalité du droit, par une foi queiconque ; et, que cette eommonauté d'idées ne peut encore exister par la sciencç.

Et, cela arrive, nécessairement aussi : des, que Texameu devient inoompressible ; et, que l'ignorance sociale sur la réalité du droit n'est point anéantie. • .

CoLuis,. Commentaire.

A M. GUIZOT

Le titre de votre deuxième chapitre est : Du gouverment dans la démocratie. Cela signifie : du gouverne-

{79 DV tic swinm^imiTÉ*

c'était, je le fépèie : lemo;^ d'avoir ki fille avaBt de se débarrasser ém la mèw.

-^ a J*ai tort, ajoutez-Tous, de dire ce secret. y>

— No», Monsieur ; traiicpiiffisez-vous ! il n'y a là aucune eispèce de tort. Et, si tous avez besoin d'absolution, je vous la donne : a« mum de la vérité. Ce dont, néanmoins, je ne puis vous absoudre complètement : c'est, de* parter aussi longtemps pour ne rien dire. H est vrai : que, bientôt vous vous relevez glorieusement. Vous dîtes : qu'il n'j a plus désormais qu'une société possible ; et, pour cela seul, vous mériteriez une couronne. Car, c'est annoncer clairement : k nécessité d'anéaBtir les nationalités. Vous dites encore : qu'il n'y a plus, désormais d'obscurités mutuelles possibles;; et, c'est annoncer : l'impossibilité de pouvoir, désormais baser l'ordre social, sur toute espèce de foi quelconque. Vous avez raison. Monsieur; cent mille fois raison. Vous voyez donc : que, sous peine de mort sociale, nous devons maintenant avoir la fille , la vérité, pour souveraineté réelle f qui, selon vous-même, a seule le DROIT de régner mr le monde. La mère. Monsieur! si, elle continuait de régner ; elle nous ferait tous, noro égoi^r mutuellement. Ignorance et puissance! 1 H y a Bi, de quoi : tuer mille mondes.

nr hà soinrmuiRCTi; 179

« Lft pcûe soppote le crime, et a k rappontion n*est adnaiie. Ma efficacité laoralt ëiepanIL. . Si les ennemis du pouvoir conyiennent qn'il a droit* de le punir, t'As reoomiâisMBt qo'il • dfeU de déployer contre eax la force dont il dispose, c'est qa^ils ont pris le parti de se considérer avec lui comme en état de guerre. Dk» lors tout lien social est rompu ; ce n*est plus de lois, ni de châtiments qu'il s'agit. Les complots sont des embuscades, les Mpplices des délaites. Le goavemenent a perdu sa position morale; il est descendu sur le terrain de la force ; tout est égal entre lui et ses ennemis ; comme il a droit de se défendre, on a droit de l'attaquer : il meut s'il réclame Tobéissanoe, on ment si oa lai' demmde la justice. Tout cela appartient à la société, et la société est d!tssoute; il n*y a plus que la guerre avec la liberté de ses anaes, la contiiHiité de se» périls et l'incertitude de ses résultats. »

M. GuizoT, De la peine de mort , etc., p. 48.

— « Cet état de guerre sociale existe ytéeessairement : dès qu'il D*y a plus communauté d'idées sur la réalité du droit, par une foi quelconque ; et, que oette communauté d'idées ne peut encore exister par la sciencç.

Et , cela arrive , nécessairement aussi : dès , que Texameu devient inoompressible^ et, que l'ignorance sociale sur la réalité du droit n'est point anéantie. • .

CoLUfs,. Commentaire.

A M. GUIZOT

Le titre de votre deuxième chapitre est : Du gouverment dans la démocratie. Cela signifie : du gouverne-

meiît dans la souveraineté du peuple. Ceci n'est poini rationnel. La souveraineté formule le gouvernement; et, se trouve en être la sanction valide, sous peine ' d'impuissance gouvernementale. 11 n'y a pas de gouvernement dans la souveraineté ; mais bien , soils la souveraineté. Pour être maître de langue et précurseur de la vérité ; il faut être clair : comme eau de roche. Voyons : si, le chapitre vaudra mieux que son titre ; si, le sac vaudra mieux que l'étiquette.

— a II y a des hommes, dites-vous, que cette lutte (celle des passions] n^inquiète pas. Ils ont pleine confiance dans la nature humaine, »

— Qu'est-ce que c'est, s'il vous plaît, que la nature humaine? Probablement, ce n'est point la nature physique. Alors, c'est la nature morale. Car, s'il y a deux natures, ces deux sont les seules possibles. Et, qu'estce que c'est, s'il vous plaît, que la nature morale, la nature qui n'est pas la nature physique ? C'est, le raisonnement, n'est-il pas vrai , Monsieur : à moins, que ce ne soit le déraisonnement? Mais, le raisonnement; tant que dure l'ignorance primitive ; tant qu'on ne peut séparer l'ivraie du froment ; le raisonnement n'est qu'un sot : encore une fois , Monsieur, n'est-il pas vrai? Vous voyez : que, jusqu'à présent, la nature humaine n'a été qu'une sotte ; et qu'elle l'est encore. Voilà, une belle maîtresse que ces messieurs ont choisie. Pour Dieu 1 Monsieur ; donnez-nous bientôt la fille : Afin de nous débarrasser d'une maîtresse aussi sotte.

— « Selon eax^ contiouez-voiu , laissée à elle-même, elle (cette maitresse) Ta au bien. »

— Je le pense aussi. Mais, elle n'y va pas vite ; au moins d'après notre manière de compter. Il est vrai, cependant : que, si ses jours, à elle, sont d'un siècle; elle ne va pas déjà si mal. Le temps, dit le Misanthrope, ne fait rien à l'affaire. Que le sonnet soit bon, et nous ne regarderons point à l'horloge.

— a Tous les maux de la société (disent ces hommes) Tiennent des gouTernements, qui corrompent Thomme en le violentant ou en le trompant. »

— A ! Monsieur. Je prends ici le parti de ces pauvres gouvernements, qui sont innocents comme l'enfant qui vient de naître . Tout gouvernement , est fils de la souveraineté. Si, le gouvernement est mauvais; prenez-vous-en au père ou à la mère. Fi ! les vilains ! qui voudraient fouetter père et mère, sur le derrière du petit prince.

— <f La liberté, disent-ils , la liberté en toutes choses et pour tous. »

— Ce doit être, Monsieur, une bien belle chose que cette liberté ! Je voudrais bien en voir un petit portrait, ne fût-il que del tamano de una una (de la grandeur d'un ongle) ôomme disait le Biscaïen à propos de la Dulcinée. C'est que, voyez-vous, pour parler des gens il faut les connaître. Ne trouveriez-vous point convenable : qu'avant de parler de liberté, nous fussions

ISS DE hk SOUVERAINETÉ.

d'aceord «ur la valeur de ce m&i liberté? Vous savez • il faut à cet égard une sentence de jugement dernier. Et, d'après vous-même ; si, cette sentence de jugement dernier n'existe pas, nous n'aurons d'autre devise possiJiAe : que, celle de la Trappe : frères ! il faut mourir. Je suis persuadé : que, vous savez parfaitement ce que signifie : le mot liberté. Mais, enfin, vous ayez oublié de le dire ; et, vos lecteurs pourraient se trouver embarrassés. Je vais réparer cette omission; et, révéler votre pensée. Si, je venais à me tromper; vous, en qualité de père de la fille future , de la sainte véoîté, vous auriez la bonté de corriger mes erreurs. Je commence.

Au sein de l'humanité, il n'y a de possible : que, raison ert passion.

Au sein de la société il n'y a de possible . qu'oljâissance et résistance .

La liberté, au sein de la «ocîété, c'est donc l'obéissance ou la résistance : soit aux passions ; soit à la raison.

La liberté, ce n'est : ni l'obéissance aux passions ; ni la résistance à la raison.

Donc, la liberté, c'est l'obéissance à la raison.

Ètes-vous de cet avis , Monsieur ? 11 serait bon de le «avoir à l'avance. Car, voyez-vous, c'est un point capital ! Supposons que nous sayons d'accord.

Maintenant, il y a une petite difficulté. Pour obéir à la raison, il ifaut «avoir ce que dit la raison. N*ête8- Tous pas encore de cet avis?

Puis, comme la raison ne s'exprime que par le rai-

JI6 &ià MonnÊkànaTÈ. 188

BonneiBeiit ; et, qu'à j a bon et mauvaiB rakonnement ; il est déboute impMBÎbilité : d'obéir à la raison ; d'être libre enfin-; à'êhfe dibre, remarquez bien ceoi ; avant de savoir distinguer : le bon du mauvais raisonnement ; ou, l'ivraie du froment. Or : comme selon ¥ou«^nième, jMnais encore l'ivraie n'a pu être séparée du froment ; et, que cette séparation appartient à la fille, que vous nous promettez ; vous voyez : que, jusqu'à préseiït, il n'y a jamais eu plus de liberté , dans letnonde; que, vous ne nous en avez donné, sous votre ministère. Vous voyez, en outre : que, cet hommes, qm veulent la liberté ^n toutes ohoses et pour tous ; appartiennent à la classe de ces enfants gâtés , qui eeient : Maman! je veux la lune. Je suis persuadé. Monsieur : que, si vous nous donnez quel* que chose, cène sera pas la lune*; mais bien, 4e soleil de vérité. De grâce! tâchez de -ne pas nous ^lomr.

— «■ D*aatre8 , continaez-vons . . . (disent) : Que la société soit organisée de telle sorte q^e tous les instinct de rhomme y trouvent chafian «a place eijML satisfaction, le mal disparaîtra. »

-7- Mais, Monsieur ; vous voyez-bien : que, ces genslà parlent pour ne rien dire ! Comment faut-dl que la sooiélé soit ^organisée , pour que le mal disparaisse ? Voilà oe qu'il aurait fallu ^exposer. Bien certainement vous allez leur expliquer : comment la société doit êl^e organisée , pour que ht lutte des passions puisse cesser; pour 'que l'ivraie puisse ét»e séparée du bon grain^, >€ttc., elic. C'^est, cependant, ce que nous avons

ISS DE hk SOUVERAINETÉ.

d'aceord «ur la valeur de ce m&i liberté? Vous savez • il faut à cet égard une sentence de jugement dernier. Et, d'après vous-même ; si, cette sentence de jugement dernier n'existe pas, nous n'aurons d'autre devise possiJiAe : que, celle de la Trappe : frères ! il faut mourir. Je suis persuadé : que, vous savez parfaitement ce que signifie : le mot liberté. Mais, enfin, vous ayez oublié de le dire ; et, vos lecteurs pourraient se trouver embarrassés. Je vais réparer cette omission; et, révéler votre pensée. Si, je venais à me tromper ; vous, en qualité de père de la fille future , de la sainte véoité, vous auriez la bonté de corriger mes erreurs. Je commence.

Au sein de l'humanité, il n'y a de possible : que, raison ert passion.

Au sein de la société il n'y a de possible . qu'oljâissance et résistance.

La liberté, au sein de la «ociété, c'est donc l'obéissance ou la résistance : soit aux passions ; soit à la raison.

La liberté, ce n'est : ni l'obéissance aux passions ; ni la résistance à la raison.

Donc, la liberté, c'est l'obéissance à la raison.

Ètes-vous de cet avis , Monsieur ? 11 serait bon de le «avoir à l'avance. Car, voyez-vous, c'est un point capital ! Supposons que nous soyons d'accord.

Maintenant, il y a une petite difficulté. Pour obéir à la raison, il faut «avoir ce que dit la raison. N*ête&yous pas encore de cet avis ?

Puis, comme la raison ne s'exprime que par le reâ-

JI6 &ià MonnÊkànaTÈ. 188

9oiineiBeiit ; et, qu'à j a bon et inauvaiB rakonnement ; il est de 4mite impoMibilité : d'obéir à la raison ; d'être libre enfin-; à^êhfe tlibre, remarquez bien eeoi; ayant de savoir distinguer : le bon du mauvais raisonnement ; ou, l'ivraie du froment. Or : comme selon iFoiHHméme, jMnais encore l'ivraie n'a pu être séparée du froment; et, que cette séparaltion appartient à la fille, que vous nous promettez ; vous voyez : que, jusqu'à préseiït, il n'y a jamais eu plus de liberté , dans letnonde; que, vous ne nous en avez donné, sous votre ministère. Vous voyez, en outre : que, cet hommes, qm veulent la liberté en toutes ohoses et pour tous ; appartiennent à la classe de ces enfants gâtés , qui eeient : Maman 1 je veux la lune. Je suis persuadé, Sfonsieur : que, si vous nous donnez quoique chose, cène sera pas la lune*; mais bien, 4e soleil de vérité. De grâce 1 tâchez de ne pas nous ^lomr.

— «■ D^autres , continuez-vons . . . (disent) : Que la société soit organisée de telle sorte i|\ie tous les instinct de l'iiomnie y trouvent cluMsun «a place et m satisfaction, le mal disparaîtra. »

~7- Mais, Monsieur ; vous voyez-bien : que, ces genslà parlent pour ne rien dire ! Comment fautai que la société soit ^organisée , pour que le mal disparaisse ? Voilà oe qu'il aurait fallu >e9:poeer. Bien certainement vous allez leur expliquer : comment la société doit être organisée , pour que ht lutte des passions puisse cesser; pour 'que l'ivraie puisse ét»e séparée du bon grain v€ttc., elic. C'^est, cependant, ce que noiss avons

cherché inutilement : dans ce chapitre ; et, dans l'onvrage. Il paraît : que, vous avez laissé ces vérités dans le puits. Soyez assez bon! pour, les en tirer le plus tôt possible.

— « Les premiers , dites- vous , méconnaissent l'homme ; les secon4s méconnaissent Thomme et nient Dieu. »

— Ceci devient sérieux. Tâchons de ne pas nous embrouiller. Et, pour éviter le galimatias ; voyons : si, nous avons bien compris !

Les premiers, n'est-il pas vrai, sont ceux : qui veulent une liberté, dont ils n'ont pas plus d'idée, que le Biscaïen n'en avait de la belle de Don Quichotte ? Les seconds, si je ne me trompe, sont ceux : qui veulent une organisation sociale, dont ils n'ont pas plus d'idée que le Biscaïen n'en avait de Dulcinée. Vous conviendrez, Monsieur; que, ces gens-là sont également fous. Je ne doute nullement : que , pour les rendre sages , vous ne leur fassiez connaître, parfaitement connaître : ce que c'est que l'homme ; et, ce que c'est que Dieut A cet égard, ces citoyens devront vous avoir une bien grande obligation.

Vous leur direz, peut-être : pardon ! si j'ose deviner votre pensée : que, si l'homme n'est distingué que par l'intelUgence ; et, que si l'intelligence passe de l'homme au singe, et du singe à toute la série des êtres, ^ainsi que le prétendent vos collègues de toutes les facultés et de toutes les académies ; l'homme n'est îien de réel, ce qui est très-peu de chose; et que, pour qu'il soit

quelque chose de plus qu'un phénomène, il faut qu'il soit prouvé, de la manière la plus absolue : qu'en dehors de l'homme, il n'y a pas intelligence réelle. Mais, voici qui est plus fort ; et, cependant c'est ainsi : comme partout où il y a sensibilité perçue , il y a aussi intelligence ; il faut : pour, que l'homme soit autre chose qu'un rien du tout de réel, un pas grand'chose , un pur phénomène , une apparence enfin : qu'il soit prouvé, absolument prouvé, absolument entendez-vous ? Qu'en dehors de l'homme , préalablement déterminé , il n'y a pas de sensibilité réelle. C'est véritablement fort singulier. Mais , c'est cependant à prendre ou à laisser. Du reste, lorsque vous leur aurez expliqué toutes ces choses, ils les comprendront bien certainement : car, vous les leur démontrerez d'une manière rationnellement incontestable. Et, à ce qui est rationnellement incontestable ; il n'y a rationnellement rien à contester. Ensuite vous leur direz : que, si Dieu existe, il est créateur. C'est encore à prendre ou à laisser. Puis, vous leur exphquerez : qu'un être créé n'est qu'un pot de terre ; et, que le pot de terre est incapable de se déterminer. Personne, mieux que vous, ne basera une morale sur ces prémisses. Vous aurez à cet égard, l'évêque d'Hippone et Calvin qui vous viendront en aide; et, qui plus est, la raison : qui, sur ce point, parle toujours : comme l'évêque d'Hippone et comme Calvin.

Je vous, assure. Monsieur : qu'après avoir donné ces explications, d'une manière claire et précise, votre lis sera bien près de fleurir. Vous savez : que, cette

1er clairement; si, vous vouliez vous en donner la peine I

Vous terminez cette amplification entortillée, parla tirade suivante :

— « Dans ces combats et ces périls , n^exigez pas de yos chefs qu'ils soient hypocrites ou faibles devant Tennemi ; ne leur imposez pas le culte des idoles, fussiez-vous vous-mêmes les idoles; permettez-leur, enjoignez-leur de n'adorer, de ne servir que le vrai Dieu. »

— C'est très-joli, ce que vous dites là. Mais, il n'y a d'idoles; que, les souverainetés : de droit divin ;etde la force brutale. Le vrai Dieu, qui est la vérité ou la fille, c'est vous, Monsieur, qui devez en être le révélateur : puisque, vous avez été illuminé au soleil de juillet. Et, certes, nous avons bien besoin de votre révélation. Car, sans elle, comment comprendrons-nous : que, nous devions, nous qui sommes des idolâtres, vous enjoindre d'adorer un Dieu que nous ne connaissons pas ; et, que même, selon vous, vous ne connaissez pas vous-même : puisque vous ne savez pas, dites-vous, distinguer le vrai du faux. Mais, il est probable, qu'en disant cela, vous avez cherché à nous tromper : car, vous ne pouvez pas ignorer ces choses ; et, être vraiment illuminé.

— m Napoléon, dites-vous^ a été un de ces hommes qui conviennent à certaines crises maladives et passagères. »

— Il ne s'agit, Monsieur, ni de maladie ni de crise ; il est question de la santé sociale. En quoi consiste- 1elle ? Comment peut-on la maintenir perpétuellement.

Ne sautez point d'une branche sur une autre. Ne cherchez point à escamoter. Ce n'est point ici un cas de prestidigitation.

— « Washington, dites-TOus encore, était de ceux qui sayent qiie^pag plus dans une république que dans une monarchie , pas plus dans une société démocratique que dans toute autre , on ne gouyeme de bas en haut. »

— Le gouvernement, Monsieur, a toujours lieu selon l'espèce de souveraineté. Quand la souveraineté part d'en haut, le gouvernement a lieu par en haut. Quand la souveraineté part d'en bas, le gouvernement a lieu par en bas. Le droit divin était la souveraineté par en haut. Le droit des majorités est la souveraineté par en bas. Vous et les vôtres avez tué le droit divin, avez tué le père. Sachez souffrir les croquignoles que vous recevez de la mère ; il faut, vous en consoler ou mourir. Définitivement, c'est à prendre ou à' laisser : au moins jusqu'à ce que nous ayons la fille, la sainte vérité. Allons, Monsieur 1 donnez-nous le Verbe; nous en avons bien besoin 1 1

Nous voilà à la fin du second chapitre ; et, vous n'avez pas dit un mot sur le gouvernement dans la démocratie. Il est vrai : que, sur un non-sens, il n'y avait rien de bon à dire. Mais , alors, pourquoi en avoir fait le titre d'un chapitre ?

