MÈRE IMMÉDIATE
— - « Voilà, dites-TOus, le secret de la force. »
— Il est joli, le secret! Ce qu'il fallait nous dire, I. 12
grand'chose, je vous le répète. Mais, attendez : que, sa fille soit au monde. Que voudriez-vous donc faire : sans le père ; sans la mère ; sans la fille ; sans aucune espèce de souveraineté ? Vous voilà donc devenu néophyte de Téglise proudhonienne ? Vous voulez donc transformer la société en un Charenton : complètement privé de direction et de garde-fous ?
— (( La paix sociale, continuez-vous, est à ce prix, et, avec la paix sociale, la liberté, la sécurité, la prospérité, la dignité, tous les biens moraux et matériels qu'elle peut seule garantir. »
— Comment , Monsieur ? Après , que le père est mort, poignardé par Luther et Calvin? Après, avoir vous-même tué la mère en idée ? Avant, que la fille soit née et puisse être notre souveraine ? vous voulez : que, Ta paix sociale soit possible? Mais, savez-vous : que, cette paix serait celle des morts; ainsi que la mort de ces belles choses que voiis dites, avec raison du reste, être la conséquence de cette paix? Merci! A ce prix, nous aimons encore mieux : soit le père, soit la mère ; ou, même exclusivement la mère ; puis • que, c'est en vain : que, MM. Thiers et de Montalembert viennent de galvaniser le père , pour essayer de le ressusciter.
— « Voici, continuez-vous, à quelles sources le mot démocratie puise sa puissance. »
— Grâces vous soient rendues, Monsieur! Nous allons savoir enfin : quelle est la source de tous nos
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maux. Mais, encore une fois, soyez assez bon : pour, ne point nous faire tuer la mère, avant la naissance de Yotre fille. Pensez donc : que, cette souveraineté, votre ennemie , est la seule mère possible de notre Messie futur I Pour l'amour de l'ordre, ne nous laissez point sans aucune espèce d'autorité. Vous avez donc juré de nous livrer à la merci de M. Proudhon I Celui-ci est bien loin de se douter : que, c'est à vou^ qu'il doit sa souveraineté du néant , sa souveraineté u topique, ayant nom : An-archie.
Mais,, hélas ! et, que le bon Dieu vous le pardonne ! vous nous faites courir deux grandes pages; et, encore pour nous dire quoi? Que, la source de nos maux, c'est l'ignorance ; que, c'est la seule ignorance qui, de toute éternité, a toujours donné naissance à la souveraineté du peuple ; que, celle-ci naît toujours de la lutte des passions déchaînées, comme Vénus de la lutte des flots écumeux. Nous voilà bien avancés ! Vous ajoutez : que, toute la force de la souveraineté du peuple vient également : de cette même lutte de nos passions toujours déchaînées. Cela, nous avancentil davantage? Ce qui nous eut avancé, eût été : de nous donner les moyens de vaincre : l'ignorance, pbe- MiÉRE MÉBE dc cctte souvcraiucté ; et, les passions; dont la LIBERTÉ, r indépendance de la raison^ est la