‹ De la souveraineté (volume 3)Chapitre 3 sur 25 · ER · texte numérisé non relu

ER

— Telle est l'épigraphe : que, M. de Flotte aurait dû prendre pour son livre.

M. de Flotte part du figuré, comme seul possible ; et, il veut : que, ce figuré puisse devenir le jwopre.

M. de Flotte part de Tobscurité ; et, il veut : que, l'obscurité, non dissipée, puisse devenir la clarté.

M. de Flotte part de l'hypothèse d'absence de tout raisonnement possible; et, il veut arriver : au raisonnement réel.

M. de Flotte part de ThypothèSe d'absence nécessaire de toute morale réelle ; et, il veut arriver à une morale réelle.

M. de Flotte part de l'hypothèse du progrès continu. ' indéfini; et, il veut arriver : à l'ordre, à la stabilité, . . négation du progrès.

Non-sens.

DB LA SOCVESAINETÉ. 15

« Ce n'est pas «sses de répéter que rhamanité airance, il faut dire en vertu de quelle loi elle avance. Parler d'un progrès , sans déterminer son mode et sa lu, c'est ne rien dire. »

M. Cocsiif.

— « Le progrès est essentiellement et exclusivement relatif an mouvement

(i Le progrès est ainsi essentiellement et ex- ' clusivement relatif à Tordre de mouvement, à Tordre de force, à Tordre matériel.

« n n'y a de possible, comme opposé à Tor- »

dre matériel , que Tordre moral ; et , Tordre moral, s'il existe, est essentiellement basé sur la vérité.

a Or, la vérité, si elle existe, est une, éternelle, immuable,

« Donc :

« Parler d'immuaMlité , d'immobilité, en fait d'ordre physique , c'est parler pour ne rien dire-, ou, pour dire une absurdité.

« Et, parler de progrès, en fait d'ordre moral, en fait de vérité, est encore : parler pour ne rien dire; ou, pour dire une absurdité. >*

COUNS, Mss, — ^ L'état de l'esprit humain ser&fixé^ lorsqu'il sera parvenu à la vérité. »

AzA'is.

— (( L'état de l'instruction , sera fixé , au moral , lorsque Thumanlté sera parvenue a la connaisKince^de la vérité : sur la* réalité du droit ; et , sur la réalité de son éternelle sanction. «

GoLucs, Mss.

— « En fait d'avenir, les prétendus esprits progressifs n'ont d'initialiTe sur rien. »

Cbateaub»uiii>«

découvrir la loi éternelle ; il affirme : qu'elle n'existe pas. Vanité!

Quand M. de Flotte voudra bien être un élève docile, je lui montrerai et lui démontrerai : que, la loi éternelle existe ; et, que le système du progrès n'est que celui : des ignorants vaniteux.

— « L^autorité de la loi , dit M. de Flotte, est le dernier morceau du ciment de la société. »

— Et, M. de Flotte affirme : que, toute loi temporelle est provisoire ; que, toute loi provisoire est injuste ; que , la loi éternelle n'existe pas ; que^ la loi doit être respectée ; que, son autorité est le dernier ciment de la société ; et, il ne veut pas que la société soit pulvérisée. Noîi'-sens !

En outre, M. de Flotte veut : que, la loi ait autorité; en l'absence de toute législation morale. Nonsens !

A la page 113 M. de Flotte dit :

— « Songez à vous passer de la Ténération pour la loi écrite. <( Il le faut; car, sachez-le bien , si vous ne pouvez vivre sans ce respect, vous ne vivrez point. »

— M. de Flotte est-il bien sûr de ce qu'il affirme ? N'y aurait-il point là un peu de vanité ? Farce qu'il ne connaît aucun moyen de faire vénérer la loi, il affirme : que, la loi ne peut être vénérée. Ici, je dirai plus que non-sens ; je dirai : vanité !

JUB LA SOUVERAINETE. 19

— « L'autorité du législateur est atteinte, ajoute M. de Flotle. Or, une autorité blessée ne se guérit pas. Essayez, vous périrez à la peine. »

— Et, qu'est-ce que cela nous fait , que Tautorité du législateur soit blessée ? En époque d'incompressibilité d'examen, un législateur est toujours... un ignorant ; et, blesser l'ignorance à mort : est, le premier pas vers la vérité. Parce qu'on ne peut plus vénérer les lois faites, M. de Flotte conclut : qu'il est impossible de vénérer la loi éternelle. Non-sens !

— « Il faut , continue M. de Flotte , la remplacer par une autorité nouveUe^ Cliercliezl »

— Eh bien ! cette autorité nouvelle sera toujours relative à une loi. Car, l'autorité est essentiellement relative à une loi ; comme, toute loi est essentiellement relative à une autorité. L'autorité et la loi ne doivent donc pas être abolies ; mais, régénérées ; mais, changées. Nonsem!