190 DB^ Ut 9O0TBRAIIIET*,

« Que sont tous les systèmes de philosophie politique, sinon la recherche du souverain de droit î Que traitent-ils, sinon la question de savoir qui a droit de gouverner la^ société ? Pnenes les> sjrsièmes théocratiques, monarchiques, aristocratiques, démocratiques, tous se vantent d'avoir découvert en qin réside la smmeraineté de droit; tous promettent à la société de la placer sous la loi de son maître légitime; Je le répète, c'est la le bat de tons les traMtnx des philosophen, œmœ de toua les efforts des nations, m

M. GuizoT, ^9t, de la chiUs, en Europe^ p. 267.

A M. GUIZOT. '

Monsieur ;

Votee chapitre troisième est intitulé : De la république démocratique.

Ce titre ne vaul pas mieux que L'autre. République, âigniûe : eho&e de tous; et, démocratie i gouvernement de tous. C'est, bonnet blanc et blanc bonnet. Vous voyez : que, si le gouvernement de tous est une folie; toutes les républiques possibles, comme toutes les monarchies possibles ne sont que d'immenses folies : tant que nous ne sommes point sous la souveraineté réelle de la fille ; sous le gouvernement de la vérité. Alors, ce n'est plus de république illusoire, qu'il peut

être qvHnstien; mais bien, de répabthjne réelle, et, celle-ci est unique : comme la vérité I

— « Je ne veux parler, dites-Yoas, ^*aveo respect du goufernemeni républicain. »

— A votre aise, Monsieur! C'est le gouvernement de ta mèrcr. Mais, il me paraît : que, vous n'avez point déjà tant de respect pour cette dame ; puisqu'en eomnrencant vous dites : que, sa souveraineté est la cause de tous nos maux. Voyez-vous I Quand on veut être maître de cette langue, qui doit instruire Thumanité, il faudrait commencer, comme vous le dites fort bien dte reste r par porter une sentence de jugement dernier, sur chaque mot dont on veut se servir. Il paraît : que, vos sentences de jugement dernier, sont encore dans Técritoire.

— ' cRieft ne' perd! plus ceftaivemeat lev pvupiëSy dtte8-f>eii§, que de se pajer de mois et d'apparencea. »

— C'est parfaitement juste. Alors, tâchez donc de nous donner les valeurs réellea des expressions i démocratie^ droite liberté, homme^ Dieu^ organisation sociale, gou/vemementy sowoeraineté^ vrai^ fauoOj honnêtej pervers^ possible, chimérique^ sêikstmre, fimesde^ ivraie et bon grain^ Quand on veut imposer aies règles aux autre8,^il faudrait commencer par les suivre soi-même; ne fiUrce que pour donner l'exemple de teur bontés

V Après^ ceia, vow enflez votre poitrine pour nous ctiet :

fSO DE L* SOUVBRAINET*.

« Que sont tous les systèmes de philosophie politique, sinon la recherche du souverain de droit î Que traitent-ils, sinon la question de savoir qui a droit de goaveruer Ul soctôté ? Pnenes les- systèmes théocratiques, monarchiques , aristocratiques , démocratiques, tous se vantent d'avoir découvert en qin réside la souveraineté de droit; tous promettent à la société de la placer sous la loi de soa maître légitime; Je le répète, c'est la le bat de tous les travaux des philusophea, œmne de ioM les efforts des nations, m

M. GuizoT, ^9t. de la civiUs, en Europe, p. 267.

A M. GUIZOT. '

Monsieur ;

Votce chapitre troisième est iatilulé : De la république démocratique.

Ce titre ne vaulpas mieux que L'autre. République, âigniûe : chose de tous; et, démocratie i gouvernement de tous. C'est, bonnet blanc et blanc bonnet. Vous voyez : que, si le gouvernement de tous est une folie; toutes les républiques possibles, comme toutes les monarchies possibles ne sont que d'immenses folies : tant que nous ne sommes point sous la souveraineté réelle de la fille ; sous le gouvernement de la vérité. Alors, ce n'est plus de république illusoire, qu'il peut

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être qvHnstkm;- mais bien, de répabthjne réeHe, et, celle-ci est unique : comme la vérité 1

— « Je ne veax parler, dites-Yoas, ^*aveo respect du goufernemeni républicanr. »

— A votre aise, Monsieur! C'est le gouvernement de ta mèrcr. Mais, il me paraît : que, vous n'avez point déjà tant de respect pour cette dame ; puisqu'en eomnrencant vous dites : que, sa souveraineté est la cause de tous nos maux. Voyez-vous I Quand on veut être maître de cette langue, qui doit instruire l'humanité, il fendrait commencer, comme vous le dites fort bien dte reste r par porter une sentence de jugement dernier, sur chaque mot dont on veut se servir. Il paraît : que, vos sentences de jugement dernier, sont encore dans l'écritoire.

— » cRim ne' perdi plus cevtaÎBemeBt lev pvupiëSy dîtes-veoe, que de se payer de mois et d'apparencea. »

— C'est parfaitement juste. Alors, tâchez donc de nous donner les valeurs réelle& des expressions :. démocraticy droite liberté y homme^ Dieu^ organisation sociale, gtnmemement y sowoeraineté,^ vrai^ fauoOj honnêtej pervers, possible, chimérique^ sêihstmre, fimesds, ivraie et bon grain^ Quand on veut nnposer aies règles aux autre8,^il faudrait commencer par les suivre soi-même; ne fiit-ce que pour donner l'exemple de l^eur bontés v Aprèff ceia., vow enflez votre poitrine pour nous cxief :

— * a La paix intérieure, la paix entre toutes les classes de citoyens, U paix'sociale ! c'est le besoin suprême de la France» c^estle cri de salât.»

— Eh bien ! Monsieur ; quand vous irez crier, pendant dix ans , au lit d-'un fiévreux : la fièvre 1 la fièvre? Ou, la santé I La santé! Pensez-vous que vos cris lui serviront de quinine ? Tout cela, c'est de la folie ou du charlatanisme. Avez-vous un remède? Donnez-le. Quelque longue qu'en soit la recette, nous

l'écouterons tant que vous ne déraisonnerez pas.

N'avez-vous aucun remède? Alors taisez-vous; et, n'empêchez point votre fille de parler 1

Après cela, vous cherchez une querelle d'Allemand à cette malheureuse expression : Républiqtie démocratique. Eh Monsieur I qu'importent les expressions? C'est, à leur valeur qu'il faut regarder. Vous le dites cent fois avec juste raison. Et, si même au lieu de république démocratique j on mettait charivari; charivari serait l'expression du bonheur du monde ; si, le bonheur du monde était la valeur : de l'expression charivari.

— « Ce fait, ajoutez-vous, nous inquiète infiniment. »

— En vérité, vous êtes bien heureux, de n'avoir qu'une semblable inquiétude I

Il n'y a point de lutte aux États-Unis, dites-vous encore. Je suppose, Monsieur, que vous en savez la raison. Si vous l'ignoriez, je m'empresserais de vous la faire connaître. Mais, il est inutile d'apprendre uii0 chose aussi simple à un homme comme vous. Dims

tous les cas, ce n'est point parce quavec maman, c'est quoiqu'avec maman; comprenez-vous ? C'est, que la charmante mère n'y est pas aussi maîtresse que vous le croiriez bien. Le père n'y est pas encore tout à fait mort. Il faut être de l'une des religions du Christ pour être président des Etats-Unis ; et, dans certain Etat, il faut être de la religion protestante pour y être électeur. Vous voyez que la cour de cassation n'y a point encore déclaré : que, la loi est athée. De plus : la plus grande partie du sol y appartient à la propriété collective; et, le prolétariat y est encore impossible : ce, qui empêche que le capital puisse y dominer le travail.

• Vous demandez ensuite :

— n Quelles sont les républiques qui ont longtemps et honorablement vécu, résistant aux défauts et aux orages naturels de leurs institutions? »

« Celles-là seules, répondez- vous , chez qui Tesprit républicain a été vrai et général ...»

— Et, vous y ajoutez une foule d'autres choses, tout aussi faciles à déterminer : que, ce qui est vrai et général. Coclvenez, Monsieur : que, tout cela ; c'est parler pour ne rien dire. Toute monarchie ou toute république, pendant tout le temps de l'enfance, c'està-dire de l'ignorance sociale, obéit nécessairement : soit au père ; soit à la mère ; soit à la souveraineté de droit divin ; soit à la souveraineté des majorités. La plus longue des républiques, la république romaine a#ciré, tant qu'il n'a pas été permis de dire : que, deuco augures devaieiit ne pouvoir pas se rencontrer sans I. 13

i94 DE LA SOUVERAINETE.

rire. Lorsque tes Fi chesses de Carthage, eurent empoisonné le père; Rome devint bourgeoise, sous lasovh veraineté de la mère; et, Rome tomba promptemenl : comme Carthage, qui adorait la mère ; coinm^ Athè* nés, Tyr, Sidon; et, eomme tombent, nécessairement : toutes les i*épubliq»es bourgeoises |M>s8tbles.

Vous définissez la société actuelle : la guerre dam le chaos. C'est parfaitement dit. Mais, c'est encore crier la fièvre aux oreilles d'un fiévreux ; et, vouloir : que, cela lui serve de quinine. La moindre parcelle, d'écorce de saule, vaudrait infiniment mieux.

Puis, vous vous éeriea : a illusion ou hypœri^ \ • Mais, Monsieur; c'est là tout ce que peut contemrlc chaos social ! Que voulez-vous donc qu'il y ait de plus ?

— « Savez-vous, dîtes- vous encore, comment un gouvernement, démocraiique ou autre, proclame et prouve sa victoire q uand elle est réelle et définitive? En rétablissant la paix : à ce signe seul vous aurez vaincu.»

— C'est vrai, Monsieur; infiniment vrai* Mais, pourquoi donc, vous qui reconnaissez avoir été iUuminé au soleil de juillet, n'avez-vous point dooné la paix? Quel nom, s'il vous plaît, donoerez^vous aa maladroit : qui, ayant tenu la queue de la poêle et jeté l'omelette dans le feu ; vient se moquef de sob camarade : parce que celuî-^ la laisse rOttssîr ? C'est àvous, Mo&sieur, de répondre à cette qiiiesiiefil Quant à la paix, je me charge de vous aider. Eh bienl Mi»* sientr, la paix est impossible : tant que le chaos exîiii^ tant que la mauvaise mèf e tient 1 e sceptre ; tant qa»

voiAS^ ou tout autfe, ifc'wdpes pomt fût reeonnaîtm, socialement : la NÉcEssni de sa saiB4e fiUe; la néeessîté de la vraie vérité.

Ensuite, vous mettez, en évkieuee : toutes lea folies que, la souveraineté des majorités, fait renouveler tous le» jours ; et, cela pour jeter de la poudre aux yeux des niais. C'est bien malin ! Vous pourriez en dire autant de la souveraineté du père, dès que Texamen est devenu socialement incompressible. Vous feriez mieux de nous présenter cette pauvre fille ; que, peut-être, vous tenez encliantée : dans quelque vieux castel.

— a Partout, dites-vous^ le principe du despotisme en face du droit de l'insurrection. »

— Parbleu! Le despotisme mis à nu, c'est la souveraineté de maman. L'insurrection > ce sont les sujets de mamaB, qui ont grandi ; et, ne veul^ctt plus obéir, depuis que papa est mort. Papa empêchait les sujets de s'apercevoir : que, papa et maman, et quelques autresy se nourrissaient et s'engraissaient de leur aang et de leurs sueiirs. Ui^ fois papa mort ; il n'a plus été possible de feymer les yeux à personne. Juge^c du chanvari l Mais, quand vous viendrez crier mille fois : la fièvre t la fièvre 1 un remède ! un remède l Vous n'aurez p>our résultat, que de vous égosiller : et, maman avec les stena, continuera de sucer les imbéciles,

JlUkt psffdoQs, Monsieur, si j'ose employer les ex* j]||j08ioiis Uiviales papa et maman. Ce sont des exprès^ sioM di» Cwiille^ voyez^-vous; des expressions de pro*

i94 DE LA SOirVCRAINETE.

rire. Lorsque tes Fi chesses de Carthage, eurent eflqMÂsonné le père; Rome devint bourgeoise, sous laso»* veraineté de la mère; et, Rome tomba promptemenl : comme Carthage, qui adorait la mère ; comn»e Athè* nés, Tyr, Sidon; et, eomme tombent, nécessairement : toutes les républiques boui*geoiises possibles.

Vous définissez la société actuelle : la gverre (bws le chaos. C'est parfaitement dit. Mais, c'est eacore crier la fièvre aux oreilles d'un fiévreux ; et, vouloir : que, cela lui serve de quinine. La moindre pareelfe, d'écorce de saule, vaudrait infiniment mieux.

Puis, vous vous éeriea : a musion ou hypocrisie \ » Mais, Monsieur; c'est là tout ce que peut contenir le chaos social ! Que voulez-vous donc qu'il y ait de plus ?

— « Savez-vous, dites- vous encore, comment un gouvernement, démocraiique ou autre, proclame et prouve sa victoire quand elle est réelle et définitive? En rétablissant la paix : à ce signe seul vous aurez vainco.»

— C'est vrai, Monsieur; infiaiment vrai. Mais, pourquoi donc, vous qui reconnaissez avoir été iUuminé au soleil de juillet, n'avez-vous point dooné la paix? Quel nom, s'il vous plaît, donoereai^voas an maladroit : qui, ayant tenu la queue de la poêle et jeté l'omelette dans le feu; vient se moquef de sob camarade : parce que celm^ la laisse rOiessir ? C'est àvous, Mo&sie»r, de répondre à cette qiiieslienl Quant à la paix, je me charge de vous aider. Eh bienl Mc»b* sieur, la paix est impossible : tant que le chaos exii^k; tant que la mauvaise mèfe tient le sceptre; tant q»

YoiAS^ OU tout autfe, ifc'wdpes pomt fait reeonnaîtm, socialement : la NÉcEssni de sa sainle fille; la néeessité de la vraie vérité.

Ensuite, vous mettesi^ en évKfeuee : toutes lea folies que, la souveraineté des majorités, fait renouveler tous les jo»Fs ; et, cela pour jeter de la poudre aux yeux des niais. C'est bien malin ! Vous pourriez en dire autant de la souveraineté du père, dès que Texamen est devenu socialement incompressible. Vous feriez mieux de nous présenter cette pauvre fille ; que, peut-être, vous tenez encHantée : dans quelque vieux castel.

— a Partout, dites-YOUs^ le principe du despotisme en face du droit de rinsorrection. »

— Parbleu! Le despotisme mis à nu, c'est la souveraineté de maman. L'insurrection > ce sont les sujets de maman, qui ont grandi; et, ne veul^ctt plus obéir, depuis que papa est mort. Papa empêchait les sujets de s'apercevoir : que, papa et maman, et quelques autres, se Skourrissaient et s'engraissaient de leur aang et de leurs sueiirs. Ui^ fois papa mort ; il n'a plus été possible de feymar les yeux à personne. Juge^c du charivari l Mais, quaiid vous viendrez crier mille fois : la fièvre) la fièvre! un remède ! un remède l Vous n'aurez pour résultat, que de vous égosiller : et^ maman avee les steoa, continuera de sucer les imbéciles,

MUIet psffdoQs, Monsieur, si j'ose employer les ex* jpHiMiipa Uiviales papa et maman. Ce sont des exprès^ sioiNidli» Cwiille^ voyez^vous; des expressions de pro^

196 DE LA SOUVBRÀlNETjf.

létaires ; et, si elles sont devenues triviales, ignobles^ c'est seulement depuis que certains Messieurs, en apparence grands défenseurs de la famille, ont cessé de respecter : ce, que ces mêmes expressions représentent.

— « Que peut-il sortir de là , dites-TOUB? Certainement , répondei* TOUS, ni la paix, ni la liberté. »

— Mais, quand vous écririez deux mille volumes pareils ; à quoi cela servirait-il ? A rien, si ce n'est à amuser le tapis : jusqu'à ce que de nouveaux saltimbanques viennent remplacer ceux qui s'y trouvent. Est-ce que maman vous paye, pour dire de ces sornettes ? Si ce n'était vous, on pourrait le croire. Mais, il faut vous rendre justice : on ne vous a jamais reproché d'être un fripon.

— (c Qu'il s'agisse, dites-vous, d^organisation sociale on d'institutions politiques, des conditions de Tordre ou des garanties de la liberté, la république ne sait pas mieux ni autre chose que ce qu'elle savait il y a cinquante ans. »

— Que voulez-vous qu'elle sache? La république n'est pas plus un être réel que la monarchie : l'une et l'autre sont figurément esclaves de maman : depuis que papa est mort, poignardé par la presse, il y a déjà plusieurs siècles. Vous, Monsieur, vous avez été la personnification du gouvernement; et, vous étiez, comme les autres, un esclave : quoiqu'un esclave assez révêehe. Pourquoi voulez-vous : que, la république, ou ceux qui la représentent, fassent mieux que les autres? Est-ce que tous ne portent pas la même chaîne ;

DB LA 80UYERÀINETÉ. 197

chaîne que vous avez traînée si longtemps ; et, que vous traînez encore ?

Noos voilà à la fin de ce chapitre ; et vous n'avez pas dit un mot de la république démocratique; sinon, pour affirmer : qu'elle est aussi sotte, que sa sœur la meilleure des républiques; laquelle vous avait pris pour son cavalier servant. Vous ne voyez donc pas : qu'en crachant sur l'une ou l'autre; c'est absolument comme si vous crachiez en l'air?

198 IVB L& ««TTVCItAmETf .

M La oÎT^sation «si, cTune part, !& prodoctitti croissante des mo^yeus de force et de bien-être dans la société, et, de Tautre, une distribatioa plus éqaitaUe de k force «t du bien-'ètre produits. »

M. GuizoT, Hist, de la civilisation.

A M. GUIZOT

Monsieur ,

Votre quatrième chapitre a pour titre : De la république sociale. C'est, pour le coup, que le maître \a faire jouer sa férule 1

— « La république sociale, dites-vous, promet de résoudre le problème. Tous les systèmes, tous les gouvernements ont été tentés^ dit-elle, et reconnus impuissants. »

— Si elle dit cela, Monsieur, elle n'a qu'à s'envelopper et dormir : elle est, alors, aussi sotte que ses deux aînées.

— « Mes idées seules, lui faites-vous dire, sont nouvelles, et n'ont j[)as encore été mises à Tépreuve : mon jour est venu. »

— En vérité, Monsieur ; vous la faites parler, comme si elle était plus sotte encore que mesde*

HB LA SOUtERAlNETi. 199

iBoiddies me soeurs. Si, ses idées sont nouvelles; et, que ses idées forment un système ; tous les systèmes n'ont donc pas été essayés ? Voyez-vous ! quand on fait parler les gens, il ne faudrait point leur faire dire des sottises.

Quant à des idées sociales, qui ont besoin d'être mises à Tépreuve ; c'est, une folie à nulle autre égale. Kgurez-vous la société se battant et s'égorgeant, pour savoir : laquelle des utopies sera mise la première au scrutin ! Autant vaudrait faire voter des aveugles, sur le choix de la cotJeur écarlate. Le système de la mère, Monsieur, se démontre par la force ; celui de la fille par la raison. Le premier est esclave de l'expérience ; le second en est le souverain dominateur. Vous nous prenez donc pour des machines : puisque, vous voulez nous soumettre à l'expérience !

— « Les idées de la république sociale ne sont point nouvelles, dites-

WUS. B

— Ah ça, Monsieur, qu'en savez-vous ? Vous savez donc tout ce qu'il est possible de savoir? L'horizon de Tos connaissances est donc l'horizon des connaissances 'possibles? Et .cela, lorsque vous avouez : vous troover dans le chaos ; et, ne connaître absolument rien. Savez vous : que, c'est passablement impertinent î Je vous demande pardon de l'expression. Mais, vous-même affirmez : qu'il faut séparer l'ivraie du bon grain ; et, vous voyez que je suis votre conseil. Je fais plus : j'aime mieux vous envoyer à l'école, que de vous jeter

302 DE LA sovweraihëté;

de riûoompressibilité de l'examen, e^ n'est pas compatible avec Texistence de l'ordre. Et, je vous a\oae que , de ce côté-là, je me range fortement de l'avis de M. Proudhon.

Mais, encore une fois, M. Proudhon et nous tous, ne sommes pas la république sociale. Vous ne voyez donc pas : que, maman règne toujours? Et, bous sommes convenus, tâchez de ne pas l'oubUer : que, sous le règne de maman, aucune paix n'est possible. Ainsi^ laissée cette pauvre république sociale en repos, dans les limbes où elle se trouve encore ; et songez, d'après ce que vous nous en avez dit et nous direz encore : que, c'est peut-être vous qui devez en être le père. Malheureux ! est-ce que vous penseriez à égorger votre enfant I même avant de lui avoir donné la vie? En vérité, ce serait effroyable 1

— « Comment^ yous écriez-vous dans une sainte indignatiofi, comment abolir la propriété? Comment la transformer du moins de tetle sorte c^ne» dans ses effets sociaux et permanenls, elle soit comme abolie ? »

— Être comme abolie et ne pas être abolie!

Comme c'est joli I Eh, Monsieur ! vous avez trop d'esprit pour avoir besoin de faire usage d'un pareil galimatias ! L'abolition de la propriété est une sottise à nulle autre pareille ; et, à laquelle M. Proudhon n'a jamais pensé. S'il a émis l'apparence de cette pensée, c'est que l'expression a été mal choisie. Il a eu le malheur et contre sa volonté, de laisser confondre : et la propriété du sol , qui est l'espèce, avec la propriété npxi est le genre ; et la propriété collective qui est une

^ DE LA soovnADnsTi. SOI

— BraTO I Monsieur ; donnez sur les doigte à cette monreuse. Mais, où est^lle s'il vous plaît? J'ai cru qu'elle était encore dans le néant ; et, qu'elle ne serait autre que cette fille, que maman doit nous donner avant de mourir ; et, qu'elle ne nous livrera, peut-être : que, par l'opération césarienne. Si, cependant, eUe n'est pas encore conçue, comment diable^ voulez-vous qu'elle vous réponde ?^

— : « Je Tondrais, diles-Youii, supprimer tous les détails, écarter tous les Toiles et aller droit au cœur de l'idole. »

— Allez! Monsieur; allez! vous dis-je. Tuez les idoles, vous ne pouvez trop en tuer. Soyez tranquille, vous ne tuerez pas notre ûUe, conçue ou non. Celle-là, voyez-vous est éternelle. Elle est même douée d'ubiquité. Car, elle^peut exister dans des milliers de monde, à la fois. Soyez donc sans crainte , et aussi sans remords. Tuez ! tuez ! !

Après cela, vous attaquez M. Proudhon, qui ne se donne cependant point comme l'incarnation du socialisme. Du reste, M. Proudhon a bec et ongles. Je vous livre à ses griffes. Quant à moi, je me contente de rejeter : ce que votre prophète , à vous économistes, ce que l'incarnation de votre aimable société, prononce au nom des vôtres :

— ' « Tous tes ans, dit J. B. Say, une partie de la population doit mourir de besoia, même au sein de la nation la plus prospère. »

£h bien ! M. Proudhon affirme : qu'en présence

^ 302 DE LA SOUfEUjyillËTÉ;

de riûoompressibilitédereX'amen, cela n'est pas compatible avec l'existence de l'ordre. Et, je vous a\oae que , de ce côté-là, je me raage fortement de Tans de M. Proudhon.

Mais, encore une fois, M. Proudhon et nous tous, ne sommes pas la république sociale. Vous ne voyez donc pas : que, maman règne toujours? Et, bous sommes convenus, tâchez de ne pas roubUer : que, 1$. sous le règne de maman, aucune paix n'est possible.

Ainsi^ laissée cette pauvre république sociale en repos, dans les limbes où elle se trouve encore : et songez, d'après ce que vous nous en avez dit et nous direz encore : que, c'est peut-être vous qui devez en être le père. Malheureux ! est-ce que vous penseriez à égorger votre enfant! même avant de lui avoir donné la vie? En vérité, ce serait effroyable 1

— « Comment^ tous écriez-Tous dans une sainte indignation, comment abolir la propriété? Comment la transformer du moins de telle sorte q^i dans ses effets sociaux et permanenls, elle soit comme abolie ? »

— Être comme abolie et ne pas être abolie!

Comme c'est joli ! Eh, Monsieur ! vous avez trop d'esprit pour avoir besoin de faire usage d'un pareil galimatias ! L'abolition de la propriété est une sottise à nulle autre pareille ; et, à laquelle M. Proudhon n'a ^ jamais pensé. S'il a émis l'apparence de celte pensée, c'est que l'expression a été mal choisie. Il a eu le malheur et contre sâ volonté, de laisser confondre : et la propriété du sol, qui est l'espèce, avec la propriété (}ui est le genre ; et la propriétc collective qui est une

BS.LA SOVVBRAUtETÉ. 203

^pèee^ avee la prc^nété indivickdle qui est une autre espèce ^ et l'abalitîou, qui est un ^méantissement, c'est- JH^ire une absurdité, ayec la transformation qui est le résultat d'un rais-ounement^ mais qcd elle-même n'est tme bcmne cheise que lorsqu'dlle dérave d'un bon raisonnement. M. Proudhon est aussi loin de vouloir «uEiéafitiir ia propriété que <le vouloir anéantir l'humaai té. Mais, il n^ên est pas ainsi de l'organisatioa de la propriété. Voyea-vous, Monsieur, il y a iJeux orga- Jiisations de propriété, et exclusiveoient deux. Par l'une c tout se jrépartità quelques-uns, cooformément à la force^ à Une force tranaforaiée en droit. Par l'autre : tout se répartit À tous, conformément a la raisoft, et par le seul effet de l'organisation* La première joomprefid les espèces de papa et de mamiui. La seconde est celle de notre fille future , à vous ou à tout autre. Que diabje ! Monsieur, et enccne une fois ; ne méditez point la mort de votre ûUe possible , même avant qu'elle soit arrivée à la vie.

Puis, vous caractérisez la république sociale par :

— « L^aboliti^n ou TanDulation de la propriété individuelle, domestique et héréditaire, et des institutions sociales ou politiques qui ont la |n\)pir<iété vadifiduelle, domestique et iiéréditaire pour fendenient. «

— Savez-vous, Monsieur, que vous venez de faire le portrait de la fille du Diable? Vous ne pensez donc plus à être le père ée la vérité, de cette république sociale <]ui, en venant au monde doit anéantit* : et le despotisme, et l'anarchie et le mal social ? Pauvre enfant, comme on te calomnie 1 Heureusement elle s'en

moque. Elle sait, dans les millions de monde où elle se trouve déjà : qu'elle n'est pas la fille du Diable ; et, qu'au contraire, c'est elle qui doit détruire le Diable ou l'ignorance. Tout ce que vous direz ne lui fera rien perdre : de son éternelle vertu; de son étemelle beauté.

Non, Monsieur, telle n'est point la république sociale, la république réelle. La république sociale, au contraire ; c'est, selon vous : d'une part la production croissante des moyens de force et de bien-être dans la société; de l'autre une distribution plus équitable de la force et du bien-être produits; selon nous : rétablissement inébranlable de la propriété individuelle domestique et héréditaire^ dans tout ce qu'elle a de rationnel; et^ en outre ^ rétablissement des institutions sociales ou politiques qui ont la propriété individuelle^ domestique et héréditaire pour fondement. Et, pourquoi, s'il vous plaît, insistezvous autant sur le mot propriété individuelle? Est-ce parce que vous croyez vos lecteurs , assez imbéciles

pour leur faire accepter : que, la propriété collective

n'est pas une propriété ; ou, que cette propriété est jSn incompatible avec la propriété individuelle ? C'est, comme si vous leur disiez que : parce qu'on possède une chose j à soi seul; il est impossible : d'en posséder une autre à plusieurs.^ Les choses domestiques , Monsieur,

^ appartiennent aux individus ; la chose sociale appar-

tient à tous ou à quelques-uns. Quand la chose sociale, qui a toujours existé et qui ne peut point ne pas exister,

^ appartient à quelques-uns ; il y a despotisme . Et, ce

'* qui appartient, à la chose sociale; c'est : l'éducation,

DE LA SOUYERAINETÉ. 205

l'instruction, le sol et une grande partie des richesses acquises par les générations passées. Quand la richesse sociale appartient à tous, il y a égalité ; et, quand Tinstruction a anéanti le matérialisme, actuellement prétendu scientifique ; il y a liberté et fraternité. En raisonnant comme vous le faites, vous faites tort' : soit à votre bonne foi ; soit à vos connaissances : vous aviez autrefois l'habitude de mieux raisonner; surtout : quand, vous donniez de la civiUsation , la définition que nous venons de transcrire; laquelle, n'est autre : que, celle de la république sociale. Du reste, je crois deviner d'où vient votre erreur. Vous avez lu l'excellent ouvrage de M.Sudre couronné du prix Montyon, lequel ouvrage n'a qu'un seul défaut : c'est de confondre la république sociale avec le communisme absolu ; ou le nécessaire avec l'impossible. Peut-être, même, est-ce à cause de son défaut : que, l'ouvrage a été couronné. Vous avez lu cet ouvrage, dis-je ; et, n'étant point encore convaincu : de la nécessité de placer la société sur des bases, que l'examen ne puisse saper ; vous avez écrit le vôtre, sur la démocratie ; dont vous-même, j'en suis certain, n'êtes pas satisfait.

Après cette incartade, qui pourrait faire croire : que, vous avez un commencement de fièvre; vous parlez de créateur et de création. A cet égard, Monsieur, vous auriez un grand besoin d'étudier : ce que dit M. Cousin votre illustre collègue ! Puis, après cela, vous nous donnez un indéchiffrable galimatias : sur la souveraineté de l'homme, ibns ce monde ; et, sur son

206 BE LA 8«nrnAiuTÉ.

immortalité, au ddi de ce monde. Mak, Monsieur, si rhomme est socvemaiei dans ce monde ; s'il n'est point exelosivement libre, quand il se reoà le trèsbufloble SUJET de la raison , qui n'est pas ]dus exclnsiTement de ce monde que de tons les autres mondés possiUe : c'est, que pour l'homme il n'y a pas d'autre monde ; et, que celui-ci n'est lui-même qu'une illusion. Vous coules donc rendre l'homme sonTerain dans le néant ? Vous \oyez, Monsieur ! que, ce que vous venez dire, n'est que du galimatias matérialiste. Je le répète, vous avei la fièvre : car, en état de santé vous raisonnez mieux. Puis, après nous avoir ainsi entortillé le néant de galimatias.

— « (Test de là, diles-Toas, que dériTent et par là que se fondent la r4nHHe et l'État, la propriété et rhéré<fiié, la patrie, Fliistoire^ la gloire, tous Wt liils et tous les stfrtuaeats qui coneftitBeut la ^ie étendue et perpéluelle de rhumanité au milieu de l'apparitioa si bornée et de la disparition si rajnde des indiTidualités humaines. »

— A tout cela, Monsieur, il aurait failli ajouter : la fameuse conclusion du Médecin malgré Im : Ei, wnlà pourquoi votre fille est miêtlie.

— s La république sociale supprime tout cela, » dites-Tous.

— En vérité, Honâeur ; si, elle ne supprimait que le galimatias ; il faudrait le lui pardonner ; et, de bien bon coeur.

Puis après, vous ajoutez : que les socialistes réduisent les homoMS i Là c<M<iDrnoïf mes uax aux.

D'd[)oid, Monsieur, le aadalisme n'eak pas incsmé dans «n hmauM. Sî, enHàl% il était un sodaliale qni,

DE LA SOinrRftiaNBTÉ. 307

directement oq indirectement ^ Youlùt réduire ks homiaes à la condition des animaux ; il serait généralement sifflé; ou, plutôt on dirait qu'il est fou; et, (NQ en aurait pitié. Mais, ce que, très à tort, vous reprochez au socialisme réel ; je suis maitheureusement obligé de dire et de prouver : que, vous en êtes coupable. Voici, Monsieur, vos propres paroles :

•— u Peur ceux d*ealfe ¥#ii8 qui OBt kit des éludes pkiJosopkiques un peu élendues, il est, je crois, évident aujourd'hui que la morale existe indépendamment des idées religieuses. »

{Histoire de Im ewiUt. et^ Europe, p. iZê.)

— Eh bien ! Monsieur ; rendre la morale, indépendante de la sanction religieuse ; c'est dire : que, la morale de l'assassin, qui sait se mettre à Tabri du bourreau, est la seule bonne; la seule conforme au raisonnement ; la seule qui puisse exister, pour quiconque n'est pas un sot. C'est, livrer l'humanité à la force ; c'est réduire les hommes à la condition des animaux. Vous voyez : que, ce dont vous accusez le socialisme réel; c'est vous-même qui en êtes criminel. Y avez-voiis réfléchi, Monsieur ! ou est-ce encore un effet de fièvre ?

J'avoue : que, je vous en yeux beaucoup , à cet égard. J^ai un ami, au delà de la Manche, déporté et ami lui-même de ce mangeur de petits enfants nommé Leéru-RoUin. H a le malheur d'être votre élève; et, il a si bien sucé vos principes : qu'il s'imagine, d'i^rès vous ; que, la monde est indépendante de la religion. }1 n'y a que ce point qui notts sépare ; et certes ^ il nous

aurait désunis d'une manière absolue, sije n'étais certain de la pureté de ses intentions. Je suis persuadé : que, ce qui contribuera beaucoup à le tirer de son erreur, ce sera d'apprendre : que, vous seul, êtes l'auteur de cette théorie anti-sociale, condamnée par Voltaire, Rousseau, etc. : comme essentiellement anarchique.

Savez-vous, Monsieur : ce qui réduit les hommes, à la condition des animaux ? C'est le système de maman. Fi! direz-vous. Comment employer des expressions aussi triviales quand on parle de choses aussi sérieuses ? Eh bien ! Monsieur, je vais me servir d'expressions nobles. Ce qui réduit ainsi les hommes à la condition des animaux : c'est, le système constitutionnel ; le système des majorités : faisant dépendre la vérité d'une boule ; comme la victoire des chiens d'un coup de dent; c'est, enfin, le système de la force brutale. Ici, du reste, je pourrais vous excuser. Car, je puis vous prouver : que, vous êtes aussi ennemi que possible de la monarchie constitutionnelle et du système des majorités. 11 est vrai, que je pourrais également vous prouver : que vous en êtes aussi ami que possible. Mais, que prouveraient mes preuves? Que jamais vous n'avez été exempt de fièvre ; et, que vous en êtes plus malade que jamais.

Du reste, prenez note, je vous prie : que, je viens de vous accuser d'être ennemi de la monarchie constitutionnelle, du droit des majorités, non point seulement en pratique, mais en principes nettement formulés. Je tiens à donner mes preuves : non point pour

TOUS guérir ; mais, pour n'être point entaché du crime de calomnie. Revenons à cette pauvre république sociale.

Parmi les accusations que vous portez contre elle, il en est une qui, à elle seule, vaut dix fois soupesant d'or.

— a La république sociale, dites-vous, fait descendre les hommes au rang des animaux : elle abolit le genre humain. « Elle abolit bien pins encore. »

— En vérité ! Probablement , nous allons voir : qu'elle abolit la lune et le soleil. Fi l'horreur! Mais, c'est l'enfer que cette république; c'est même pire encore. Le pouvoir de Satan a été jusqu'à perdre l'homme ; mais, enfin, il lui a été impossible : de souffler sur le soleil, pour l'éteindre comme une veilleuse. Cessez, Monsieur, de craindre pour le soleil. Le socialisme n'est pas un moutard ; et, ne se borne pas à des tours de gamin. Il s'agit de bien autre chose que du soleil. Il s'agit du bon Dieu : que, les socialistes veulent aussi soumettre à la raison. C'est anéantir Dieu, direz-vous. Pour tout ce qui serait contraire à la raison, sans aucun doute. Aimeriez-vous mieux que ce fût aussi : pour ce qui est conforme à la raison ? Alors, adressezvous à M. Odilon Barrot. Lui est le chef de cette espèce de socialisme. C'est lui qui a fait déclarer, parla cour de cassation, toutes les chambres assemblées : que, la loi française est et doit êti'e athée. Alors, vous écrierez-vous de nouveau : comment se fait-il que M. Barrot ait été président du conseil? C'est à vous.

240 M LA SOmrERAOfRlf.

non à nous, de répcndire à cette queatkui. Ce, qu'il nous appartient de yous dire ; c'est, que le secialioM, ayant l'audace de prétendre que Dieu ne peut rien faire contre la raison, compte parmi ses adeptes : et smat Augustin ; et Fénelon ; et Bossuet ; et Bonald ; et mille autres. Ce sont là des blasphèmes direz-vous enccMre. — « Si, le bon Dieu avait besoin d'avoir raison ; ce a serait ta raison qui serait le boù Dieu ; et, alors, le «c bon Dieu ne serait qu'un petit garçon. Prétendre « que saint Augustin, et Bossuet, et Fénelon, et Bo- « fiiald sont partisans de la raison ; c'est dire : qu'il « sont socialistes. Si cela était, où donc ea serioos- « nous ? Est-ce que la fin du monde va bientôt ani- « ver. »

Ëa vérité, Mimsieur, je le crois fermement. Je suis persuadé : que, votre vieux monde touche à sa fin.

Savezrvous surtout qui a banni Dieu, c'est-à-dire la religion, c'est-à-dire la sanction religieuse de la pensée de notre jeune génération ? C'est vous-même^ Monsieur, en osant affirmer : que, la morale n'est point essentiellement basée sur la sanction religieuse, dont le Dieu anthropomorphe n'est lui-même : que, la personnifiea^on.

— a Voili, di(es-Yoas, la philosophie de la république sociale , et par €«nséqoeat Ift baie de sa poikiqve. »

— Non, Mansieur ; c'est la vôtee . La philosophie

de la république sociale ; c'est :

l"" La démonstration rationnelleoftent iacoatestable de la réalité du lien religieux;

DE LA SOUVEmAnœT^ 21 1

2* Ia démonstration rationneHement incontestable de la réalité de rorganisation sociale, résultant nécessairement de la réalité du lien religieux ; organisation produisant nécessairement : le plus grand bien-être possible : de tous et de chacun.

Quant, à votre organisation sociale ; et, à la politique chargée de la défendre ; elles sont formulées par Malthus et J. B. Say. Ainsi que votre philosophie anti-religieuse, elles seront : Texécratien des générations prochaines.

— « Je ferais injare, contitiuez-voas, en insistant, au bon sens et à lliODiievr kmnani : ît suffit de montrer. C'est la dégnid«tMm dt riiofflme et U -destriMlim de la aMiéié. >»

— La dégradation de l'homme, Monsieur, c'est l'existence de votre organisaticoi sociale, de votre philosophie et de votre politique basées sur l'irréligion, le paupérisme et l'anéantissement réel de la famille. La destruction de la société, serait la prétention de vouloir xftsûn tenir : une pareille politique, une pareille philosoplàie, et uae pareille organisation sociale ; lesquelles, font horreur : à quiconque a du bon sens et de l'honneur.

Apvès eela, vocis iwus régalez : d'«m nouvelle am* plificaâon, contre ce pauvre M. Proudhon. Mais, «'estdone le bo«e d'Israël que cet homme! Prenez garde 1 Je vous le répète, il a bec et ongles ; et, vous avez la peau sensib le .

— « Ia répoMîque teckk, eoiitiiMies<*vou9, est i la Ims «dieme et im-

210 wm LA somrBBAOïBnf.