Maintenant, voulez-vous connaître : l'autorité nouvelle, selon M. de Flotte ? Ecoutez ! c'est extrêmement curieux.

— « Un caractère essentiel de la souveraineté du peuple , dit M. de Flotte, c'est de tout soumettre au jugement de la conscience et de la raison. »

— Jusque-là, rien de mieux; si ce n'est, cependant,

UQ pléonasme inutile : la conscience et la raison étant

absoluoient la même chose. Mais, à quoi vous sert de

^âb;.

i6 - ^ DE LÀ SOUVERAINETÉ.

découvrir la loi éternelle ; il affirme : qu'elle n'existe pas. Vanité!

Quand M. de Flotte voudra bien être un élève docile, je lui montrerai et lui démontrerai : que, la loi éternelle existe ; et, que le système du progrès n'est que celui : des ignorants vaniteux.

— « Uautorité de la loi , dit M. de Flotte, est le dernier morceau da ciment de la société. »

— Et, M. de Flotte affirme : que, toute loi temporelle est provisoire ; que, toute loi provisoire est injuste ; que , la loi éternelle n'existe pas ; que^ la loi doit être respectée ; que, son autorité est le dernier ciment de la société ; et, il ne veut pas que la société soit pulvérisée . Non^sens !

En outre, M. de Flotte veut : que, la loi ait autorité; en l'absence de toute législation morale. Nonsens !

A la page 113 M. de Flotte dit :

— ft Songez à vous passer de la Ténération pour la loi écrite. a II le faut; car , sachez-le bien , si vous ne pouvez vivre sans ce respect, vous ne vivrez point. »

— M. de Flotte est-il bien sûr de ce qu'il affirme ? N'y aurait-il point là un peu de vanité ? Parce qu'il ne connaît aucun moyen de faire vénérer la loi, il affirme : que, la loi ne peut être vénérée. Ici, je dirai plus que non-sens ; je dirai : vanité !

J>È LA SOUVERAK^fiTK. 10

«- «L*aiiWrité du législateur est atteinte, ajoute M. de Flotte. Or, une autorité blessée ne se guérit pas. Essayez, vous périrez à la peine. »

— Et, qu'est-ce que cela nous fait , que l'autorité du législateur soit blessée ? En époque d'incompressibilité d'examen, un législateur est toujours... un ignorant ; et, blesser l'ignorance à mort : est, le premier pas vers la vérité. Parce qu'on ne peut plus vénérer les lois faites, M. de Flotte conclut : qu'il est impossible de vénérer la loi éternelle. Non-sens !

— « Il faut , continue M. de Flotte , la remplacer par une autorité nouvelle^ Giercliez! »

— Eh bien ! cette autorité nouvelle sera toujours relative à une loi. Car, l'autorité est essentiellement relative à une loi ; comme, toute loi est essentiellement relative à une autorité. L'autorité et la loi ne doivent donc pas être abolies ; mais, régénérées ; mais, changées. Non-sens!

Maintenant, voulez-vous connaître : l'autorité nouvelle, selon M. de Flotte ? Ecoutez ! c'est extrêmement curieux.

— « Un caractère essentiel de la souveraineté du peuple , dit M. de Flotte, c'est de tout soumettre an jugement de la conscience et de la raison. »

— Jusque-là, rien de mieux; si ce n'est, cependant,

un pléonasme inutile : la conscience et la raison étant

absolument la même chose. Mais, à quoi vous sert de

tout soumettre à la raison ; tant, que l'ignorance n'est point évanouie, sur ce dont il est question ? Allez donc soumettre la solution d'une intégrale, à deux Kamtchadales! et, vous verrez : si, la solution du plus fort n'est point la meilleure.

— « C'est-à-dire , continue M. de Floite , de substituer le critérium d*UNE révélation individuelle et vivante à celui d'une révélation écrite et traditionnelle. »

— Et, s'il y a autant de révélations vivantes et différentes, qu'il y a d'individus ; laquelle, s'il vous plaît, sera la bonne ? Probablement celle du plus fort.

M. de Flotte a prévu cette objection ; et, il y répond, à l'avance , de la manière suivante. Ecoutez encore 1 c'est, toujours très-curieux.

— (( Ceci suppose^ dit M. de Flotte, que la conscience et la raison soient de nature identique chez tous les hommes. Qui pourrait le nier? »

— Qui ? Personne : sur ce qui est réellement scientifique; sur ce qui est incontestablement démontré. Mais, l'humanité tout entière le niera pour ce qui n'est qu'opinion. Il faut avouer : que, donner le nom de révélation individuelle et vivante , à la multiplicité des opinions; et, que vouloir^ de ce gâchis, faire sortir la base de l'ordre social; c'est attirer, sur cette révélation, décorée du nom de souveraineté du peuple, le mépris : de tout ce qui a conscience et raison .