Donànous, de répondre à cette qoestioii. Ce, qa'ilnoiis appartient de vous dire ; c'est, qoe le MciaiioBe, ayant l'aodaee de prétendre que Dieu ne peut rien faire contre la raison, compte parmi ses adeptes : et sHit AugastÎD ; et Fénelon ; et Bossnet; et Bonald ; et raille autres. Ce sont là des blasphèmes direz-Tous encore. — « Si, le bon Dieu avait besoin d'avoir raison ; ce serait la raison qui serait le bofi Dieu ; et, alors, le bon Dieu ne serait qu'un petit garçon. Prétaodre que saint Augustin, et Bossuet, et Fénelon, et Bonald sont partisans de la raison ; c'est dire ; qu'il sont socialistes. Si cela était, où donc en amoofinous ? Estrce que la fin du monde va bientôt aniver. •

En vérité, Mimsieur, je le crois fermement. Je sois persuadé : que, votre vieux monde tooche à sa fin.

Savezrvous surtout qui a banni Dieu, c'est-à-dire la religion, c'est-à-dire la sanction religieuse de la peasée de notre jeune génération ? C'est vousnnème, Moèsieur, en osant affirmer : que, la morale n'est poiit essentiellement basée sur la sanction religieuse, dont le Dieu anthropomorphe n'est lui-même : que, la personnification.

— « Voili, dites-Toas, la philosophie de la république sociale , et par tmïaéqaemi Ift baie 4e sa poliliqve. »

— Non, Monsieur; c'est la vôtre. La philosophie de la république sociale ; c'est :

l"" La démonstration rationneUement incontestable de la réalité dn lien religieux;

DE LA SOinFERAINETi. 21 1

2* La démonstration rationnellement incontestable de la réalité de l'organisation sociale, résultant nécessairement de la réalité du Uen religieux ; organisation produisant nécessairement : le plus grand bien-être possible : de tous et de chacun.

Quant, à votre organisation sociale ; et, à la politique chargée de la défendre ; elles sont formulées par Malthus et J. B. Say. Ainsi que votre philosophie anti-relîgieuse, elles seront : Texécratien des générations prochaines.

— « Je ferais injure, continuez-vous, en insistant, au bon sens et à nioimesr Iramatii : îi svffit de montrer. C'est la dé g r ada t i o n de Tèomme et U 4eitrtiiAittA de U aociété* »

— La dégradation de l'homme, Monsieur, c'est Texistence de votre organisation sociale^ de votre philosophie et de votre politique basées sur l'irréligion, le paupérisme et l'anéantissement réel de la famille* La destruction de la société, serait la prétention de vouloir aainteoir ; une pareille politique, une pareille philosophie 9 et une pareille organisation sociale ; lesquelles, font horreur : à quiconque a du bon sens et de l'honneur.

Aptes eela, vous «tus régalez : d'^nte nouveUe amplification, contre ce pauvre M. Proudhon. Mais, «'esi àone le boœ d'Israël que cet homme ! Prenez garde! Je vous le répète, il a bec et ongles ; et, vous avez la peau sensib le .

— « Lft répiMique smmI», eontimies-fouB, est % k fais «dieine et im-

possible : c^est la plus absurde en même temps que la plus perrerse des chimères. »

— Vous avez raison, Monsieur; mais, c*est de la république sociale, sortie de votre cerveau, qu'il est permis de parler ainsi. Celle-là, serait bien véritablement : la fille du diable ou de la'fièvre.

Et, cependant, ce qui est très-remarquable, Monsieur; c'est, qu'à cette même république sociale, fille du diable ou de la fièvre, vous êtes encore obligé : de lui accorder une force immense. Vous lui donnez, en effet, pour partisans : tous ceux qui ont de la raison et des passions, de l'égoïsme et du dévouement ; c'està-dire : le monde entier, moins les quelques bourreaux qui voudraient prétendre à l'exploiter. Que serait-ce donc : si, vous aviez parlé de la véritable république sociale? Alors, les bourreaux eux-mêmes en seraient devenus les partisans. Car ils auraient reconnu : que, cela même est dans leur propre intérêt.

Et, ce qu'il y a de mieux ; c'est, que vous-même reconnaissez : que, tout le monde a raison, d'être républicain socialiste. En parlant de l'adhésion générale à cette république, vous vous écriez :

— « Nous n'ayons pas le droit de nous plaindre, car c*est nous-mêmes qui alimentons incessamment le foyer de l'incendie; c^est nous qui prêtons à la république sociale sa principale force ; c'est le chaos de not idées et de nos mœurs politiques, ce chaos caché tantôt sous le mot «2^ mocratie, tanlôt sous le mot égalité j tantôt sous le mot peuple^ qui loi ouvre toutes les portes et abat devant elle tous les remparts de la société. »

— C'est infiniment vrai, Monsieur ! Vous êtes l'un

des sapeurs, qui avez le plus travaillé, en faveur de la république sociale. Certes, si vous l'aviez fait, sans avoir la fièvre ; elle vous en aurait beaucoup de reconnaissance. Avant, que vous fussiez au ministère ; tous mes vœux étaient : pour, que vous y arrivassiez. Lorsque vous y êtes arrivé ; tous mes vœux étaient pour que vous n*en sortissiez : que, par la porte d'Angleterre. Du reste, je vous croyais plus égaré, plus fiévreux que coupable. Et, si des erreurs devenues calleuses, par les fautes où elles ont conduit, ne vous cuirassaient, contre les atteintes de la vérité ; je ne désespérerais pas de vous avoir un jour : pour, l'un des plus ardents défenseurs de la république sociale. Qui, en effet, si ce n'étaient les callosités intellectuelles, causées, par les préjugés, serait plus près d'arriver à nous; que, celui qui a osé dire :

— « La perpétuelle confusiony dans notre propre politique , dans nos idées^ dans potre langage^ du Yrai et du faux, du bien et du mal^ du possible et du cbimérique, c'est là ce qui nous entrave pour la défense^ et ce ^i donne à k république sociale y pour l'attaque^ une confiance , une arrogance, un crédit que, par elle-même^ elle ne procurerait pas. i»

— Eh bien. Monsieur! tout ce que vous dites exister chez vous comme énervant, ne sera bientôt plus chez nous. Je me charge devons prouver qu'il peut y avoir, chez nous, clarté absolue : en politique, en idée, en langage; même, en philosophie, en religion et en morale, dont vous ne parlez pas. Je me charge de vous prouver : que, nous savons distinguer de la manière la plus absolue : le faux du vrai ; le bien du

possible : c^est la plus absurde en même temps que la plus perrerse des chimères. »

— Vous avez raison, Monsieur; mais, c*est de la république sociale, sortie de votre cerveau, qu'il est permis de parler ainsi. Celle-là, serait bien véritablement : la fille du diable ou de la fièvre.

Et, cependant, ce qui est très-remarquable. Monsieur; c'est, qu'à cette même république sociale, fille du diable ou de la fièvre, vous êtes encore obligé : de lui accorder une force immense. Vous lui donnez, en effet, pour partisans : tous ceux qui ont de la raison et des passions, de l'égoïsme et du dévouement ; c'està-dire : le monde entier, moins les quelques bourreaux qui voudraient prétendre à l'exploiter. Que serait-ce donc : si, vous aviez parlé de la véritable république sociale? Alors, les bourreaux eux-mêmes en seraient devenus les partisans. Car ils auraient reconnu : que, cela même est dans leur propre intérêt.

Et, ce qu'il y a de mieux ; c'est, que vous-même reconnaissez : que, tout le monde a raison, d'être républicain socialiste. En parlant de l'adhésion générale à cette république, vous vous écriez :

— « Nous n'ayons pas le droit de nous plaindre, car c*est noas-mêmes qui alimentons incessamment le foyer de Tincendie; c'est nous qui prêtons à la république sociale sa principale force ; c'est le chaos de fM idées et de nos mœurs politiques , ce chaos caché tantôt sous le mot àé^ mocratie, tantôt sous le mot égalité j tantôt sous le mot peuple^ qui loi ouvre toutes les portes et abat devant elle tous les remparts de la société. »

— C'est infiniment vrai, Monsieur ! Vous êtes l'un

des sapeurs, qui avez le plus travaillé, en faveur de la république sociale. Certes, si vous Taviez fait, sans avoir la fièvre ; elle vous en aurait beaucoup de reconnaissance. Avant, que vous fussiez au ministère ; tous mes vœux étaient : pour, que vous y arrivassiez. Lorsque vous y êtes arrivé ; tous mes vœux étaient pour que vous n*en sortissiez : que, par la porte d'Angleterre. Du reste, je vous croyais plus égaré, plus fiévreux que coupable. Et, si des erreurs devenues calleuses, par les fautes où elles ont conduit, ne vous cuirassaient, contre les atteintes de la vérité ; je ne désespérerais pas de vous avoir un jour : pour, l'un des plus ardents défenseurs de la république sociale. Qui, en effet, si ce n'étaient les callosités intellectuelles, causées, par les préjugés, serait plus près d'arriver à nous; que, celui qui a osé dire :

— « La perpétaelle confusion, dans notre propre politique , dans nos idées^ dans notre langage^ du Yrai et du faux, du bien et du mal^ du possible et du cbimérique, c'est là ce qui nous entrave pour la défense^ et ce qtti donne à la république sociale ^ pour l'attaque^ une confiance , une arrogance, un crédit que, par elle-même, elle ne procurerait pas. i»

— Eh bien. Monsieur ! tout ce que vous dites exister chez vous comme énervant, ne sera bientôt plus chez nous. Je me charge de vous prouver qu'il peut y avoir, chez nous, clarté absolue : en politique, en idée, en langage; même, en philosophie, en religion et en morale, dont vous ne parlez pas. Je me charge de vous prouver : que, nous savons distinguer de la manière la plus absolue : le faux du vrai ; le bien du

214 DB LA âOUVfiaAINETÉ.

mal ; et le possible du chimérique. A ces conditioas, Monsieiur, voulez-vous être de la ré|Miblique sociak, qui fait abfitractioQ complète de la forme ^uTeniemefiiale ? Acceptez ; et, je ne demande que voui^ pour juge : de la fidélité que je mettrai à remplw lea^oadktions que je vous présente. Vous voyez que î'aî confiance : et, dans V06 lunaières ^ et^ dans votre fmàhUâ. Si, je ne parviens pas à vous convaincre, je u'en^^a^ à passer dans votre camp ^ où, selon vous-iaèflae, il ; a une perpétuelle confusion : dansia politique, daaftk» idées, dans le langage relativement à la dèstioctioft entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, oitM le possible et le ciiimérique.

— « Qufi c£lte épo({ue se dissipe, dites-Toas en tèianinaiU ce chipto, qae nous entrions enfin dans celle époque de maturité où les peuples libres voient les choses comme elles sent réeUemeot. »>

— Parf astemeiit, Moesîeiir I Ëh bten ! fmur eela, il faut venir à nous. Comment, voulez-vous voir clair, an milieu du ebaos éasm lequel, voufiHOihème reeenoaiftsez vous trouver? Vous voyez bien : que, rîlhimroation de juillet n'a fait : que, vous enfoncer davantage, dans les ténèbres.

— « Quand noQs em serons là, ajoutei-vov^ la république sociale ae disparaîtra point ; nous n^aurons pas supprimé ses efforts et ses dangers : elle puise son ambition et ses forces à des sources que personne ne peut tarîr. »

— Co que VOUS écrivez là, Monsieur, a été puisé dans l'écritoire du chaoB ; et, c'eat dazis votre fièvre

DE LA ^OUVBmMNlTÉ. 315

que cela a été écrit. Je puis vous assurer : que, la république sociale, fille du diable, disparaîtra : aussitôt , que vous aurez distingué le bien du mal et le possible du chimérique. Et, si ce croque-mitaine, de république imaginaire, est le seul •bstacle qui vous empêche d'adhérer à la république sociale véritable, république égaleBMQt comfMtttble av^c un président, avec un roi, avec un empereur ; je me chaîne, moi, de pulvériser ce croque-mitaine qui vous effraye ; et, d'en conduire rûnpalpabilité jusqu^à l'anéantissement. Encore une féÎB le marché vous coimeirt-ii ? Je vous avoue, moi, qu'il me conviendrait beaucoup. Car, au milieu de toutes rm erreurs, personne ne met en doute que vous ne soyez un homme d'intelligence et de conviction. Allons 1 Monsieur; que, Tamour-propre ne-vous empèdie ftsini de t&tiHmakte : ^e, vous vous êtes trompé. Vous êtes assez fort pour savoir : qu'avouer tHie«nre«ir, iie4mt jornak faire rougir.

« II est impossible de ne pas reconnaître qoê la force a souillé le berceau de tous les pouvoirs dn monde, quelles qu^ aient été leur nature ou leur ^ formé.

n Eh bien ! Messieurs , cette origine-là , personne n'en veut : tous les pouvoirs, quels qu'ils soient, la renient; il n'y en a aucun qui veuille être né du sein de la force.

« Ce seul fait prouve , llessieurs, que Tidée de la force n'est pas le fondement de la légitimité po« litique, qu'elle repose sur une tout autre base. Que font, en efTet, tous les systèmes, par ce désaveu formel de la force? Ils proclament eux-mêmes qu'il y a une autre légitimité, vrai fondement de toutes les autres, la légitimité de la raison ^ de la justice, du droit. »

M. GuizoT, Hist. de la cmlis, en. JSurope, p. 73.

— (c Prenez les suppositions les plus simples : qu'il y ait un acte quelconque à accomplir, une action quelconque à exercer, soit sur la société dans son ensemble, soit sur quelques-uns de ses membres, soit sur un seul, il y a toujours évidemment une règle de cette action , une volonté légitime à suivre, à appliquer; soit que vous pénétries dans les moindres détails de la vie sociale, soit que vous vous éleviez à ses plus grands événements, partout vous rencontrerez une vérité à constater, une idée juste et raisonnable à faire passer dans les réalités. C'est là ce souverain de droit' y ers lequel les philosophes et les peuples n'ont pas cessé et ne peuvent pas cesser d'aspirer En aucun lieu, en aucun

temps, aucun pouvoir ne saurait légitimement être possesseur indépendant de cette souverai-^ neté.

DE LA SOUTERÂINBTÉ. 217

« Qadfl sont les caractères d«

souverain dit tiroitf Les caractères qai dérivent de sa nature même. D*abord il est unique : poisqa^il n'y a qu'une vérité, qu'une justice, il ne peut y avoir qu'ten souverain de droit. II est de plus : permanent, toujours le même: ui vérité hb CHAirGi roiirr. »

Id., iàid., p. 268.

A M. GUTZOT.

Monsieur ;

Votre chapitre V est intitulé : « Quels sont les élé^ « ments réels et essentiels de la société en France ? »

Pardon ! Monsieur ; si, j'ose ici placer un mot, avant d'examiner votre chapitre. C'est, qu'on a singulièrement abusé du mot élément. Il aurait fallu commencer : par, porter votre sentence, de jugement dernier, sur cette expression, Tune des plus indéterminées qu'il y ait dans l'ordre moral; au sein duquel, aucune expression n'est encore déterminée. Si, vous voulez me le permettre, Monsieur; je vais porter la sentence de jugement dernier, sur l'expression élément^ socialement considérée. Je m'en rapporte à vous : pour la confirmer ; ou pour l'infirmer.

En société, il n'y a qu'un seul élément, absolument qu'un seul ; c'est, le raisonnement. Cet élément est générique ; et, le genre renferme exclusivement deux espèces : le bon raisonnement-; et le mauvais raisonnement.

Eh bien ! Monsieur; ayez une règle sûre, rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun,

« II est impossible cle ne pas reconnaître qoê la force a souillé le berceau de tous les pouvoirs da monde, quelles qu^aient été leur nature ou leur ^ formé,

« Eh bien ! Messieurs , cette origine-là , personne n*en veut : tons les pouvoirs, quels qu'ils soient, la renient; il n'y en a aucun qui veuille être né du sein de la force.

« Ce seul fait prouve , Messieurs, que Tidée de la force n'est pas le fondement de la légitimité po» litiqne, qu'elle repose sur une tout autre base. Que font, en efTet, tons les systèmes, par ce désaveu formel de la force? Ils proclament eux-mêmes qu'il y a une autre légitimité, vrai fondement de toutes les autres, la légitimité de la raison ^ de la justice, du droit. »

M. GuizoT, Hist. de la dvilis, en JStmpe, p. 73.

— «( Prenez les suppositions les plus simples : qu'il y ait un acte quelconque à acc(«iplir, une action quelconque à exercer, soit sur la société dans son ensemble , soit sur quelques-uns de ses membres, soit sur un seul, il y a toujours évidemment une règle de cette action , une volonté légitime à suivre, à appliquer; soit que vous pénétriez dans les moindres détails de la vie sociale, soit que vous vous éleviez à ses plus grands événements, partout vous rencontrerez une vérité à constater, une idée juste et raisonnable à faire passer dans les réalités. C'est là ce souverain de droit -vers lequel les philosophes et les peufdes n'ont pas cessé et ne peuvent pas cesser d'aspirer En aucun lieu, en aacon

temps, aucun pouvoir ne saurait légitimemeni être possesseur indépendant de cette souverain neté.

DE LA SOUYERâINBTÉ. 217

« Qadfl sont les canctères da

souverain dit droii? Les caractères qai dérivent de sa nature même. D*abord il est unique : poisqnMl n'y a qa'one vérité, qu'une justice, il ne peut y avoir qu'un souverain de droit. Il est de plus : permunani, toujours le même: i.a vkrxtk hb CBAITGB Foiirr. »

Id., iàid., p. 268.

A M. GUTZOT.

Monsieur ;

Votre chapitre V est intitulé : « Quels sont les élé^ « ments réels et essentiels de la société en France ? »

Pardon ! Monsieur ; si, j'ose ici placer un mot, avant d'examiner votre chapitre. C'est, qu'on a singulièrement abusé du mot élément. Il aurait fallu commencer : par, porter votre sentence, de jugement dernier, sur cette expression, l'une des plus indéterminées qu'il y ait dans l'ordre moral; au sein duquel, aucune expression n'est encore déterminée. Si, vous voulez me le permettre, Monsieur; je vais porter la sentence de jugement dernier, sur l'expression élément^ socialement considérée. Je m'en rapporte à vous : pour la confirmer; ou pour l'infirmer.

En société, il n'y a qu'un seul élément, absolument qu'un seul ; c'est, le raisonnement. Cet élément est générique ; et, le genre renferme exclusivement deux espèces : le bon raisonnement; et le mauvais raisonnement.

Eh bien ! Monsieur; ayez une règle sûre, rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun,

218 DS LA SOOTSaAIfittTA.

p^ur distfD^er le bon rai6on»ement du mauvais ; et, la confuâion que vous avouez exister chez vous, relativement à la distinction : entre le vrai et le faux ; entre le bien et le mal ; ejitre le po&ûble et le chimérique ; disparaîtra complètement. Cette distinction, entre les deux éléments secondaires de l'élément social primitif; distinction, je le répète, que vous avez la bonne foi de reconnaître ignorer; distinction, devenue absolument nécessaire, en présence de Tincompressibilité sociale de l'examen, qui ne permet plus ^ transformer la force en droit ; cette distinction, je me charge de vous la faire conoevoir. Mais, vous avouerez également : que, ceci n'est point l'affaire de quelques lettres. J'ai dédié à M. Blanqui l'auti-républicain, l'exdmen d'uoe partie des innombrables erreurs contenues dans Les ceuvres de J. B. Say; dédicace, qu'il n'a point acceptée» Youlez-vmis, Monsieur : que, je vous dédie : l'examen d'une partie des innombrables erreurs, contenues dans les œuvres des philosophes ? Ma dédicace ne pourrait, peut ètjre, se placer nueux et plus utilement. Mais, arrivons à vos éléments. J'ai toujours beaucoup aûné, à prendre les g^is par leurs éléments. C'est, le bon moyen de les renverser vite : quand ils sont sur une mauvaise base.

J'ai beau chercher au commencement de votre chapitre; et, je ne trouve rien, parce que je trouve tout. Tdttt.... Je me trompe, llysk quelque chose qui maaotr que, dans cet ensemble d'éléments que vous énuméres: c'est^ précisément^ la base. Ain^eriez-vous à reposer sur le vide ? Et, serait-ce cet amour du néant, qui vous

DS %JL BOCWWMklMITt. 210

aurait £aît dédarer : que, la morale est indépeadante duUe& jreHgidKx?

Vous parlez : de famille, de propriété, de terre, de capital, de aalaire, de travail, puis d'^alité, puis de lois, puis de droit, puis de tout le reste ; toujours Tessentiel excepté.

Mais, Monsieur; si, vous ne portez auparavait, une sentence de jugement dernier sur la valeur de chae«De de ces expressîotts : vous n'aurez fait : qu'épaissir le cliaos, dans lequel vous avouez vous trouver! Et, la base de tout cela, Monsieur; où, se trouve-t-elle ? J^ base, e'est-à-dire : la sanction, hors laquelle toute r^.gle, selon vous-même, est absolument de nulle valeur ? Est-ce sur le bourreau, que vous élevez le tout ? Eli bien l Monsieur ; socialement, le bourreau est mort : en tant que pouvant, désormais, servir de base àTexis' teuce de l'ordre ; et, de ce point de vue, vous ne le ressusciterez jamais. Il n'est pas mort, je le sais, comme contribuant au désordre. Les bourreaux des réoi, surtout, se multi^eiit comme des fourmis. Mats, ce sont les insectes, qui achèrvent de dévorer : le cadavre de l'aaeîeiiBe société. À ce litre... • viveat les boutreauaL ! 1

— » « Le fût csrtetérîstîqsê de la weiélé enrile e« Vrance , c*ett, ditet-

TOUS, l'iuiité des lois et r égalité de droit» »

— Dites-naoî, McMisi^ur? Est-ce la satire de la so* ciété aetudle, que vous avez voulu faire ? De l'unité, au sein du chass, dans lequel vous reeoiHMBSsez :

218 DS LA SOOTSaAIfittTA.

p^ur dîstfD^ar le bon rai6on»ement du mauvais ; et, la confuâion que vous avouez exister chez vous, relativement à la distinction : entre le vrai et le faux ; entre le bien et le mal ; ejitre le po&sible et le chimérique ; disparaîtra complètement. Cette distinction, entre les deux éléments secondaires de l'élément social primitif; distinction, je le répète, que vous avez la bonne foi de reconnaître ignorer; distinction, devenue absolument nécessaire, en présence de Tincompressibilité sociale de l'examen, qui ne permet plus ^ transformer la force en droit ; cette distinction, je me charge de vous la faire conoevoir. Mais, vous avouerez également : que, ceci n'est point l'affaire de quelques lettres. J'ai dédié à M. Blanqui l'auti-républicain, Veistmen d'uoe partie des innombrables erreurs contenues dans Les ceuvres de J. B. Say; dédicace, qu'il n'a point acceptée» Youlez-vmis, Monsieur : que, je vous dédie : l'examen d'une partie des imiombrdbles erreurs, contenues dans les o&uvres des philosophes ? Ma dédicace ne pourrait, peut ètjre, se placer nueux et plus utilement. Mais, arrivons à vos éléments. J'ai toujours beaucoup aimé, à prendre les giais par lears éléments. C'est, le bon moyen de les renverser vite: quand ils sont sur une mauvaise base.

J'ai beau chercher au commencement de votre chapitre; et, je ne trouve rien, parce que je trouve tout Tdttt.... Je me trompe. U y ji quelque chose qui maaotr que, dans cet ensemble d'éléments que vous énuméres: c'est^ précisément^ la base. Ain^eriez-vous à reposer sur k vide ? Et, serait-ce cet amour du néant, qui vous

aurait Cak dédarer : que, la morale est indépeadante

du lie» jreKgidKx?

Vous parlez : de famille, de propriété, de terre, de capital, de salaire, de Uravail, puis d'^alité, puis de lois, puis de droit, puis de tout le reste ; toujours Tessentiel excepté.

Mais, Monsieur; si, vous ne portes auparavast, une sentence de jugement dernier sur la valeur de chaewie Ad ees eipr cooioBo : vous n'aurez fait : qu'épaissir le cliaos, dans lequel vous avouez vous trouver 1 Et, la base de tout cela, Monsieur; où, se trouve-t-elle ? La base, €'estrà-dire : la saisction, hors laquelle toute règle, selon vous-même, est absolument de nulle valeur ? Est-ce sur le bourreau^ que vous élevez le tout ? EL bien l Monsieur ; socialement, le bourreau est mort : en tant que pouvant, désormais, servir de base àTexisteuce de Tordre ; et, de ce point de vue, vous ne le ressusciterez jamais. 11 n'est pas mort, je le sats, comme contribuant au désordre. Les bourreaux des imoij surtout 7 se multiplient coiame des fourmis. Man, ce sont les insectes, qui achèvent de dévorer : 1^ cadavre de l'aaeîeiiBe société. À ce litre.... viv les boutreauaL ! 1

«— « Le fût csrtetéristiqsê de la société enrile em France , «*est, dites- Tous, l'iuiité des lois et r égalité de droit. »

— Dites-naoî, Monsieur? Est-ce la satire de la so* ciété aetudle, que vous avez voulu faire ? De l'unité, au sein du chaos, dans lequel vous receuuaDsaez :

que, la société se trouve ! De l'égalité ! en l'absence de toute sanction : autre, que celle du [bourreau! Vous voulez donc l'écraser cette ancienne société ; cette société, où, il n'y a plus de droit : que, la force brutale? Alors, touchez-là, Monsieur : vous êtes des nôtres.

(h oui! vous êtes des nôtres.

— « Point de privilèges, dites-vous, c'est-à-dire point de lois ni de droits civils particuliers pour telles ou telles, familles, telles ou telles propriétés, tels ou tels travaux... »

— Bravissimo ! Monsieur ; vous voilà aussi socialiste que moi. Je vous assure : que, vous venez de donner, l'un des plus beaux programmes de socialisme, qui ait jamais été offert.

— « C'est, dites-vous, un fait nouveau et immense dans ThisCoire des sociétés humaines. »

— Et, croyez-vous, Monsieur; que, dans la société des chiens , ce fait soit fort ancien ? Vous , qui aimez tant à porter des sentences de jugement dernier, sur la valeur des expressions ; je vous dirai, comme sentence de jugement dernier : que, tout homme qui se sert de l'expression : société humaine; ou, de toute autre analogue ; est : ou, un panthéiste ; ou , un homme qui ne sait ce qu'il dit, et parle comme un perroquet. Est-ce que vous vous imaginez. Monsieur : qu'il y a d'autres sociétés : que , des sociétés humaines ; au propre , et non au figuré? Eh bien, Monsieur ; quand on veut évi-

DE LA SOUTERAINETÉ. 221

ter le chaos, on distingue, et on fait distinguer parfaitement : le propre du figuré ; et cela : sous peine de galimatias.

Quant au fait , que tous dites être nouyeau ; il est , en effet , tellement nouveau : que , socialement , il est encore dans les espaces imaginaires. Tout le socialisme, Monsieur ; consiste : à le réaliser.

Après cela, vous vous lancez dans le descriptif. Vous auriez dû confier cette tâche à M. de Lamartine ; il s'y connaît mieux que vous. Plût au ciel qu'il eût été occupé exclusivetoient à ce travail depuis février ; il n'aurait point perdu la France et l'Europe. Perdu! je me trompe. Mais, le sang d'un million d'hommes sera répandu par sa faute ; et, cela ne serait point dans l'avenir : si, M. de Lamartine s'.était amusé à nous rimer du panthéisme ; après avoir pris Voltaire pour le révélateur de sa religion du néant. Quant à vous, Monsieur ; vous êtes digne de faire mieux. Le reste de votre cinquième chapitre est pitoyable.

Mais, quittons la poésie et le mensonge; pour arriver au réel. En France, dites-vous :

— « Il n^y a point de légitindistes , il n'y a point d'orléanistes. La république existe ; elle interdit toute attaque contre le principe de son existence. C'est le droit de tout gouvernement établi : je ne le conteste point et n'entends point y déroger. »

— Oui, Monsieur; c'est son droit. Mais, ce n'est que le droit de la force ; car, la raison permet de discuter ; et , le droit , lui-même , n'a de formule : que , celle qui lui est donnée par la raison. Quant à vous,

222 l>B JLA SOOYfiRMMNÉ.

TOUS iipprouvw le droit de la £èree : pafce 4{ue \<nis en ayez iait usage ; et , tous cherchez , DéaumoH», à vous y soustraire par la ruse ; qui est aussi une fotee; comme, yos adversaires se sont soustraits à votre droit de la force. Fi I Monsieur ; il ne faut jamaifl imiter ksr mauvais exemples. Ayez donc le courage de votre epînion ; et, ne la présentez poi&t sous u& maa^e !

— « Itais, dîtes-wus etcc rai Uogage de Lojoky î' 7 * ^^ '■^ ^ profonds , que les lois qui leur interdisent de pandtre ne les détruiseal point, même quand elles sont obéies. Il y a des partis qui ont pris leur orîgitie et f^mmé leurs racises ri avant énw la société y qu'ils me menreit point, même quand ils se taiseni. w

— Ëk, vous êtes de ceux qui se taiseni : parce que voiftft vous y croyez forcé. Et, comme forcé de veus taire, vous conspirez : comme d'autres eonâpûraîent , quand vous les forciez de se taire. C'est justice, Mobsieur ; et, vous avez raison. Puis, les autres auront également raison : si, vous redevenez le maître. Ët^ si ceux qui sont en haut, égoi^nt ceux qui sont en bas, pour les empêcher de conspirer ; ils forU; bien : comme, il sera cru bien de les égorger, quand ils seront devenus les pi» faibles. Et, ainsi de suite : jusqu'à extinction de société ; ou mieux : jusqu'à extinction de votre société, dans laquelle, selon vous-même^ il y a une perpétuelle confusion : entre le vrai et le faux ; le bien et le mal; le pervers et l'honnête; le possiUe et le ehimériquie.

Puis, a{tfèfi avoh* dit : que^ lelé^timisme et l'oriéanisme n'existent pas ; vaus en faites des éléments de

H LA flOOVSEAiMETÉ. ^33

la société. Hélas ! Monsieur ; ces aipimrntntioM de listes , aïoLqaeUes Totre posiiicm yetts coodanne , bien yous dégoûter I Vous perdez toute votre Taleor, en ddiors de la véritable république sociale. Osez y entrer^ et je vous réponds : que , ce sera le preœteff beau jour de votre vie.

Votre ouvrage a pour but, j'aimerais à croire que c'est à voire îbsu. : d'unir ks légitimistes et les orléanistes contre la république. Âvez-vous bien réflécdû , Monsieur, à toute l'horreur de ce but? C'est la guerre civile : nonnieuleraent de la France, mais de l'Europe, mais du monde. La paix du mande est an prix de fétad>lissement de la république et de l'unité universeBe (1). Jusque-là, il n'j a de possible que les horreurs de l'anarchie. Tout le sang qui sera versé, même par les socialistes, devra retomber, vis-i-vis de la justice éiemdle , sur la tête de ceux qui auront été la 'cause prenuère, de tous les massacres désormais pos^ siUea.

Après nous avoir donné , comme représentants de rOTdre, les légitimistes et les orléanistes ; vous ajoutez :

— « Un fait ctpeadftiit est frappaot : sincères ou penrers , utopistes afeugles on anarchistes volontaires, tons les perturbateurs de Tordre soend 9Mil répoklieains. »

— Et lequel , s'il vous platt, Monsieur, est te plus perturbateur de Torcfre, le plus anarchiste, non point

(1) Je répète ici : que ce que je dis est indépendant de la forme du gouvernement *, et, que le mol répéMque n*est nullement exclusif de royauté ou d'empire. — (1857 J

224 DE LA SOUTERAINETÉ.

aveugle, mais volontaire : de celui, qui veut placer à la tète de la société, un parti de frères ennemis : qui se reconnaissent être lians le chaos ; qui se reconnaissent perpétuellement incapables de distinguer : le vrai du faux, le bien du mal, le possible du chimérique; ou, de celui qui veut renverser les partisans volontaires du chaos et de l'anarchie ? Répondez , Monsieur I et répondez devant votre conscience, sous peine d'être traître à vous-même!

Ainsi, pour vous, les éléments de la société sont des légitimistes, des orléanistes et des républicains! Et, ces éléments. Monsieur; qui est chargé de les ordonner? La force, n'est-il pas vrai? Et de les ordonner à quoi? Toujours à la force, n'est-il pas vrai? Eh bien! Monsieur, tremblez! car la force est pour nous. Mais rassurez-vous, la raison est aussi pour nous. Et, si vous êtes dans le chaos ; si vous ne savez distinguer ni le vrai du faux, ni le bien du mal, ni le possible du chimérique; nous le savons, nous, qui existons au sein de la lumière ; et, nous vous le prouverons : quand vous aurez les yeux dessillés. Mais, auparavant, laissez fonder la république par la nécessité ; il le faut bien : puisque vous ne voulez point qu'elle s'établisse par la liberté; puisque vous ne voulez lui opposer que la force. Si, le mal doit être porté à son comble , avant qu'il soit possible de vous faire avoir des yeux pour voir, et des oreilles pour entendre : que les destins s'accomplissent !

DE Là SOOYBKAINETf . 225

vm.

« C'est une loi de la Providence que le mal naisse du mal, qu'on fléau appelle un fléau. Ne nous en plaignons pas. Sans cet étroit enchaliMment des iniquités diverses qui s'invoquent , s'enfantent Tune l'autre, et en s'accumulant deviennent enfin itUoîérabUê , le mal parviendrait à se dissimuler et à s'établir. »

M. OuizoT, Dtê comp, et de lajuâi, poUi,, p. 13.

— « Qu'on me permette de le dire, j'ai un profond dégoût de ces arguments hypocrites, qui connaissent leur propre nullité et mentent sans espoir de tromper. *»

M. GuisoT, De la peine de mort, etc., p. 144»

A M. GUIZOT

Monsieur,

Votre sixième chapitre est intitulé : « Conditions po^ « litdques de la paix sociale en France. »

Encore un mot, avant d'examiner votre chapitre.

Vous croyez donc : que, la paix, actuellement ^ peut exister en France, sans exister dans le monde entier? VoDS croyez donc : que, la paix, actuellement j peut exister dans le monde : tant qu'il y a des nationalités ? Vous croyez donc : que , pour aussi longtemps que la force est seule juge du droit, entre les nations ; ce qui est absolument nécessaire, tant qu'il y a des nations ; la force n'est pas, nécessairement aussi, seul juge possible du droit au sein de chaque nation? Vous "croyez I. 15

S26 DE LÀ âODV£RÂlM£TÉ«

donc : que, partout où la force est seule juge du droit; tout, n'est point, nécessairement, ordonné au privil^ de la force ? Vous croyez donc : que , lorsque tout est nécessairement ordonné à la force ; que les communications existent ; et, que l'examen ne peut plus être socialement comprimé ; la paix est possible? Si, tous cuviez le ^oire, yqus seriez un aliéné. Et, si vous ne •te 'Croyez pas , rappelez-vous alors : que , selon vousuième : l'ordre est devanu (incompatible, avec l'existence du privilège. Vous savez tout cela. Mais aussi, ¥eus fermez les yeux de ¥alre 'esprit, pour espérer parvenir à ne voir ni comprendre. Et pourquoi ? parce que 'VOUS avez, dans i'esprit, ^et exécrable préjugé : que, Turiité de droit est impossible. Et^ cependant, vous avez iléclaré : qm^^ceUe uniLécAt nécessaire. C'est, que vous êtes un tissu de contradictions. Avec autant d'esprit, comment cela est-il possible ? Vous-même allez l'expliquer.

— « Il y a, dites-vous ailleurs, des vérités simples que personne ne conteste, qu'admet soudain le bon sens , et qui Mpendaitt ae waMUent -admisas que pour être aussitôt oubliées. On dirait que parce quVlet sont «impies elles sont stériles , et qu'en les adoptant sans débat on est dispensé de faire attention à leurs conséquences. •»

{De la peiM de mort^ ^^«liP* 79«)

— Eh bien ! Monsieur, toutes les vérités que je viens d'énoncer sont dans ce cas. Et, si l'on ne fait pas encore attention à leurs conséquences ; c'est, que la nécessité sociale n'a pas encore forcé d'en reconnaître la réalité.

«— « Qui ne sait , dites-vous encore , la puissance des préoeeiip«(MM

JBB hk «MmOUlKETÉ»' Îi7

de ret|Mtt kiHMMiT QoMid une idée le fouède, qm^md il t'achauie à qaelqae projet, tout s'y rattache , tout eu dépead ; le plus faible lien, le rapport le plus éloigné^ lui offrent Tapparence d'un incoatestablé et ri-

gMHwn^adialaeiiMiiU »

{Des conspirât,, p. 49.)

— Eh bien ! Monsieur ; les idées qui tous possèdent 4 les idées auxqu^les tous tous acharnez ; sont : Tetre seuveruneté utepique, donnant la moba&e comme INDÉPENDANTE DES IDÉES RELIGIEUSES ; et, la consenralion d'une société, dont, en présence de l'incompressibilité deFtfxamen, la base d'existence est le favtébisme.

Hais, rcTenons à Totre traTail sur la démocratie ; et, essayons de tous présenter à Tous-mème.

— «c Quand, dite§-fous, on aura déeidément reconnu et admis que les classes diverses ^ui existent parmi nous et les partis qui leur correspon* étmi acMt en éléaents «Énrels, profonds de la sociélé Iraoçaite, on aura fait un grand pas vers la paix sociale. »

— Afnsi, quand on aura reconnu : que, les éléments normaux, de la société française, sont : le légitimisme et Torléanisrae; tandis, que le républicanisme n'en est qu'un élément monstrueux ; on aura fait un grand pas Tersla paix sociale.

Et, selon tous, ce pas sera fait : au sein du chaos ; et, par des gens qui se sont déclarés perpétuellement incapables de distinguer : le Trai du faux ; le bien du mal ; le possible du chimérique. Regardez-Tous, maintenant. Monsieur ; et, Toyez : si, tous ne tous fartes point horreur 1

— « Cette paix est impossible ^ di(es-?oo8, tant que les dasses dtf7«r-> ses^ les. grands partie politiques que renferment notre société, nourrissent fespoir de s'annoter muhidlement et de posséder senis Pempiit. »

ta.

228 D£ LA. SOtrVBIUmETÉ.

— Comment, Monsieur ; le moyen d'avoir la paix, c'est : de perpétuer, au sein de la société, le légitimisme et Torléanisme ; le droit divin" et la souveraineté du peuple; papa et maman, faisant un ménage d'enfer ? Monsieur ! je vous demande pardon de la sincérité dont je vais faire usage avec vous ; mais, les choses, que vous venez d'énoncer, ne devraient se dire : qu'à Charenton.