M. de Flotte sait parfaitement: qu'il y a conscience

DB Lk SOUYERAlMBTi. 21

OU raison sages ou savantes ; et conscience ou raison folles ou ignorantes. Qui les distingue socialement ? La force physique ou la force morale ; il n'y a pas de troi^ sième alternative. Alors, et pour aussi longtemps que la force morale n*est point devenue incontestable et socialement nécessaire ; c'est, la force physique exclusivement, la force brutale, qui distingue la bonne raison de la mauvaise. C'est là, le critérium du diable ; c'est là, le critérium de l'anarchie ; et, tel est le critérium de M. de Flotte.

Puis, M. de Flotte ajoute, aveô le plus grand sangfroid :

— «Cette Térité primitiTe ou cette hypothèse fondamentale, voilà

rAUTORITS HOUYELLB. »

— Comment! une hypothèse stupide, absurde, donnée comme vérité primitive ; et, cela en présence de l'incompressibilité de l'examen I En vérité, il faut que M. d^ Flotte ait bien du mérite, d'ailleurs, pour que nous ne rougissions point : de ce que nous avons osé affirmer à cet égard I

— «Achevant ainsi son évolution nécessaire, continue M. de Flotte, le grand principe de la liherté de conscience et du droit d'examen pénètre dans FélémeDtt social de la loi politique et civile. »

— La liberté de conscience, c'est-à-dire l'ignorance, mise en présence de l'incompressibilité de l'examen, est précisément ce qui constitue : l'époque anarchique, dans laquelle nous nous trouvons. Et, cette époque

22 DK LA SOVYEIIÀINBTÉ.

peut seulement disparaître : par l'anéantissement de la liberté de conscience, résultant : de l'anéantissemenl de l'ignorance sociale, sur la réalité du droit.

— « Invincible^ continue M. de FioKe, i\ poursuit une route fatole ; après avoir nié l'autorité de dogme et de tradition raligieiue ^ . dan» les rapports enfre les hommes et Dieu, il nie les codes et la jurisprudence judiciaire qui les représentent dans les rapports des hommes entre eux.

a Déjà les premiers ne sont plus que des arguments et des motifs de réflexion ; bientôt les seconds n'auront plus d'autre valeur.

« Et maintenant, enseignez-vous et réfléchissei. »

— Et, quel enseignement peut-il résulter de ce galimatias? Sinon : que, l'incompressibilité de l'examen, en présence de la foi masquant l'ignorance sociale, a détruit la foi , rendu à la raison, à la conscience, la liberté de l'ignorance ; et, que M. de Flotte veut nous conduire : de la foi, ignorance réglée ; à la folie, ignorance déréglée ; et cela , probablement : afin , que l'anarchie nous fasse sentir : le besoin d'anéantir l'ignorance.

— « Je le répète, continue M. de Flotte, il faut accepter ce mouvement. Tenter de l'arrêter serait chose vaine. »

— En vérité, je le crois comme M. de Flotte. Le seul remède, à la manie individuelle est la saignée ; le seul remède, à la manie sociale, est l'anarchie.

— « Et , continue M. de Flotte , Ton ne réussirait ainsi qu'à le rendre plus rapide et plus violent. »

DE KA SOUTBlAUllTi. S3

— Est-ce pour cela : que, M. de Flotte veut rarrètcor en prétendant le r^ulanser ? C'est possible.

— « PevUl, ODBtiBM KL d«FUtte, èln raguUriié! \iM quel doit être le bai des travaux d'hommes calmes et sérieux.

« Peut-être en f étudiant trouverons-Bous qu'il est bien moins menaçant qu'on mé serait tenlé de lo eraîra an premier abord.

« C'est ce que nous allons examiner en précisant nettement «on caractère absolu :

• SuBSnTUTKW À LA LOI BCMTI DK I.A LOI TITAIT»»

« Et en le comparant à la tendance que nous avons caractérisée précédemment en ces termes :

« Li mufiai EÉGULAnvi n jdsb.... m

— n parait : que, M. de Flotte eonçoit l'existence d'un peujde, en dehors d'une idée commune, constituant son unité! Nous lui en faisons notre compli** ment.

Du reste^ et pour rendre justice à M. de Flotte, il faut convenir : que, par peuple il ne comprend point l'ensemble de ceux qui ont une idée commune sur le droit. Après avoir dit : le peuple législateur et juge^ il ajoute :

— ic ...c'est-à-dire, uiPKUPLB somnaAiN, dans la irieille et juste acception de ce mot. »

— Vous vous imaginez, peut-être, que par vieille et juste acception de ce mot, M. de Flotte comprend la souveraineté des majorités. Il n'en est rien. M. de Flotte ajoute :

— « Et par le peuple , nous entendpns la baisou et la cokkixmgb oi

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