— « L*empereur Napoléon a suspendu cette guerre , dttesrYons, il a rallié les anciennes classes dominantes , les nouvelles classes prépondérantes ; et , soit par. le mouvement où il les entraînait, soit par le joog qu'il leur imposait, il a rétabli et maintenu entre elles la paix. »

— Et, vous voulez refaire : ce que Napoléon a fait et n'a pu conserver? Et, il vous faut des classes dominantes et prépondérantes ? Et, votre hiérarchie sociale se rapporte : à des classes, à des familles, à de la propriété ; et, non au mérite des individus abstraction faite de la propriété? Vous voulez : que, la propriété soit relative au hasard et non au mérite ? Vous voulez : vous acharner à votre souveraineté utopique ; vous voulez continuer : le chaos, la non-distinction du vrai et du faux, du bien et mal, du possible et du chimérique, si ce n'est par le critéi^ium de la force ? Vous voulez : que, les classes, jadis dominantes et prépondérantes; qui sont en très-infime minorité, et ne peuvent plus être ni prépondérantes ni prédominantes ; prépondèrent et prédominent : où, leur prédominance et leur prépondérance sont devenues impossibles ? Et, vous appelez cela un moyen d'ordre ! Et, pour l'avoir in-:

DC Là SOUVBRÂlHCTi. S29

venté, TOUS Yom croyez un NapolécMi ! AUez ! Monsieur; si, rempereor a reculé ; c'est, qu'il a eu horreur de l'anarchie. Hais, il n'a pas vu : qu'en reculant, il y tcnnberait paiement. Ce n'est point en se mouchant ccHume eux, qu'il faut imiter les grands hommes. Le gouffre de ranarchie, il faut le braver. 11 faut même a'y précipiter . comme Curtius. Car, c'est dans ce gouffre, qu'il faut savoir plonger, pour en retirer la connaissance : de la nécessité de l'ordre ; et de l'im* possibilité de l'obtenir : sous l'ancienne société ; sous les anciennes souverainetés; connaissance, qui seule peut conduire : à combler le gouffre.

Vous avez donc^ Monsieur, un bien grand amour pour les logomachies ! Vous vous servez continuellement des expressions : démocratie et aristocratie ; bourgeoisie et peuple. Essayez donc de porter une sentence de jugement dernier, sur la valeur de chacune de ces expressions; et, vous verrez : que, démocratie et aristocratie sont absolument incompatibles. Si, en outre, votre sentence de jugement dernier est bien portée ; vous verrez : que, démocratie et aristocratie, considérées comme souverainetés, sont égale* ment des sottises. Car, toutes les deux ne peuvent être : que, les souverainetés de papa et de maman; et, vous savez : que, toutes les deux sont les souverainetés de l'ignorance ; que, toutes les deux sont essentiellement anarchiques : en présence de l'incompressibilité sociale de l'examen.

Tenez ! Monsieur, je voudrais : que, votre sixième chapitre fût imprimé à des milUons d'exemplaires;

230 IH& LA aeUYEAAUfETi^

et^ qu'il fût cocapris, par tous eenx ^ poonraieiiila Uire en Tentendre. Je vous assure : que, et cbapkm ferait pku^ pour le socialisme réel ; que y. ee ^ute now tous aivons jamais écrit.

Youlez^Tous un fait, un fait très«impo9laat, vmm qui, avec les vôtres^ aimez taat ka faitB ? Ceat, qM le socialisme ne doit sa forcé «etuelle qu'à vous el aux vôtres. IViaifi pardon I je perds la tète; ear, vout le savez de reste. Je devrais me nappeler : que, vem avez dit : Cest twm qui prêtons à la république sociale sa principale force. Seule meut, si vMa vous imagineB nous avoir prêté cette force ; soyez persuadé : que, nous ne vous la rendrons pas* Comptez là-dessus.

Après cela, vous rentrez dans le descriptif. Pour l'amour de vous-même, Monsieur; confiez ees hors^ d'œuvre à M. de Lamartine. Et puis, voyez-vecis, ils sont de peu d'importance. Us n'ont que celle de nuire, quand ils n'amusent pas. Et, les descriptions, de la vieille société, ne sont pas du tout anausantes^* Voyez plutôt, chez M. Blanqui, qui eia a fait de très-bonnes. Elles inspirent l'horreur» C'est là, tout ce qu'on en peut retirer. Je me trompe, elles inspirent aussi L'amour du socialisme, par k besoin qu'elles fout éprouver : d'anéandr de pareilles horreurs.

Tenez ! Monsieur ; j ai bien envie de vous égayer. Pour cela, je n'ai toujours qu'à vcmis présenter à vousmême. Vous ne voulez pafi, dites-vous, de pouvcûr unique. Mais, réfléchissez donc I ne fût-ce que quatre secondes^ à ce que vous venez d'énoncer ; et, vous v^rez,; clair comme le jour : qu'un pouvoir naultiple

DK. lâb flomnEuiNeTÉ- 23t

a'Ml anCra : que, l'absoMe de' pouvoir ou Fanardhie. Si ^m» étiez chrélien. (ce que tous ne poures ffvdr Ik piétenliMi dfétre puisque yous voulez que la morale^ saîA ind^mdante de la reUgion ) je vous eîterais le chef dtt dunfetianÎMne disant : quey tout pou voir divisé estfatee- nécessawemenfe la chute du pouvoir.

Duf leate^. tout cela eal de la pure logomachie, de la pa» absence de toute sentence de jugement dernier, amr la valeur des- e^qiRSssions. Et, vous avez eu. bien raisen^ d»^ dire : qm'en dehors de ces sentences, il n' j a do pMrï[)le r que du galimatias. Seulement^ il est élcNinant : que, vous- donniez d'aus«! bonnes instme*tions; et, que vous en profitiez aussi peu ! Si, par hasaid, vous vouliez suivre un seul de mes conseils, je k donnerais- avec bien du; plaisir : ce serait de. au feu le mot. élément. C'est, cette malen-^ conirrase expression qui vous brouille les idées.

Jto^vais passer une foule de pages; où, le mot élé^ ment revient à chaque ligne. Si, ce mot infernal pou^ vait se transformer en galère ; je vous demanderais volonliers : qu'alliezêvous faire dans cette galère ?

Je parie. Monsieur ; que, sauf lies épreuves, vous n'avez jamais lu vos ouvrages, après qu'ils ont été imprimé»! Je parie en oiUre r que, si vobs avie» la bmiflé de relire actuellement avec eahne, l'ouvrage qoe^ je critique ; vous seriez, après Tav^kr relu, en état d^cn dire plus de mal ; que, je n'en aurai dit moimême.

tt y a encore un mot, sur lequel vous auriez bien besoin de porter une sentence de jugement dernier.

232 DE LA 80UYERA1NETÉ.

C'est le mot pouvoir. Âh Monsieur I Vous n'en arez pas même l'ombre d'mie idée claire. Et, cepaidant, rien au monde n'est aussi simple ! C'est, tout uniment : la force de sanction. Quant, à ce que le pouYoir ordonne ; la formule en appartient : soit [à la force dominant la raison ; soit à la raison dominant la force. * Vous conceyez : que, la raison dominant la force, ne peut exister : tant, que papa et maman ne sont point morts. Papa ne vit plus ; et, tous savez : ce qui doit tuer maman. Allons ! Monsieur; ne contribuez pas, plus longtemps, à nous maintenir dans le chaos ; et, travaillez avec nous : à donner le jour à la fille ; à la sainte vérité.

Maintenant, ne nous affligeons point du refus que, probablement, vous allez nous faire subir; et, tâchons de nous égayer. A cet égard, rien n'est plus propre qu'une de vos propositions , réellement mirobolante, • pour nous servir d'une expression de notre nouvelle génération. La voici, sans autre préambule.

•— a La diversité d'origine et de nature, dites-vous, est Tune des conditions essentielles de la force intrinsèque et réelle du pouyoib. »

— Ce qui signifie : que, sans le diable; le bon Dieu n'existerait pas. C'est du manichéisme pur. C'est l'enfer, c'est le chaos perpétuel : dans lequel vous vous vantez d'exister. C'est, en plaisantant, n'est-il pas vrai. Monsieur; que, vous avez écrit ces lignes ? Puis, vous ajoutez, toujours sans doute, pour vous moquer de nous :

DE Là 80UVJUIA11IBTÉ. 833

— € ...^ Mi «lU-Béfiift (la dîfiértiiM d'ortgine et de ntlore, condition de la force du pouYoir] l'indispensable conditian de tonla httmonie et de la paix ioeiàk. »

— C'est : anarchie et enfer social^ que tous avez voulu écrire. Vous avez cru : que, nous ne devinerions pas ? Ah ! Monsieur ; pour qui donc nous prenez*vous ?

Ce qui m'étonne toujours : c'est, de vous voir vous adresser, aux amis de la liberté. Mais, où diable sont-ils ces amis? Vous concevez : que, la liberté, c'est l'obéissance volontaire à la raison. Et, comment Youlez-vous obéir à la raison ; si vous ne savez pas distinguer : le vrai du faux ; le bien du mal ; le possible du chimérique ? C'est, conmie si vous vous adressiez : aux amis du je ne sais quoi. A quoi donc peuvent servir de pareilles invocations ? A orner le style descriptif? Alors, laissez ce soin à M. de Lamartine ; et ne vous en mêlez pas.

Ce qui est encore très-amusant ; c'est, de vous voir rejeter le pouvoir absolu, le pouvoir de papa ; pour vous déclarer partisan du système des majorités, du système de maman. Eh bien ! je vous prouverai à la fin de nM>n examen : que, vous avez le système des majorités, le système de maman en horreur; et que, par conséquent, vous êtes un partisan effréné du système absolu, du système de papa : puisque, jusqu'à ce que le chaos perpétuel, dans lequel vous avez le bonheur de vivre, soit anéanti; il n'y a de réellement ^ possible : que, le système de papa; ou, que celui de maman.

— « Les idées religieuses n'out jamais plos de puissance d^action que lorsque rhnmanité est abrutie, grossière et misérable. Chez une masse civilisée, Tidée religieuse est vague, intime et passive, »

ïd.f p. 35 (1).

A M. GUIZOT

Monsieur ;

Votre chapitre septième a pour titre : « Conditions « morales de la paix sociale en France. »

Remarquez, s'il vous plaît, comme le mot social devient à la mode.

Est-ce que vous vous imaginez, monsieur l'ancien ministre des affaires étrangères et président du conseil : que, la paix sociale peut exister actuellement en France ; tant, qu'elle n'existe pas dans le monde ? C'est, je vous le répète, comme si vous vouliez : que, la paix pût exister à Paris ; et ne point exister en France. Pourquoi donc faut-il que, ce qu'il y a de plus simple à concevoir, soit précisément ce que les présidents de conseils voient le moins? Est-ce qu'il suffirait de devenir président de conseil, pour être aveugle ?

(1) Voici ce qui se trouve imprimé dans le livre intitulé :

Nouveau recueil d'ouvrages anonymes et pseudonymes , par M. de Manne, ancien conservateur-administrateur de la bibliothèque du roi. Paris, à la librairie de Gide, rue Saint-Marc, 23. — 1834.

Rome et ses papes, histoire succincte du grand pontificat, par M. F. G. (François Guizot). Paris, Brière, 1829, 1 vol. in-8**.

Je ne croirai jamais que M. Guizot ait pu écrire ce livre; et je serais heureux de le lui voir désavouer : quoiqu'il soit en harmonie avec la maxime : la morale est indépendante d^dées religieuses.

DE LA SOUVERAIlfETÉ. 237

— « La liberté hamaine, dites-Tous, joae un grand rôle dans ki affaires sociales, d

— Et , la liberté des chiens ; quel rôle y joue-teïïe?

Dites-nous, Monsieur! si, la morale est indépendante de la religion ; c'est, que la religion est une sottise. Car, si le lien religieux n'est pas une sottise ; la morale repose : exclusivement sur cette base.

Si, maintenant, le lien religieux n'existe pas; c'est, que le matérialisme est réel. Il n'y a de troisième alternative qu'à Charenton.

Si, le matérialisme ^est réel; et, il l'est selon vous; la liberté de l'homme est une sottise, égale à la liberté des chiens.

Aloi:s, quel diable de rôle voulez-vous faire jouer, dans les affaires sociales, à une liberté que vous considérez comme une sottise ?

Et, prenez-garde de vous retourner du côté du Créateur. Car, je vous renverrais : à l'évêque d'Hippone, à Calvin, à Malebranche, à madame de Sévigné, s'il le fallait; et, en outre, à tous les pères de l'Église et à vous-même. Vous savez? l'histoire de la cruche et du potier !

— « On parle beaucoup de christianisme et de TÉTangile, dites-Yous, on prononce souvent le nom de Jésus-Christ : à Dieu ne plaise que j'arrête longtemps ma pensée sur ces profanations, mélange hideux de cynisme et d'hypocrisie! ))

— Vous avez raison, Monsieur; ce mélange est horrible.. Mais, avani' de juger là où il se trouve;

— « Les idées religîeoses n'ont jamais pins de paissance d'action qae lorsque l'humanité est abrutie, grossière et misérable. Chez une masse civilisée, l'idée religieuse est vague, intime et passive, »

A M. GUIZOT

Monsieur ;

Votre chapitre septième a pour titre : « Conditions « morales de la paix sociale en France. »

Remarquez, s'il vous plaît, comme le mot social deyient à la mode.

Est-ce que vous vous imaginez, monsieur l'ancien ministre des affaires étrangères et président du conseil : que, la paix sociale peut exister actuellement en France ; tant, qu'elle n'existe pas dans le monde ? C'est, je vous le répète, comme si vous vouliez : que, la paix pût exister à Paris ; et ne point exister en France. Pourquoi donc faut-il que, ce qu'il y a de plus simple à concevoir, soit précisément ce que les présidents de conseils voient le moins? Est-ce qu'il suffirait de devenir président de conseil, pour être aveugle ?

(1) Voici ce qui se trouve imprimé dans le livre intitulé :

Nouveau recueil d'ouvrages anonymes et pseudonymes , par M. de Manne, ancien conservateur-administrateur de la bibliothèque du roi. Paris, à la librairie de Gide, rue Saint-Marc, 23. — 1834.

Rome et ses papes, histoire succincte du grand pontificat^ par M. F. G. (François Guizot). Paris, Brière, 1829, 1 vol. in-8**.

Je ne croirai jamais que M. Guizot ait pu écrire ce livre; et je serais heureux de le lui voir désavouer : quoiqu'il soit en harmonie avec la maxime : la morale est indépendante d^Adées religiemes.

DE LA SOUTERAIlfETÉ. 237

— « La liberté homaine, dites-Tous, joae on grand rôle dans ki affaires sociales. 9

— Et , la liberté des chiens ; quel rôle y joue-telle?

Dites-nous, Monsieur! si, la morale est indépendante de la religion ; c'est, que la religion est une sottise. Car, si le lien religieux n'est pas une sottise ; la morale repose : exclusivement sur cette base.

Si, maintenant, le lien religieux n'existe pas ; c'est, que le matérialisme est réel. Il n'y a de troisième alternative qu'à Charenton.

Si, le matérialisme ^est réel; et, il l'est selon vous; la liberté de l'homme est une sottise, égale à la liberté der chiens.

Aloi:s, quel diable de rôle voulez-vous faire jouer, dans les affaires sociales, à une liberté que vous considérez comme une sottise ?

Et, prenez-garde de vous retourner du côté du Créateur. Car, je vous renverrais : à l'évêque d'Hippone, à Calvin, à Malebranche, à madame de Sévigné, s'il le fallait; et, en outre, à tous les pères de l'Église et à vous-même. Vous savez? l'histoire de la cruche et du potier !

— « On parle beaucoup de christianisme et de TÉTangile, dites-Yous, on prononce souvent le nom de Jésus-Christ : à Dieu ne plaise que j*arrête longtemps ma pensée sur ces profanations , mélange hideux de cynisme et d*hypocrisie! ))

— Vous avez raison, Monsieur; ce mélange est horrible.. Mais, avaif" de juger là où il se trouve;

td8 DB Là SOIJWKRAIMETÉ.

vemlloM y re^rder à àeax fais. Ët^ cPtôUenrb, si vous avez rendu la morale indépendante des idées religieuses^ que voulez-vous faire de la reli^on? Dans ce cas, elle est complètement inutile; et, ce n'est plus qu'une cinquième roue à un carrosse. Dès ce moment, le cynisme et l'égoïsme ne sont plus que du charlatanisme.

Puis, vous nous faites un tableau, de ce que serait la société si elle était chrétienne.

Eh bien! Monsieur; ce que la sbcîété n'a jamais pu être, par le judaïsme et le christianisme ; parce que le judaïsme et le christianisme n'ont jamais pu démontrer : les principes qu'ils donnaient comme des vérités ; la société le deviendra , par le vrai socialisme ; et cela, parce que : ce que le judaïsme et le christianisme avaient imposé, comme nécessaire à l'existence de l'ordre, sans en avoir d'autre preuve que la nécessité ; le vrai socialisme en démontrera la réalité. Si, vous. Monsieur; voulez rester perpétuellement dans le chaos; nous voulons, nous, en sortir; et, qui plus est, vous en faire sortir : quand vous le croirez nécessaire. Mais, pour cela, il ne faut point venir, avec un air de matamore, nous porter un défi. Quand on est ignorant ; et, qu'on a besoin de science ; il faut commencer : par, reconnaître son ignorance. Puis, quand on s'adresse à quelqu'un, qwe l'on croit empar ble de vous instruire (et c'est seulement à ceux-là (|pB faut s'adresser) ; il faut commencer : par, être humble. Pythagore imposaiît, à^ses élevas^ treis ans de mépris et cinq mis de silence^ diRbme épreuve. Quand

OU jpense à toutes les erreurs que vous avez à «oublier, maMkt de pouveir rien apprendre ; on devrait désespérer de pouvoir vous instruire ; même, après dix années de silenoe.

— « U n'y a rien, ditei-vous, da plos aAti-clirétÎMi que las idées» le langage, rkfluence des réfonnateurs actaels de Tordre social. »

— U n'j a rien de plus anti-chrétieD, Monsieur, que vous-même; infectant la jeunesse de Tinfâme doctrine : que, la morale est indépendante des idées religieuses.

— « Si le communisme et le socialisme prévalaient, la foi chrétienne, dites-TOus, périrait. •

— La foi ehrétienne. Monsieur, ne périra point socialement j et, cela par une bonne raison ; c'est que, socialement j elle est déjà morte. Elle a été enterrée^ le jour où M. Barrot a fait déclarer, par la cour de cassation, toutes les chambres assemblées : que, la loi française est athée. Et, vous-même en avez prononcé Toraison funèbre, le jour où vous avez osé dire en chaire : que, la morale est iNDÉPEm>iNTE de là religion. C'est vous, Monsieur, qui avez détruit la reli gion et la morale ; et, c'est nous qui rétablirons la morale et la religion ; qui les rétablirons, en outre : sur des bases impérissables.

— « Si la foi chrétienne, ajoutez- vous, était plus puissante, le comnnnîfme et le socialisme neMftient bientôt pUs que d'obscures folies.»

240 DE LA SOCVEBAIIIBTÉ.

— C'est vrai, Monsieur; et, la découverte de Galilée serait restée aussi une obscure folie. Mais, la foi chrétienne, comme toute autre foi possible, a- perdu, so* cialement parlant^ toute espèce de force en présence de l'incompressibilité de l'examen. Vous en pleurez, n'est-il pas vrai? Ce n'est pas, que vous soyez chrétien. Vous avez assez prouvé : que, vous appartenez au culte àe Voltaire, que M. de Lamartine a proclamé : l'apôtre de la vérité . Vous pleurez l'absence de foi : parce que la foi chrétienne servait de base à l'existence de ces classes que vous adorez ; et, qui rendent le peuple, à vos yeux, comme aux yeux de Voltaire : tout ce qu'il y a de plus méprisable ; et, de plus digne d'être méprisé.

— (c Les socialistes, dites-YOus, sont les senriles adorateurs de Thumanité. »

— Être servile et adorateur de sa propre dignité 1 Comment avez-vous pu, Monsieur, avec deux grains de logique, faire un aussi monstrueux accouplement? Et, de qui donc, vous-même, êtes-vous l'adorateur? Du potier qui vous rend machine et incapable de liberté? Ce serait bien là du servilisme : si, le servilisme pouvait exister chez une machine ; donc, incapable de liberté. ^

Vous criez beaucoup contre Torgueil. L'orgueil, Monsieur, est la noble connaissance que l'on a de sa propre valeur. Quand, cette connaissance est vaine^ est illusoire; ce n'est plus de l'orgueil, c'est de la vanité.

Vous ne devriez jamais parler d'orgueil ; et) souvent de vanité.

Vous croyez triompher en nous entretenant de Pascal. Vous ignorez .donc : qu'il est mort, dans la rage du scepticisme. Vous ignorez donc : que, c'est lui qui a dit : Allez à la messes vous croirez et cela vous abêtira. Eh bien I Monsieur ; le temps de l'abêtissement est passé. Il faut que la vérité triomphe ; ou, que l'humanité périsse.

Du reste, vous avez raison : cynisme et hypocrisie ; c^est, un affreux mélange.

Vous croyez qu'on ne ramènera point la France à l'enthousiasme de 89. Vous avez raison, elle y est déjà. Elle y est même plus qu'en 89 : car son enthousiasme est intérieur et raisonné. Il ne lui manque, pour se manifester, qu'une idée claire ; qui puisse être commune. Vous n'en savez rien, vous, qui n'avez : habité que dés salons ; et, fréquenté que des égoïstes ; affirmant : que, la morale est indépendante des idées religieuses. Si, comme moi, vous n'aviez, depuis trentecinq ans, fréquenté que des prolétaires; vous sauriez : que, le dévouement à l'humanité , n'a déserté les lambris; que, pour se réfugier dans les mansardes.

Vous sentez, vous-même, tout ce qu'il y a de repoussant dans votre doctrine ; le remords vous ronge; et, malgré vous, vous vous écriez :

— a Je n'ai certes nulle envie d* éteindre ce que notre temps conserve de chaleur morale. »

— Il n'a conservé, Monsieur; que, celle que vous 1. 40

n'avez pu détruire en disant : que, la morale est indépendante de la religion ; maxime atroce ; et, qui tous rendra Texécration de la postérité : si, vous n'avez le courage d'en faire amende honorable; et, d'en demander pardon à la Justice étemelle.

— ((Certainement^ dilcs-vous, la France a besoin cTêtre moralement refof ée et affermie ; elle a besoin de reprendre foi et attachement à des principes fixes et généralement avoués, p

— Et, OÙ sont-ils, ces principes, s'il vous plaît? Est-ce chez vous, au sein du perpétuel chaos ? Est-ce chez vous, qui, de votre propre aveu, ne savez pas distinguer : le vrai du faux, le bien du mal , le possible du chimérique?

— « Mais l'esprit révolutionnaire, continuez-vous ^ ne peut rien pour une telle œuvre. »

— Et, c'est votre esprit qui lé peut, n'est-il pas vrai? Ne voyez-vous pas , Monsieur : que , c'est de vanité que vous avez droit de parler; et, jamais d'orgueil?

Après cela, vient un dithyrambe sur la vie domestique. Je vous le répète, vous n'êtes point poêle ; laisser à M. de Lamartioe k partie de musique. Pendant, qu'il sera occupé à harmoniser des sons ; il ne fera point pire. Et, ce sera infiniment de gagné.

Puis, fatigué de toucher cette corde, vous vous rejetez sur celle de l'esprit politique. Ayez donc U bonté : de toujours porter votre sentence de jugement dernier, sur les mots, avant de vous en servir. L'esprit

poLUiqAie n'est autre : que, l'esprit social. Seulement : politique dérive du grec ; et social du latin. Vous voyez que ^eusHaème, bien involontairement sans doute, recommandez l'étude du socialisme.

Quant à votre socialisme, nous allons vous en donner un échantillon. Mais, quand nous vous le présente- CGdOB, voilez^vous doae : pour, qu'on ne vous voie point rougir. Car, enfin, nous vous estimons encore assez pour croire : que, vous n'êtes pas devenu tout à fait incapable de rougir.

«- « Hors du droit^ diles-¥0U8, il n^y a que la force, qui est essen tiellement variable et précaire. »

— Certes, il n'y a pas là de quoi rougir. Et, si vous n'^aviez écrit que cette ligne ; vous ne seriez jamais maudit : parla postérité.

— « Et le respect da droit, ajoutez-Yous, suppose ou enfante le respect de ht loi, source habituelle du droit. »

— Nous y voilà, au nœud gordien du droit. Ce nœud, papa l'avait formé sur le mont Sinaï ; et, depuis qu'il est mort, socialement, il s'agit de le dénouer. C'est là, ce qui vous tracasse. Vous et les vôtres, vous voulez jouer au petit Alexandre; et, le trancher, en disant : Svie^ le droit dérive de la loi; dérive de la force. Le professeur de l'histoire du droit, à l'école de Paris, n'est P^s aussi tranchant que vous. Tous les ans, àTouvertiiïe de son cours, il dit à ses élèves : On ne sait pas en- ^^>Te si la loi vient du droit oit le droit de la loi. Le pro-

fesseur devrait ajouter : que, tant qu'on ne le sait pas, le droit et la loi dérivent exclusivement de la force. C'est là , ce que signifie : la souveraineté de mamtm. Vous voyez : que, vous adorez cette souveraineté. Ne vous impatientez pas ; je vous prouverai aussi : que, vous la haïssez.

Après cela, vous revenez encore à la famille. Jusqu'à présent, personne n'a su : ce, que vous tous, partisans d'une morale indépendante de la religion, entendez par cette famille ; qu'il faut maintenir à tout prix, contre les socialistes qui veulent la détruire. C'est vous, Monsieur, qui allez terminer la bataille : en découvrant le pot aux roses ; pardon 1 Je me trompe : en portant la sentence de jugement dernier, sur la valeur du mot famille. Nous autres, bonnes gens, nous avions cru : que^ piar famille, il fallait entendre : d'abord sa femme et la femme son mari ; puis les enfants ; puis les frères ; puis, s'il y a une raison d'être frères, tous ceux qui sont capables de fraternité et de dévouement. Il n'y a que des prolétaires pour avoir de pareilles idées. Vous êtes venu, très à propos, pour jeter la clarté sur une discussion; où, l'un voyait blanc; quand, l'autre voyait noir.

— « Plus, dites-Yous, l'esprit de famille et Pesprît politique grandiront aux dépens de Végotsme viager et de Vesprit révolutionnairey pla> la société française se sentira pacifiée et raffermie dans ses fondements.»

— L'égoïsme viager se rapporte, exclusivement, à la richesse. Ainsi , l'esprit révolutionnaire, que vous méprisez, se rapporte exclusivement à la répartition de la

DE Lk SOUVERAINETE. 245

richesse; et, vous l'appelez égoïsme viager; c'est-à-dire : la justice même en ce monde ; c'est-à-dire : le rapport des produits, au mérite réel de chaque individu; et, non au mérite imaginaire de la naissance. Par amour de la famille, vous n'entendez point : l'attachement des uns aux autres, la fraternité, le dévouement basés sur la reUgion réelle, seule protectrice réelle de la justice. Pour vous, l'amour de la famille, c'est l'amour du privilège de richesse, rendu héréditaire chez les uns ; et, du privilège de misère, rendu héréditaire chez les autres. Alors, Monsieur, vous avez raison ; les socialistes veulent renverser : non la famille, ce qui serait absurde; mais, cette organisation de famille. Ils veulent renverser cette organisation vicieuse, pour établir la famille réelle : sur l'amour réciproque et raisonné de ses membres ; sur l'assurance que les enfants hériteront de leurs pères, si ceux-ci les en trouvent dignes ; et déplus, sur la certitude : que, si même ils avaient le malheur d'avoir un père méchant, ou dilapidateur, ou impotent; ils n'en seraient pas moins, en naissant ; et, devant, vis-à-vis de la raison, socialement dominante alors ; rester, jusqu'à la mort, les égaux de tous : n'importe la famille, dans laquelle ils seraient nés. Les socialistes , Monsieur, veulent mettre et mettront dans la famille : ce qu'il y avait de bon , et que vous en avez arraché; pour en arracher ce qu'il y a de mauvais ; et, ce que vous et les vôtres y avez mis.

Puis, après cela, vous nous faites un nouveau dithyrambe sur la religion. Je vous répète, Monsieur : que, vous devez laisser, cette partie d'orchestre, à M. de La-

246 DE LA SOCTERAINETÉ.

marlîne. D'ailleurs, Totre dithyrambe a d'antaot ptes mauvaise grâce ; que, vous lui faites signifier : » Je puis « bien chanter la rehgion, il n'y a pks que les îmbé- « ciles qui en aient; et, dès lors, elle est «tile : pour, « que nous puissions les exploiter. » C'est, la traduc* tion sans masque, des lignes suivantes :

— « Moins que personne, dites-vous, je voudrais^ pour la cause de It religion elle-même, voir renaître les abus qui Tont altérée ou compro* mise; mais j^avoue que je ne le crains guère aujourd'hui. Les princiftt du gouvernement laïque et de la liberté de la pensée humaine ont iéfimtivement triomphé dans la société moderne. »

— Ainsi, vous vous imaginez : que, la libellé ert iûcompatible, avec la domination de la religion réelle^ delà raiscm réelle 1 Ainsi, vous voulez : que, la religion Boit l'esclave du gouvernemient laïque ; et aoa, que celui-ci soit, tout uniment, l'exécuteur de oe qui«st ordonné par la religion réelle, rendue ratioiMiellemeni incoditestable ! C'est, toujours : la morale indépendante des idées religieuses; conduifiant : à la loi athée, proclamée par la cour de cassation^ sm* la demande de M. Barrot. C'est, toujours : le temporel dominant te spirituel; ou, le capital dominant le travail. C'est^ toujours : la justice basée sur la force ; ou, maman trônant sur le bourreau. C'est vous, Monsieur qui êtes révolutionnaire et anarchiste : si, par révolutionnaire et anarchiste, la sentence ée jugement dernier comprend : rebelle à la raison ; rebelle à la vérité. C'est vous et les vôtres, qui êtes ks hommes ée désordre ; et, e'e^ ncms seuls : qui sommes les hommes d'ordre.

DE LA SOllVERAmETÉ. S47

« Pour qae la nécessité de la gaérison soit évidente, il faut que le mal soit connu par tous ses symptômes et dans tous ses effets. »

M. Gdmot, Des conspirât,^ etc., p. C6.

— « Je ne suppose pas qu'il se rencontre jamais an poHvoir qai ne s'inquiète point du succès défhàt^ et n'aspire qu'à- retarder sa perte. En feit , cela n*est point; car si, au bout des voies qu'il suit , un gouvernement démêlait sa perte assurée, il en sortirait aussitôt. Ce qu'il s'en promet, c'est vraiment le salut. Que s'il était assez ^oïste oo assez léger pour ne se soucier que du présent, je lui conseillerais encore de prendre garde. U-a pu jadis se livrer à cette indifférence , et compter sur un long ajournement ; maintenant tout va vite, d'autant plus vite que la société semble plus calme et ne trahit guère d'avance, par ses agitations, la force immense qu'elle pourrait déployer un jour. Les approches de la révolution n'échappaient point à l'inerte prévoyance de Louis XV. Si de nouvelles révolutions étaient jamais encore plus prochaines, peut-être se feraientelles moins sentir sous les pas du pouvoir. Il aurait donc tort de se contenter du provisoire, car le provisoire même serait court et peu silr. »

M. GuizoT, De la peine de^mêFl^ etc., p. 126.

— ce Que tout ce qui n'est pas légalement défendu se tronvc tout à coap noralement permis , que les citoyens ae se croient pins aucun devoir, ne reconnaissent plus aucun frein partout où ils ne verront pas Téchafaud , ramenile ou la prisen,

la société sera aussitôt dissoute •

Aussi n'a-t-on jamais vu la société subsister sans autre frein que ce qui est écrit dans ses codes. »

M. GcizoT, Des conspirât., etc.» p. 6.

246 DE LA SOCTERAINETÉ.

marline. D'ailleurs, Totre dithyrambe a d'antaot phis mauvaise grâce ; que, vous lui faites signifier : «Te puis « bien chanter la religion, il n'y a pkis que les iœbé- « ciles qui en aient; et, dès lors, elle est «tile : pour, « que nous puissions les exploiter. » C'est, la traduc* tion sans masque, des lignes suivantes :

— « Moins que personne, dites-vous, je voudrais^ pour la cause delt religion elle-même, voir renaître les abus qui Tont altérée ou compro* miae; mais j^avoue que je ne le crains guère aujoupd'hui. Lez princiftt du gouvernement laïque et de la liberté de la pensée humaine ont défini' tivement triomphé dans la société moderne. »

— Ainsi, vous vous imaginez : que, la libellé est incompatible, avec la domination de la religion réelle» delà raiscm réelle 1 Ainsi, vous voulez : que, la religion soit l'esclave du gouvernemient laïque ; et noo, que celui-ci soit, tout uniment, Texécutemr de ce qui^st ordonné par la religion réelle, readue ratioB^ellemeni incontestable ! G'est^ toujours : la morale indépendante des idées religieuses; conduisant : à la loi athée, proclamée par la cour de cassation^ sur la demande de M. Barrot. C'est, toujours : le temporel dominant te spirituel; ou, le capital dominant le travail. C'est^ toujours : la justice basée sur la force ; ou, maman trônant sur le bourreau. C'est vous, Monsieur qui êtes révolutionnaire et anarchiste : si, par révolutionnaire et anarchiste, la sentence ée jugement dernier comprend : rebelle à la raison ; rebelle à la vérité. C'est vous et les vôtres, qui êtes les hommes <ie désordre ; et, e'e^ n(His seuls : qui sommes les hommes d'ordre.

DE LA SOllVERAmETÉ. 247

« Pour qae la nécessité de la guérison soit évidente, il faut que le mal soit connu par tous ses symptômes et dans tous ses effets. »

M. GuizOT, Des conspirât., etc., p. G6.

— « Je ne suppose pas qu'il se rracontre jamais an poHvoir qmi ne sMnquicte point du succès défenUif et n'aspire qu'à- retarder sa perte. En feit , cela n*est point; car si, au bout des voies qu'il suit , un gouvernement démêlait sa perte assurée, il en sortirait aussitôt. Ce qu'il s'en promet, c*est vraiment le salut. Que s'il était assez ^oïste ou assez léger pour ne se soucier que du présent, je lui conseillerais encore de prendre garde. U -a pu jadis se livrer à cette iadifférence , et compter sur un long ajournement ; maintenant tout va vite, d'autant plus vite que la société sem> ble plus calme et ne trahit guère d'avance, par ses agitations, la force immense qu'elle pourrait déployer un jour. Les approches de la révolution n'échappaient point à l'inerte prévoyance de Louis XV. Si de nouvelles révolutions étaient jamais encore plus prochaines, peut-être se feraientelles moins sentir sous les pas du pouvoir. Il aurait donc tort de se contenter du provisoire, car le provisoire même serait court et peu sûr. »

M. GuizoT, De la peine de^mêrit, etc., p. 126.

— « Que tout ce qui n'est pas légalement défendu se tronve tout à conp sioralement permis , que les citoyens ne se croient plus aucun devoir, ne reconnaissent plus aucun frein partout où ils ne vervorit pas l'édiafaud , l'amende on la prisen,

la société sera aussitôt dissoute •

Aussi n'a-t-on jamais vu la société subsister sans autre frein que ce qui est écrit dans ses codes. »

M. GcizoT, Des conspirât., eic», p. 6*

— c Qu'il me soit permis de le dire en passant, il tsi des hommes qui', en maniant le pouvoir, se croient habiles, parce qu'ils se résignent sans peine à la nécessité du mal. Peut-être sont-ils entrés dans les affaires avec l'intention , je dirai plus , avec le goût de la Justice, Des difficoltés se sont rencontrées; contre ces difficultés ils ont fait des fautes; ces fautes ont amené 'des difficultés non* velles. Ils ont eu recours à la force matàîelle dont ils disposent pour échapper aux écueils on leur raison avait échoué. Dès lors, le goût de la force les gagne, et ils disent qu'ils ont gagné de Texpérience ; ils appellent cela entrer dans la pratique, comprendre les thoses et les hommes. Auparavant ils étaient jeunes, ils avaient des chimères; maintenant ils savent le monde et possèdent l'art de gouverner. Étemelle insolence de la nature humaine ! La seule expérience qu'ils aient acquise est celle de leur faiblesse, et ils s'en prévalent comme d'un progrès dans la science du pouvoir (i). «

M. GuizoT, Des conspirât, et de la justice polit.f p. 23.

— « En fait de justice, qu'est-ce que timper" fection^ sinon Vinjustice même? »

M. GuizoT, De la peine de mort, p. 98.

— « Pour que la justice soit, il hai qu'elle s<Ht pure ; elle ne supporte aucun alliage ; elle s'évanouit tout entière au moindre souffle étranger. »

M. GuizoT, Des conspirât, et de la Justice polit,, p. 2.

A M. GUIZOT

Monsieur ;

Votre chapitre huit est intitulé : Conclusion.

Hélas ! Monsieur, la conclusion est bien digne de Texorde; c'est une continuelle logomachie. Mais, affirmer n'est rien ; il faut prouver : prouvons.

(1) Peut-être, ce passage pourraiMl se placer: sous un portrait de M. Guizot.

DE LA SOUYERAINETÉ. 249

-— c Qne la France, dites •toos, ne le (aise pai d*illaiion. »

— Vous ayez raison, Monsieur. Mais la France est un être de raison. Et, pour que cet être de raison ne se fasse point illusion, il faut qu'il soit un, ce qui no peut exister tant qu'il y a des opinions ; et, il faut surtout pour arriver à ce but : que, les êtres réels, qui composent cet être de raison ; principalement ceux qui par leurs talents et les circonstances sont plus que les autres capables de propager leurs propres illusions; ne s'en fassent point eux-mêmes. Or, Monsieur, TOUS êtes parmi les plus influents ; et, \ous avez une vue aussi confuse que possible. Vous même on convenez, en avouant : que, vous êtes dans le chaos, incapable de distinguer le bien du mal, etc., etc. Et, malheureusement, vohs vous posez en professeur: cherchant à faire entrer, dans les faits, le chaos qui se trouve dans vos idées .

— a Toutes les expériences qu'elle (la France) tentera, ditei-voui, toutes les révolutions qu'elle fera ou qu'elle laissera faire^ ne la soustrairont point à ces conditions nécessaires, inévitables de la paix sociale et du bon gouvernement. »

— Vous-même, Monsieur, avez dit :

— « Pour que la nécessité de la guérison soit évidente, il faut que le mal s&it connu par tous ses symptômes et dans tous ses effets, d

— Vous voyez, Monsieur; que, les révolutions sont nécessaires : non pour guérir ; mais, pour faire sentir

— c Qu'il me soit permis de le dire en passant, il tsi des hommes qui', en maniant le pouvoir, se croient habiles, parce qu'ils se résignent sans peine à la nécessité du mal. Peut-être sont-ils entrés dans les affaires avec l'intention , je dirai plus , avec le goût de la justice. Des difficultés se sont rencontrées ; contre ces difficultés ils ont fait des fautes; ces fautes ont amené 'des difficultés non* Telles. Ils ont eu recours à la force matérielle dont ils disposent pour échapper aux écueils on leur raison avait échoué. Dès lors, le goût de la force les gagne, et ils disent qu'ils ont gagné de Texpérience ; ils appellent cela entrer dans la pratique, comprendre les thoses et les hommes. Auparavant ils étaient jeunes, ils avaient des chimères; maintenant ils savent le monde et possèdent l'art de gouverner. Étemelle insolence de la nature humaine ! La seule expérience qu^ils aient acquise est celle de leur faiblesse, et ils s'en prévalent comme d'un progrès dans la science du pouvoir (i). »

M. GuizoT, Des conspirât, et de la jtutice polit., p. 23.

— « En fait de justice, qu*est-ce que timper" fection^ sinon Vinjustice même? »

M. GuizoT, De la peine de mort, p. 98^.

— « Pour que la justice soit, il hai qu'elle soit pure ; elle ne supporte aucun alliage ; elle s'évanouit tout entière au moindre souffle étranger. »

M. GuizoT, Des conspirât, et de la justice polit,, p. 2.

A M. GUIZOT

Monsieur ;

Votre chapitre huit est intitulé : Conclusion.

Hélas ! Monsieur, la conclusion est bien digne de l'exorde; c'est une continuelle logomachie. Mais, affirmer n'est rien ; il faut prouver : prouvons.

(1) Peut-être, ce passage pourrait-il se placer: sous un portrait de M. Guizot.

DE LA SOUyERAIMETÉ. 249

-— c Qne la Fnuica, dites •toos, ne le fasse pas d'illusion. »

— Vous ayez raison, Monsieur. Mais la France est un être de raison. Et, pour que cet être de raison ne se fasse point illusion, il faut qu'il soit un, ce qui ne peut exister tant qu'il y a des opinions ; et, il faut surtout pour arriver à ce but : que, les êtres réels, qui composent cet être de raison ; principalement ceux qui par leurs talents et les circonstances sont plus que les autres capables de propager leurs propres illusions; ne s'en fassent point eux-mêmes. Or, Monsieur, vous êtes parmi les plus influents ; et, tous avez une Tue aussi confuse que possible. Vous même en convenez, en avouant : que, vous êtes dans le chaos, incapable de distinguer le bien du mal, etc., etc. Et, malheureusement, vohs vous posez en professeur: cherchant à faire entrer, dans les faits, le chaos qui se trouve dans vos idées .

— a Toutes les expériences qu'elle (la France) tentera, dites-vous, toutes les révolutions qu'elle fera ou qu elle laissera faire^ ne la soustrairont point à ces conditions nécessaires, inévitables de la paix sociale et du bon gouvernement. »

— Vous-même, Monsieur, avez dit :

— « Pour que la nécessité de la guérison soit évidente, il faut que le mal siit connu par tous ses symptômes et dans tous ses effets. »

— Vous voyez. Monsieur; que, les révolutions sont nécessaires : non pour guérir; mais, pour faire sentir

250 Dfi LA SOUVSJUIflETÉ.

socialement; Bocialement, «atendez-vous ? la nécessité (le guérir. Et, pour que la guérison de l'injustice existe ; il faut, c'est encore vou» qui le dites : .

— « Pour que la justice soit , il fiiut qu'elle soit pure : elle se suj^ porte aucun alliage , elle s'évanouit tout entière au moindre souffle étranger. »

— Puis vous dites encore :

— « En fait de justice^ qu'est-ce que l'imperfection? sinon l'injustice même. )»

— De manière, Monsieur ; que, c'est la justice afh soîue : que, tous considérez comme seul remède social possible; et, de ce côté, vous avez raison. Voyons si vous êtes en état d'y conduire. Pour le savoir, examinons les conditions de paix sociale et de bon gouvernement : que , vous exposez en terminant yotre chapitre sept; et, qui servent de prémisses à votre conclusion.

— « On ne traite pas, dites-'votts, ft«ec les grandes puissances morales comme avec des auxiliaires soldés et suspects ; elles existent par ellesmêmes, avec leurs mérites et leurs défauts naturels, avec leurs bienfaits et leurs dangers. Il faut les accepter telles qu'elles sont, sans s'y asservir, mais sans prétendre se les asservir eu leur livrer toutes choses, mais sans leur marchander incessamment leur part, Uesprit religieux , Vesprit de famille^ Vesprit politique j sont, plus que jamais, dans notre société, des esprits nécessaires et tutclaires : ni la paix sociale^ ni la stahiliié, ni la liberté, ne peuvent se passer de leurs concours. »

— Examinons ce passage, Monsieur; tout votre livre s'y trouve résamé.

, OB LA socTBftAiurnl. 251

«— « Oa MB Iriite pai arec les gim ie s fmtmmem «orties eùmmt arec des auxiliaires soldés et suspects; elles existent |>ar ellesSmémet , aTec leurs mérites et leurs défauts naturels, avec leurs bienfaits et leurs

— En analysant ce passage , tous me permettreE, Mcmnear, de tous traiter comme im homme supéne«r. Peo de p^monnes , je le sais, seront capables de noms juger ; mais, c'est Toas que je prends pour juge. C*e8t, une preuve d'eslime que je donne : à vos talents'; et, & votre caractère. Vous voyeï que, maintonant, toute espèce de plaisanterie doit disparaître. Ce n'est plus à l'ancieii ministre, à l'utopiste, i l^orame qui a traeé son portrait de main de maître, dans une des épigraphes nnses en tète de «cette lettre, que je vais écrire; c'est, au jm)fe6seur philosophe. C'e^t, un homme instruit, écrivant à un homme instruit ; c'est-à-dire, étant l'un et l'autre à haiiteur de Tinirtruction de leur époque : que cette instruction soit réelle ou iflns^Mre ; qu'elle soit bonne ou mauvaise.

Vous parlez. Monsieur, de grandes puissances morales. Avant de pouvoir en parler, (Tune manière clmre^ sans logomachies, il faut : avoir porté la sentence de jugement dernier, sur la valeur du mot morml. ie vais porter cette sentence; pour, que nous puissions sortir tou« les deux du chaos. Pour en sortêr -ensemble, il faut : que, tous les deux, nous soyons d'accord sur cette même sentence. Et, comme à cet égard, je viens de vo«b rendre juge en dernier ressort; vemHeE me dire si vous imifirmez. Mais, diles-le moi

250 Bfi LA SOUYSJUIflETÉ.

socialement f socialement, entend 62- vous? la nécessité (le giiérir. Et, pour que la guérison de Tinjustice existe ; il faut, c'est encore vous qui le dites : .

— « Pour que la justice soit , il fiiut qu'elle soit pure : elle se vu^

porte aucun alliage, elle s'évanouit tout entière au moindre souffle étranger. »

— Puis vous dites encore :

— « En fait de justice^ qu'est-ce que l'imperfection? sinon l'injustice même. )»

— De manière. Monsieur ; que, c'est la justice alsoïue : que, tous considérez comme seul remède social possible; et, de ce côté, vous avez raison. Voyons si vous êtes en état d'y conduire. Pour le savoir, examinons les conditions de paix sociale et de bon gouvernement : que , vous exposez en terminant votre chapitre sept; et, qui servent de prémisses à votre conclusion.

— « On ne traite pas, dites^'votts, aetec les grandes puissances laorries comme avec des auxiliaires soldés et suspects ; elles existent par elleemêmes, avec leurs mérites et leurs défauts naturels, avec leurs bienfaits et leurs dangers. Il faut les accepter telles qu'elles sont, sans s'y asservir, mais sans prétendre se les asservir eu leur livrer toutes choses, mais sans leur marchander incessamment leur part. Vesprit religieux , Vesprit de famille, Vesprit politique, sont, plus que jamais, dans notre société, des esprits nécessaires et tutélaires : m la paix sociale, ni la stabiliiéf ni la liberté, ne peuvent se passer de leurs concours, »

— Examinons ce passage, Monsieur; tout votre livre s'y trouve résuHié.

, DC LA SOUrBRAIHEIlÉ. 251

«— « Oa tte traite poi avec les graailes poistanccB inoraiei coirane

arec des auxiliaires soldés et suspects; elles existent par elle^mêmes , avec leurs mérites et leurs défauts naturels, avec leurs bienfaits et leurs

— En analysant ce passage , vous m« permettreE, Mimfiiear, de vous traiter comme «m homme supérie«r. Pea «de p^^sonfies , je le sais, seront capables de B9U juger; mais, c'est Toas que je prends pour juge. C*est, une preuve d'estime que je donne : à vos talents'; et, à votre caractère. Vous voyez que, maintenait, toute ^pèce de plaisanterie doit disparaître. Ce n'est pius à l'ancieti ministre, à Tutopiste, i riiomme qui a tracé son portrait de main de maître, dans une des épigraphes mises en tête de «cette lettre, que je vais écrire; c'est, au jm)fe68eur philosophe. C^ert, un Jbomme instruit, écrivant à un homme instruit ; «'est-à-dére, étant l'un et l'autre à haliteur de Tinirtruction ée leur époque : que cette instruction goit réette ou iflus^'re ; qu'elle soit bonne ou mauvaise.

Vous parlez. Monsieur, de grandes puissances morales. Avant de pouvoir en parler, ffune manûr^ cUdrCj sans logomachies, il faut : avoir porté la sentence de jugement dernier, sur la valeur du mot moral, ie vais porter cette sentence; pour, que noua pcdssions sortir tous les deux du chaos. Pour en sortir 'ensemble, il faut : que, tous les deux, nous soyons d'accord sur celte même sentence. Et, comme à cet égard, je viens de vo«s rendre juge en dernier ressort; vefSffteE nïe dire si votra tHMfirmez. Mais, dites-le moi

en termes clairs ; et, comme un honnête homme doit répondre.

Le mot moral^ jusqu'à ce que la réalité de sa Taleur soit démontrée, ne peut avoir qu'une valeur négative : celle de nœi physique.

L'ordre physique est celui : où, tout se fait nécezsairement. L'ordre dans lequel la liberté, réelle et non seulement apparente^ n'existe pas. L'ordre physique, c'est : Tordre matériel.

L'ordre moral est donc celui : où, la liberté est supposée pouvoir exister. Pour commencer, cet ordre n'a donc, nécessairement, qu'une valeur hypothétique. Voyons dès lors, quelles sont les conditions nécessaires : de l'ordre moral, non hypothétique; de la liberté, non hypothétique.

Pour qu'un être puisse être libre, plus qu'hypothétiquement; et, en dehors de toute contradiction rationnelle ; c'est-à-dire de toute absurdité; il faut : qu'il soit indépendant; c'est-à-dire incréé; c'est-à-dire éternel; c'est-à-dire absolu.

Vous voyez. Monsieur; que, l'être moral réel, l'être moral non hypothétique, non absurde, est incompatible : avec le panthéisme ou le matérialisme; et, avec l'anthropomorphisme ou le Créateur. Et, ne dites pas, je vous prie : que, je fais de l'invention. Cette doctrine a des milliers d'années d'existence; elle est celle de nos pères ; elle est celle des druides ; elle est celle de la raison.

La science a renversé l'anthropomorphisme, qui seul servait de base à l'hypQ.thèse des êtres moraux.

La prétendue science a porté au pinacle le panthéisme, qui détruit tout être moral. Et, cet anéantissement de toute création d'une part; et, cette prétendue création d'une science matérialiste d'une autre ; vous ont forcé à déclarer : que, la morale est indépendante de la religion; ce qui est la négation de tout être moral.

Avant, que tous puissiez venir nous parler, clairement, de puissances morales ; il faudrait,- donc, que vous eussiez renversé : et l'anthropomorphisme; et le panthéisme. Â moins, que vous ne prétendiez donner des preuves, non logomachiques, de la vérité de l'anthropomorphisme ; et, de la compatibilité de cette réalité, avec la réalité de notre liberté ; ce qui serait affirmer : la possibilité de l'impossibilité ; la possibilité de l'absurde.

Acceptez-vous, Monsieur, cette sentence de jugement dernier, sur la valeur du mot : moral ?

Une fois que vous l'aurez acceptée, nous serons sortis tous les deux du chaos. Dès ce moment, il n'y aura plus , SOCIALEMENT , qu'wie seule puissance morale : le RAISONNEMENT. Et, VOUS voyez : que, les épithètes de grandes et de petites disparaîtront alors ; ce qui sera l'anéantissement d'une immense source de logomachies, existant actuellement : au sein de toute discussion relative à l'ordre moral.

Ainsi : une seule puissance morale ! Le raisonnement.

Mais, il y a bon et mauvais raisonnement. Et, aua|L longtemps que le bon raisonnement, ne peut être unar^ mentent distingué du mauvais ; unanimement, incon-

2S4 MB l'A SOVVBRAlHeTÉ.

testableraent , dans rintérét de toufl et de choctin ^ I n'y a de juge, entre le bon et le mauvais raJsonaemâit, que la force ; et, l'époque, où la force es^ DécesBoirement le seul- juge possible, entre le bon et Le manvaii raisonnement ; est , nécessairement aussi, une époque d'ignorance.

Confirmez-vous, Monsieur, cette neuvelle s^itence de jugement dernier ? Si, vous la confirmez ; naos aih rons fait un pas de plus, en dehors du ehaos^

Dans ce cas, vous concevrez fort bien : que^ lapuia^ sance morale du mauvais raisonnement, e»t un auxiliaire : qui, peut fort bien être soldé par la force ; et, qui même ne peut lui être suspect : tant que la fûtet peut être base d'ordre social. Alors^, le mauvais raisonnement, est nécessairement admis : comme bon raisonnement. Mais, une fois que la force ne peut plus baser l'ordre, sur un mauvais raisonnement ; lé mauvais raisonnement ne peut plus être soldé utilementf et, devient un auxiliaire très-suspect. Comment faire, alors : tant, que l'ignorance n'est point aaéantie ? Faire des sophismes inutiles ; les envelopper inutilement de lo^machies ; et, les publier, sans autre espoir, que d'augmenter l'anarchie : pour que la nécessité de k guérison soit évidente; etj que le mal soit connu dans tous ses symptômes et dans tous ses effets. C'est, Monsieur, ce que vous faites. Continuons !

— - « n &ut, dites^ous» les accepter (les grandes paissances- morales) viles qu'elles sont, sans s'y asservir , mais sans prétendre les asservir, sans leur livrer toutes choses, mais sans leur marchander incessamment leur part, i»

DE LA dOUTERAIirETÉ. 2lt^

— Quel vague ! quel chaos I quelle indétermination ! Et cela, précisément pour énoncer le contraire de ce qui doit être ! Projetons la lumière sur ce galimatias 1

Sans s'y asservir^ dites-vous. Et, c'est de la puissance morale unique dont il est question. Voyons ce qu'il y a de vrai, dalQs cette affirmation.

En époque d'ignorance, Tordre est basé : sur un raisonrœment formulé par la ftnrce. Alora^ il ne s'agit pas : d'asservir le raisonnement à la force; il s'y trouve nécessairement asservi par le seul fait de l'ignorance sociale ; mais bien, de maintenir le monde asservi à ce raisonnement : sous peine de désordre ; sous peine de mort sociale. Quand, l'ignorance sociale est anéantie, au contraire ; quand, le bon raisonnement domine la force; alors, la liberté sociale consiste précisément : dans l'asservissement volontaire, le plus absolu, de la société tout entière : à la puissance réelle du bon raisonnement ; à la justice pure y qui rie supporte aucun alliage^ qui s^évanouit tout entière au moindre souffle étranger; à la justice qui n^est que Vinjustice même si elle n* est la perfection. Vous voyez. Monsieur; que, de part et d'autre ; c'est, précisément, le contraire de ce que vous dites, qui est la vérité.

Voyons, cependant,, quelles sont, selon vous, les grandes puissances morales.

D'abord, vous auriez dû reconnaître : qu'au sein de la société, il n'y a que puissance morale. Cela vous aurait évité toutes vos erreurs. Mais, laissons cela ; et voyons : vos grandes puissances morales.

— « L'esprit religieux, Tesprit-de famille, l'esprit politique , sont.

2S4 DB LA SOUVERAKiËTÉ.

tedtaUeofteQt , dans Tiaiérèt de totis et de chaimn ^ 1 n'y a de juge^ entre le bon et le mauvais raisonuemait, que la force ; et, l'époque, où la forée esl néœasaîrg* ment le seul- juge possible, entre le bon et Ite mauvais raisonnement ; est , nécessairement aussi^ une époque d'ignorance.

Confirmez-vous, Monsieur, cette nouvelle sentence de jugement dernier ? Si, vous la confirmez ; nous aurons fait un pas de plus, en dehors du chaos.

Dans ce cas^ vostts concevrez fort bien : que^ lapuisr sance morale du mauvais rsûsonnement, est un auxi^ liaire : qui, peut fort bien être soldé par la force ; et, qui même ne peut lui être suspect : tant que la f<»^ peut être base d'ordre social. Alors^ le mauvais nôsonnement, est nécessairement admis : comme bon raisonnement. Mais, une fois que la force ne peut plus baser l'ordre, sur un mauvais raisonnement ; le man^vais raisonnement ne peut plus être soldé utilement;: et, devient un auxiliaire très-suspect. Comment faire, alors : tant, que l'ignorance n'est point aetéantie ? Faire des sophismes inutiles ; les envelopper inutiieniiefit de logomachies ; et, les publier, sans autre espoir, que d'augmenter l'anarchie : pour que la nécessité de la guérison soit évidente; et^ qve le mal soit connu dans tmis ses symptômes et dans tous ses effets . C'est, Monsieur, ce que vous faites. Continuons !

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— Quel vague I quel chaos ! quelle îndéterminaiion ! Et cela, précisément pour énoncer le contraire de ce qui doit être ! Projetons la lumière sur ce galimatias !

Sans s'y asservir^ dites-vous. Et, c'est de la puissance morale unique dont il est question. Voyons ce qu'il y a de vrai, dans cette af&rmation.

En époque d'ignorance, Tordre est basé : sur un raisonnement formulé par la force. Alors^ il ne s'agit pas : d'asservir le raisonnement à la force ; il s'y trouve nécessairement asservi par le seul fait de l'ignorance sociale ; mais bien, de maintenir le monde asservi à ce raisonnement : sous peine de désordre ; sous peine de mort sociale. Quand, l'ignorance sociale est anéantie, an contraire ; quand, le bon raisonnement domine la force ; alors, la liberté sociale consiste précisément : dans l'asservissement volontaire, le plus absolu, de la société tout entière : à la puissance réelle du bon raisonnement ; à la justice pure y qui ne supporte aucun alliage^ qui s'évanouit tout entière au moindre souffle étranger; à la justice qui n'est que Vinjustice même si elle n* est la perfection. Vous voyez. Monsieur; que, de part et d'autre ; c'est, précisément, le contraire de ce que vous dites, qui est la vérité.

Voyons, cependant,, quelles sont, selon vous, les grandes puissances morales.

D'abord, vous auriez dû reconnaître : qu'au sein de la société, il n'y a que puissance morale. Cela vous aurait évité toutes vos erreurs. Mais, laissons cela ; et voyons : vos grandes puissances morales.

— « L'esprit religieux, l^ esprit, de famille, l'esprit politique , sont,

2K8 DB LA SOUVSRÀUIET*.

*^ Anéantissez donc, me direz^vous.

— C'est, ce qoe je demande, vous répondrai-je.

Mais, pour anéantir l'ignorance, j'ai besoin d'être écouté. Pour être écouté^ de l'immense multitude d'ignorants qui se croient savants, j'ai besoin : d'un homme comme irons ; d'un homme miiurquant dans l'univers politique ; d'un homme ayant commis de grandes fautes ; et dont la conscience ne demande pas mieux que de les réparer. J'ai besoin que cet homme dise : celui qui vous parle, celui qui m'a maltraité, est un homme qui mérite : d'être écouté.

J'attends votre réponse. Monsieur; et, je vous en rends responsable : devant la postérité.

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